‹ Bibliographie anecdotique du jeu des échecsChapitre 13 sur 29 · ISLANDE · texte numérisé non relu

ISLANDE

Pendant les longues nuits qui durent trois mois, les habitants de ce pays gardent le lit souvent pendant plusieurs jours de suite et passent ce temps à jouer aux échecs. (Purchas Pilgrims, en 1563.) Ce fait est rapporté dans le Recueil de voyages publié par Parchas, Londres, 1625, in-fol.

Eggert Olasson a voyagé en Islande, en 1756, et a publié, en 1772, ses Voyages en langue danoise, en 2 vol. Deux ou trois pages de ce livre contiennent des détails sur le jeu et les joueurs d’échecs de l’Islande.

« Les échecs ont été depuis longtemps le jeu favori des habitants de l’Islande; beaucoup d’entre eux, paysans aussi bien que gentlemen, sont de très-habiles joueurs. Les règles sont les mêmes que dans les autres pays, à quelques exceptions près. Les mots et les phrases, dans le jeu, sont ceux qui étaient adoptés par les anciens Norwégiens.

« Les joueurs prennent souvent des seconds. »

Dans les Commentaires écrits par Paul Widalin, chef de justice de l’Islande, il est fait mention d’un écrit intitulé ütskiring Tafl-listarennar, ou Explication des échecs, ouvrage qu’il suppose avoir été écrit avant la XIII* siècle, car il est noté dans Sturlunga, c’est-à-dire dans l’histoire de la République d’Islande, laquelle a été écrite avant 1300.

SOS SCANDINAVES

Camot. Dans Snorra Stwrlxtsonar's Heim KriTigla, ouvrage écrit en islandais et publié à Stockholm, 1697, in-fol., se trouve le récit suivant :

« Le roi Canut et le comte Ulf étant à Jouer aux échecs, le roi fit une grande erreur, en conséquence de laquelle le comte lui prit un de ses cavaliers, ce que le roi ne voulut permettre ; il replaça la pièce et insista pour que le comte jouât différemment. Ce dernier s’emporta, renversa l’échiquier et partit; lors le roi l’appela en lui disant : « Ulf, tu es un poltron, car tu fuis, n Le comte se retourna à la porte et lui répondit : « Vous auriez bien autrement fui, dans la rivière Helga, si je n’étais point accouru à votre secours lorsque les Suédois vous battaient comme un chien; vous ne m’avez point appelé alors Ulf le poltron. » Sur ces mots, il se retira, et le lendemain le roi le fit tuer.

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Automate joueur d’échecs.

Cet automate, dû au fameux mécanicien le baron de Kempelen, parut à Presbourg, en 1770, pour la première fois. Il défiait les plus forts amateurs à un combat dont il était sûr d’avance de sortir victorieux. Presque tous les recueils ptriodiques de l’époque en ont parlé ; ils regardaient l’inventeur de cette machine comme un nouveau Prométhée, toutes les combinaisons du jeu d’échecs leur semblaient avoir été prévues par son génie, tant était admirable la'précision des mouvements de l’automate en réponse aux coups de son adversaire

L’automate parcourut l’Allemagne, l’Angleterre et la France. Accueilli partout avec une grande curiosité, il arriva à Paris en ,773, et fut, pour la première fois, vaincu au café de la P igence. A Berlm, l’aùto

ïio

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mate défia tous les seigneurs de la cour du grand Frédéric, et fut môme admis à l’honneur de se mesurer avec ce prince, grand amateur d’échecs.

Frédéric l’acheta, et connaissant le secret de cette machine, il la relégua dans un des garde-meubles de son palais, où elle demeura, près de trente ans, enfouie et oubliée. Ce ne fut qu’à la présence de Napoléon I®' à Berlin que l’automate dut sa résurrection. Le prince Eugène l’acheta 30,000 fr. et le laissa continuer ses exploits en Europe et en Amérique sous la direction de Maclzel. On sait qu’un homme de petite taille, bon joueur d’échecs, était caché dans cette mécanique. Mouret, que nous avons cité dans les célébrités aux échecs, était le joueur qui accompagnait Maelzel.

En 18S5, l’automate devint la propriété deM. Mitchell, professeur de Philadelphie.

Les ouvrages français et étrangers' publiés sur ce sujet, sont :

Lettre sur un automate qui joue aux échecs; par L. Dutens. Presbourg et Vienne, 1770 (et non 1694), in-8.

Lettres de Ch. Gottlieb de Windisch sur le joueur d’échecs, etc,, trad. de l’allemand, par Chrétien de Méchel. Basle (1783), in-8 de 58 pages, 3 grav. en taille-douce représentant Vautomate.

Môme ouvrage. Paris, Jombert, s. d., in-8 de 36 p., figures.

Chess player, the automaton, exposed and detected. London, 1784, in-8.

Nachrichten von d. berîthnten Schachspiel; von J. K. Ebert. Leipsig, 1785, in-8.

Observations sur Vautomate joueur d’échecs qu’on montre actuellement à Londres. Une édition a été pu-

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bliée en anglais, à Londres, en 1819, in-8 de 32 pages.

Attempt to analyse the automaton Chess, etc. London, 1821, in-8.

La Vie et les Aventures de l’automate joueur d’échecs, par M. de Tournay, imprimé dans le Palaméde, 1836, p. 81 à 87.

Georges Walker, l’auleur de Chess and chess-players (Londres, 1830, in-8), donne (p. 1 à 37 de cet ouvrage), sous le titre : The Chess automaton, une notice intéressante.

Edgar Poé est auteur d’une étude sur plusieurs automates, entre autres sur celui des échecs du baron de Kempelen. LeMonde illustré, 1862, n'274, 12 juillet, en donne une traduction faite par M. Ch. Baudelaire, sous le titre : Le Joueur d’échecs de Maehel.

L’auteur nous apprend qu’après avoir visité l’Europe, dans ses dernières années, l’automate visita les principales villes d’Amérique, sous la conduite de Maelzel, et qu’à la mort de celui-ci, en 1835, M. Mitchell en était devenu propriétaire.

Blason.

L’échiquier est l’hiéroglyphe de la guerre ; il réprésente un champ de bataille, et les échecs des deux couleurs, rangés vis-à-vis les uns les autres, sont comme les soldats des deux armées.

