‹ Bibliographie clérico-galanteChapitre 109 sur 152 · RAYNAUD — RENOULT · texte numérisé non relu

RAYNAUD — RENOULT

— LES AVENTURES de Jacques Sadeur, dans la découverte et le voyage de la terre australe, s. n. Paris, Barbin, 1692, in-12, et Cavelier, 1705, in-12.

Ces aventures supposées ont été arrangées et remaniées d’après le roman de {& Terre australe, de ses mœurs, publié par les soins de G. de F. (Gabr. de Foigny, ex-cordelier lorrain). Vannes (Genève), 1676, in-12.

— Syross et Mirame, histoire persane, s. n. Paris, Barbin, 1692 et 1698, 2 vol. in- 12.

Roman insoutenable, et comme tel, d'autant plus curieux à lire. L'abbé Raguenet avait cédé, l’année précédente, au libraire Barbin, les Aventures de Sadeur, à moitié bénéfices ; elles eurent un prompt débit, mais n’eurent pas un compte aussi rapide, car le libraire sut toujours l’éluder. L'abbé, pour se venger de cette indélicatesse, fit offrir au même éditeur ce roman, dont les dix premières pages seules sont supportables. — Ce commencement et quelques historiettes sur l’auteur qui était une dame de la haute société, disait le vendeur du manuscrit, plurent tellement que le libraire le paya 1,200 liv. et s’empressa, après avoir été dupé, d’en duper d’autres, puisque ce roman eut deux éditions.

RAYNAUD (Théoph.), jésuite, né à Sospello, comté de Nice en 1583, mort à Lyon en 1663.

— R. P. Ta. RayNAUDI ex soc. Jesu, dissertatio de sobria alterius sexus frequentatione per sacros et religiosos homines. Lugd., Mich. Duhan, 1653, in-4, 600 pp. (Peignot, n° 1880, 35 fr.).

Cet ouvrage, mêlé de prose et de vers, est peut-être le plus virulent qui aït été écrit contre les femmes; quelques titres en feront juger : « Fæmina dæmonium, funis satanæ. — Mulieris et serpentis affinitas. — An ex veste fæminæ, confici possit vestis sacra ?» — C’est sans nul doute l'encyclopédie la plus complète de tout le mal qui avait été écrit contre les femmes jusqu’à lui... — Le même jésuite a aussi donné: Erothemata de bonis et malis libris, espèce de dissertations sur les bons et les mauvais livres.

/ REMÈDE préservatif, tant aux religieuses qu’à leurs Supérieurs et Gouverneurs, comme aussi à ceux du monde qui les fréquentent indiscrètement et scandaleu-

sement, prins et tirés des ss. pères, etc., et colligé par

P. Pinchart. Paris, P. Chevallier, 1601, in-8 (cat. La Vail 2e p..410,1,838):

Curieux et rare.

RENOULT (J. B.), cordelier et prédicateur.

— LES AVENTURES de la Madona et de François d'Assise. Amsterd., à la sph., 1701, in-12, fig. (Techener, 1855, 8 fr.). — Amsterd., 1707, 1745, 1750, in-12, fig. (Techener, 1855, édit. 1750, 34 fr.).

Te à

RENVOISY — RICHARD. Te

Ouvrage peu commun, car il fut condamné et détruit, avec d'autant plus de rage, que l’auteur montre, avec autorité et un grand charme de style, à quel oubli étrange de la pudeur peut conduire cet érotisme religieux qu’on voile sous le nom de mysticisme. La figure du chap. vi représente les dévotions de la Madone avec ses dévots.

— Histoire de donna Olimpia Maldachini, trad. de l’ital. de l’abbé Gualdi (Leti), s. n. Leyde, Jean Du Val (à la sph.), 1666, 1667, petit in-12, 213 pp. (Techener, 1855, édit. 1666, 9 fr.; La Bédoyère, 1666, 28 fr.). — Cosmopoli, 1666, in12. — Genève, 1770, 2 part. in-12, port. (Techener, 1858, 4 fr..).

C'est l’histoire d'une femme galante qui a gouverné l'Église, durant le pontificat d’Innocent X, depuis 1644 jusqu’en 1665 ; ce n’était pas une papesse, c'était un pape.

