‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 27 sur 157 · ACTE IL SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IL SCÈNE II

peu m'importe que ce soit tel ambitieux qui règne, ou bien tel autre ! Ce qu'il m'importe de savoir, c'est si tout va bien chez moi, si l'ordre règne dans ma maison, si mon mari se porte bien, si mon fils est heureux ; moi, je ne m'occupe que de vous, que de votre bien-être ; c'est mon devoir. Que chacun fasse le sien. ..chacun son métier, comme on dit; et. ..voilà !

RATON, avec impatience.

Eh ! qui te dit le contraire }

MARTHE

Toi, qui à chaque instant me donnes des inquiétudes mortelles ; qui es toujours à pérorer sur le pas de ta boutique, à blâmer tout ce qu'on fait, ce qu'on ne fait pas ; toi, à qui tes idées ambitieuses font négliger nos meilleurs amis... Michelson, qui t'a invité tant de fois à aller le dimanche à sa campagne ?

RATON

Que veux-tu?... un marchand de draps qui n'est rien dans l'état... car enfin, qu'est-ce qu'il est ?

MARTHE

Il est notre ami ; mais il te faut de la grandeur, de l'éclat. C'est encore par ambition que tu n'as pas voulu garder notre fils auprès de nous, où il aurait été si bien î et que tu l'as fait entrer auprès d'un grand seigneur, ou il n'a éprouvé que des chagrins, dont il nous cache une partie.

Est-il possible!... notre enfant!... notre fils unique! ...il est malheureux !

MARTHE

Et tu ne t'en es pas aperçu ?... tu ne t'en doutais pas ?

RATON

Ce sont là des affaires de ménage. .• moi, je ne m'en mêlais pas ; je comptais sur toi ; j'ai tant d'occupations ! ... Et qu'est-ce qu'il veut? qu'est-(fe qu'il lui faut? Est-ce de l'argent? Demande-lui combien... ou plutôt ... tiens, voilà la clef de ma caisse ; donne-la-lui.

MARTHE

Taisez-vous, le voici.

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