LES DOMINICAINS
(École d'artillerie)
Etablis à Besançon en 1224, dans un terrain que le chapitre métropolitain de Saint-Jean leur avait concédé près du moulin dit de Rivotte, ils formèrent une importante communauté. Deux généraux de l'ordre en sortirent : Etienne de Besançon, en 1292, et Pierre de Baume en 1343. C'était là que résidait habituellement le religieux chargé du redoutable office d'inquisiteur de la foi dans le diocèse de Besançon.
Une partie de leur église s'écroula en 1752, dans le moment où les religieux étaient au chœur et sans que personne fût atteint. On se contenta de fermer ce qui
Cp BESANÇON.
subsistait par un mur de façade. Cet édifice, transformé en écurie militaire, a été détruit par un incendie en septembre 1870. Des ruines du clocher, on a extrait une inscription commémorative de la reconstruction en pierre, aux frais de l'inquisiteur Dominique Lambert, de l'étage supérieur de cette tour, qui jusqu'alors avait été en bois. Cette inscription a été déposée au musée des antiquités.
Le poète Jean Mairet, l'auteur de la première tragédie régulière en vers français, avait sa tombe dans cette église.
Les bâtiments conventuels, occupés aujourd'hui par l'École d'artillerie, ont pour entrée une jolie porte du xve siècle. Sur l'une des pierres de ce frontispice, on lit en grandes lettres gothiques le mot Chavirey, au-dessus d'armoiries oblitérées par le marteau révolutionnaire ; là se trouvaient donc le nom et le blason de la famille qui avait fait les frais de la construction du portail.