BERTRAND DE RATON
son arrêt que je signe. {A Rantzau,) Comte de Rantzau, il n'y manque que votre signature.
' {Il s'approche de Ranizau.)
RANTZAU, froidement.
Je ne la donnerai pas.
TOUS
O ciel !
FALKENSKIELD.
Et pourquoi 7
RANTZAU
Parce que Tarrêt me semble injuste, aussi bien que la détermination d'ôter à la cour suprême des privilèges que nous n'avons pas le droit de lui ravir.
Monsieur!...
RANTZAU
C'est mon avis, du moins. Je désapprouve toutes ces mesures; elles sont contre ma conscience, et je ne signerai pas.
FALKENSKIELD.
C'était devant le conseil qu'il fallait vous exprimer ainsi.
RANTZAU
C'est tout haut, c'est partout qu'il faut protester contre l'injustice !
GŒLHER.
Dans ce cas-là, monsieur, on donne sa démission.
RANTZAU
Te ne le pouvais pas hier ; vous étiez en danger, vous étiez menacés; aujourd'hui vous êtes tout-puissants, rien ne vous résiste ; je peux me retirer sans lâcheté ; et cette démission, que monsieur Gœlher attend avec tant d'impatience, je la donne.
FALKENSKIELD.
Je la transmettrai à la reine, qui l'acceptera.
GŒLHER.
Nous l'accepterons.