Scène IX
CHRISTINE, ÉRIC, eiîveloppé d^un manteatt et entrant par la porte à droite.
ÉRIC, entrant vivement. Ils ont perdu mes traces.
CHRISTINE
O ciel !
ÉRIC, se retournant.
Ah! Christine!
CHRISTINE
Qui vous amène ? d'où vous vient tant d'audace } et de quel droit, monsieur, osez-vous pénétrer jusqu'ici }
ÉRIC
Pardon ! pardon mille fois!... tout-à-l'heure, au moment où, couvert de ce manteau, je me glissai dans Thôtel, des gens que je ne crois pas être de la maison se sont élancés sur moi ; je me suis dégagé de leurs
mains; et, connaissant mieux qu'eux les détours de cet hôtel, je suis arrivé jusqu'à cet escalier, d'où je n'ai plus entendu le bruit de leurs pas.
CHRISTINE
Mais dans quel dessein vous introduire ainsi dans la maison de mon père ? pourquoi ce mystère ? ce manteau... ces armes que j'aperçois ? parlez, monsieur, je le veux... je l'exige !
ÉRIC
Demain je pars ; le régiment où je sers quitte le Danemark... J'ai adressé à monsieur de Gœlher un billet qui demandait une prompte réponse; et comme eile n'arrivait pas, je suis venu la chercher.
CHRISTINE
O ciell... un défi... j'en suis sûre! le délire vous égare ! vous allez vous perdre !
ÉRIC
Qu'importe ! si j'empêche votre mariage ! Je ne connais que ce moyen, je n'en ai pas d'autre.
^ ^ CHRISTINE
Eric!... si j'ai sur vous quelque pouvoir, vous ne repousserez pas ma prière, vous renoncerez à votre projet, vous n'irez pas insulter monsieur de Gœlher et provoquer un éclat terrible pour vous... et pour moi, monsieur !... oui, c'est ma réputation que je vous-confie, que je remets sous la sauve-garde de votre honneur... Ai-je tort d'y compter ?
ÉRIC
Ah ! ^ que me demandez-vous ?... de vous sacrifier tout... jusqu'à ma vengeance!... et vous seriez à un autre ! et vous appartiendriez à celui que j'aurais épargné !..,
CHRISTINE
Non... je vous le jure !
ÉRIC
Que dites-vous ?
CHRISTINE
Que si vous vous rendez à mes prières, je refuserai ce mariage, je resterai libre; je veux l'être... oui, je