‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 38 sur 119 · EGLISES PARTICULIERES OU CONVENTUELLES SÉMINAIRE DIOCÉSAIN · texte numérisé non relu

EGLISES PARTICULIERES OU CONVENTUELLES SÉMINAIRE DIOCÉSAIN

Le séminaire de Besançon reconnaît pour son fondateur l'archevêque Antoine-Pierre Ier de Grammont, que l'histoire surnomme le Borromée de la Franche-Comté : deux prêtres de Saint-Nicolas du Chardon net vinrent de Paris présider, en 1665, à une première organisation de cet établissement. L'existence légale lui fut donnée par des lettres patentes du mois de février 1680, dans lesquelles Louis XIV défendait d'ôter jamais au séminaire son caractère exclusivement séculier. Les bâti-

ments avaient été commencés dès 1670, d'après les plans du directeur-économe Pierre Durnel. L'église fut terminée en 1688.

Cet édifice, dont le plan figure une croix latine, offre un mélange de l'architecture antique et de celle du moyen âge : les voûtes à nervures prismatiques sont découpées en caissons, tandis que les pilastres qui les supportent appartiennent à Tordre corinthien. De cet ordre est aussi le retable en pierre à deux étages, qui domine un maître-autel en marbre. Dans la région du sanctuaire, six inscriptions commémoratives témoignent de la reconnaissance du séminaire envers les trois archevêques du nom de Grammont et envers leurs successeurs, les archevêques Cortois de Pressigny, Frère de Villefrancon, cardinal de Rohan, cardinal Mathieu.

De chaque côté de la nef et sur toute sa longueur régnent trois chapelles. La chaire est un bel ouvrage du xviii£ siècle. Le fond du sanctuaire a été récemment orné d'une mosaïque, œuvre de M. Bichi, artiste florentin établi à Paris, et les fenêtres ont reçu une série de vitraux, dus à la libéralité de donateurs particuliers, représentant par leurs insignes les différents degrés de l'ordre ecclésiastique.

Le séminaire, supprimé par la Révolution, a été rétabli en 1806. Les bâtiments qu'il occupe possèdent de vastes couloirs et sont desservis par de larges escaliers. Parmi les objets d'art qui se trouvent dans l'appartement réservé à l'archevêque du diocèse, nous mentionnerons : une toile de l'école française du xvne siècle,

représentant la consécration miraculeuse de Notre-Dame des Ermites ; un bon portrait italien du pape Innocent XIII ; un bureau en marqueterie avec ses cuivres, du xvme siècle ; une lettre autographe encadrée de saint François de Sales (1608).

La bibliothèque du séminaire renferme environ 20,000 volumes.

ÉGLISE DU REFUGE (Chapelle des hospices)

Ce joli monument servait de frontispice et d'église à un monastère du Refuge, contigu à l'hôpital Saint- Jacques. Le Refuge était un asile pour les repenties volontaires et un lieu de réclusion pour les pécheresses scandaleuses. Il avait eu comme fondateur le maître des requêtes Froissard de Broissia qui, en 1690, faisait venir deux religieuses du Refuge de Nancy, pour organiser un établissement analogue à Besançon. L'église fut bâtie au moyen d'une libéralité testamentaire de François de Blicterswick de Moncley, archevêque de Besançon. Les armoiries de ce prélat étaient dans le fronton du portail de l'édifice, et une inscription gravée plus bas rappelait son acte généreux.

Cette église fut le premier ouvrage de l'architecte Nicolas Nicole, de Besançon, qui la fit bâtir entre Les années 1739 et 1745. L'élément essentiel de la construction est une coupole, entre les piles de laquelle s'ouvrent par en bas trois chapelles et un portail. La

face extérieure de ce portail décrit une courbe rentrante au-dessus d'un perron. Dans les supports de la coupole,, on a pratiqué des niches où se trouvent les statues en pierre des quatre évangélistes, exécutées en 1762 par le sculpteur franc-comtois Devosge. Tous les détails de cet édifice ont été étudiés avec soin et confiés aux plus habiles ouvriers de l'époque : la double porte intérieure,, les encadrements des autels, la chaire à prêcher, sont des chefs-d'œuvre de sculpture sur bois.

Le principal autel a pour retable une peinture de Nicolas-René Jollain, exposée en 1769, qui symbolise la fondation de l'ordre de Notre-Dame du Refuge. Au premier plan, la pieuse veuve du Bois, née Elisabeth de Ranfaing, et ses trois filles, implorent la Vierge Marie en faveur des pécheresses : celles-ci viennent se prosterner devant l'habit religieux du Refuge, que leur montre l'une des filles de la fondatrice ; dans le haut, la Vierge arrête les effets de la vengeance de Dieu. Audessus des ouvertures latérales qui mettent ce petit sanctuaire en communication avec le chœur des religieuses et celui du personnel laïque des hospices, on voit deux peintures accessoires du même artiste : la conversion de saint Augustin et celle de saint Ignace de Loyola.

Les bâtiments du Refuge sont annexés à ceux de l'hôpital Saint-Jacques depuis 1802.

Dôme du Refuge intérieur)

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