‹ Bibliographie clérico-galanteChapitre 81 sur 152 · GREGOIRE — GUEUDEVILLE · texte numérisé non relu

GREGOIRE — GUEUDEVILLE

caustique, spirituel et délicat causeur du confessionnal; l’un, la calotte sur l'oreille,

est un viveur impudique, qui dit une gaudriole et parfois une saleté rien que pour le plaisir de les dire; l’autre est un abbé frisé, ganté, musqué, corseté, la mouche à la joue et l'éventail en avant, qui ne risque un mot ou ne le suspend au bout de sa

plume que pour mieux accentuer sa phrase et souligner sa pensée.

GRÉGOIRE DE NYSSE (Saint), évêque, né vers 331,

mort en 378.

. — GReGoRI Nyseni, liber de virginate, a Petro Galesinio conver-

sus. Romæ, apud P. Manutium, Aldi Fr. 1562 , in-4 (cat. de l'abbé de Bearzi, n° 202).

GRÉGOIRE (l'abbé), évêque de Blois, né à Lunéville

en 1750, mort à Paris en 1831.

— Histoire du mariage des prêtres en France, particulièrement

depuis 1789. Paris, 1826, in-8 (cat. Laporte, 1873, 6 fr. 50). Histoire qui relate de fâcheux scandales et lègue à la postérité de tristes souve-

nirs. Le même auteur a donné : De l'influence du christianisme sur la condition des femmes.

GROZELLIER (Nicolas), prêtre de l'Oratoire, né à Beaune le 29 août 1692, mort le 19 juin 1778.

æ— PAsToRALE sur le mariage du Dauphin, 1747, in-12.

Cet écrivain facile a aussi donné des Fables, 1739 et 1768, in-12, qui se lisent avec

plus de plaisir que celles de La Mothe.

GUEUDEVILLE (Nicolas), bénédictin, journaliste,

littérateur, etc., né vers 1650 à Rouen, et mort dans la

misère à La Haye en 1720.

— CoLLoques d’'Erasme, trad. du lat. Leyde, 1720, 6 vol. in-12, fig.

Colloques souvent fort libres sur l'amour, le mariage et les femmes. Édition estimée.

— ÉLoce de la Folie d'Erasme, trad. du lat. Leyde, AT13, in42, fig. — Amsterd., 1728, in-8, fig. d'Holbéin. — Revue par de Querlon (Paris, MS, 7e -8. — Retouchée par Falconet. Paris, 1757, in-12.

Cet narage facétieux présente des passages peu chastes.

— TRrairÉ de Corn. Agrippa, sur la noblesse et excellence qu sexe féminin. . Leyde, 4726, 3 vol. petit in-8. is

92 GUINISIUS — HAUDANT.

GUINISIUS ( Vincent), jésuite, né à Lucques vers 1588, mort à Rome en 1653.

— Guinisnr è Soc. Jesu, poesis heroica, elegiaca, lyrica, epigram-

matica, aucta et recensita : item dramatica nunc primum in

lucem edita. Antverpiæ, ex off. Plantinianâ, Balth. Moreti, 1637, in-12, frontisp. grav. (Bull. Bibliophile, 1855, 25 fr.). — Paris, 1639, in-12 (cat. Soleinne).

On trouve dans ce recueil une épigramme dans laquelle sont décrits les tours de force des danseurs de corde et une pièce de théâtre en 5 actes, de 3,000 vers, de cinquante personnages principaux, d’une foule de Néréides, de dauphins. de quatre ballets d'Indiens, de soldats, de centaures, etc. La scène se passe dix-sept fois dans les nuages, dans le ciel, sur la terre, dans la mer, en enfer même. Le titre est : « Ignatius in Monte Serrato arma mutans. Drama ideo-practicum, actum ludis scenicis in collegio romano soc. Jesu a seminarianâ juventute, cùm S. Ignatius Soc. Jesu fundator à Gregorio XV. Pont: Max, inter sanctos relatus esset anno sal. 1622. Quinquies datum, semper placitum. »

Malgré les centaures, les Néréides.. on ne peut accuser ce mélodramaturge d’un peu de légèreté, non, car tout est fait dans un but tellement orthodoxe, que Neptune lui-même est frappé de la grâce, et sort du fond de la mer en portant et adorant la Sainte Vierge! Tout est bien qui finit bien, mais on ne s'attendait pue à trouver le dieu des mers si bon catholique.