Les échecs furent autrefois en si haute estime, que nous en trouvons des traces dans les armoiries d’une foule de familles nobles ; il y en aurait vingt-trois en France, et selon l’Eeraldry d’Edmonson, trenle-six

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familles ea Angleterre portent des rocs et des échiquiers dans leurs armoiries.

La reine Elisabeth envoya à sir Charles Blount, trèsgalant jeune homme, depuis duc de Devonshire, une retTje d'échecs en or qu’il mit dans ses armes avec une faveur rouge. Le comte d’Essex voyant cela, dit avec un mépris affecté : « Maintenant je m’aperçois que chaque fou aura une faveur. » Sur ce mot, sir Charles le provoqua; ils se battirent dans Marybone-Pœrk. Essez fut désarmé et blessé à la cuisse. ('Twiss. Chess, part. I, p. 25.)

Danse.

Colonne (Fr.), mort en 1520, dans son Hypnerotomachia, ou Songe de Poliphile, écrit en 1467 et publié en 1499, donne une partie d’échecs par personnages.

Rabelais, mort en 1553, parle des échecs dans son Pantagruel, et dans le livre V, chap. 24 et 25, Comment fut faict ung bal ioyeulx en forme de Toumay. Comment les trente-deux personnages du bal combattent, il donne une description curieuse d’un bal d’échecs où les danseurs avaient le costume des pièces du jeu des échecs, et où l’on avait cherché à imiter les attaques et les défenses de ce jeu comme on le jouait alors.

Don Juan d’Autriche, fils naturel de Charles-Quint, avait pour échiquier une des salles de son palais; les différentes cases étaient représentées par un pavé de marbre noir et de marbre blanc, et les pièces de son jeu étaient des soldats déguisés.

Innnocent Rhinoiebi, dans ses Cinquante jeux cfA«n-

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nesies entretiens, eic, Lyon, 1554 et 1555, in-4, raconte une partie d’échecs par personnages.

Béroalde de Ver ville décrit, dans son Tableau des riches inventions, ou Songe de Poliphile, trad. de l’italien de Colonne, Paris, 1600, in-fol., une partie d’échecs par personnages. Cette partie est jouée par des nymphes devant leur reine, vêtues de livrées différentes.

La Masquarade des eschets. Cette masquaradc fut dan. sée devant Henri IV en 1607, et imprimée dans le Hecueil de Masquarades et jeu de prix d la course du Sarazin, faits ce caresme-prenant en la présence de Sa Majesté à Paris. Paris, 1607, in-8 de 55 pages.

« L’ordre estoit tel, que deux hommes masquez estcndoient un grand cschiquier de toile sur la place dont les quarrez ou casiez estoient blancs et rouges environ d’uu pied et demi !n granvleur.

« Apres cela les violons commençoient à sonner : Et deux habillez à l’espagnole, avec chacun une longue baguette à la main, entroient dançants un balet d’une mesure grave : Et se plaçoient chacun sur une escabelle des deux costez de la sale, uis-à-vis l’un de l’autre. Dès qu’ils estoient assis, sur un autre air de balet entroient les huict pions incarnats; c’estoient petis enfans qui dançoient fort ioUment, et qui flrent entr’eux un balet de plusieurs et différentes figures : Et à la dernière chacun se trouua de rang sur sa case. Les autres huict pions blancs eurent aussi leur balet particulier bien différent en airs, pas et figures ; puis se rendirent en leur place, droit à droit des autres. Les quatre rocs firent leur entrée, et après plusieurs figures se placèrent derrière les pions, chacun en sa

case. Pareillement les cheualiers dancerent leur entrée, et se rangèrent en leurs places. Aussi les fols, armez de marottes et boucliers en la main, avec certaine forme de combats et différentes figurés se trouuoient à leur case. Les entrées finies, le Roi et la

Reine chacun de son cosfé se rangea à son quarré,

les rouges avec les rouges, et les blancs avec les blancs. Après que toutes les pièces furent ainsi rangées de quatre à quatre au son de leurs différents balets, les deux Espagnols montèrent chacun sur son escabelle : lors commença le grand balet à l’air duquel toutes les pièces de part et d’autre dançoient, comme s’ils eussent ioué : et iustement à. la cadance des deux Espagnols les frappoient, suiuant l’ordre qu’il faloit pour les faire desmarer ; et chacun en sa desmarche d’eschec se trouvoit en prise, et se chassoient hors de l’eschiquier l’un l’autre, iusqu’à ce que les quatre pièces principales demeuroient seules, et la partie but à but. Les Espagnols descendoient, et cela chacun à la teste de ses pièces faisoit un tour par la salle : et passans tous par deuant la compagnie tinissoient. »

On trouve dans la Maison des jeux académiques, Paris, 1654, 1665 et 1668, Lyon, 1674, in-8, le moyen d’exécuter une partie d’échecs par personnages.

La Gazette de Bavière, 1843, parle d’un bal masqué, donné par le roi,.où il fut exécuté une partie d’échecs, dirigée par deux sorciers. De jeunes ofdciers sous de riches costumes figuraient les pièces de ce jeu.

M. Paul d’Ivoy cite, dans le feuilleton de l’Indépendance belge, octobre 1860, une danse alors en vogue à Paris, connue sous le nom de Danse des échecs, mais n’ayant aucun rapport à ce jeu.

Echecophobes.

PÉTRARQUE, dans ses Entretiens, désaprouve le jeu et les joueurs d’échecs.

Nous citerons, parmi les personnages qui défendirent de jouer aux échecs, le cardinal Thomas de Vio Cajetan, et Casimir II, roi de Pologne, mort en 1 1 94.

Le cardinal Pierre Damien, évêque d’Ostie, mort en 1072, condamna un évêque de Florence pour avoir joué aux échecs toute la nuit, dans une auberge, à réciter trois fois de suite le psautier, à laver les pieds de douze pauvres, et à leur compter un écu par tête. (B. P. Damian, Opusc. XX, cap. vu.)

Ce cardinal comptait, du reste, le jeu des échecs parini ceux de hasard, dans son Epüre au pape Alexandre IL

Frain dü Tremblay, dans ses Conversations morales, y condamne tous les jeux et y blême jusqu’à celui des échecs; l’abbé Fleury blâme le temps qu’on passe pour bien conduire une partie d’échecs. (Du choix et de la conduite des études.)

Makrisi, dems sa Description historique et topographique de l’Egypte et du Caire, nous apprend que dans cette ville plusieurs personnes furent battues par ordre du kalife Hakem, dans le mois de rébi, an 403 de l’hégire, pour avoir joué aux échecs.