REN VOISY (Richard), maître des enfants et chanoine de la sainte chapelle du roi à Dijon, condamné au feu et brûlé le 6 mars 1586.

— QUELQUES odes d’Anacréon mises en fr. Paris, 1559, in-8, oblong.

Ce traducteur assez lourd du joyeux poète des amours, fut condamné au feu et brûlé le 6 mars 1586, pour avoir... (ce qu'ont fait bien d’autres prêtres...), trop instruit, en sodomie, les enfants qui lui étaient confiés pour le service des autels.

RÉPAUT (le R. P. Archange).

— ABOMINATION des abominations des fausses dévotions de ce temps. Paris, Cramoisy, 1632, in-8, fig. (cat. Laporte, 1872, 10:fr:).

Ouvrage singulier et édition la plus complète, dit le catalogue du Bibliophile Sandras.

RICHARD (l'abbé Ch.-L.), dominicain, né à Blainville, en Lorraine, en 1711, fusillé militairement à Mons enr |

— HiprarcuiA, histoire galante, traduite du grec, divisée en trois parties, s. n. Lampsaque (Paris), l'an de ce monde (1748), petit in-8, x et 160 pp., fig. libres, 4. — Aïhcrappih (anagr. d'Hipparchia), histoire grecque, s. n. s. 1. (Paris, 1748), in-12 (Poüer, 8 fr.; Claudin, en 1859, 6 fr. 50).

Cette traduction, supposée du grec, donne les aventures plus que galantes des amours du cardinal de Bissy et des ducs de Brancas et de Richelieu avec la marquise d’Alincourt.et la duchesse de Villeroy. Le mariage de Cratès et d'Hipparchia est le récit cynique d’un scandale de Fépoque, lire la Correspondance de la duchesse d'Orléans, 1843, p. 519. L'abbé Papillon affirme que cet ouvrage est bien de l'abbé Richard et non de Beauchamps, comme le pense Barbier. L'auteur du Dictionnaire

To. : RICHELIEU. \

des Anonymes pense que Beauchamps, étant l’auteur du roman anagrammatique du Prince Apprius, doit l'être également de celui-ci, ceci est une présomption et non une raison. Au reste, le style des deux ouvrages présentant des différences notables, nous n’hésitons pas à enlever au père du Prince Apprius la paternité d'Hipparchia.

— LETTRES grecques, par le rhéteur Alciphon, ou Anecdotes sur les mœurs et les usages de la Grèce, les courtisanes, les parasites..., s..n. Amsterd. et Paris, Nyon l'aîné, 1785, 3 vol. in-12 (Barbier, Dict'e des Anonymes, tom. Il, p. 291).

RICHELIEU (Armand-Jean du Plessis, cardinal de),

né à Paris en 1585, mourut en 1642.

— EuroPE, coméd. héroïque par Desmarets. Paris, H. le Êras. 1643, in-4, fig. (Soleinne, 2 fr.). — Paris, H. le Gras, 1643, in-12, 4 ff., 182 pp. (Soleinne, 7 fr. 50).

Allégorie politique contre plusieurs personnages de l'époque. La Bibliothèque du Théâtre français, tome II, p. 583, donne la clef des noms.

— MirAME, trag. coméd., 5 act. et v., par le sieur Desmarets.

Paris, H. le Gras, 1641, in-fol., frontisp. grav. et fig. de La Bella (Bertin, 30 fr.; Soleinne, 66 fr.; Techener, 1858, 85 fr.). — Paris, jouxte la copie impr. à Paris (Elzévir), 1642, petit in-12 frontisp. grav. (Chedeau, 280 fr.).