HABERT (Germain, abbé de Cerisay), académicien, né à Paris en 1610, mort en 1655.

— Les MÉrAMoRPHosEs des yeux de Philis en astres, s. n. Paris, 1639, in-8, et 1652, in-4 (Biblioth. Grenoble, n° 16347).

Ce poème ou plutôt ce conte, d'environ sept cents vers, considéré de son temps comme supérieur aux Métamorphoses d'Ovide, aujourd’hui que ce style maniéré et galamment prétentieux n’est plus de mode, est complètement oublié.

HAUDANT (Guill.), curé de Normandie,

— Les Propos fabuleux moralisez, extraicts de plusieurs auteurs tant grecs que latins, non moins utiles à l'esprit que récréatifs à toutes gens. Nouvelle impr. à Zyon, par B. Rigaud et Jeu Sangrain, 1556, in-16 (Bull. bibl., 1859, 60 fr.).

Ce n’est pas la fable, c'est plutôt le conte avec son allure libre et un peu sans façon qu'on trouve dans ce recueil, comme l’histoire d'une veuve et de son âne vert. La Fontaine a tondu, plus que la largeur de sa plume, dans ces naïves gauloiseries du gai curé normand, Le loup dit sérieusement au renard :

Beau père, à Dieu me confesse et à vous Qu'un jour passé, dessus une terrasse,

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HEDELIN. 93

Je rencontroy une coche fort grasse

Que je mengeoy pour autant qu’en l’étable Comme cruelle et mère détestable

Les cochonnets laissoit mourir de faim... etc.

HEDELIN (François, abbé d’Aubignac et de Meymac), né à Paris en 1604, mort à Nemours en 1676.

— AMÉLONDE, ou la Vestale, s. n. Paris, 1679, in-12.

— APpoLOGIE de l’histoire du temps, ou la Défense du royaume de Coquetterie, s. n. Paris, 1659, in-12.

‘— ARISTANDRE, histoire interrompue, s. n. Paris, Du Breuil, 1664,

in-12 (Mise de Pompadour, 2 1.28.).

Nouvelle galante.

— Les Conseics d’Ariste à Célimène sur les moyens de conserver sa réputation, s. n. La Haye, 1687, petit in-12.

Ouvrage très curieux et fort rare.

— LA CymiNpE, ou les deux Victimes, trag. en pr. (5 act.). Paris, Fr. Targa, 1642, in-12. |

— DisseRTATION sur la condamnation des théâtres, s. n. Paris, N. Pepingué, 1666, in-12, 6 ff., 250 pp.

— Histoire du temps, ou Relation du royaume de Coquetterie ; ensemble le siège de la Beauté et la blanque des illustres filoux, s. n. Paris, 1654, in-12, avec carte du roy. de Coquetterie (Techener, 1858, 8 fr.). — Paris, 1655 et 1659, in-12. — Paris (Mercier), 1793, in-18, 53 pp.

L'auteur, dans cet ouvrage, s’est peut-être inspiré de la Carte du Tendre de Mr: de Scudéry, mais son roman est mieux écrit, et, malgré toutes les personnifications allégoriques dont il fourmille, se soutient davantage à la lecture. Les Admirables, les Évaporées, les Précieuses, les Mignonnes, les Ravissantes, se promènent

dans les châteaux d’Oisiveté et de Libertinage, passent le gué de l’Occasion et

montrent sur la place de Cajolerie et dans la plaine des Agréments, leurs mille petits ridicules, leurs agaçantes mines, prodiguent leurs petits manèges, leurs petits caprices, leurs petits soins, réchauffent leurs petites amours et rêvent à leurs toutes petites modes... C’est ingénieux, fin et mordant. Dans ce royaume galant, on trouve tous les genres de femmes, jusqu'aux : « saintes ni-louche, qui refusent tout, devant le monde, et laissent tout prendre, en particulier. »

— MACARISSE, ou la Reine des isles fortunées. Paris, 1664, 2 vol. in-8, frontisp. grav., fig. de Chauveau (Bull. bouq., 1858, 18 fr.; cat. Laporte, 1873, 4 fr. 50). — Paris, 1666, 2 vol. Se —

: Paris, Loyson, 1673, 2 vol: in-8 (Mise de Poñnfadour, 6 1.).

Roman allégorique et galant, dans le UE de Scudéry. Pemnies de mœurs souvent lestes et même graveleuses.

— LETTRES d’Ariste à Cléonte, contenant loge de l'Histoire

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