TOUR
La Tour se nommait au moyen âge rokh.
Rokh est le nom d’un oiseau fabuleux, et qui remplace dans l’échiquier des Arabes ce que nous appe-
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Ions la tour. C’est de là que vient l’expression de roquer *.
Selon d’Herbelot, dans sa Bibliothèque orientale,
« rokh, dans la langue des anciens Persans, voulait dire vaillant homme, qui cherche des aventures, un héros, et ce qu’on appelait autrefois dans nos romans un preuœ, un chevalier errant. C’est de là que vient le mot dans les échecs, dont le jeu esl venu de Perse jusqu’à nous. Les Espagnols l’appellent el-rocco, les Italiens rocca, et parce que ce mot italien signifie aussi une roche et une forteresse, nous avons donné le nom de tour à cette pièce. »
Cette seconde définition peut être juste jusqu’à un certain point ; mais nous croyons qu’il n’y a qu’un oiseau qui peut donner lieu à roquer, il n’est pas admissible qu’une tour puisse sauter par-dessus le roi.
Rabelais, dans son Pantagi-uel, Bal de la Quinte, nomme les tours custodes de la roque.
Dans l’échiquier chinois, les tours se nomment tché ou chariots de guerre.
La tour parcourt perpendiculairement et horizontalement dans toute leur étendue les lignes de l’échiquier; sa valeur est de cinq pions.
Chez les Islandais, les tours représentent des petits capitaines que les écoliers d’Islande appellent centurions : ils portent des sahres à leur côté, ils ont les joues enflées comme s’ils soufflaient dans la corne
1. Note de M. de Hammer, insérée dans les Contes inédits des Mille et une nuits. Paris, 1828, 1. 1, p. 139.
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qu’ils tienneut dans leurs deux mains. (Twiss, Chess, part. IJ, p. 179.)
Le roc s’effectue du côté du roi en plaçant le roi à la case du cavalier et la tour du côté de la dame, et en plaçant le roi à la case du fou de la dame, et la tour de la dame à la case de la dame.
Le roc ne peut avoir lieu que si la tour ni le roi ne se trouvent sous le coup d’un échec et si ces pièces n’ont pas été jouées.
Les Italiens admettent une grande variété de roc.