‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 73 sur 119 · UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

UNIVERSITÉ

Besançon, bien mieux pourvu que Dole pour abriter une nombreuse population d'étudiants, manifesta de bonne heure sa disposition à devenir une ville d'études; mais, à une époque où rien ne se faisait qu'en vertu de privilèges, la concurrence n'était pas libre en matière d'enseignement. Au Saint-Siège seul appartenait d'autoriser l'établissement d'une Université nouvelle, et, sur ce terrain, l'influence d'une ville ne pouvait que difficilement lutter contre celle d'une tête couronnée. Or, les souverains de la Franche-Comté se souciaient fort peu de favoriser la création d'une Université qui eût amoindri celle de Dole et fait le profit d'une ville dont la politique indépendante était pour eux une cause permanente d'embarras.

La réunion de la Franche-Comté à la France fit cesser cette anomalie : Besançon devint le chef-lieu de la province dont elle était le principal centre de population ; mais le gouvernement de Louis XIV lui vendit une à une les institutions inhérentes à sa situation nouvelle. Pour ce qui concernait l'Université, le marchandage se

prolongea jusqu'en 1691 : la translation fut obtenue moyennant l'engagement pris par la ville de verser 150,000 livres dans la caisse des fortifications.

Ruinée par les exigences sans cesse renaissantes de l'administration française, la ville ne fut pas en mesure de faire des constructions pour le logement de l'Université. Force fut à celle-ci de se contenter d'une aile du couvent des Grands-Carmes (voyez p. 91).

A Besançon, comme précédemment à Dole, c'était par l'enseignement du droit que l'Université comptait et vivait principalement : aussi l'ouverture de la Faculté de droit de Dijon, en 1723, causa-t-elle une diminution sensible dans le nombre des étudiants de Besançon. Néanmoins, l'Université bisontine conserva, jusqu'à la Révolution française, deux chaires de théologie, cinq de jurisprudence et trois de médecine.

Éteinte en septembre 1793, par le décret qui supprimait toutes les Universités provinciales du territoire français, elle fut remplacée par une École centrale ayant pour mandat de distribuer à la fois l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur. Mais cet amalgame n'ayant pas réussi, on en vint à la conception centralisatrice d'une seule Université pour toute la France.

En 1808, Besançon obtint d'être chef-lieu d'Académie, avec une Faculté des sciences et une Faculté des lettres, pourvues chacune de quatre chaires. Le gouvernement de la Restauration supprima, dès son avènement, la Faculté des sciences : les corps constitués du pays ne cessèrent de réclamer contre cette mesure res-

trictive; ce fut seulement en 1845 qu'ils eurent gain de cause.

La Faculté des sciences comprend dix chaires ou cours : trois pour les mathématiques pures et appliquées, une pour la physique, deux pour la chimie, une pour la géologie et la minéralogie, une pour la zoologie, deux pour la botanique.

A la Faculté des lettrés, originairement composée de. quatre chaires, onze professeurs ou chargés de cours enseignent aujourd'hui la philosophie, la littérature ancienne (trois cours), la littérature française (deux cours), la littérature étrangère, les langues allemande et russe, l'histoire et la géographie générales (deux cours), l'histoire, l'archéologie et la bibliographie comtoises (trois cours) .

Les tentatives faites à diverses reprises pour recouvrer une Faculté de droit (la dernière est de 1898) n'ont pas encore abouti.

La ville a réparé partiellement la perte qu'elle avait faite, en 1793, de la Faculté de médecine jointe à un collège de chirurgie. Le décret du 7 août 1806 ne lui attribua qu'une école préparatoire avec six professeurs. Cette école est dite aujourd'hui de plein exercice, et le nombre- des chaires a été successivement augmenté. Les décrets des 10 août 1877 et 2 février 1889 l'ont porté à douze, avec adjonction de six cours supplémentaires faits par des professeurs suppléants.

Le rectorat et la Faculté des lettres occupent les bâtiments de l'ancienne abbaye de Saint- Vincent, construits

à la fin du xviie siècle d'après les plans de l'architecte bénédictin D. Vincent Duchesne. La Faculté des sciences est installée, avec ses belles collections, partie dans des locaux bâtis aux frais de la ville en 1845, partie dans des bâtiments érigés en façade sur la rue Mégevand, en 1898. Le second étage de ces nouvelles constructions est affecté à la Bibliothèque universitaire, qui contient 26,000 volumes. L'École de médecine occupe une des dépendances des hospices ; sa bibliothèque de 4,000 volumes, qui provient en grande partie des dons faits par les docteurs Thiébault et Pécot, occupe une salle particulière de la Bibliothèque de l'Université.

Le service de la botanique a été transféré en 189g dans lin pavillon érigé sur un des côtés du jardin botanique.

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