DU DIX-NEUVIÉME SIÈCLE
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DRIOUX (l'abbé Claude-Joseph), né à Bourdons «Haute-Marne), en 1820, un des fournisseurs d'ouvrages classiques, le plus fécond et le plus en vogue. Ses nombreux livres scolaires ont fait trop de malheureux, pour que nous ayons la cruauté de les remettre sous les yeux de ses victimes; nous ne citerons de lui que deux ouvrages qui comptent autant de lecteurs, mais moins de désespérés.
— Bible (la) populaire, histoire illustrée de l'Ancien et du Nouveau Testament. Paris, Hachette, 1864-65, 2 vol. in-4, nombr. fîg. 15 fr.
— Saintg (la) Bible, contenant : le texte sacré de la Vulgate, la traduction française du R. P. Carrières, la concordance des livres saints, les commentaires de Ménochius, des notes historiques et théologiques, mettant perpétuellement le texte sacré en rapport avec les travaux et les découvertes de la science actuelle. Paris, Berche et Tralin, 1872-73, 8 vol. in-8, 36 fr. et pap. vergé, 44 fr.
Savante compilation biblique, historique, théologique, si l'on veut, mais noo scienti' figue. Le texte sacré ne rime perpétuellement avec les travaux et les découvertes de la science actuelle, que grâce aux entorses tbéologiques, qu'î cet abbé-forceps impose à cette science. Le soleil de Josué ne se couchera jamais avec celui de Galilée.
DROIT (le) du seigneur, ou la Fondation de Nice, dans le haut Montferrat, aventure du xiiie siècle, traduit librement du Fodero de Jules Colomb avec l'histoire de monseigneur le Béjaune, et un grand nombre d'anecdotes sur le droit de cuissage et sur les
2 DROJAT. — DRÔLERIES.
variétés de ce privilège, par Jacques Saint-Albin. Paris, Grandin et Ponthieu, 1820, in-12, 9 ff. et 1;2, 2 fr.
Cette traduction supposée de Collin de Plancy, sou» le pseudonyme, de Saint Albin, n'ayant pas eu tout le succès que faisait espérer son titre alléchant, on enleva ce titre, tt le même éditeur lui en substitua un second, arec le nouveau pseudonyme d'Allent:
— Abélina, nouvelle historique du xiiie siècle, suivie des aventures de monseign. le Bt'-jaune et d'anecdotes et de recherches sur le droit de cuissage, par Eug. AUent. Paris, Grandin, 1822, in-12, 9 ff. 5;6,
Cette supercherie littéraire a été souvent exploitée par Collin de Plancy, dans ce qu'on nomme sa première manière, avant sa conversion intéressée sinon intéressante, voir Collin de Plancj, tome II, p. 227.
DROJAT (S. François).
— Maîtresse (la) clef de la tour de Babel, Alphabet primordial, phonétique, graphique, idéal de toutes les langues du globe. Paris, Duprat, 18o7, in-12.
Utopie linguistique qui valait autant que cette autre qu'on nomme Volapiick.
DROLERIES (les) poétiques. Contes joyeux et facéties. Paris, Garnier, 1850, in-32, frontisp. contenant 5 portraits et 1 vign. 3 fr. (Hottenier, 1868, mar. pi. 4 fr. 50.) -- Garnier, 1856,1861, in-32, 523 pp. frontisp. et 1 vign. 3 fr.
On ne s'attend guère, sous cette étiquette excentrique, à trouver des contes de Grécourt, de Piis, de Voltaire, de Lafontaine. C'est pourtant la surprise que ménagent à leurs acheteurs les hermanos Garnier. La gaieté, font-ils dire, dans l' Avant-propos, par leurs manœuvres littéraires, la gaieté de ces récils est le plus souvent libre et franche; c'est vrai, mais elle ne va pas jusqu'à l'indécence ; tout le monde pourra les lire... Nous n'avons admis que des contes la plupart très courts ; le» plus longs sont de Voltaire, mais qui a jamais trouvé Voltaire trop long? Un certificat de bonne vie et mœuri et un satisfecit d'esprit donnés à Voltaire par les Garnier, quelle drôlerie 1 C'est peutêtre pour cela qu'ils donnent à ce recueil de toutes pièces, le titre de : Drôleries poétiques.
— MÊMES, 3« édit. Paris, Garnier, 1872, in-32, 527 pp. frontisp. et vign.
3 fr. (Rouquette, 1879, br. 3 fr.)
Ce quatrième tirage fait partie de la collection, mieux nommée que le livre, de la bibliothèque d'un désj'uvré, A propos des 15 premiers contes reproduits et attribués à Plancher de Valeour, relevons une erreur de Barbier, copiée par tous les catalogueurs, ces contes ne sont pas de lui, mais bien de Pluchon-Destouches, indiqué par les initiales PI. D. Ce Pluchon, assesseur civil et lieutenant criminel du baillage de Cognac, avant la Révolution, devint, en 1791, un des administrateurs de la Charente, et de 1804 à 1819, le président du tribunal civil de Barbezieux. Ce Pluchon a souvent taquiné la muse, on trouve des contes, des madrigaux, des poésies légères de lui, dans les Almanachs des muses, etc.
DROLERIES végétales, l'empire des légumes ; mémoires de Cucurbitus 1er, recueillis et mis en ordre par E. Nus et Antony
DRONIOU. — DROUET. 3
Méray. Paris, Marlinon et de Gonet, s. d. (1850-51), in-8, frontisp. 4 vign. et Og. color. par Grandville et Yarin. (Lefilleul, 1881, cart. de Tédit, n. rog. 70 fr.)
