‹ Bertrand et Raton, ou L'Art de conspirer. Come?dieChapitre 75 sur 157 · Scène V · texte numérisé non relu

Scène V

RANTZAU ; LE PRÉSIDENT, en habit noir; quatre Conseillers, également en habit noir et se tenant à quelques pas derrière lui; GŒLHER, au milieu du ^^'^XU FALKENSKIELD, plus rapproché de LA KilXMii, qui se levé à V arrivée des magistrats et se rassied a la même place à droite.

FALKENSKIELD.

Messieurs les conseillers, j'ai appris le motif qui vous amené : c est pour prévenir par un châtiment rapide des scènes pareilles à celles qui nous ont dernièrement affliges, que nous nous sommes vus forcés à regret de changer les formes ordinaires de la justice.

LE PRÉSIDENT, d'une voix ferme.

^ Pardon, monseigneur : c'est quand l'état est en danger c est quand l'ordre public est troublé, qu'il faut demander a la justice et aux lois un appui contre la révolte, et non pas s'appuyer sur la révolte pour renverser la justice. ^

FALKENSKIELD, avec hauteur.

Quelle que soit votre opinion à ce sujet, messieurs, je dois vous prévenir que nous n'accordons pas ici comme en France, aux parlements et aux cours souveraines, le droit de remontrance ; je vous exhorte, au contraire, à user de votre influence sur le peuple pour lu. conseiller la soumission, pour l'engager à ne point renouveler les désordres d'hier; sinon, qu'il ne s'en prenne qu a lui-même des malheurs qui pourraient en résulter pour la ville. Des troupes nombreuses y son" en rees cette nuit et y sont casernées. La garde du palais est confiée au colonel Koller, qui a ordre de repousser la moindre attaque par la force; et, pour prouver a tous que rien ne saurait nous intimider, ]Éric J3urkenstaff, fils de ce bourgeois factieux à qui déjà nous avions fait grâce ; Éric BurkenstafF, convaincu, par son propre aveu, de conspiration contre la reine et le conseil de régence, vient d'être condamné à mort, et c'est

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