Cette pièce, parue sous le nom de Desmarets, n’a qu’un mérite, c’est d’être l'œuvre d’un homme de génie, et pourtant d’être par sa faiblesse même, indigne du pauvre poète qui lui a prêté son nom. Elle est la production de Richelieu, l'un des hommes le plus remarquables, non seulement de son siècle mais de ‘tous les siècles, et elle ne vaut même pas les autres ouvrages du triste académicien Desmarets. Les autres, comédies: l’Aveugle de Smyrne et les Tuileries ne sont restées avec ces deux-ci que pour prouver que s’il avait été aussi mauvais ministre que mauvais poète, son nom serait moins illustre. Il était Richelieu, il voulut être Corneille, à cette ambition il n’eut gagné que du ridicule, si le génie du ministre ne faisait oublier les sottes prétentions du poète. Pour mieux connaître le personnage, consulter :

— Les Amours d'Anne d'Autriche, épouse de Louis XIIL, avec le

card. de Richelieu, le véritablé père de Louis XIV. Cologne,

* P. Marteau, 1693 (Pixérécourt, n° 1291), 1696, petit in-12 (Peiïgnot, D fr.). — Cologne, G. Cadet, 1722, in-12 (cat. Labitte, 1879, n° 352). — Londres (Holl.)}, aux dépens de la Comp., 1738, petit in-12 (La Bédoyère, 15 fr.; Pixérécourt, 24 fr.). — Londres (Holl.), 1768, in-12, 9 ff. et 122 pp. (La Bédoyère, 6 fr.; Bull. bibl., 1848, 10 fr.).

— Histoire secrète du card. de Richelieu, ou ses Amours avec Marie de Médicis et madame de Combalet, depuis duchesse d’Aiguillon (publiée par Chardon de la Rochette). Paris, 1808, in-18 (La Bédoyère, 12 fr.).

— Les CRUuELSs effets de la vengeance du card. de Richelieu, ou Histoire des diables de Loudun et de la possession des reli-

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RIVE — ROULAUD. 155

gieuses Ursulines et de la condamnation d’Urbain Grandier. Amst., Est. Royer, 1716, in-12 (La Vall., 6 fr.).

RIVE (l'abbé Jean-Jos.), né en 1730 à Apt, curé de Mollèges, diocèse d'Arles, et bibliothécaire du duc de La Vallière, mort à Marseille en 1799.

— BIBLIOTHÈQUE de livres sotadiques ou pornographiques, mss. ou imprimés, en toutes sortes de langues, mais sans aucune espèce d'analyse et avec les qualifications que ces livres infernaux méritent, mss. indiqués à la p.19 dans la Chronique littéraire des ouvrages mss. et imprimés de l'abbé Rive. Eleutheropolis (Aix), 1791, in-8.

Manuscrit dont le titre détaillé annonce suffisamment l'importance et la curiosité. . Que de boue infecte et immonde, il a dù remuer pour en faire un aussi grand tas!

— ÉCLAIRCISSEMENS sur les cours d'amour; notices sur le roman du petit Artus. Paris, 17179, in-4.

— Norice sur la guirlande de Julie... Paris, 1779, in-4.

ROGER DE COLLERYE (dit Roger Bontemps), né à Paris en 1470, prêtre et secrétaire de l’évêque d'Auxerre, mort en 1540. £

— Œuvres. Paris (P. Roffet), 1536, petit in-8, 104 ff. — Avec préf. et notes de Ch. d'Héricault. Paris, Jannet, 1855, in-18, xxxix et 287 pp.

Ses œuvres, remarquables par la franchise de la pensée, le naturelet la vivacité du style et l'allure gaie et souvent leste de l'expression, se composent de ballades, de complaintes, de dictons, d’épithétons, d’épitaphes et surtout de farces et de monologues. Ce n’est pas pour rien qu'il était l'abbé des fous et le président d’une société facétieuse d'Auxerre, ses poésies se ressentent de ses fonctions de gai et joyeux personnage. Lire le Monologue du Résolu, le Dialogue de messieurs de Deçà et de Delà, celui des Abusez, le Blason des dames, le Sermon joyeulx pour une nopce, La Farce de l'Amour et Plate bourse.

Son Roger Bontemps dit de sa maîtresse que.

C’est la plus gente fratrillonne

Et la plus gaye esmérillonne Qu'on voit onc, et la nompareille, Son amour souvent me réveille.

Je vois, je viens, je m'esmerveille, Tant suis d’elle ravy et pris.

ROULAUD (l'abbé N.), auteur des Nouveaux synonymes français, 1785, 4 vol. in-8, mort vers la fin du xviIe siècle.

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