‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 25 sur 157 · JEAN, RATON, MARTHE · texte numérisé non relu

JEAN, RATON, MARTHE

JEAN, portant des étoffes sous son Iras, Me voici, notre maître... je viens de chez la baronne de Molke.

RATONj brusquement.

Eh bien ! qu'est-ce que ça me fait ? qu'est-ce que tu me veux ?

JEAN

Le velours noirne lui convient pas ; elle l'aime mieux

vert, et vous prie de lui en porter vous-même des échantillons.

RATON, allant au comptoir.

Vous allez voir que je vais me déranger de mes affaires!... Il est vrai que la baronne de Molke est une femme de la cour... Tu iras, ma femme ; ce sont des affaires du magasin, cela te regarde.

JEAN

Et puis voici...

RATON

Encore ! il n'en finira pas.

JEAN, lui 'présentant un sac.

L'argent que j'ai touché pour ces vingt-cinq aunes de taffetas gorge de pigeon»..

RATON, prenant le sac.

Que c'est humiliant d'avoir à s'occuper de ces détailslà ! {Lui rendant le sac.) Porte cela là-haut^ à mon caissier, et qu'on me laisse tranquille. (// se met à écrire.) Oui, madame, c'est à votre majesté.

JEAN, passant à droite et pesant le sac. Humiliant... pas tant, et je m'accommoderais bien de ces humiliations-là.

MARTHE, V arrêtant par le Iras au moment oÎl il va monter r escalier.

Écoutez ici, monsieur J ean. Vous avez été bien longtemps dehors, pour deux courses que vous aviez à faire. JEAN, à part.

Ah! elle s'aperçoit de tout, celle-là! elle n'est pas comme le bourgeois. {Haut.) C'est que, voyez-vous, m.adame, je m'arrêtais de temps en temps dans les rues ou dans la promenade à écouter des groupes qui parlaient.

Et sur quoi

JEAN

Je ne sais pas... sur un édit du roi...

MARTHE

Et lequel ?

RATON, d^tm air important et toujours au comptoir. Vous ne savez pas cela, vous autres ; l'ordonnance du

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