CARMÉLITES
(Rue de Glères)
Le comte Jacques-Louis de Furstemberg, envoyé spécial de l'empereur Mathias, venait de terminer un long débat entre l'archevêque et la municipalité de Besançon : celle-ci lui avait offert, en témoignage de sa gratitude, une magnifique aiguière d'argent doré; il demanda, comme complément de faveur, que l'on voulût bien accéder au désir qu'avait Anne d'Autriche, sa souveraine, de voir un essaim des Carmélites de Dole former un établissement à Besançon. La municipalité était en principe hostile à la création de nouveaux monastères : elle voyait avec inquiétude cette tendance des communautés religieuses à acquérir des immeubles en ville et à diminuer ainsi le nombre des logements nécessaires aux citoyens. La requête de l'impératrice était chaudement appuyée par la marquise de Cantecroix, fille naturelle de l'empereur Rodolphe et femme de l'héritier des Granvelle : l'autorisation désirée fut obtenue le 7 septembre iélé.
La dotation du monastère fut faite par le capitaine Bereur, de Dole, qui avait escorté à cheval le convoi des nouvelles religieuses, parmi lesquelles étaient sa nièce et l'une de ses filles. La communauté s'installa d'abord dans la rue Saint- Vincent (maison n° 23); elle
acquit ensuite un vaste terrain qui faisait le fond de la rue de Glères et s'y transporta le 30 avril 1622.
De l'église des Carmélites, dont il ne reste aucune trace, le musée des antiquités de Besançon a recueilli "une dalle funéraire portant l'épitaphe et les blasons de Marguerite de Rye, marquise de Bauffremont-Listenois, morte en 165 1.
Après la Révolution, les bâtiments des Carmélites furent convertis en une habitation privée.
La ville acheta une partie des jardins et les utilisa, en 1850, pour continuer la rue de Glères jusqu'aux remparts.