‹ Bibliographie clérico-galanteChapitre 83 sur 152 · IMBERT — INNOCENT · texte numérisé non relu

IMBERT — INNOCENT

IMBERT (Guillaume), bénédictin, né à Limoges en 1743, mort en 1803.

— ANECDoTESs secrètes du xvint siècle. Paris, 1808, 2 vol. in-8.

Ce sont des extraits de la Correspondance littéraire secrèle.

— LA CHRONIQUE scandaleuse, ou Mémoires pour servir à l’histoire de la génération présente, conten. les anecdotes et les pièces fugitives les plus piquantes que l’histoire secrète des sociétés a offertes pendant ces dernières années, s. n. Paris, dans un coin d’où l’on voit tout, 1783, petit in-8. — 1786, 2 vol. petit in-8. — 1788, 5 vol. in-12. — 1791, 5 vol. in-12. |

Cette compilation va jusqu’au mois d'octobre 1791 et comprend 33 numéros in-8 de 8 pp. Le titre ne trompe pas, il y a des commérages sur toutes personnes et sur toutes choses, parfois très lestes et souvent scandaleux.

— CORRESPONDANCE littéraire secrète, 1774-1793, 19 vol. petit in-8. — Londres (Maëstricht), 1787-90, 18 vol. in-12.

La re édit., la plus complète, est presqu'introuvable. Écrite dans le genre des Mémoires de Bachaumont, cette Correspondance est pourtant différente et ren-, ferme de précieux renseignements sur les auteurs, les livres, les personnages de l'époque, etc.

INNOCENT XI (Benoît Odescalchi), né en 1611 à Côme, dans le Milanais, mort en 1689. Ce pontife éner- .gique, qui condamna les Molinistes et les Quiétistes, et qui résista à Louis XIV dans les disputes de la régale, avait porté les armes avant de prendre les clefs de Saint-Pierre.

— DECRETA quibus interdicitur Officium Immaculatæ Conceptionis S. Virginis, necnon plurimæ indulgentiæ abolentur vel prohibentur, lat. et gallice, 1679, in- -12 (Cat. de Sinécourt, 1766, n° 304). |

Similitude et contradiction étranges : de deux hommes qui ont été tous deux soldats, et qui deviennent papes, l’un, Innocent XI, interdit l'Office de l’Immaculée Conception, abolit ou prohibe les indulgences relatives à cette dévotion, donc, il n'y croit pas; et l’autre, Pie IX, déclare que c’est un dogme catholique et l’impose comme article de foi, à tous ceux qui seraient tentés de croire comme son prédécesseur, c'est-à-dire peu, ou pas du tout! Que penser de cette incrédulité et de cette foi -papales ? L’un adore ce que l’autre avait brülé. Que l’Esprit-Saint les sorte de là.

TRAIN -—:JAGER: | 99.

IRAILH (August.-Simon), curé de Saint-Vincent, diocèse de Cahors, né au Puy en Velay le 16 juin 1719, mort en 1794, chanoïne de Monistrol.

— Histoire de miss Honora, ou le Vice dupe de lui-même, s. n. Paris, 1766, 4 vol. in-12 (Ersch, France littéraire).

Le Fèvre de Beauvray dans une lettre adressée au Journal encyclopédique, mars 1766, p. 137, déclare avoir dicté cet ouvrage en 1765 à un galant homme de ses amis, l'abbé Irailh, qui sans son avis, s’est fait l'éditeur et le vendeur de ce roman. Que croire? un prêtre, chanoine, prieur, curé, etc., n’a pu se rendre coupable d’une semblable indélicatesse ? que vous en semble? Sub ‘judice lis est.

— Henri le Grand et la marquise de Verneuil, ou le Triomphe de l’héroïsme, tragéd. en 5 act. en prose... s. 1. n. d. ni format.

- Cette pièce a-t-elle été imprimée ? Laporte en indique le titre dans le supplément

- à la France lilléraire, 17178, tome IIIe.

ISOIRD DE LISLE DE SALES, oratorien.