Jean Hoss, mort en 1415, dans ses Traités dogmatiques et moraux, Nuremberg, 1713, 2 volumes in-foL, t. I, épist. 1, se plaint du temps que l’on perd aux jeux, même à celui des échecs, et des passions fâcheuses que l’on y ressent.

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Jacques VI, roi d’Ecosse (Jacques I", roi d’Angleterre en 1603), dans son Présent royal, ouvrage fait par ce monarque pour l’instruction de son fils Henri, lui défend de jouer aux échecs.

Ingold (Maître), dominicain du xiv* siècle, est auteur d’un traité de morale écrit en allemand et intitulé : Le Jeu (ïor, comprenant sept autres jeux comparés aux sept péchés mortels. Le premier de ces jeux est celui des échecs, comparé à l’orgueil. « Témoin un certain ecclésiastique que sa grande connaissance au jeu d’échecs avait rendu d’un orgueil insupportable et d’un emportement qui allait jusqu’à la fureur... »

Un exemplaire de cet ouvrage se trouve à la Bibliothèque impériale, relié à la fin du Liber de Processu Satanæ tenebrarum principis, etc., 1472, in-fol.

Louis IX, dit saint Louis. Dans le Traité de la police ancienne, Lyon, 1740, l'auteur remarque qu’en 1234, ce monarque défendit, sous eine d’amende le jeu des échecs, parce que ce jeu est trop sérieux et qu’il jette le corps en langueur par une trop grande application de l’esprit.

Cette défense fut confirmée en 1233 par le concile de Béziers.

Michel Montaigne, mort en 1392, dans ses Essais, livre 1, chap. l, dit des échecs : « Je Thaï et fui de ce qu’il n’hest pas assez jeu, et qu’il nous esbat trop sérieusement, ayant honte d’y lournir l’attention qui suffirait à quelque bone chose. » L’auteur y blâme aussi Alexandre le Grand, de Macédoine, de s’y être adonné.

Navarre. Ce docteur, jadis célèbre, regardait, à ce que nous dit Thiers, dans son Traité des jeux, les échecs

variétés.

comme le plus impertinent de tous les jeux, parce qu’il était celui de tous qui le divertissait le moins.

On trouve dans le Recueil des lois anglaises une loi, rendue en 1464, sous le règne d’Edouard IV, qui prohibe l’introduction du jeu d’échecs en Angleterre.

Sai.nt BEBiNAnD, parmi les louanges qu’il donne aux Templiers, dans son Tract, de nom milit. seu Exhort. ad Milit. Templi, Ep. 74, ad archidiac., remarque avec satisfaction qu’ils ont en horreur le jeu des échecs.

Jean Petit de Sarisbéry, évêque de Chartres, mort en HS2, dans son Polycratius, lib. I, cap. 5, regarde les échecs comme un jeu pernicieux ; il n’y a rien de plus misérable que de se peiner beaucoup pour une chose qui ne rapporte guère de profit, et on pourrait beaucoup mieux employer le temps qu’on y donne.

J. B. Thiers, dans son Traité des jewx (Paris, 1686, in- 12), chap. xxvi, conseille aux chrétiens d’éviter tous ■les jeux et divertissements qui fatiguent autant l’esprit que le jeu des échecs.

Eu 1126, l’évûque Guy menace d’excommunication les prêtres qui joueraient sur les lombes dans les cimetières.

Le synode de Langres défend ce jeu aux ecclésiastiques, ne leur permettant que d’y jouer rarement... Le concile provincial du Mexique, en 1585, le permet aux ecclésiastiques, pourvu que ce ne soit pas en public, ni dans les académies, et qu'ils n’y jouent pas beaucoup d’argent.

Eudes de Siti.uy, évêque de Paris, mort en 1208, défendait à ses clercs d’avoir chez eux un échiquier.

Le Journal du règne de Charles Vil rapporte qu’en 1420, le frère Richard, cordelicr, attirait cl Boulogne

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tout Paris par ses sermons. 11 prêcha un jour avec tant d’éloquence et de succès contre le luxe et le jeu, que les Parisiens qui l’avaient entendu, à peine de retour chez eux, se hâtèrent de brûler dans les rues leurs jeux de tables, etc. — Ed. Gourdon, Bois de Boulogne, t8o4, p. 73.

Dans un écrit publié à la fin du xviii® siècle, en Angleterre, intitulé : Mammoth; or Iluman natur displayed, l’auteur dit qu’il est singulier que ce soient des gens d’intelligence qui, au lieu de reposer leur esprit par des exercices corporels, s’absorbent dans les combinaisons du jeu des échecs, tandis que le vulgaire, fatigué par les travaux physiques, prend ses récréations à des jeux tels que celui du cricket, etc.

Échiquiers.

L'Échiquier était un tribunal supérieur en Normandie, composé de juges ecclésiastiques et de juges laïcs pour juger sur les appellations des inférieurs. Cette compagnie s’assemblait deux fois l'année, vers la fête de Pâques et vers celle de Saint-rdicliel. Elle se réunissait en différents lieux ; c’était tantôt à Rouen, tantôt A Caen, et quelquefois à Falaise. Louis Xll rendit ce tribûnal perpétuel et sédentaire dans la ville de Rouen, l’an 1499, et le composa de quatre présidens et de vingt-huit conseillers. François 1“^ lui donna le nom de Parlement, l’an lois. (Dict. de Moreri.)

Le nom de l’Échiquier, s’il faut en croire YEncÿclopédie, viendrait de ce que le piemier échiquier, qui fut celui de Normandie, se tenait dans une salle dont

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le pave était de pierres carrées, noires et blanches alternativement, comme celles de l’échiquier qui sert à jouer aux échecs. D’autres auteurs pensent que ce nom aurait été donné à ce tribunal, parce qu’il y avait sur le bureau un tapis échiqueté de noir et de blanc.

En 1189, au couronnement de Richard D', six' comtes et barons portaient des échiquiers avec les insignes royaux pour représenter la Cour de l'Échiquier, instituéeà Londres par Guillaume le Conquérant, en 1079. (Twiss, 2' partie, p. 3i5.)

L’échiquier se compose de soixante-quatre cases, huit en largeur, huit en hauteur, alternativement blanches et de couleur généralement noire.

