CIMETIÈRES
Pendant tout le moyen âge et jusqu'à l'aurore de la période contemporaine, les cimetières furent les annexes des églises; chacune de celles-ci avait à l'intérieur des charniers pour les morts privilégiés et extérieurement un pourtour affecté aux inhumations des simples paroissiens. En temps d'épidémie, on faisait une énorme consommation de chaux pour que la santé publique ne souffrît pas trop de cette accumulation de cadavres en pleine ville et dans des espaces très restreints.
Ce fut en 1792 que la municipalité de Besançon créa, conformément à la loi nouvelle, un cimetière communal : elle avait acquis, à cet effet, aux Chaprais, un terrain que l'on appelait, du nom de son propriétaire, le Champ-Brulley . Un cimetière plus considérable n'ayant pas tardé à devenir nécessaire, on fit deux parts du Champ-Brulley : l'une fut spécialement concédée aux défunts du culte réformé, l'autre servit pour les inhumations en fosse commune ; on y a enterré les soldats morts dans les ambulances de Besançon pendant la guerre franco-prussienne. Un monument de forme pyramidale en granit gris, inauguré le 10 octobre 1886, marque l'emplacement de cette sépulture. On y lit une
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double inscription ainsi conçue : « A la mémoire des défenseurs de la patrie, iSjo-i8yi . Ici reposent 2,179 officiers, sous-officiers et soldats morts pour la patrie. »
Le cimetière actuel, situé au centre du quartier des Chaprais et contigu à ' l'église paroissiale de Saint- Martin, a été ouvert en 1823. Au milieu de ce vaste enclos s'élève, sur une estrade de pierre, une croix colossale en fonte, dont le Christ est de Clésinger père. Cette croix avait été plantée en grande pompe sur la place Saint-Jean (square archéologique actuel), dans le cours d'une mission retentissante qui eut lieu à Besançon en 1825 : on la déplaça par mesure administrative au mois de février 183 1 ; le chanoine Doney protesta et' fut traduit en cour d'assises, ce qui ne l'empêcha pas, quatorze ans plus tard, d'être nommé par le roi Louis- Philippe à l'évêché de Montauban.
Le cimetière des Chaprais s'est peuplé, depuis quelques années, d'un certain nombre de monuments de bon style : les plus remarquables sont dus aux architectes Marnotte, Victor Baille, Ducat, Alexandre Clerget, Saint-Ginest et Gustave Vieille.
Dans la partie du Champ-Brulley réservée aux inhumations protestantes, on remarque la sépulture du général de division baron Voirol, pair de France et ancien commandant supérieur des forces militaires en Algérie; sa tombe reproduit la colonne commémorative de l'ouverture d'une route de la colonie algérienne faite sous ses auspices en 1834.
Trois sections de la banlieue ont leurs cimetières par-
ticuliers : Velotte, Saint-Ferjeux et Saint-Claude. Dans le champ funèbre de la seconde de ces localités, se trouve le tombeau qu'avait préparé pour lui-même Pierre- Adrien Paris, architecte du roi Louis XVI, l'un des insignes bienfaiteurs de la bibliothèque et des musées de Besançon. Non loin de cette sépulture sont celles de Charles Weiss et d'Auguste Castan, qui ont le droit de compter aussi parmi les bienfaiteurs de nos dépôts publics. Le tombeau de la famille Détrey, dessiné par l'architecte Ducat, est le plus important de ceux que l'on voit dans ce cimetière.
Les Israélites ont leur enclos sépulcral dans le petit vallon des Vernois qui confine à Palente. Le tombeau de la famille Veil-Picard, composé par M. Gustave Vieille, mérite d'y être vu : c'est un édifice de style moresque, dans lequel la pierre, le marbre et le bronze s'unissent pour produire un grand effet de richesse décorative ; l'inauguration en a été faite solennellement le 24 novembre 1878.
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