‹ Bibliographie clérico-galanteChapitre 22 sur 152 · A * INTRODUCTION. . XXV · texte numérisé non relu

A * INTRODUCTION. . XXV

To # d

tholique que le chanoïne et son frère qui travaillent si /étéératrement la dénonciation cléricale.

Comme il faut vraiment être absorbé par le maniement des catalogues pour si canoniquement ignorer et si heureusement ne pas voir, que des confrères y occupent, par les œuvres les plus faisandées en ribaulderie, la meilleure place, et que d’autres, par leurs faits et gestes immoraux, défient toute concurrence, se réservant, pour eux seuls, la spécialité de travailler dans le malpropre. Des bouquinistes démoraliser et affriander, par une horrible pâture, la jeunesse? Singulière condition que la nôtre ! Des prêtres écrivent des ouvrages obscènes, d’autres les mettent en pratique par des agissements non encore assez ré-

HA primés par la loi, et un journaliste et un chanoine n'auront de vi | plume et de voix que pour crier et écrire contre des rédacteurs de catalogues: « Si ce jeu-là continue, c’en est fait parmi nous +» de la morale, de la vertu et de l’honneur!...» Je ne veux pas croire dus ne brûlez la maison du a que pour sauver la vôtre; que vous ne prêtez à des innocents des agissements imaginaires, que pour cacher les délits de vos coupables; que vous ne tombez, en un mot, sur tout et sur

tous: République, police, enseignement, bouquinistes, catalogues, livres, Léda, statue, bonnet turc... que pour fixer et

user l'attention et la curiosité du public et de la justice, sur une victime cléricale, et la détourner de son vrai but; et qu’enfn,

tout le secret de vos tartines sur la morale offensée, la jeunesse affriandée par des catalogues, gît peut-être en ceci: que rare-

ment on suspecte l'innocence de celui qui accuse, mais que, presque toujours, l’on eroit à la culpabilité de celui qui est ac-

cusé. Je ne veux pas croire à tant d’infamie et pourtant en relisant, en tassant... votre factum, j'ai au moins des doutes.

Qui sait; je jouais dans votre article, il se peut, un rôle de di-

| version, — S'il y a des mauvais prêtres chez vous, tous ne le sont pas (je suis heureux même de dire que j’en connais d’excellents), mais enfin ils sont hommes, et à moins qu’ils ne soient devenus Auvergnats, la Sagesse dit: Omnnis homo mendax, c’est-à-dire, tu étais tellement inconnu de la veille, et jugé si inoffensif, mon pauvre bouquiniste, qu’il se pourrait bien qu’un chanoine, le lendemain, t'ai sacrifié dans les colonnes d’un journal à crucifiements, aux besoins de son cléricalisme. Pour-

XXVI ae INTRODUCTION. “e

PR

quoi, en effet, me choisir, moi tout à fait perdu dans la foule

des vendeurs de livres, pour cette immolation #orale, plutôt | que tout autre plus en vue, sinon parce qu’on a pensé qu'il y avait moins de dangers à m'immoler? Vous voulez bien une victime, mais il vous la faut sûre, il vous la faut silencieuse. — Je m'arrête, il m'est impossible de sortir quelque chose de bon, de digne, d’honnête et de propre de cette prose. Plus je remue et je creuse, et plus je suis forcé de me serrer le nez. |

De grâce, prouvez-moi honnêtement, loyalement, en gens d'esprit et de cœur, que j’ai tort de vous juger ainsi ou d’avoir des doutes, et il me sera moins pénible de reconnaître que je me suis trompé, que de garder la conviction que vous êtes si cruellement, si indélicatement coupables. ss

Et nunc intelligite et erudimini..…., et maintenant, 6 Paul non L. V'* échappé du tonneau paternel, pour recevoir votre A coup de soleil de la grâce et aussi de la fortune, cultivez davantage, il en est temps, votre salut personnel et un peu moins | l’éreintement de votre prochain. Ne le sauvez pas malgré lui, s’il ne veut pas être sauvé, ou au moins laissez-lui le temps de choisir son moyen de salut. Qui connaît les voies de la Providence? S’ilest damnécomme bouquiniste, ilsera peut-être sauvé comme tonnelier, laissez-lui apprendre ce nouveau métier.

Et vous, Monsignor Victor Pelletier, chanoine de l’église d'Orléans, apprenez d’un libraire, que pour diriger des pénitentes et faire son salut, il n’est pas absolument indispensable de manier des catalogues et de dénoncer leurs rédacteurs à toutes les sévérités de la police, ou si la chaire et le confessional vous font des loisirs, daignez au moins ne pas ignorer que vos confrères, que vos supérieurs hiérarchiques, y remplissent la place la plus fréquentée par les amateurs: celle des gauloiseries.