Les Russes ont un échiquier pour quatre joueurs il la fois. Twiss, dans ses Anecdotes, ajoute que les joueurs se mettent deux contre deux. Les pièces de cet échiquier sont également plus nombreuses que dans le nôtre. M. Jaenisch, major russe, a donné un travail spécial sur cette manière de jouer.

Vers l’an 870, Drofen le Géant, père nourricier de Harold-Rarfagra, envoya il son élève, alors roi de Norwége, un magnifique échiquier.

l'n historien arabe, en parlant des magnificences de Cosroës (022-28), rapporte qu’il avait un jeu d’échecs dont la moitié des pièces était éli rubis et l’autre moitié en émeraudes. Un autre historien dit que la moindre de ces pièces valait trois mille dinars d’or (environ 30,000 fr.).

Dans Kroka Refs saga (Vio de Ref le Rusé), Islandais du x® siècle, il est fait mention d’un jeu d’échecs curieusement sculpté, fait de dents de morse, lequel fut envoyé d’Islande à Harold le Juste, roi de Norwége.

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Th. Hyde, p. 60, donne le dessin du magnifique échiquier en ivoire que lui avait vendu Daniel Sheldon, marchand des Indes orientales. 11 datait de prés de deux siècles ; ses cases étaient historiées.

Un magnifique jeu d’échecs et son échiquier, venant du Zollverein, a été exposé à Londres en 1831 . Le Roi représente Charles-Quint. l.es cases de cet échiquier sont de nacre, de perles et d’écaille ; les pièces d’or et d’argent. La valeur est d’environ 1,200 liv. st. (30,000 fr.)

Dans VOratoriæ Artis Epitoma... Venetiis, 1483, pet. in-4, fig., volume fort rare, dont la dernière partie est ornée de curieuses figures mnémoniques gravées sur bois, on remarque un tableau de l’ancien échiquier, garni de ses pièces, qui fournit matière à quelques observations sur les variations de ce jeu. C’est d’après celte édition qu’a été exécuté le fac-similé donné dans le t. 111 de la Bibliotheca Spenceriana (Leber, Catalogue, t. I, n» 1238.)

Chrestien do Troyes, dans son Roman du San-Graal, écrit en 1188, raconte que messire Gauvain, chevalier de la Table-Ronde, voyant un magnifique échiquier garni d’échecs d’or et d’ivoire, porta la main à une de ses dernières pièces, voilà que les échecs d’or saillent à leur tour contre lui, sans que nul n’y touche et le matent par deux fois; il essaie une troisième partie pour prendre sa revanche, mais voyant la chance tourner encore contre lui, il se lève tout stupéfait d’un semblable enchantement et dépèçe le jeu.

Extrait de l’ouvrage de M. le marquis de Villemarqué. Romans de la Table-Ronde. Paris, Didier, 1860, p. 422, Rérédur, ou le Bassin magique. Le Jeu des

échecs : « Cet échiquier est, à n’en pas douter, celui que le barde Merdhyn offrit à son patron, le roi Gwendoleu, fils de Keidio, et qu’il emporta dans sa tombe avec douze autres merveilles de l’ile de Bretagne. Selon la tradition, l’échiquier était d’or et les échecs d’argent; ils jouaient d’eux-mémes. Selon le romancier, toujours porté à exagérer, il était d’or fin, peint de riches couleurs ; les pions, d’or poli, d’émeraudes et de rubis; ils jetaient une grande lumière et attestaient l’habileté d’un artiste maure qui en avait fait présent à la fée Morgane, de laquelle le tenait le propriétaire actuel. Suit une longue description de la partie d’échecs : Perceval est battu, il prend sa revanche, il l’est encore; il revient à la charge, mais saps plus de succès; alors il entre en fureur, saisit les échecs, les met dans un pan de son haubert pour les jeter dans le lac, et dit :

Jamais ne materez

Nul chevalier; n’est mie droit! »

Van der Werfk s’occupa, dit-on, pendant dix-huit ans, à sculpter un échiquier en buis et en ébène. Le fini précieux des tableaux de ce célèbre peintre se retrouve dans ce petit chef-d’œuvre, conservé à Rotterdam, dans sa famille.

Les pièces sont montées sur piédestaux, excepté les Tours. Les Rois sont vêtus d’une peau de lion ainsi que les pions. Les Fous ont une posture grotesque. Les Pions représentent huit nègres et huit blancs, et sont d’aspect et d’dge dilT’érent.

Philidor a vu, en 1747, à Rotterdam, dans un café, un échiquier avec ses pièces, lesquelles avaient trois

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puucos de bailleur, et étaient en argent. Ces pièces n’étaient point de couleurs différentes; mais elles représentaient une armée européenne et les autres une armée asiatique. Cet échiquier avait été fait pour le prince Eugène. (Twiss, Chess, 1787, part, i, p. 3.)

Jacob Mennel, dans son ouvrage De htdo laimnculorim, fait mention d’un échiquier remarquable décrit par Alliey, dans son Musée de l'échiquier.

Jean, sire de Joinville, dans sa Vie de Luiiis IX, dit saint Louis, chap.rvi, en rendant compte de l’ambassade du prince des Bédouens, connu sous le nom du Vieux do la montagne, nous apprend que, parmi les présiyits que fit cet ambassadeur, il se trouvait un échiquier avec ses pièces en cristal, montées en or. On le voit aujourd’hui au Musée de Cluny.

Cet échiquier est un ouvrage du xiii® siècle, dont les pièces à division, dites gothiques, paraissent avoir été travaillées en Syrie. M. Du Sommerard en fait mention dans son Histoiredes arts au moyen âge, Paris, 1841, in-8.

Louis XIII, ennemi des jeux de hasard, qu’il ne souffrit point à la cour, avait pour les échecs un. goût tellement prononcé qu’il y jouait mémo en carosse. Les pièces étaient garnies, à leur pied, d’aiguilles; elles sclichaieut dans un échiquier rembourré, de manière que le mouvement ne pouvait les faire tomber.

Cela avait déjà été pratiqué à Rome pour l’empereur Claude, d’après le rapport de Suétone.

Pierre Mallet, dans son Traité du jeu de dames, Paris, 1 CC8, mentionne un échiquier remarquable, d’ambre blanc et jaune.

On voit aujourd’hui, au Mtisée des Souverains, au Louvre, un riche échiquier avec ses pièces, donné à

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VAHIETES.

Napoléon I" par sa sœur la reine de Naples, Caroline Murat.