— La BarniNane, ou les Noces de la stupidité, poëme en dix

chants, s. n., 1765, in-8. — Avec le parallèle entre Descartes et Newton, 1766, in-8 (Ersch, France littéraire). — La Haye et Paris, Cuissart, 1768, in-8.

JACQUIN (l'abbé Armand-Pierre), né à Amiens en 1721, chapelain de la cathédrale d'Amiens, mort vers

— ENTRETIENS sur les romans, 1755, in-12.

Dans la 4 partie, l'écrivain traite du danger de la lecture des romans.

— LeTrRes parisiennes sur le désir d’être heureux, s. n. Genève et Paris, Duchesne, 1758, 1761, 2 part. in-12.

Pau commun.

JAGER (l'abbé).

— LE Cézigar ecclésiastique. Paris, 1836, in-8 {catal. Pressac, 1857, n° 201, 3 fr.).

100 JARRIGE — JAUBERT.

JARRIGE (R. P. Pierre), jésuite, né à Tulle en 1605 et mort dans la même ville le 26 septembre 1660.

— Les Jésuites mis sur l’eschafaut pour plusieurs crimes capitaux par eux commis dans la province de Guienne, s. n. Leyde, chez les héritiers de Jean-Nicolas, 1648, in-12 (cat. Guichard, n° 1250). — Leyde, 1649, in-8, 175 pp. (Van der Helle, 7 fr.). — Leyde, 1649, petit in-8, 96 pp. (Bull. bibl., 1859, 15 fr.). — Avec la response aux calomnies de Jacques Beaufils, s. 1. (Holl.), 1649, in-12 (Arch. du Bibl., 1860, 18 fr.; Bull. du Bouq., 1857, 6 fr.). — s. 1. (Holl.), 1677, petit in-12 (cat. de l’abbé de Bearzi, n° 679; La Bédoyère, 1862, 21 fr.). — Bruxelles, Gay, 1872, in-8. — Traduit en latin, sous le titre : Jesuita in ferali pegmate, cum judicio generali de hoc ordine. Leyde, . 1668, in-12, 264 pp. |

Cet ouvrage, divisé en 12 chapitres, est une longue énumération d’impudicités dans les classes, dans les couvents de nonnaïns, de meurtres de petits enfants trouvés, etc. Tout cela est fangeux, horrible. Citons, dans le moins malpropre : « Les Mollesses, dit l'auteur, les attouchemens sensuels, Les pollutions et les ordures, sont si communes à leurs jeunes gens, qu'ils en laissent les marques et les vestiges pärtout, avec tant d'horreur, que leur lasciveté n’est pas imaginable. »

Les actes, dont parle le R. P. Jarrige, sur enfants et sur petites filles, doivent être acceptéssavec d'autant plus de confiance que malheureusement, tous les jours, la Gazette des Tribunaux en raconte d'aussi tristes et d'aussi déplorables. Ce volume trop curieux se termine ainsi : « Je finis en t’assurant deux choses : la première, que jen ’ai dit que la pure vérité ; la seconde, que s ils ne m'eussent attaqué griefvement, j'estois dans le dessein de me taire, quand je n’eusse pas eu, mesme d'autre considération, que de n’avoir pas la honte parmy mes frères, d’avoir si longtemps vescu dans un ordre si criminel. A la plus grande gloire de Dieu, »

JAUBERT (l'abbé Pierre), curé de Sestas, né à Bordeaux vers 1715 et mort à Paris en 1780.

— Anecpores ecclésiastiques, 1772, 2 vol. in-8.

— ÉLoce de la roture, dédié aux roturiers. Londres (Paris), Dessain junior, 1766, in-12 (Ersch, France littéraire; La Bédoyère, 1862, 13 fr. 50).

— Œuvres d’Ausone, trad. en franc. Paris, 1769, 4 vol. in42 (Yemenitz, 62 fr.; Potier, 1870, 60 fr.). — Paris, Barrois, s. d. 4 vol. in-12 (La Bédoyère, 38 fr.; Techener, 1855, 28 fr).

