‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 63 sur 157 · ACTE III. SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE III. SCÈNE IX

vous le jure ici, je n'appartiendrai ni à monsieur de Goelher ni à vous.

ÉRIC

Christine !

CHRISTINE

Vous connaissez maintenant tout ce qui se passe dans mon cœur ; nous ne nous verrons plus, nous» serons séparés ; mais vous saurez du moins que vous n'êtes pas seul à souffrir, et que, ne pouvant être à vous, je ne serai à personne.

ÉRIC, avec joie.

Ah ! je ne puis y croire encore.

CHRISTINE

Partez maintenant... depuis trop longtemps déjà vous êtes en ces lieux ; n'exposez pas les seuls biens qui me restent, mon honneur, ma réputation ; je n'ai plus que ceux-là, et s'il fallait les perdre ou les voir compromis

j'aimerais mieux mourir !

ÉRIC

Et moi, plutôt perdre la vie que de vous exposer au moindre soupçon ; ne craignez rien ; je m'éloigne. (// ouvre la porte à droite par laquelle il est entré}) O ciel ! il y a des soldats au bas de cet escalier.

CHRISTINE

Des soldats !

ÉRIC, montrant la porte du fond.

Mais par ici du moins...

CHRISTINE, le retenant.

Non pas... entendez- vous ce bruit ? {Ecoutant prèsde^ la porte du fond,) On monte... c'est la voix de mon père... plusieurs voix lui répondent... ils viennent tous ...et si l'on vous trouve ici, seul avec moi, je suis perdue I

ÉRIC

Perdue !... oh non ! je vous en re'ponds aux dépens^ de mes jours ! {Montrant la porte à gauche,) Là.

{Il sy précipite,),

CHRISTINE

O ciel ! mon appartement !

(Z^ porte s'est refermée ; Christine entend monter par la porte du fond, elle s'élance vers la table à gauche, y prend un livre et assied.

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