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ACADEMIE DE BESANÇON

La Franche-Comté n'eut pas, sous Fancien régime, de gouverneur plus paternel et plus éclairé que le duc Marie-Joseph de Tallard. De sa vocation première, qui avait été l'état ecclésiastique, il lui restait un vif amour des études graves et une disposition bienveillante envers ceux qui s'y livraient. L'une des conséquences de ce sentiment fut la création de notre Académie des sciences, belles-lettres et arts, reconnue par lettres patentes du mois de juin 1752, et installée le 10 août de la même année. Aux deux prix d'éloquence et d'histoire fondés chez elle par le duc de Tallard, la ville en ajouta un troisième pour récompenser les travaux relatifs aux arts utiles ; la distribution s'en faisait dans une séance solennelle qui avait lieu le jour de saint Louis. Depuis 1753 jusqu'en 1793, époque de sa suppression, l'Académie tint ses réunions au palais Granvelle : elle a réalisé ou provoqué, durant cette période, d'importants travaux d'histoire locale.

En 1806, les académiciens qui avaient survécu à la tempête obtinrent l'autorisation de se réunir : le préfet Jean De Bry leur ouvrit les salons de la préfecture et

SOCIÉTÉS DIVERSES. 2<)I

concourut de tous ses efforts à la réorganisation de la Compagnie.

L'Académie, composée de quarante membres résidants et d'associés de catégories diverses, tient chaque année, à la fin de janvier et en juin ou juillet, deux séances publiques dans la grande salle de l'hôtel de ville. Elle ouvre annuellement des concours qui ont pour objet l'histoire et l'archéologie de la Franche-Comté, la biographie des hommes célèbres de cette province, la production de pièces de vers se rattachant aux traditions du même pays, des questions d'économie politique, industrielle et commerciale. Le prix d'histoire s'appelle Prix Weiss, en mémoire d'un legs de 10,000 francs fait à la Compagnie par le savant bibliothécaire ; le prix d'économie politique, décerné tous les deux ans, résulte d'une libéralité d'Adolphe Veil-Picard. Le prix dit Marinier, dû à un legs de cet écrivain, peut être attribué chaque année à l'auteur d'une étude sur les monuments, les coutumes ou les dialectes de la province.

Tous les trois ans, l'Académie nomme le titulaire d'une rente annuelle de 1,500 francs, qui s'appelle la Pension Suard. Cette fondation a été faite en 1824 par la veuve du littérateur Suard, en vue de subvenir, pendant trois années, aux frais d'études d'un jeune homme se destinant aux lettres ou aux sciences : les candidats doivent être nés dans le département du Doubs. Sur la liste des titulaires de cette pension, on remarque les noms du philologue Gustave Fallot, de l'astronome Mauvais, de l'économiste P.-J. Proudhon, du statuaire

Jean Petit : cet éminent artiste a fait un buste en marbre de Suard, qui est dans la salle des séances particulières deP Académie, au palais Granvelle.

En dehors de son bulletin annuel, qui paraît depuis 1876 sous la forme d'un volume d'au moins trois cents pages, l'Académie a publié de 1838 à 1900 un recueil de Documents inédits sur V histoire de la Franche-Comté, qui est parvenu à son neuvième volume.

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