‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 101 sur 119 · GRANVELLE · texte numérisé non relu

GRANVELLE

Avant l'agrandissement de la place Saint-Pierre, et quand le gouverneur de la province tenait fermé le jardin du palais Granvelle, il n'existait pas à Besançon de lieu central pour le rendez-vous des promeneurs et des gens d'affaires. L'opinion publique désirait ardemment que le jardin du palais Granvelle pût recevoir cette destination. Le maréchal de Tallard, sur la demande de son fils, y consentit en 1728. Le public n'eut toutefois

que le parcours des allées, et le jardin continua d'être amodié à un maraîcher qui payait loyer au gouverneur de la province : aussi la ville dut-elle acheter, en 1778, le droit de livrer la totalité du terrain aux promeneurs. On fit alors un nivellement complet du sol, et l'on y disposa la plantation d'arbres qui a subsisté depuis. Quant à la sombre muraille qui clôturait le jardin Granvelle du côté des Carmes, elle fut abattue en 1783, en même temps que la ruelle des Carmes devenait un prolongement de la rue de Traverse, dite aujourd'hui de la Préfecture.

L'année 1789 vit s'élever, dans la partie basse de la promenade, un pavillon de style grec qui existe encore aujourd'hui et dont l'enseigne primitive était : Salon de rafraîchissements .

En 1883, la ville ayant installé un lycée de jeunes filles dans la maison construite jadis sur le terrain de l'ancien potager du palais Granvelle, le jardin de cette maison fut ajouté à la promenade en même temps que l'on démolissait également, pour l'agrandir, les anciennes écuries du palais et un bâtiment où l'École de dessin avait fonctionné pendant une soixantaine d'années. Alors aussi on transporta vers le bas de la promenade les enrochements et les cascatelles disposées depuis 1861 en avant des anciennes écuries du palais. Une statue en pierre représentant le Doubs sert de couronnement à ces rochers depuis 1864 : elle a pour auteur M. Just Becquet, de Besançon.

Depuis 1864, un kiosque élégant a été édifié dans la promenade pour servir d'orchestre aux musiques.

SANTANS

Durant la Restauration, on planta d'arbres une petite banquette taillée au pied des rochers de la citadelle et pouvant servir de lieu de repos aux promeneurs qui fréquentent la jolie route de Beure : le nom donné à ce refuge est celui du marquis Terrier de Santans, qui en avait ordonné la création comme maire de la ville-.

MICAUD

Cette promenade remplace un bras de rivière et une ile que l'on appelait Ile des prés de champ, et qui faisait face à Y Ile des Moineaux, où se trouve le bastion Saint- Paul. On lui a donné le nom du maire, Jean-Agathe Micaud, qui, en 1843, présida à son établissement. L'idée de la créer et le mérite de l'avoir exécutée appartiennent à l'architecte Delacroix. « Il planta, a écrit l'architecte Ducat, un choix d'essences d'arbres parfaitement appropriées au sol et aux effets à produire, obtint des aspects d'eau en utilisant la cascade du barrage, ménagea des perspectives sur les points saillants des environs, et fit naître enfin cette promenade Micaud, l'une des plus belles qu'on trouve en province. » , Lorsque les flots de la cascade sont argentés par un beau clair de lune, et que les lanternes d'éclairage dardent leurs rayons dorés sur la nappe d'eau qui reflète la fantastique image du rocher de la citadelle, le spectacle

vu de dessous les dômes de verdure est réellement enchanteur.

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