M. Léon Hollœnderski, dans sa traduction des Délices des rois, Paris, 1864, p. bl, note 2, dit que, dans le Musée de Paris, il existe un échiquier dont toutes les pièces et la table sont en cristal de roche, et que cet échiquier avait appartenu à Louis XVllL

Estampes, Gravures, Lithographies.

The approaching ckeck mate. L’Echec et mat inévitable. 20 centimètres environ sur 2b.

Jeune femme jouant aux échecs avec un jeune homme, et une autre personne dans le fond les regardant jouer.

Gravé par Henry Meyer, d’après Chalon.

Retallation. La Revanche.

Le jeune homme embrasse la jeune femme, sans doute comme prix de la revanche qu’il a gagnée.

Gravé par Henry Meyer, d’après Chalon.

Collection de problèmes tant pour les échecs que pour les dames.

Chacun de ces problèmes forme un petit carton dont le dos contient la solution. Le prix était, en 1849, de 2 fr. bO c. Ils se vendaient au bureau du journal la Régence.

Diagrammes imprimés en blanc, avec les pièces imprimées séparément et gommées pour former les positions. A Paris, chez Préti; 60 c.

Echiquiers imprimés en rouge et annotés en noir. Lille et Paris, vers 1848. Prix des 100 ex. doubles ou 200 planches. 1 fr. 80 c.

«4 VAKIÉTÉS.

Echec au Czar, litho^jr. de C. Deshayes. Paris, 1854, H. Gâche.

^lat! lithogr. par C. Deshayes. Paris, Gâche, 1854.

Echec et Mat ! gravé par Henriquez, d’après Vanloo.

Echec et Mat (en anglais). Caricature faite à New- York, représentant Napoléon, alors premier consul, jouant aux échecs avec l’empereur d’Allemagne, conseillé par l’empereur de Russie, et donnant échec et mat à son adversaire.

Cette pièce a été faite au sujet de la bataille de Marengo.

Grand tableau des joueurs d’échecs. Pendant la lutte au cercle des Echecs, entre MM. Staunton et Saint-Amant. Le sujet représente la 19* partie du match. Lithogr. de Marlef. Se vendait 25 francs.

La même scène, texte anglais.

Grande Bataille des échecs, livrée au calé de la Régence. Lithogr. publiée par Aubert. Paris, 1844.

The impending mate.

Jeune seigneur du règne de Louis .XV, jouant aux échecs avec une jeune dame, sa maîtresse.

Mated.

I.a partie est perdue et le jeune seigneur déclare son amour à la dame. 2 planches.grav. d’après Franck, par W. H. Simmons; publiées à Londres, chez Gambart et C*.

Le Jeu des échecs, par Nicolas Arnoult, dessinateur et grav. 1680-1700). H. 263 millim., larg. 185.

Le Jeu des échecs, gravé par Lépicié, d’après Moor, en 1746.

GescA/age» (échec, ma chère), gravure allemande, titre

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allemand et anglais, publiée à Berlin, représentant un homme faisant échec à une femme.

Le Jeu des échecs, par Retzsch ; avec un texte lithogr, de Chevalier. Paris, Dazario, impr. Lemercier.

Allégorie figurant un songe, où Satan joue aux échecs avec un homme dont il a l’iime. Le lieu où se passe l’action est aussi diabolique que l’on peut se l’imaginer, c’est une des salles de l’enfer.

Un tombeau est tranformé en échiquier; d’un côté un jeune homme assis, la tôle appuyée dans sa main, suit d’un air inquiet la partie entamée. En face, à la droite du tombeau, son adversaire Satan, enveloppé dans les plis d’un long manteau ; les traits de ce dernier sont nobles, mais ils laissent percer tous les vices qu’on peut donner à ce personnage.

Plus loin, entre les deux joueurs, on aperçoit un ange, que le jeune homme, son protégé, ne voit pas, mais que Satan est obligé de tolérer, ne pouvant pas l’éloigner.

Le jeu du diable représente : le Roi, Satan; laitetne, la volupté. Six autres pièces : la Paresse, à la tête de porc; la Colère, sous la forme d’un dindon; l’Orgueil, déployant sa queue de paon sans se soucier d’avoir mis par là à découvert sa nudité ; VAsttice a une tête de chat, une de ses mains repose sur son cœur, eu signe d’assentiment, et l’autre, cachée derrière son dos, tient un poignard ; l'Envie et l’Avarice sont confondues en une seule personne ; et l’Ina'édulité, ornée de cornes, les mains sur ses hanches ; d’un pied elle jette la croix de côté. Les pions figurent le Doute, ressemblant à des harpies aux dents aiguës et aux ailes de chauve-souris.

Les échecs du jeune homme représentent : un Roi,

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qui est son âme, sous la forme d’un papillon; la Aetwe, r.’est la Foi; les autres pièces sont l’Espérance, la Vérité, la Faix, Vllumilité, l’Innocence et l’Amour, deux enfants entrelacés dans leurs bras, et le visage collé l’un contre l’autre. Les pions, des tètes figurant la prière.

Ce jeu d’échecs représente le combat spirituel des l'fces contre les vertus chrétiennes. Le jeune homme, entraîné par ses passions, est bien près d’ètre maté, comme le fait observer l’artiste religieux.

Maurice Retzsch donna un dessin sur les joueurs d’échecs, édité en 1831, par Ern. Fleischer, de Leipzig. Alliey en fait une description intéressante dans son Musée de l’échiquier, imprimé dans le Palaméde de septembre 1845.

Les Joueurs d’échecs, caricature d’après Hasenclever. Titre en français, en anglais et en allemand, faisant partie du Musée des rieurs et du Musée omnibus, Paris, chez Goupil. A Londres, à Berlin et à New-York.

Les Joueurs d’échecs, d’après Uroz. Paris, photogr. Richebourg, 1862.

Portrait de Philidor, joueur d’échecs, né à Dreux. Porte, grav. par Aug. de Saint-Aubin. Rare.

Alexander, joueur d’échecs, par son neveu, M. Alexandre Laemlein, placé en tète du Palatnéde, 1844.

Un beau tableau sur bois, de 1362, représentant la famille de lord Windsor, le père et la mère jouant aux échecs, SC trouve aujourd’hui au château de Cardiff, comté de Glamorgan. (Alliey, Mr'sée de l’échiquier.)

