XXIV .. INTRODUCTION
Dans ma situation, on n’a pas toujours le droit de se laisser dénoncer et d’incliner à l’indulgence, ni le temps de croiser un manche à balai avec un manche à procession ; il faut être journaliste clérical et chanoine prébendé pour se donner ce luxe de diffamation ; donc, ne pouvant tous les jours me défendre, ne recommencez plus à m'insulter, ce ne serait ni spirituel, ni honnête et cela deviendrait périlleux. Cette fois, convaincu que toute largesse faite aux pauvres, entantqu'involontaireet forcée, serait inutile et peut-être nuisible au salut de votre âme, je me contente pour toute satisfaction de vous appliquer ce livre sur la conscience. Oui, la conscience, car c’est votre faute si je l'ai fait. Sans les réflexions que vous a suggérées le catalogue sorti de mon officine, je n'eusse jamais songé à commettre cette re-. vanche morale. Je vends des livres et je n’en fais pas, bien que : parfois il y ait plus de profit et moins de danger à les faire qu’à les vendre. — La naïveté de ma foi s’accommode assez bien avec ma profession nouvelle d'auteur, j'ai l'espérance (c’est peut-être une illusion catholique, mais à ce titre elle à droit à votre indulgence, sinon à vos respects), j'ai l'espérance que ce livre clérico-galant sur l'amour et sur les femmes, sera plus profitable à votre avancement dans la perfection divine, plus que n'importe quel ouvrage traitant de la charité, de l'amour du prochain, de la pénitence, etc. Il vous apprendra surtout, mes frères V. P"” et L. V""*, que le silence et l'humilité sont deux vertus catholiques, qu’il est bon quelquefois de ne pas négliger. Au reste, quand le démon de la colère et celui plus perfide et plus rusé du faux zèle, vous conseilleront de sacrifier un bouquiniste à la morale cultivée, arrangée, embellie… , par le clergé galant, et pratiquée par monsignor le curé **”, le frère “"", etc...., avant de les écouter, lisez une ou deux pages de cette Bibliographie, selon la trop grande démangeaison de la tentation, et j'ose vous promettre qu'elle calmera... vos ar- : deurs cléricales.
Il est bon que la brebis surveille le berger et que le simple fidèle prêche le chanoine, c’est lorsque tous deux oublient leur métier ou leur mission, Tant pis pour eux s’ils rendent ce changement de rôle nécessaire. Pour moi, je n’ai qu’un souci, c’est d’être moins bête que la brebis que l’on mange sous le prétexte d’eau troublée par elle, son frère ou son cousin. et plus ca-