HOTEL BONVALOT
(Place du Palais)
« Après Granvelle, écrivait un jour Charles-Quint, je ne connais personne.de plus capable que François Bonvalot, son beau-frère, abbé de Saint-Vincent, que j'ai chargé de l'ambassade de France. Il travaille comme lui à l'avancement de sa famille, mais il n'a guère moins de capacité, d'expérience et de dignité. »
François Bonvalot fut élu archevêque de Besançon par le chapitre métropolitain en 1544; mais l'influence de la famille de la Baume lui fit préférer par la cour de Rome un enfant de six à sept ans, et il dut se contenter d'être administrateur du siège jusqu'à la majorité du titulaire. A la qualité d'abbé de Saint-Vincent de Besançon qu'il portait depuis 1537, il joignit, dix ans plus tard, celle d'abbé de Luxeuil, et eut ainsi de grands revenus dans lesquels les artistes trouvèrent leur part : il fut l'ami d'Erasme et le protecteur du musicien Claude Goudimel, de Besançon.
L'hôtel qu'il ht bâtir, entre les années 1538 et 1544, a conservé son caractère d'époque et peut passer .pour type d'un logis de grand seigneur dans la période moyenne du xvie siècle : lui-même y mourut le 18 décembre 1560.
Au fond du jardin, d'où l'on découvre toute la ville et une partie de son pourtour, Bonvalot avait lait établir une petite loge à deux arcatures, qui était décorée de peintures emblématiques.
Cette maison, située dans le district capitulaire, ne pouvait être possédée que par une personne ayant séance 'au chapitre métropolitain. Plusieurs de ceux qui l'habitèrent parvinrent à la dignité archiépiscopale. Acquise en 1820 par Mme Jacoulet, fondatrice de la Sainte- Famille, elle est le siège de cette communauté qui s'occupe de l'éducation des jeunes filles (V. p. 173).
HOTEL D'ACHEY
(Rue Battant, n)
La famille d'Achey, établie d'ancienne date à Besançon, avait hérité du pittoresque château de Thoraise; l'un de ses membres était marié à la sœur ainée du cardinal de Granvelle. Son hôtel à Besançon ouvrait sur la rue Battant et débouchait sur la rue Charmont. Cet immeuble, depuis longtemps converti en auberge, a perdu tout caractère architectural. On peut y voir encore deux cheminées intéressantes. L'une, qui est dans la cuisine de l'auberge, a de belles lignes, mais les matériaux en sont rustiques : ils consistent dans une alternance de pierres piquées et polies. L'autre cheminée, qui se voit dans la salle à manger, est d'une riche composition : l'entablement supérieur y est supporté par des cariatides auxquelles se rattachent des guirlandes de fleurs
et de fruits : le couronnement est aujourd'hui en grande partie noyé dans le plafond de la pièce. Ce bel ouvrage appartientà la seconde moitié du xvie siècle et je crois y reconnaître le cachet des compositions d'Hugues Sambin.