Illustration française, n® du 18 août 1860. Figure de rébus : Un échiquier avec 1 Tour, 1 Cavalier, 4 Fous et I Pion renversés. N® du 25 août 1860, Explication du

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rébus : Il n’y a pas que les Fous qui ont la tête à l’envers.

La Partie (Péchecs, peinture de M. Armand Leleux. salon 1864, n® 1176.

Gambits.

fiambit vient du mot italien gambetto, ou crot-enjambe. C’est une ouverture où l’on sacrifie un pion, quelquefois une pièce, pour obtenir une attaque.

Voici les principaux auteurs qui s’en sont occupés :

Gioachino Greco, qui traite les gambits plus à fond qu’aucun autre auteur, dans son ouvrage : Trattado da nobilissimo e militare cssercitio de scacchi.

Muzio. Son début est l’une des plus jolies ouvertures du jeu que l’on connaisse. Salvio, dans son ouvrage, l’a fait connaître; c’est un Cavalier sacrifié poür gagner plusieurs temps.

M.M. Walker ; James Cochrane, employé du service civil do Madras, vers 1829; le lieutenant-colonel Donpon; de Santo-Vito, mort à Vienne en 1830, ont donné des travaux remarquables sur ce gambit.

Ghulam-Kassin. Analysis of the Muzio gambit, etc.; by Ghulam-Kassin and J. Cochrane, esq., etc., Madras. 1829, in-4 de 63 pages. Ce petit traité contient plusieurs variantes du gambit Muzio, alors inconnues en Europe, un match de deux parties entre Madras et Hyderabad ; l’auteur dirigeait les parties de Madras. Le Palaméde, 1837, p. 86 à 90; 1838, p. 280. 1842, t. I, p. 309 à 312, a donné plusieurs travaux sur ces variantes.

La défense est bonne dans une foule de cas, particulièrement avec un adversaire sans expérience, mais

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clic donne un assez mauvais jeu avec un adversaire érudit et correct, qui sait éviter les pièges nombreux de ce début.

CuNiNGHAM, savant distingué et fort joueur d’échecs, auteur du gambit des trois pions, plus connu sous le nom (Je gambit de Gurmin-Gliarr.

Ce gambit estimé a été traité par Philidor et impr. dans le Palaméde, 1837, p. 191-193.

Le capitaine J. Berlin, dans son ouvrage publié à Londres, en 1735, The noble game ofchess..., in-8 de 78 pages, traité contenant quelques parties et fins de parties assez bonnes, est le premier qui parle du gambit inventé par Cuningham.

Ponziani, dans son gambit du centre, qu’il donne commg une bonne défense, a été approuvé par MM. Lewis et Walker. V’oir le major Jaenisch, dans son Analyse, p. 134.

Allgaier donna un gambit estimé dans lequel M. Schulten a travaillé.

Bryan, fort joueur d’échecs, est auteur d’un gambi estimé, dans lequel a travaillé M. Preuss, d’Altona.

La Régence, 1849 et 1851, en a donné plusieurs variantes.

Cozio. Son gambit est assez estimé.

Evans de Milfort (W. D.), capitaine de la marine anglaise, et l’un des plus forts joueurs d’échecs de la Grande-Bretagne. Le sacrifice du pion du Cavalier de la dame au 4® coup, par celui qui a eu le trait, constitue le gambit Evans.

Ce gambit se trouve dans les Leçons progressives de W. Lewis, publiées à Londres.

Le Palaméde, 1838, p. 181 à 186, démontre que ce

variétés. 229

début est loin de donner le gain de la partie à celui qui fait le sacrifice.

Kiéséritzky est auteur d’un gambit estimé, dans lequel ont travaillé MM.Kolisch et le comte deKouscheleff Besborodko, gentilhomme russe. Voir la Régence, 1860, p. 166-169.

Benonic Reiganum oder die Vertheudigungen. Gambitzûge. Francfort, 182o. Ouvrage dans lequel on rencontre quelques jolis gambits.

Bas Gambit oder Angriff und Vertheidigung gegen Gambitzûge, 1826, Brunswick, 1829, in-8 de 222 pages.

Guerre.

(t Tout le monde sait que le jeu des échecs est une imitation de la guerre, puisqu’on y retrouve exactement toutes les différentes manières de combattre, soit pour la conduite qu’on doit tenir en attaquant ou en se défendant, soit pour l’arrangement avantageux des troupes. On doit donc considérer ce que fait un bon général dans une bataille rangée; il poste avantageusement son armée, il a soin non-seulement de s’assurer qu’elle est en bonne défense et en bonnes positions; mais il est encore toujours prêt à agir offensivement aussitôt qu’il y aura lieu de le faire, en fAchnnt de fondre sur l’endroit le moins fort de l’armée ennemie; il en est de même pour les échecs. » (Slamraa.)

Pyrbuüs, roi'd’F.pire, mort en 272 avant J. C., habile en stratagèmes militaires, avait imaginé de faire enseigner l’art de la guerre sur un échiquier. (Donat. in Eunnuch. Terentii, acte IV, scène vu, v. 13. — Jean de Sarisbéry, 'Polycratiis...)

VARIÉTÉS

. Weickhm vnn (Christ.) est auteur d’un jeu de guerre, paru sous le titre de Neuerœffnetes grosses Koenig-Spiel, welches sich zivar mit dem Schach-Spiel in etwas vergleichet, etc. (Le Grand Jeu royal, nouvelle combinaison du jeu des échecs, étendu à quatre, six et môme huit joueurs, et appliqué aux principes de la politique et de l’art militaire.) Ulm, Kuhnen, 1664, in-fol., fig., 7 feuillets, 264 pages et 7 feuillets pour la table. Ouvrage dédié à l’électeur de Cologne.

Jeu de la guerre, ou Raffinement du jeu des échecs, par M. M.; Prague, 1770, in-8 de 75 pages.

L’échiquier y est agrandi, on y trouve des canons au lieu de tours; mais la partie est toujours bornée à la prise du Roi, et on ne peut, comme aux échecs, mouvoir à la fois qu’une seule pièce.

Versuch eines auf dos Schachspiel gebaueten taktischen Spieles; von Hellwig, gouverneur des pages de Brunswich-Lunebourg. Leipzig, 1780-82, 2 volumes de 200 et 192 pages.

