‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 27 sur 119 · URSULINES · texte numérisé non relu

URSULINES

(Rue Pasteur, 13)

En 1606, Anne de Xainctonge avait fondé à Dole, sous l'invocation de sainte Ursule, un ordre de religieuses « enseignant les petites filles à lire, écrire et besongner en plusieurs et divers ouvrages, sans en prétendre aucun salaire. » Un établissement de ce genre fut bientôt désiré à Besançon, et la fondatrice vint ellemême présenter à cet effet une requête à la municipalité souveraine : l'autorisation lui fut accordée le 9 juillet 16 19 ; mais les classes ne purent s'ouvrir que le 18 octobre 1625.

Sur l'ancienne porte d'entrée du couvent, du côté de la rue d'Anvers, on lit encore une inscription contemporaine de la bâtisse, et dans la cour de cette même

maison, du côté de la rue Pasteur, une autre inscription, relatant la découverte de quelques restes de l'ancienne chapelle et de fragments de pierres tumulaires faite par le propriétaire actuel, M. Albert Guichard, en 1876. Les pierres tumulaires sont aujourd'hui au musée archéologique.

^Chapelle militaire)

Ce monastère avait eu pour fondatrice une pauvre fille, Madeleine Adelené, qui, ayant été admise accidentellement à la table de saint François de Sales, s'était imposé le devoir de faire éclore à Besançon une communauté de Tordre que patronnait ce prélat. Elle avait déjà réuni trente-six compagnes, quand la vénérable Mère de Chantai s'arrêta pendant trois jours à Besançon, au mois d'avril 1626, et réussit à modifier les dispositions de l'archevêque Ferdinand de Rye, ainsi que celles de la municipalité à l'égard du nouvel institut. La communauté se constitua le 25 août 1630 : elle eut d'abord pour asile l'hôtel de la Tour-Saint-Quentin, puis elle se transporta dans une petite maison du bas de la rue. des Granges, où fut plus tard la confrérie de la Croix. En 1649, elle trouva le moyen d'acheter un assez vaste terrain près des casernes actuelles ; mais elle dut attendre longtemps avant d'y pouvoir construire. La première pierre de l'église fut posée le 13 septembre 1660, par le président de la municipalité et par Mme Etien-

nette de Menou, veuve d'Anatoile Monnier, seigneur de Noironte.

Cette église est à une seule nef, avec deux chapelles latérales : les pilastres appartiennent au style ionique composite; la voûte est formée de compartiments dont les nervures saillantes dessinent des étoiles. L'architecte avait été l'abbé Jacques Magnin, aumônier de la maison, qui travailla depuis aux plans de l'hospice Saint- Jacques.

C'est à ce couvent qu'appartenait, en qualité de tourière, Anne Biget, de Thoraise, devenue populaire, sous le nom de sœur Marthe, par les soins qu'elle prodigua aux prisonniers qui affluèrent à Besançon pendant les guerres du premier Empire.

Les bâtiments -de la Visitation ont été annexés aux casernes qui les avoisinaient; l'église est devenue une annexe de la basilique de Saint-Jean.

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