Je vous dirai bien comme la voix, à saint Augustin: T'olle et lege ; mais m'écouterez-vous, vous qui écoutez si peu l’Evangile, qui vous recommande d'aimer votre prochain comme vousmême et de ne lui faire que ce que vous voudriez qui vous fût fait. — Vous liriez pourtant ce livre, V. P""" et L. V""" que vous n’accompliriez d'abord, qu’un‘acte de bon père qui s’occupe de son enfant, et ensuite, qu’un acte de prudence, en veillant sur ses mœurs, si elles sont légères, et en n’en faisant pas un autre, si

INTRODUCTION. Re, XXVII

‘elles : vous 1S paraissent mauvaises. Vous avez tout le mérite de l'idée, de la naissance de cette bibliographie, c'est prouvé: si elle réussit, vous aurez toute la gloire de son succès, c’est ce que je vous souhaite. Pour ma part, je n’ambitionne qu’un honneur, c'est celui d’avoir présenté avec soin, pour votre instruction morale, le côté propre et gracieux du clergé, le revers galant de sa médaille littéraire. Je ne parle pas de ses mœurs, je commets avec plaisir le jugement téméraire de croire qu’elles sont moins galantes que ses écrits. AT

J’ai la confiance que tous les porteurs de longues ou courtes robes plus ou moins consacrées, édifiés par ce premier ouvrage, m'épargneront la honte d'étudier le côté malpropre du cléricalisme, l’autre revers de la médaille... celui des mœurs... et *en extraire la matière d’un nouveau volume: la Biographie des désertions et des condamnations cléricales. Quoiqu’ait dit, | LAON officine, le chanoine Don Quichotte orléanais, je n’aime pas à affriander la pratique sur les choses sales, sur la pâture horrible, et la meilleure de toutes les preuves, c'est que je le prie, lui et les siens, de m'épargner cet écrit biographique trop intéressant. Je ne tiens pas à abuser de leur féconde paternité.

Santeuil, le chanoine ivrogne et colère, mais poète autant spirituel que fin gourmet, se souvenant en plein sermon d’un diner auquel il craignait d’arriver trop tard, s'empressa de prendre congé de ses auditeurs, en leur disant: « Mes frères, j'avais bien des choses encore à vous dire, mais il est inutile de vous prêcher davantage, vous n’en seriez pas meilleurs. » Je ne saurais mieux finir. Si, en lisant cette bibliographie, plus intéressante encore, comme histoire galante du clergé écrivain, qu’alléchante par son titre, qui semble être une amorce commerciale, et qui pourtant n’est que l’annonce loyale du sujet qu’elle traite, vous reconnaissiez qu’il y a danger parfois à diffamer un bouquiniste et que vous ne recommenciez plus, tant mieux! Mais si, comme le dit votre collègue Santeuil, vous n’en devenez pas D ellenree pourquoi vous prêcher davantage.

Avant de clore, néanmoins, cette histoire de la naissance de la Bibliographie oe cahate je tiens à signaler que ses pères avaient d’autres titres qu’une dénonciation pour y figurer. Le premier, le chanoine, n’est pas un inconnu ou un premier venu en bibliographie, il à fait plus que de manier des catalogues,

EF

XX VII à : INTRODUCTION. Fi | \ AE + ds

il a collaboré à leur facon. Il a donné, dans le Bulletin du Bou-

quiniste, en 1859, page 693, un article pertinemment traité

sur : La Maison réglée et l’art de diriger la maison d'un.

grand seignenr et autres, tant à la ville qu’à la campagne, par Audiger, Paris, Mich. Brunet, 1692, in-12. Importante étude pour les lettres et surtout précieuse découverte pour la cuisine, car le catalophile orléanais a soin de nous faire remarquer que Brunet, Barbier, et même Michaud, ne citent pas cette illustration culinaire remise sur le fourneau par

lui. 11 faut voir avec quel art il assaisonne la gloire de ce chef ;

Audiger, digne d’être officier dans les deux sens, ausst brave au feu que devant ses fourneaux ; et avec quel intérêt et quelle sollicitude de la bibliographie, le savant chanoine énumère,

d’après son double officier, les qualités et les vertus que doit … avoir la demoiselle suivante d’une grande dame! Lire 14 ME

page 696. Quel homme que‘ce prêtre! Si, d’un côté, il signale, à la vérité des lois, des industriels qui travaillent dans le malpropre et qui affriandent la jeunesse par une horrible pàture, de l’autre, il remet en lumière ces officiers de bouche, qui travaillent dans les liqueurs et les confitures et font en perfec+ tion toutes sortes d’eaux, tant que de fleurs, que de fruits, glacées ou non glacées, sorbets, crèmes, orgeat, eau de pistaches, de pignon, de coriandre, d’anis, de fenouil. A la bonne heure!

voilà de la pâture et de la douce, tout au sucre, et par dessus :

le marché, l’énumération des qualités d’une jeune suivante! Je ne pouvais pas vous rêver plus réussi, co-père de ma Bibliograohie clérico-galante, savant Christophe Colomb des Audigers, officiers de bouche. Merci. — L'autre, le compère en délation, L. V°""”, le Samson clérical revu et corrigé par le Saint-Esprit, est plus méritant encore; voir, à son nom, son article.

