MINIMES
Les Capucins étaient à peine installés à Besançon, que les Minimes présentèrent requête pour y fonder à leur tour un couvent ; la municipalité, par sa délibération du 27 mars 1607, les admit sans difficulté. Laurence d'Orsans, veuve de Jean de Grospain, et Sanson Malarmey, son gendre, furent les premiers bienfaiteurs de l'établissement.
Le prieuré de Jusan-Moutier, situé près de l'une des portes de la ville, avait pour dépendance une église dédiée à Notre-Dame qui desservait une circonscription paroissiale. Le titulaire du prieuré céda aux Minimes les bâtiments adjacents à l'église, moyennant qu'ils rempliraient dans celle-ci les fonctions curiales : la municipalité ratifia cet arrangement.
Du couvent de Besançon sortirent deux généraux de l'ordre des Minimes : le P. d'Orchamps, de Besançon, élu en 1655, et ^e P- Jean Guillard,de Mailley (Haute- Saône), élu en 1659 et immédiatement proclamé citoyen d'honneur de la ville.
L'église fut détruite pendant la Révolution, sur le rapport d'un architecte qui déclara que, comme elle était gothique, on ne pouvait en tirer aucun parti. Une
fontaine miraculeuse qui s'y trouvait, sous le vocable de sainte Reine, a également disparu. L'emplacement de cet édifice est occupé par une écurie construite pour les chevaux des gendarmes. Le casernement de ces militaires comprend encore quelques restes du prieuré de Jusan- Moutier.
Dans le cimetière qui précédait l'église, on avait inhumé, en 1572, Gilbert Cousin, l'ancien secrétaire d'Erasme, mort dans la prison de l'officialité, sous l'inculpation de crime d'hérésie.
CARMES DÉCHAUSSÉS (Rue Battant)
Ces religieux, qui suivaient la réforme de sainte Thérèse, s'établirent à Besançon en vertu d'un traité qu'ils passèrent avec la municipalité, le 27 novembre 1645. Un immeuble leur avait été donné dans la rue Battant, par la veuve Papay : ils s'y construisirent une église et un monastère.
L'église a trois nefs qui sont couvertes par des voûtes d'arête. Les cinq travées de la principale net sont délimitées par des piliers dont les chapiteaux appartiennent à l'ordre corinthien composite. Les petites nefs étaient subdivisées chacune en quatre chapelles latérales : dans ce qui restait, à gauche et à droite du sanctuaire, on avait établi deux sacristies.
Le grand escalier du couvent a une balustrade en fer forgé d'excellent style.
MONUMENTS ANCIENS. L)ij
De ce couvent sont sortis plusieurs religieux distingués : le P. Symphorien Ballyet, général de l'ordre; le P. Emmanuel Ballyet, évêque de Babylone et consul de France à Bagdad, numismatiste distingué; le P. Elisée (Jean-François Copel), de Besançon, prédicateur célèbre; le P. Césaire, de la même ville, qui se fit à Rome et à Naples une réputation d'orateur chrétien.
L'église des Carmes déchaussés a été divisée en étages pour l'installation des diverses classes d'une école municipale. Dans les dépendances du couvent qui avoisinent le quai de Strasbourg, la ville a fait construire une salle d'asile, en 1866.