Ce traité donna lieu à celui de Fréd. Cramer, Précis des régies du jeu de la guerre, rédigé d’après l’analyse de ce jeu, par Helwig, et mis en français avec diverses modifications, par Ch, Fréd. Cramer. Paris, an xii (1804), in-16 de 22 pages. Fig.

Fréd. Cramer ouvrit à Paris, en 1803, un cours du jeu de la guerre selon la méthode de M. Helwig, et publia cette traduction incomplète.

Le cours avait lieu au domicile de l’auteur, rue des Bons-Enfants, les mardi, mercredi et jeudi, de 1 heure û 4. Le prix était, par mois, de 36 et 24 fr. Les prix des jeux variaient de 200 à 500 francs.

Nouveau jeu d’échecs, ou le Jeu de guerre, par Franc.

Digiiijc:: l'..

VARIÉTÉS. Î31

Giacometti. Gènes, Barth. Como, et Paris, Fournier, an IV (1801), in-S, fig., publié au prix de 2 fr.; et Paris, 1803, in-8. Un extrait se trouve dans le Paiaméde, 1837.

Ce jeu, annoncé à Turin en 1793, fut alors bien accueilli. Depuis, l’auteur a substitué au roi une forteresse qu’il s’agit de prendre. C’est le but vers lequel se dirigent toutes les pièces et toutes les opérations. Lorsqu’il est obtenu, la partie est gagnée.

Cent cinquante-trois cases, alternativement blanches et noires, sur neuf cases de largeur et dix-sept de longueur forment l’échiquier, qui figure un champ de bataille séparé par une rivière. Chacune des deux armées a sa forteresse, qu’elle défend, tout en attaquant celle de l’ennemi. Le livre apprend comment on doit faire mouvoir les pièces, qui consistent en infanterie, cavalerie, canons, bastions, etc.

Dos Kriegsspiel, etc. (le Jeu de la guerre.) Berne, Soc. typographique, 1807, in-8.

Ce jeu est fondé sur le principe que, dans la guerre, le succès ne dépend pas toujours de l’excellence et de la valeur des troupes, mais beaucoup plus souvent de la combinaison des marches et de la bonne disposition des différents corps dont l’armée est composée. Les guerres anciennes et modernes, et les événements militaires qui ont eu lieu en Allemagne vers la fin de 1805, ont confirmé ce principe et fait naître l’idée de ce jeu, qui, en réunissant l’utile et l’agréable, offre aux militaires une récréation instructive, en imitant une carte géographique quelconque, les mouvements des deux armées ennemies, et en réduisant l’adversaire, par des combinaisons de tactique et de straté-» gie, à céder la partie,

VARIÉTÉS

Maineux (le chevalier), dans son roman Céleste Paléologue (soi-disant), trad. du grec, Paris, 1811, 4 vol. in-12, donne un exposé du jeu des échecs militaires.

Le Jeu de stratégie, ou les Echecs militaires, par le comte de Firmas-Périès, maréchal de camp des armées du roi. 2* édit. Paris, 1815, in-12 de 146 pages et 2 planches in-plano.

3® édit. Paris, impr. Egron, 1816, in-12 de 5 feuilles 1 /2 et 2 planches. 2 fr. 50 c.

Ce jeu peut être joué par deux, quatre, ou six personnes. Cette application, très-compliquée, est l’ouvrage de M. Helwig, revu avec soin par le comte Firmas-Périès. Le prix de l’échiquier, convenablement fait, de 2,640 cases ou seulement de 1617, avec les 940 pièces nécessaires, était de 5 livres st., soit 125 fr.

Avec d’habiles joueurs, la partie peut se prolonger d’une journée à plusieurs semaines, et souvent avec une chance très-inégale. On peut mouvoir plusieurs pièces à la fois ; les cases représentent, par les différences de leurs couleurs, un terrain très-inégal, et dont les joueurs peuvent à leur gré augmenter ou diminuer les irrégularités. Des champs, des forêts, des villages, des rivières, des marais, des montagnes, tantôt impraticables, tantôt accessibles, varient et embarrassent souvent les opérations.

Chaque général (c’est le joueur qui remplit cette fonction) a une armée composée d’infanterie, de cavalerie légère, de cavalerie de ligne, d’artillerie de siège, d’artillerie de campagne, de mortiers, d’obusiers et d’un équipage de pont ; les hommes sont indépendants de leurs chevaux. Chaque armée a ses divisions, commandées par des généraux divisionnaires.

VARIÉTÉS

Jeu de la gueire de tene et de mer, et les derniers chapitres de Tristram Shandy , trouvés dans les papiers d’Yorick. Avec figures (par Sterne). Paris, 1818, in-12 de 11 feuilles 1/2, fig. et pl. Se vendait 3 fr. 30 c.

Les pièces, pour chacun des joueurs, sont de 17, le matériel de guerre, 6 ; total 23 pièces pour chaque armée de terre et de mer, et les deux réunies, 46.

r.e jeu comprend quatre échiquiers typographiques coloriés.

La première carte représente le champ de bataille de Denaiti, dessiné parDarmel, et lithographié par Engelmann; la deuxième carte, le camp de Boulogne, par les mêmes; la troisième carte, Ilellespont et Troade, par les mêmes, et la quatrième carte, le Roi prisonnier et le siège.

Trois des échiquiers ont cases, et le quatrième a 81 cases

L’auteur annonce qu’il a retrouvé un manuscrit écrit de la main d’Yorik, qui forme les derniers chapitres de Tristram-Shandy, et d’après lequel l’oncle Tobie serait l’inventeur du jeu de la guerre de terre et de mer. Songeant un beau matin aux montagnes, aux collines, aux tleuves, aux forêts et à la mer, il dit au caporal Trimm : « N’est-il pas pitoyable, camarade, que l’inventeur de ce noble jeu (les échecs) n’ait pas placé même un monticule ni un filet d’eau sur son échiquier? »

A peine celte idée eut-elle frappé le sensorium de mon oncle Tobie, qu’un torrent d’esprits animaux, accourant de tous les points de son cerveau sous la forme d’inductions et de conséquences, y développa instantanément l’invention des échecs appliqués à

234 VARIÈ'ïKS.

toutes les opérations de l’art militaire. (Kxtrait de la préface de l’ouvrage).

Jeu militaire sur un plan topographique. Paris, 1818, in-8 de 3/4 de feuille, 1 pl.

Le prix du jeu eu carie sur toile pliante, avec étui et boîte en carton maroquiué pour contenir les pions, au nombre de 42 pièces en buis. tofr.

