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PALAIS DE JUSTICE

La façade du Palais de justice, malheureusement située en arrière-plan par rapport au corps de logis municipal, mais séparée de lui par une rue ouverte en 1897, qui relie la rue de l'Arbalète à la rue de l'Arsenal, est un délicieux ouvrage de la Renaissance française. L'harmonie de tons des pierres de diverses couleurs qui la composent, la spirituelle variété des ornements qui y sont semés, l'habileté de raccordement de

chacun des détails, tout indiquait dans ce morceau d'architecture la création d'un savant maître : il n'y manquait que la signature. Nous avons trouvé celle-ci dans les comptes de la municipalité, qui fit faire cette construction, entre les années 1582 et 1585, pour y installer sa chapelle et son prétoire.

L'architecte n'avait été rien moins que Hugues Sambin, élève de Michel- Ange, l'auteur du fameux portail de Saint-Michel de Dijon.

Les deux statues de la Justice et de la Force, comprises dans l'avant-corps du monument, sont dues à un menuisier de la ville, nommé Gédéon Coillot.

Sous le gracieux campanile, que surmonte une aiguille en forme d'obélisque, était une chapelle, consacrée, le 25 octobre 1591, par Jean Doroz, évêque de Nicopolis, suffragant de l'archevêque de Besançon.

Une belle grille en fer forgé, qui date de 1861, ferme le passage ménagé dans l'avant-corps ; la composition en est due à l'architecte Ducat, et l'exécution au maître serrurier Charles Saint-Ève.

La salle des audiences solennelles, construite pour le Parlement de Franche-Comté, entre 1745 et 1749, a des proportions grandioses ; elle fut, pendant la Révolution, le théâtre des assemblées décadaires. Ses boiseries sont en partie anciennes. Le Christ que l'on y voit est un des bons ouvrages du peintre Edouard Baille.

La restauration du palais, décidée il y a une dizaine d'années, a commencé en août 1895, et, confiée à l'architecte Ducat, elle a été terminée par MM. Simonin et

Valais de justice

Marcel Saint-Ginest. Elle a en pour résultat principal de séparer le Palais de l'Hôtel de ville et de concentrer tous les services judiciaires dans un bâtiment distinct. Le rez-de-chaussée est affecté aux services départementaux (tribunaux de première instance et de commerce), au parquet et aux salles d'assises, le premier étage aux services de la cour d'appel. On a construit deux pavillons encadrant la façade d'Hugues Sambin et réédifié les bâtiments sur la rue de l'Arsenal, où la salle des assises a son entrée. La tourelle d'angle a été élevée pour le raccordement de la salle des audiences solennelles et de la salle des pas-perdus. Le plafond de la grande salle doit être orné d'une composition du peintre Paul Gervex.

De l'ancien mobilier du parlement, le palais actuel conserve une pièce des tapisseries fleurdelisées qui revêtaient la première Chambre et ont été remplacées par des tentures en damas de soie rouge. Plusieurs belles pendules, avec cuivreries artistiques, des styles Louis XIV et Louis XV, proviennent aussi du Parlement.

Deux bibliothèques de jurisprudence sont au Palais de justice, celle de la cour d'appel et celle de l'ordre des avocats : cette dernière doit une bonne partie de son importance à un don de l'estimable avocat Philippe Guerrin, mort en 1874.

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