LOGE MAÇONNIQUE
La franc-maçonnerie fut, en France, une des formes d'évolution de l'esprit philosophique du xvme siècle.
Elle fut introduite à Besançon, en 1764, par l'intendant de Lacoré. La loge organisée sous les auspices de ce haut dignitaire s'intitula la Sincérité; il en fut proclamé grand maître et protecteur perpétuel. Toute l'aristocratie et plusieurs membres du haut clergé s'y étaient fait inscrire, et les plus grandes dames s'y affilièrent en qualité de sœurs. Plusieurs loges concurrentes se formèrent : celle de la Parfaite Union, qui remontait à 1772, eut seule une existence durable; elle fusionna, en 1785, avec sa devancière. En conséquence, la loge maçonnique de Besançon eut pour titre distinctif la Sincérité et Parfaite Union; elle fut le centre du grand directoire maçonnique de Bourgogne.
Supprimée en 1792 comme corporation procédant de l'ancien régime, la loge se reconstitua en 1808, avec le préfet du Doubs Jean De Bry pour premier orateur : elle fut d'abord installée dans les grands appartements du palais Granvelle ; mais les dernières et malheureuses années de l'Empire amenèrent sa dissolution en 18 13. Quelques officiers de la garnison reformèrent bientôt une loge qui prit pour titre la Constante Amitié et fut reconnue, en 18 19, par le Grand Orient de France. Les anciens maçons se rapprochèrent graduellement de ce nouveau centre, et une seconde fusion s'opéra en 1845. L'association maçonnique fonctionna dès lors avec le titre de Loge de la Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié réunies ; elle appartient aux trois rites, savoir : régime rectifié, rite écossais ancien et accepté, rite moderne français.
De 1820 à 1850, les assemblées maçonniques eurent lieu dans l'ancien couvent des Cordeliers. Cet édifice ayant été acquis pour un collège catholique, la loge s'est transportée dans l'étage supérieur de l'ancienne église de Saint-Antoine, où elle a un fort beau local (voyez p. 88).
SOCIÉTÉS DIVERSES
Parmi les nombreuses sociétés bisontines dues à l'initiative privée et présentant un caractère scientifique, littéraire, artistique ou sportif, nous citerons :
i° Sciences. — La Société de médecine du Doubs, fondée le 20 décembre 1844, qui a pour but d'établir des rela-
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tions confraternelles entre les médecins de la contrée, et de publier des études sur les questions qui intéressent la santé publique ; la Société d'horticulture et d'arboriculture, fondée le 16 septembre 1856, qui favorise « l'amélioration et l'encouragement des cultures potagères, des plantations d'arbres fruitiers et d'agrément, des fleurs de pleine terre, d'orangerie et de serres, des instruments de tout genre propres à l'agriculture, » entretient un jardin d'expérimentation, subventionne un professeur et ouvre des concours ; la Société des pharmaciens du Doubs, fondée en 1863; la Société d'histoire naturelle du Doubs, instituée en 1899 pour propager et faciliter, par des publications, des conférences, des excursions, l'étude des sciences naturelles.
2° Lettres. — Dans cette catégorie rentrent : i° la Société de lecture, fondée en 1863, pour l'acquisition à frais communs de livres qui sont mis en lecture entre les mains des sociétaires; 2° Y Université populaire, représentée par des professeurs de l'enseignement supérieur ou de l'enseignement secondaire, qui dissertent, depuis 1899, sur des questions de littérature, d'histoire ou de science vulgarisée, dans des conférences destinées aux ouvriers.
30 Beaux-arts. — La Société des amis des beaux-arts date de 1858. Elle a organisé une série d'expositions dont bénéficient surtout les artistes nés ou domiciliés en Franche-Comté, et elle entretient, aux abords du palais Granvelle, une vitrine où elle admet libéralement les œuvres que les artistes ou les amateurs désirent
placer sous les yeux du public. Celle des Architectes du Doubs, dont les statuts ont été approuvés le 12 février 1866, s'occupe de questions théoriques ou pratiques relatives à l'architecture : elle publie un tarif de prix applicables aux travaux de bâtiments. L' Union artistique, organisée par un groupe d'amateurs en juin 1885, s'est surtout fait connaître par ses concerts destinés à développer le goût populaire, où ont été exécutées plusieurs œuvres lyriques et dramatiques modernes importantes. La section d'harmonie de la Société nautique (fondée en 1865, dissoute en 1900) lui a survécu dans une partie du bel immeuble occupé rue Saint-Pierre par cette Société.
40 Sports. — La Société de tir, fondée en 1867, « a pour but : i° d'étendre et de perfectionner le goût du tir ; 2° d'organiser, à cet effet, des fêtes et des tirs publics. Elle n'a et ne doit jamais avoir aucun caractère politique. Un stand, ou champ de tir, et un cercle, où sont déposées les archives, constituent les lieux de réunion ordinaire de la Société. » Le stand est au voisinage de Saint-Ferjeux : chaque année il s'y tient un grand concours de tir. La Société de gymnastique et d'instruction militaire la Comtoise date de 1869 ; la Société de gymnastique la Fraternelle, du Ier octobre 1878. Ces deux associations prêtent leur concours aux fêtes publiques qu'organise la ville. Le Club alpin français sert de lien entre toutes les personnes que leurs goûts et leurs études attirent vers les montagnes. La section dite du Jura, qui a son siège à Besançon, a été
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organisée par un éminent géologue, M. Vézian, ancien doyen de la Faculté des sciences. Constituée le 2 avril 1874, elle a fait de nombreuses excursions et fourni des subsides pour l'amélioration des chemins qui conduisent aux curiosités naturelles de la région franccomtoise.
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BIBLIOTHÈQUES ET MUSÉES