On y fait usage de ponts volants, de pions et d’officiers qui sautent à un ou deux pas, à pieds joints, pardessus l’ennemi.

Constitution royale et impériale des échecs, jeux français de la victoire, conçus à Vile d’Elbe, enfantés à Sainte- Hélène par Napoléon. Recueillis, médités, constitués et publiés par un ingénieur français, vétéran de VEcole polytechnique (J. B. Loysel); suivis des échantillons patriotiques ci-aprés de quelques poésies fugitives du même ingénieur. Paris, 1829, in-8 de 2 feuilles.

Nouveau Jeu royal et militaire, ou Jeu d’échecs et de dames-échecs décimal, par brevet d’invention, de Bordier Marcet et C«, ingénieurs lampistes, rue Sainte-Elisabeth. Paris, 1833, 3 feuilles in-plano.

Jeux de la Victoire, inventés par Jean-Baptiste Loysel, l’un des vétérans de l’Ecole polytechnique, etc., publiés par la Société des jeux de la victoire, sous la direction de M. Edouard Loysel. Marseille, 1838, in-4 de 2 feuilles et 1 tableau.

Jeux de la bataille, ou Exposition de sa composition, de la manière d'y jouet' et de ses règles, par L. Douce. Paris, Palais-Royal, 1841, in-12 de 3 feuilles 1/2, plus 3 planches.

Jeu de la guerre d'Orient, ou Doubles échecs. Paris, 1856, in- 16 d’une 1/2 feuille.

VAHIÉTÉS. 235

Ce jeu a été iuAenté parM. Fr. Gilot, horloger à Civray (Vienne), en 1855, au moment où les journaux ont annoncé la prise de Sébastopol, qui a succombé au double échec porté par les alliés sur chacun des points différents, lequel double échec a décidé la victoire. {Journal de la librairie, 1856, n°5898).

Quelques mots sur les combinaisons des échecs, et idée d'un double échiquier. Marseille, 1856, in-8 de 3/4 de feuille.

Règle des Echecs-Gérard, ou Jeu des batailles, r®, 2* et 3® éditions, revues et corrigées, Paris, 1860, in-8 de 11 pages, 1 fr.

Une analyse de cet ouvrage se trouve dans la Régence, 1860, p. 187.

Jîirisprudence.

Th. Actius, dans son ouvrage De ludo Schuccorum in legali méthode tractatus, Pisauri, 1583, in-4, portr. et réiiupr. à Venise en 1584, dans le t. VII, vol. 9 de la collection Tractatus unie, juris, y expose le droit en donnant des leçons d’échecs; il déploie dans ce livre une érudition prodigieuse; suivant l’usage des jurisconsultes de son temps, il y entasse péle-méle des citations tirées des livres saints et des auteurs profanes.

Cancellieri en donne une analyse détaillée.

Mathématiques.

Le Très-excellent et ancien jeu pythagorique , dict Rhythmomachic, fort propre et trés-u tile à la récréation des esprits vertueux, pour obtenir vraye et prompte

VAKIKTES.

habitude en tout nombre et proportion. Nouvellement illustré par M* Claude de Boissiôre. Paris, G. Cavellat, 1354-1536, pet. in-8, fig.

Cet ouvrage sur la bataille des nombres est regardé comme une application aux échecs. Boissière en a donné deux éditions, une latine et une française.

Ce traité est fait d’après l’opuscule de Fabri ou Lefebvre d’Etaples, publié par H. Estienne, en 1514; mais Boissiôre l’a beaucoup perfectionné.

Cl. Gaspar Bachet, de Méziriac, membre de l’Académie française, mort en 1638, est auteur d’un traité d’arithmétique appliqué aux échecs, publié sous le titre : Problèmes plaisants et délectables qui se font par les nombres... r* édit. Lyon, mdcxii (1612), in-8 de 8 feuilles, 172 pages, titr. grav.; 2* édit. Lyon, 1624, in-8, 288 pages.

Echiquier de trente et quarante, indispensable à tout spéculateur, par G. Grégoire. Lithogr. impr. à Paris, 1856, in-plano d’une feuille.

Tableau des figures que produit le jeu, avec indication des coups à jouer.

Will. Fulke. Ludus scacchico-mathemat,, uhiScacchi, Tabulae mathemut. aptati qua suis proposit. arithmet. et geometr. resoluunt. E. W. Londini, 1634, in-12.

Metromachia, sive Ludus geometr. Londini, 1566, in-4. — Le môme ouvrage. — Id., 1578, in-4 de 51 pages, 1 tableau. — Le môme ouvrage, avec fig. Ib., s. a. Excud. Vantrollerius.

OOpavoixaxta, hoc est Astrologorum ludus ad bonor, artium et astrol. studiosorum, relaxationem, comparatus. Londini, 1571, in-4. — Le môme ouvrage. Ib., 1572. — Le môme ouvrage. Ib., 1375.

VARIÉTÉS

I/échiquier du jeu astronomique est rond, et les pièces représentent deux sortes de planètes se battant pour l’empire des deux.

Origine astronomique du jeu des échecs, expliquée par le Calendrier égyptien, ou Mémoire relatif à la méthode de formation et à l’exposition d’une table qui présente d’une manière distincte, et dans le plus petit espace possible, toutes les combinaisons d’un nombre de signes donnés, suivi d’une application de cette méthode aux sept jours de la semaine, représentés par les sept planètes connues des anciens; application de laquelle il résulte un Caleîidrier perpétuel et complet pour toute division hebdomadaire du temps, et notamment un triple calendrier pour l’année vague des Égyptiens, pour leur grande période solaire et pour l'année et la période égyptienne lunaire, triple calendrier, dont le je des échecs offre la fidèle représentation, par F. ViLL' r, garde des archives de Paris. Paris, 182o, in-8 de 3 feuilles 3/4, plus 1 planche. 2 fr. 30 c.

Un nouveau tirage, même année 1823, chez les mêmes. 3 fr. 30 c.

Une analyse bibliographique, par M. Doazan, a été impr. p. 129 de la Régence, 1800.

Notation du jeu.

La notation consiste en l’art d’écrire les parties d’échecs. Les principaux auteurs qui s’en sont occupés sont : Adam jeune, de Rouen, Nouvelle Notation de l’échiquier, impr. dans le Palaméde, 1 843, et dans la Régence, 1849; Moïse Azevedo, sa notation a servi au Jeu

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