DU DEFFAND
dance, l'absence de naturel, de simplicité qui est le charme d'un commerce épistolaire ; le manque de laisser-aller et d'élan qui en est le premier mérite. Et ce commerce a été régulièrement entretenu pendant un espace de dix-neuf ans (1761-1780). Partout on reconnaît la femme écoutée et courtisée, ménagère de sa réputation de bel esprit ; ne se livrant jamais, effleurant tous les sujets sans s'arrêter à aucun ; préoccupée, non pas de ses correspondanis, mais de l'auditoire qui accueillera ses lettres ; profondément ennuyée surtout, et ne cherchant dans ses interlocuteurs que des distractions et des diversions au mal qui la dévore et qui était la grande épidémie morale du xviii*' siècle : l'ennui. Pas de rencontres heureuses, pas d'imprévu, pas d'élan. Le cœur, en effet, ne bat pas. Aucune de ses lettres ne se fixe dans la mémoire ; et j'ai bien peur que malgré toute la sollicitude et tout le talent de son nouvel éditeur, ce soit encore le terrible portrait de madame du Châtelet qui assure à madame du Deffand une place dans les souvenirs littéraires de l'avenir. C'est une des plus sanglantes satires que je sache. Ce chef-d'œuvre ne pouvait sortir que de la main d'une femme, mais d'une femme chez laquelle ne dominaient pas, on en conviendra, les douces et bienfaisantes qualités que Ton est convenu de regarder comme l'apanage de ce sexe. » Ce portrait était un mauvais coup de langue... de femme, d'une amie, et, cette critique, un mauvais coup de plume.,, d'un bilieux.
— Correspondance avec d'Alembert, le président Hénault, Montesquieu, la duchesse du Maine, Voltaire, etc. Paris, 1809, 2 vol. in-8.
— MÊME, classée dans l'ordre chronologique et sans suppression, aug. de lettres inédites au chevalier de l'Isle, précédée d'une histoire de sa vie, de son salon, de ses amis, suivie de ses œuvres diverses et éclairée de notes nombreuses, par de Lescure. Paris, Pion, 1865, 2 vol. in-8, 2 porlr. grav. par Nargeot et fac-similé. (Laporte, 1872, br. 7 fr.; Sainte-Beuve, 1870, br. 10 fr.; Morgand, 1876, dem. m. 30 fr.)
— Correspondance complète avec la duchesse de Choiseul, l'abbé Barthélémy et Craufurt, publiée avec une introduction, par le marquis de Saiûte-Aulaire. Paris, Lévy, 1866, 3 vol. in-8, cxxxii-1487 pp. 22 fr. 50. (Sainte-Beuve, 1870, br. 16 fr.; Dorbon, 1883, avec édit. Pion, dem. v. 30 fr.)
— Même. Paris, Lévy, 1877, 3 vol. io-8, 22 fr. 50. (Dorbon, 1884, dem. chag. 18 fr.)
Nouveau tirage de la précédente édit.
— Correspondance inédite précédée d'une notice par le W^ de Sainte-