ACTE IV. SCÈNE IL RATON
Est-il possible ! (A Marthe.) Tu Tentends.
LA REINE
C'est le moment d'employer votre influence, de vous montrer enfin.
RATON
Vous croyez }
^ MARTHE
Et moi, n'en déplaise à votre majesté, je crois que c est le moment de rester tranquille il n'a déjà été que trop question de lui. j m
. RATON, à voix haute.
Te tairas-tu ! {La reine lui fait signe de se modérer et va regarder au fond si on ne peut les entendre. Pendant ce temps Maton continue à demi-voix en s' adressant à sa femme.) Vouloir nuire à mon avancement, à ma fortune !
TT . ^-^RTHE, à demi-voix, à son man.
Une johe fortune ! nos meubles brisés, nos marchandises au pillage, six heures de prison dans une cave 1 RATON, hors de lui.
Mafemnie! j'en demande pardon à votre majesté. \,A.part.) Si j avais su, je me serais bien gardé de 1 amener. {Haut.) Qu'exigez-vous de moi
LA REINE
Que VOUS unissiez vos efforts aux miens pour sauver notre pays qu'on opprime et le rendre à la liberté !
RATON
On me connaît ; il n'y a rien que je ne fasse pour le
LVS et nnnr la liK^r-fX *
pays et pour la liberté.
Et pour être nomme tu désires maintenant.
MARTHE
Et pour être nommé bourgmestre ; car c'est là ce que
RATON
Ce que je désire, c'est que vous vous taisiez, ou
Sinon.
LA REINE, à Raton, pour le modérer.
Silence...
go BERTRAND ET RATON.
RATON, à demi-voix.
Parlez, madame ; parlez vite !
Kolîer, un des nôtres, vous avait instruit de nos projets d'hier ?
RATON
Du tout.
LA REINE
Ce n'est pas possible! et cela m'étonne à un point...
RATON, avec impatience.
Moi aussi... car enfin, et puisque monsieur Kollerest un des nôtres, il me semble que j'étais le premier avec qui Ton devait s'entendre.
LA REINE
Surtout depuis l'arrestation de votre fils.
MARTHE, poussant un cri.
Arrêté ! dites-vous ? mon fils est arrêté !
RATON
On a osé arrêter mon fils !
LA REINE
Quoi! ne le savez-vous pas?... accusé de conspiration, il y va de ses jours, et voilà pourquoi je vous ai fait venir.
MARTHE, courant à elle.
C'est bien différent, et si j'avais su... pardon, madame... pardonnez-moi... (Pleurant.) Mon fils, mon pauvre enfant ! (A Bâton, avec chaleur.) La reine a raison, il faut le délivrer.
RATON
Certainement ; il faut soulever le quartier, soulever la ville entière.
MARTHE, qui a remanie le théâtre de quelques pas, revient près de lui.
Et vous restez là tranquille ; vous n'êtes pas déjà au milieu de nos amis, de nos voisins, de nos ouvriers, pour les appeler comme hier à la révolte !