‹ Besançon et ses environs. Nouv. éd., complétée et mise a jourChapitre 89 sur 119 · BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE

Par un testament du 27 novembre 1694, Jean-Baptiste Boisot, abbé commendataire de Saint- Vincent de Besançon, lié par la confraternité littéraire et les relations de l'amitié avec les esprits les plus distingués de la capitale de la France, légua aux Bénédictins de son abbaye les livres, tableaux, antiques et médailles qu'il avait acquis en grande partie des héritiers de la famille de Granvelle, à la condition que le tout formerait un dépôt public. Ce dépôt fut ouvert le 7 juillet 1696. Les libéralités postérieures de l'avocat Duchasne (1701), de Claude Boisot, grand chantre de la cathédrale (1748), du conseiller Bouhélier de Sermange (1762), de l'abbé de Camus (1783), de l'Ordre des avocats de Besançon (1790), en accrurent encore les ressources.

La Révolution française fit de la bibliothèque une propriété exclusivement municipale ; elle y versa tous les livres des communautés religieuses et des émigrés du district de Besançon.

La bibliothèque renferme aujourd'hui 90,000 imprimés, 2,200 manuscrits, 1,000 incunables, environ 8,000 estampes.

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Dans la catégorie des manuscrits, nous citerons : un Commentaire de la Bible en quatre volumes in-folio, calligraphié et enluminé au xive siècle pour Agnès de Bavière; le Corps de Policie de Christine de Pisan, copie contemporaine de l'auteur ; un des principaux textes des Chroniques de Froissart en deux volumes in-folio (v. p. 313); une dizaine de beaux volumes latins décorés vers le milieu du xve siècle à Florence et à Pérouse pour le roi de Hongrie, Mathias Corvin, et pour les Médicis; Neuf traités philosophiques et moraux, en un volume, ayant fait partie de la librairie du Louvre sous Charles V (v. p. 321); le bréviaire et le pontifical de Charles de Neufchâtel, archevêque de Besançon, orné de nombreuses miniatures peintes en France à la fin du xve siècle (v. p. 311); un petit livre d'heures exécuté par le fameux calligraphe Jarry (1648); les papiers d'État du cardinal de Granvelle en quatre-vingts volumes in-folio; les nombreuses dissertations d'histoire franc-comtoise produites ou couronnées par l'Académie de Besançon de 1759 à 1790; les laborieuses compilations des Chiflet, du capucin Dunand, de l'abbé Baverel et de Charles Duvernoy ; les études d'architecture et les portefeuilles de dessins de maîtres légués par l'architecte Paris, avec toute une série de livres d'art.

Dans la section des imprimés, on voit une moitié du livre d'heures de l'empereur Maximilien Ier, .illustré de dessins à la plume aux encres de couleur, par les principaux élèves d'Albert Durer (v. p. 3 iyet 3 19); du cardinal de Granvelle provient un groupe important de livres

sortis des presses aldines et qui portent au revers les titres et armoiries de ce prélat. Parmi les livres imprimés sur peau de vélin, il faut distinguer le Rationalc Durandi et le Catholicon Januense produits parGutenberg et ses associés, en 1459 et 1460; les Aventures de Twerdannck, par Pfmtzing, édition de 15 17; la Nancéide, par Pierre de Blarru, imprimée à Saint-Nicolas-du-Port , en 15 18. Les débuts de l'imprimerie en Franche-Comté sont représentés par une lettre d'indulgence (Poligny, 1483) et un bréviaire (Salins, 1484) dont on ne connaît qu'un seul exemplaire.

1S Inventaire des richesses d'art, le Catalogue des incunables et le Catalogue des manuscrits de la bibliothèque, par Auguste Castan, ont été publiés.

