‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 54 sur 119 · HALLE AUX CRAINS · texte numérisé non relu

HALLE AUX CRAINS

Du temps que les archevêques exerçaient la souveraineté temporelle dans la ville, le marché aux grains se tenait non loin de leur palais, tout autour de l'église de Saint-Jean-Baptiste, sur l'emplacement occupé aujourd'hui par le square archéologique. La commune émit de bonne heure des prétentions à la régie de ce marché. Un accord finit par avoir lieu, sur ce chef et sur plusieurs autres, en 1435 : il y fut stipulé qu'une halle y serait construite pour la vente des grains, et que le produit du droit d'éminage appartiendrait pour moitié à l'archevêque, pour un quart à l'abbé de Saint-Paul, l'autre quart devant entrer dans la caisse municipale. Cette halle, qui avait pour gardien réchanson héréditaire de l'archevêque, était située au débouché de la rue Battant sur le vieux pont. En 1676, la ville, obligée de faire face à des exigences écrasantes, avait vendu à des particuliers le droit d'élever deux étages au-dessus des portiques qui abritaient les grainetiers et leurs marchandises. L'un de ces portiques était soutenu par quatre des piliers massifs de l'ancienne église de Saint-Laurent. Lors de la construction du quai de Strasbourg, en 1864, la vieille halle a été transformée en un important immeuble qui comprend des magasins sous passages vi- - très.

Le projet d'une halle plus spacieuse fut mis au concours en 1832 : M. Marnotte, alors architecte de la

ville, obtint le prix. La première pierre fut posée, le icr mai 1835, par le maire Jean-Agathe Micaud. La bâtisse dura huit années, et l'inauguration eut lieu le 5 mai 1843.

Cet édifice représente un carré parfait de cinquante mètres de toutes faces. Chaque face est percée de neuf arcades par étage et ornée de pilastres et d'entablements doriques.

La cour intérieure de la halle a subi une transformation considérable, en vue de l'exposition qui s'y est tenue en 1860. Le toit à deux versants fut exhaussé et on doubla l'étendue de sa surface vitrée : trois étages de galeries d'inégale largeur, reposant sur de légères colonnettes en fer, donnèrent à cet intérieur l'aspect d'une immense salle de spectacle. Une inscription rappelle la circonstance qui motiva cette appropriation. Cette salle sert actuellement aux exercices de gymnastique des élèves des écoles municipales ; du côté de la façade regardant la place, elle est précédée d'un grand vestibule où deux escaliers à trois rampes conduisent aux pièces du premier étage, occupées par le musée artistique. Un quartier du rez-de-chaussée, faisant face à l'ancien hôpital du Saint-Esprit, abrite le marché à la criée ; le reste de cet étage, les musées d'archéologie et des arts décoratifs.

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