HOTEL D'ANVERS
(Grande-Rue, 44;
La famille d'Emskerque, originaire des environs de Dordrecht, vint, au XVe siècle, depuis Anvers, s'établir à Besançon. Le terrain qu'elle acheta dans. cette ville était longé par une ruelle qui prit le nom de rue d'Anvers. Cette famille avait des armoiries qui symbolisaient le commerce dont elle avait bénéficié : D'azur à trois
harengs d'argent couronnés d'or, adextrés et posés en fasce. On voit ce blason sur umfût de colonne et sur un chapiteau, retrouvés par M. Louis de Sainte-Agathe, en faisant une construction dans les anciennes dépendances de l'hôtel des d'Anvers. La façade, alignée sur la Grande- Rue, a le caractère des constructions soignées de la fin du XVIe siècle ; les masques sculptés y sont en assez grand nombre. Dans un cartouche qui domine la porte cochère, on a taillé en relief cette devise : fac. bene. ne. timeas. En 163 1, l'hôtel appartenait à Guillaume d'Emskerque dit d'Anvers, seigneur de Velleclaire : la municipalité le lui emprunta pour loger Gaston d'Orléans, frère unique du roi de France Louis XIII, qui s'était insurgé contre l'omnipotence du cardinal de Richelieu.
, Au siècle dernier, cet hôtel était possédé par la famille d'Olivet, originaire de Salins, qui doit sa principale illustration au savant abbé dont le Traité de prosodie faisait l'admiration de Voltaire.
Après avoir servi de résidence à l'Intendant, cet hôtel fut amodié par le bureau des finances, et, pendant la période révolutionnaire, l'administration du district y eut ses assemblées.