C’est la seule traduction française complète que nous ayons d’Ausone, d’aieurs estimée pour sa fidélité et la pureté du style. On lui reproche d'avoir reproduit la. liberté de certaines poésies, et surtout d’avoir donné dans sa crudité le Cento nuplialis; Ausone lui-même s’est excusé de l’avoir composé :

.« Contentus esto, Paule mi, Lasciva, Paule, pagina :

Ridere nil ultra capeto.

Sed cum legeris, adesto mihi adversum eos, qui, ut Juvenalis, ait :

JAUFFRET -— JONCOURT. 101

ee Curios simulant, et Bacchanalia vivunt :

ne forte mores meos spectent de carmine, Lasciva est nobis pagina, vita proba

ut Plinius dicit. » Ausonïi, opera, Bisonti, 1785, in-8, p. 218.

JAUFFRET (l'abbé).

— DES SERVICES que les femmes peuvent rendre à la religion, ouvrage suivi de la vie des Dames françaises les plus illustres en ce genre, s. n. Paris, Mme Nyon, 1802, in-12.

JOLY (le P. Joseph-Romaïin), capucin, né à Saint- Claude en 1715, mort en 1805.

— Les AvanTurEs de Mathurin Bonice, premier habitant de l’isle de l’'Esclavage, ancien ministre du roi de Zanfara. 1783, 4 vol. in-12 (Ersch, France littéraire).

Roman allégorique.

— Le DrABLE cosmopolite, ou les Avantures d’Astaroth dans diverses régions du monde, poëme en vers ne précédé de

-Belphégor, conte en vers tiré de Boccace, s. n. Paris, 1760, in-8. — Aux Champs-Elysées, 1761, 4 part. in-8 (Techener, 18080717.)

Ce poème offre des traits piquants et des détails de mœurs dignes du diable qui les raconte. Le capucin, dans le conte de Belphégor, a gardé l'indécence de Boccace, mais n’a pas su imiter son style.

— L'ÉGYPTIENNE, poëme épique en XII chants, s.n. Paris, Lacombe, 4776, in-12.

Ou : L’ ÉGYPTIADE, voyage de saint François d’Assise à la cour du

roi d'Égypte, par le P. Romain Joly, capucin. Paris, Jaubert, 1786, in-12.

Ce poème peut, pour le ridicule, être considéré comme le pendant du célèbre poème de la Madeleine du P. de Saint-Louis.

— Lerrres historiques et critiques à M Clairon sur les ie tacles. Avignon (Paris), 1762, in-8. |

— LE PHAËTON moderne, poëme. Paris, 1772, in-12. Satire aussi plate que grossière contre Voltaire.

— PLaAGine, tragéd. Paris, 1786, in-8.

JONCOUX (le Père François du), Auvergnat, de l’ordre des Frères prêcheurs.

102 JUVERNAY — LABADIE.

— EsrReNNEs mystiques, spirituelles et réciproques du ciel et de la terre, publié le premier de l’année 1624 par le P. Fr. du Joncoux, auvergnat. Poictiers, Abr. Monnin, 1624, in-16, frontisp. grav. (cat. Pressac, n° 1462, 12 fr. 50).

Ouvrage aussi singulier que rare, l’auteur disserte des coustumes anciennes du premier jour de l’année, du chapeau, bonnet et voile, en marque des diverses prestrises, royauté, franchise et pudicité de tous ceux qui les portent...

JUVERNAY (Pierre), prôtre parisien.

— Discours particulier contre les filles et femmes desbraillées, descouvrant leur sein et portant des moustaches. Paris, Pierre le Mur, 1637, petit in-8, grav. sur le titre {cat. Gaignat, 7 L. 4 s.; Pixérécourt, n° 46, 40 fr.). — Paris, Bouillerot, 1640, petit in-8, grav. sur le titre (Peignot, n° 185, 16 fr.; Lemarié, 90.1: Ba n° 31, 20 fr.). — Genève, Gay, 1867, petit in-12, 1V-09 DD.

