ACTE III. SCENE V
bien placée... Mais enfin, et monsieur le baron, qui connaît les lois, vous dira comme moi, que là {avec intention) où il n'y a point commencement d'exécution il n'y a pas de coupable.
GŒLHER.
Cest juste !
FALKENSKiELD, se lève vivement, Rantzaiir en fait autant.
Eh bien !..• laissons-les exécuter leur complot. Que rien ne transpire, colonel, de Paveu que vous venez de nous faire ; que rien ne soit changé à ce repas, qu'il ait toujours lieu ; que des soldats soient cachés dans Fhôtel, dont les portes resteront ouvertes...
RANTZAU, à part.
Et allons donc !... on a bien de la peine à lui faire arriver une idée.
FALKENSKIELD.
Et dès qu'un des conjurés se présentera, qu'on le laisse entrer, et qu'un instant après l'on s'en empare. Sa présence chez moi à une pareille heure, les armes dont il sera muni, seront, j'espère, des preuves irrécusables.
RANTZAU
A la bonne heure !
GŒLHER, avec finesse.
Je comprends votre idée... mais maintenant que nous les tenons, si par malheur ils ne venaient pas...
RANTZAU
C'est qu'on aura trompé le colonel ; c'est qu'il n'y avait ni conjuration, ni conjurés.
FALKENSKIELD, haussant les épaules.
Laissez doncl (// va à la table à gauche et écrit pendaiit que Koller
remonte le théâtre et se tient au milietc un peu au fojtd,) RANTZAU, à part.
Et il n'y en aura pas ; faisons prévenir la reine-mère, qu'ils aient à rester chez eux. Encore une conspiration tombée dans l'eau ! {Regardant Koller,) C'est lui qui les trahit, et c'est moi qui les sauve î {Haut.) Adieu, messieurs, je retourne près de Struensée.
FALKENSKIELD, OUI pendant ce temps s'est assis à la table et écrit un ordre, {A Gœlher.) Cet ordre au gouverneur... [A Rantzau.) Vous nous revenez... je l'espère ?
RANTZAU
Je le crois bien ; je ne peux plus maintenant dîner ailleurs que chez tous, j'y suis engagé d'honneur ; je vais seulement rendre compte à son excellence de la belle conduite du colonel KoUer ; car enfin, si ces braves gens-là ne sont pas arrêtés, ce n'est pas sa faute... il aura fait tout ce qu'il fallait pour cela, et on lui doit une récompense...
FALKENSKIELD.
Qu'il aura.
RANTZAU, avec intention.
S'il y a une justice sur terre... je m'en chargerais plutôt.
KOLLER, S inclinant.
Monsieur le comte, quels remercîments... !
RANTZAU, avec mépris.
Oui, vous m'en devriez peut-être, mais je vous en dispense. (^^ ^^^^0
KOLLER, à part, redescendant le théâtre. Maudit homme ! on ne sait jamais s'il est pour ou contre vous. {Saluant.) Messieurs...
GŒLHER.
Je vous suis, colonel. (.4 Falkenskield,) ^ Cet ordre au gouverneur, et je cours raconter à la reine ce que nous avons décidé et ce que nous avons fait.
{Il sort avec Kolkr par la porte du fond.)