‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 60 sur 157 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

CHRISTINE, sortant de la porte à gauche, FALKENSKIELD.

CHRISTINE

Descendez-vous au salon, mon père ?

Oui, dans l'instant.

CHRISTINE

A la bonne heure ; car vos convives vont arriver ; et quand vous me laissez seule pour faire les honneurs, c'est si pénible ! aujourd'hui surtout, où je ne me sens pas bien.

FALKENSKIELD.

Et pourquoi }

CHRISTINE

Sans doute les émotions de la joarnée.

FALKENSKIELD.

S'il en est ainsi, rassure-toi ; je te dispense de descendre au salon, et même d'assister à ce dîner.

CHRISTINE

Dites-vous vrai ?

FALKENSKIELD.

Je l'aime mieux, parce qu'il pourrait arriver tel événement... et au milieu de tout cela une femme s'eifraie, se trouve mal...

CHRISTINE

Que voulez-vous dire ?

FALKENSKIELD.

Rien; tu n'as pas besoin de savoir...

CHRISTINE

Parlez, parlez sans crainte... je devine... ce repas

avait pour but de célébrer des fiançailles, qui seront différées, qui peut-être même n'auront pas lieu ; et si c'est là ce que vous redoutez de m'apprendre...

FALKENSKIELD, froidement.

Du tout, le mariage aura lieu.

CHRISTINE

O ciel !

FALKENSKIELD, lentement et la regarda7ît. Rien n'est change ; et à ce sujet, ma fille, un mot...

CHRISTINE, laissant les yeux.

Je vous écoute, monsieur.

FALKENSKIELD.

Les affaires d'état n'absorbent pas tellement mes pensées que je n'aie encore le loisir d'observer ce qui se passe chez moi; et, il y a quelque temps, j'ai cru m'apercevoir qu'un jeune homme sans naissance, un homme de rien, à qui mes bontés avaient donné accès dans cette maison, osait en secret vous aimer... (^Mouvement de Christine,) Le saviez-vous, Christine } '

CHRISTINE

Oui, mon père.

FALKENSKIELD.

Je l'ai congédié ; et, quels que soient ses talents, son mérite personnel, que je vous ai entendu élever beaucoup trop haut... je vous déclare ici, et vous savez si mes résolutions sont fortes et énergiques, que, mon existence dût-elle en dépendre, je ne consentirais jamais...

CHRISTINE

Rassurez-vous, mon père ; je sais que l'idée seule d'une mésalliance ferait le malheur de votre vie, et, je vous le promets, ce n'est pas vous qui serez malheureux !

FALKENSKIELD, pre7id la viain de sa fille, puis, après un ijisiant de silence, lui dit :

Voilà le courage que je te voulais... Je te laisse... je t'excuserai près de ces messieurs ; je leur dirai que lu es soufiVante, indisposée, et je crains que ce ne soit

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