Dans cet ouvrage peu commun, les expressions et les détails sont à l’avenant du titre. Ce prêtre parisien, par imitation peut-être, a débraillé son style et découvert sa pensée autant que découvraient leur sein les filles et femmes desbraillées qui portent mouches jusque par delà les épaules.

— Le Foupre foudroyant et ravageant contre les péchés mortels. Paris, Le Mur, 1637, in-8 (La Vall., 17e p., n. 771).

LABADIE (Jean), jésuite, né en 1610 à Bourg en Guienne, mort à Altona en 1674.

— Le HÉRAULT du grand roi Jésus. Amsterd., 1667, in-12.

— LE VÉRITABLE Exorcisme, ou l'unique Moyen de chasser le diable du monde chrétien. 1667, in-12.

— LEs SAINCTES Décades. 1671, in-8.

Ces ouvrages et beaucoup d’autres, cités dans les Mémoires de Nicéromn, t. XVIII et XX et dans Cimbria litterata, t. IL, ont pour but, de prouver que la perfection consiste dans le détachement absolu des sens, et qu'il n'y à absolument aucune action, qui ne puisse être sanctifiée en la rapportant à Dieu. Le jésuite mit si bien en pratique cette doctrine, sur les femmes, les religieuses et autres, qu'il fut partout chassé et prié de porter ailleurs les fruits de sa mysticité.

LABADIE, religieux convers de la congrégation de Saint-Maur,

/ :LACHAU'— LAGARDE. 108

— LES AVENTURES de Pomponius, chevalier romain, ou l'Histoire de notre temps, s. n. Rome [Holl. à la sphère), 1724, 1795, 1728, in-12.

Cet ouvrage peu commun donne le récit brutal des amours et aventures gaillardes du Régent. Ce n’est pas un pamphlet, car dans cette vie voluptueuse ét sans frein, il y avait plus à gazer qu’à déshabiller. Ces aventures ont été revues par l'abbé Prévost, on en trouve la clef dans le Ducatiana, Amst. 1738, petit in-8, pp. 106-110,

LACHAU (l’abbé Géraud de), bibliothécaire, secrétaire interprète et garde du cabinet des pierres gravées. du duc d'Orléans.

— DissERTATION sur les attributs de Vénus Anadyomène. Paris, 1776, 1780, 1786, in-4, avec jolies vignettes et une belle estampe gravée par Saint-Aubin, d’après le Titien représentant Vénus (Van der Helle, 59 fr.; La Bédoyère, 1862, 21 fr...

Ouvrage honoré d’un accessit dans le concours de l’Académie, mais s’il prouve la science de l'abbé, il n'en recommande pas la chasteté. Le prêtre ne doit, en sciences, en littérature, en arts, ne cultiver et ne traiter que les sujets qui ne compromettént pas la dignité de son caractère. L’abbé Le Blond a collaboré à cet écrit et à droit à sa part de paternité.

LAGARDE (Jabbé Philippe Bridard de), né à Paris en 1710, mort le 3 octobre 1767, instituant Crébillon

fils son légataire universel.

— LES Amours re op. com. bal. par Favart (de Lagarde et Le Sueur), s. 1. n. d. (1744), in-8.

— Les Nue nee ou Mémoires pour servir à l’histoire des amusements de la nation en tous genres, s. n. Paras, 1742, in-12.

Ouvrage très rare, il fut supprimé avant de paraitre.

— LE Ba de Strasbourg, divertissement allemand au sujet de la convalescence du roy, op. com. bal., par M. Favart, de Lagarde et Le Sueur. Paris, Prault, 1744, in-18.

— Facrum pour la demoiselle Lemaure, 1743, in-4.

— La Fizze mal gardée, ou le Pédant amoureux, parodie de la Provençale, 1% act., pr. et vaud., par Mm"° Favart et M. l'abbé de L**%, Paris, Duchesne, in-8 (dans le Théâtre de Favart, 1763-72). | |

— Lerrres de Thérèse ***, ou Mémoires d’une jeune demoiselle de province, 1739- 40, 5 parties in-12.

— La PrÉcAuTION inutile, coméd. en musiq., s. n. 1786, in-4 (Soleinne, n° 3582). |

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