Le médaillier, qui renferme 10,000 pièces, et dont toute la partie précieuse et intéressante a été classée par Castan, renferme une série à peu près complète des types romains ; on y voit des médaillons rarissimes en argent, aux effigies des empereurs Adrien, Septime Sévère et Caracalla, une Didia Clara en or, un bronze unique de Fabia Orestilla. Les produits du monnayage municipal de Besançon offrent cette particularité curieuse de la conservation de l'effigie de Charles-Quint sur des espèces frappées plus d'un siècle après la mort de ce monarque.

Depuis sa sécularisation, la bibliothèque a été conservée, de 1794 à 18 12, par Louis Coste, l'un des collaborateurs du Magasin encyclopédique; de 1812 à 1866 par Charles Weiss, correspondant de l'Institut, le principal

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collaborateur de la Biographie universelle des frères Michaud ; de 1866 à 1892 par Auguste Castan, également correspondant de l'Institut. Gustave Fallot, l'un des créateurs de l'histoire du langage en France, Charles Nodier et Xavier Marinier, de l'Académie française, ont été aussi attachés à cet établissement.

Le bâtiment actuel de la bibliothèque occupe une partie de l'ancien couvent des Oratoriens : la première pierre en fut posée le 24 septembre 1808. Les livres n'y furent complètement installés qu'en 18 17. Cette construction, que l'on a augmentée à deux reprises, se compose de quatre corps de logis encadrant une cour intérieure.

L'aile orientale ne forme qu'une grande salle (v. p. 305), avec double étage de galeries, qui est d'un aspect imposant. Au fond se trouve la statue colossale de Cuvier, par David d'Angers (1834), en plâtre bronzé; à l'autre extrémité est une belle statue en marbre blanc du philosophe Théodore JoufTroy, par Pradier (1845); ici sont les bustes en marbre de Charles Nodier, de Francis Wey et de Ch. de Rotalier, par M. Jean Petit ; là, celui de l'architecte Paris, par un élève de Canova; celui de Charles Weiss, par Auguste Clésinger ; celui de Victor Hugo (en plâtre), par David d'Angers. Signalons aussi un buste en terre cuite (deuxième moitié du xvie siècle), par Claude Lulier (v. p. 309; le buste, également en terre cuite, du prince Charles Roger de Bauffremont, par Luc Breton; le petit modèle, par le même artiste, de la Pieta, exécutée pour l'église de Saint-Pierre à Besan-

çon. La vitrine d'exhibition des manuscrits est au centre de cette salle; une autre (dans la tribune) sert à exposer toute une série de produits typographiques de la plus insigne rareté.

A l'étage de l'aile qui borde la rue se trouve la salle de lecture (v. p. 307); le poêle y sert de piédestal à un beau buste du fondateur de la bibliothèque, par M. Jean Petit. On y remarquera de plus un buste très vivant de l'architecte Nicole, par Luc Breton, ainsi qu'une suite de gravures qui reproduisent des hommes et des monuments appartenant à la Franche-Comté.

Cette salle est continuée par un salon carré qui sert de cabinet au bibliothécaire. On y voit une trinité bouddhique de grande taille, provenant d'une pagode de Canton et offerte à la bibliothèque par Mgr Guillemin, vicaire apostolique en Chine.

Cette salle se raccorde à angle droit avec une galerie occupée par la vitrine, où les richesses du médaillier sont mises en évidence.

On pénètre enfin dans un second grand vaisseau qui embrasse toute la hauteur et les trois quarts de l'épaisseur du corps de logis septentrional : là se conservent les archives communales (layettes) de la ville de Besançon.

Dans la cour, une double arcature romane du xie siècle, appliquée contre la muraille de la grande salle, est tout ce qui survit de l'étage supérieur du clocher de l'église abbatiale de Saint-Paul, démoli en 1833.

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Bibliothèque publique (salle principale

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Bibliothèque publique (salle de lecture)

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Buste d*Humbert Lulier, par Claude Lulier

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Bréviaire de Charles de Keufchàtel

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Manuscrit de Froissart

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Psautier du XI Vf- siècle

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Manuscrit ayant appartenu au roi de France Charles V

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