D où fut nsc Héloïse, son épouse, abbesse ondatrice de ce couvent de femmes.

PET His conjugis ejus, opera nunc: primum. edita.

. 1616, in-4 Re n° 2094, 11 fr. 50; La Bédoyère, 0 dres, 1718, in8. — Oxonit 1728, in

TS a. en DE et en franc. Paris,

LR ournier , “impr. dons 1796, 3 vol. in-4, fig. de Moreau (La

Fa | Bédoyère, n° 1243, 101 Fe Van der Hèlle, 50 fr., avec les dessis originaux, 1 105 APE

— Trad. d'Oddoul, avec essai historique de M. et Mns Guizot. ne Houdaile, 1839, 2 vol. gr. in-8, Re de pass

s éationse nous ne les dus pas, il faudrait une biographie spéciale:

nous ne PORTÉE in ne pas indiquer ces témoignages de la passion la plus

l vrai. Loin d'éteindre ces flammes, la sévérité du cloître

*: ra ait que te datés plus de force et d'énergie. Quelle éloquence, en effet, dans > lutte de l'amour divin et de l'amour de la chair, de la créature et du EE AE

Fa ABEILLE — AGRÉDA.

ABEILLE (l'abbé Gaspard), prieur de Notre-Dame de la Mercy, né à Riez, en Provence, en 1648, mort à

Paris ion 1718:

— ARGÈLIE, reyne de Thessalie, tragédie (5 a. v.). La Haye, Adr. Moetjens, 1682, in-12.

— CorloLAN, tragédie (5 a. v.). La Haye, Adr. Moetjens, 1682, 11:24 00e È

— Lincéey, tragédie (5 a. v.). La Haye, Adr. Moetjens, 1681, in-12.

11 a fait paraitre sous le nom du comédien La Thuillerie, son ami, trois autres pièces : Crispin bel esprit, Hercule et Soliman. Tout ce bagage dramatique est aujourd’hui bien oublié et pourtant il y à parfois quelques bons vers, quelques effets scéniques assez brillants et surtout pas mal à prendre comme étude de mœurs du

temps.

AGRÉDA (Marie ni née à Agreda, en Espagne, en. 1602, supérieure du couvent de l’Immaculée- Concen tion. Son nom de famille était Coronel. Elle mourut le 24 mai 1665.

— Misrica ciupap DE Dios, o Historia divina y vida de la Virgen Maria Madre de Dios, manifestada en estos ultimos siglos por la misma señora à su esclava sor Maria de Jesus, Del de Agreda. Perpignan, Vigo, 1690, 4 vol. in-4 (cat. d'Hoym, 6 fr.}.

Traductions françaises :

— LA MYSTIQUE CITÉ DE Dieu, miracle de sa Toute-puissance, abîme de la grâce, Histoire divine et la Vie de la B. Vierge, Marie Mère de Dieu, manifestee dans ces derniers siècles à la sœur Marie de : Jésus, abesse d’Agreda.. traduit de l'espagnol par le P. Thomas Croset, recollet. Marseille, Martel, 1695, in-8. LR

— Brusselles, 1713, 3 vol. in-4 {Gomel, 1803, 9 fr.). — Bruxelles, 1715, 3 vol. in- 4 (cat. Basset, 1783, 14 (TE comte d'Hoym, 18 fr.). M Foppens, L'AT, 3 or in-4 (cat. Luzarche, n° 234, 5 fr. b0). — Bruwelles, A7, 8 vol. 1-8 (cat. Basset, 1783; 12 liv. 10 sous).

— ABréGé de la cité mistique de Dieu , ou de la Vie de la Très Sainte Vierge, s. n. Nancy, Nicol. Balthazard, 1728, petit in-8 (cat. Giraud, n° 218, 6 fr. 50).

Malgré sa mysticité, cet ouvrage pr étendu révélé par la Sainte Vierge à DD d'Agreda, fut défendu par Rome et censuré par la Sorbonne. Si l'Église, toujours indulgente pour les excentricités ascétiques, a condamné celles-ci, il faut que la révélation dépasse la mesure. Le chapitre xv surtout contient, dit la Biographie Michaud, une foule de détails indécents qui offensent la pudeur. Bossuet a écrit sur cet ouvrage ridicule et en a relevé les indécences.

ORAN EST a %

s4 | K We à <p é LES k CA # (79 AE 4e Lyc Le

Fe

Page 1