Cet ouvr. peu commun, publié en livrais, portait sur le titre ; Drôleries végétalei, ou Légumes animés (J. J. Grandriile continué', il devait paraître en 50 livr. mais il n'y en a eu que 25 de publiées ; voir Méray et Nus.
DRONIOU (Joseph-Hyacinthe), ancien notaire, né à Morlaix, en 1789, espèce d'illuminé catholique qui prétendait synthétiser toutes les sciences dans le catholicisme.
— Clef de la science, ou Régénération de la philosophie, et, en elle, de toutes les autres connaissances humaines par le christianisme, concert de la foi, de la raison et de la civilisation, avec 12 tableaux sympathiques pour faciliter l'intelligence du texte, 2» édit. Paris, Périsse, 1850, 3 vol. in-8, 20 fr.
— Éléments de métaphysique régénérée aux sources salutaires du christianisme, ou Abrégé, en forme de demandes et réponses, de la nouvelle doctrine philosophique, contenue dans l'ouvrage intitulé ; Clef de la science, avec des notes confirmatives au bas des pages, le tout réduit à 28 leçons mises à la portée des plus simples intelligences. Brest, Lefournier, 1854, in- 8, 5 fr.
DROUET (Henri), conseiller de préfecture, né à Trêves, en
— Catalogue de la flore des îles Açores, précédé de Titinéraire d'un voyage dans cet archipel. Paris, Baillière, 1866, gr. in-8, 4 fr.
— Éléments de la faune açorienne. Paris, Baillière, 1861, in-4, 6 fr.
— Énumération des mollusques terrestres et fluviatiles vivants de la France continentale. Paris, Baillière, 1855, in-8, 2 fr. 50.
— Essai sur les mollusques terrestres et fluviatiles de la Guyane française. Paris, Baillière, 1859, in-8, 4 pi. 4 fr.
— Études sur les naïades de la France, 2 parties. Paris, Baillière, 1854- 57, in-8, 18 pi. 18 fr.
— Lettres açoréennes. Poitiers, impr. Dupré, 1862, in-18, 1 fr.
— Letibes conchyliologiques ; première décade. Paris, Baillière, 1860, in-8, 3 fr.
Cette publication n'a pas été continuée.
— Mollusques marins des îles Açores. Paris, Baillière, 1858, in-4, 2 pi. 4fr.
— Mollusques terrestres et fluviatiles de la Côte-d'Or. Paris, Baillière, 1868, in-8, 3 fr.
4 DROUHET. — DROUINEAU.
— Terre (sur) et sur mer. Excursions d'un naturaliste en France, aux Açores, à la Guyane et à Angola. Châlons-sur-Marne, 1870, in-12, 303 pp.
DROUHET (Jean^, maître apothicaire à Saint-Maixent, poète poitevin du xvii^ siècle.
— OEuvBES (les), 1660-73, nouv. édit. avec notice et commentaires, par Alph. Richard. Poitiers, Druiueaud, iS78, petit in-8 carré. (Morgand, i882, br. 12 fr.)
Poésies, en patois poitevin, tirées à 190 es, sur pap. de hollande, contenant : la Moirée de Sen-Moixont, ô les vervedes de tretoute les autres ; la Mizaille à Tauni, toute berolée de nouvea, et freschemont emmolée, comédie en 5 actes, en vers ; Lez boa et bea prepou do boun-home bretau su la mission de Demur foete à Sen-Moixont et le virement de Lreçonts buguenau-dalentou, en la sa=on d'Authonne, etc.
DRÛUIN (Edme), avocat, né à Paris, en 1837.
— Ancienne (sur 1') déclinaison et les origines du pluriel dans les substantifs. Meaux, Destouches, 1878, in-8.
— Dictionnaire comparé des langues française, italienne, espagnole, latine, allemande, anglaise, etc., ramenées à leur unité primitive et naturelle. Caen, 1860, in-8, 8 fr.
— Élit (1') de Dioclétien sur le maximum. Meaux, Destouches, 1877, in-B.
— Notice philologique sur quelques noms de lieux de la Brie. Paris, Baer, 1875, in-8, 2 fr.
— Notice sur une monnaie géorgienne. Meaux, 1875, in 8, pi. i fr.
— Notice sur une stèle grecque du Musée de Melun. Meaux, Destouches, 1877, in-8, pi.
— Notice sur un sabre oriental. Meaux, 1873, in-8, pi. 1 fr.
— Origine et formation des racines dans les langues indo-européennes. Paris, Baer, 1875, in-8, 3 fr. 50.
— Recherches historiques et étymologiques sur la langue anglaise. Paris, Baer, 1873, in-8, 3 fr.
DROUINEAU (Gustave) né le 20 février 1800 à La Rochelle, mort fou, en 1835. Au silence qui se fait aujourd'hui sur le nom, presqu'oublié, de ce romancier, de cet auteur dramatique, de ce poète néo-chrétien, on ne se douterait pas qu'il a été une célébrité triomphante et applaudie du romantisme. Cuisin, enthousiasmé par le succès de Rienzi, écrit ces lignes, dans le Dictionnaire des gens de lettres vivants, 1826, p. 104 : « Quel triomphe ! vraiment, il n'en put porter le poids à la première repré-
sentation ; en effet, peu d'hommes pourraient garder leur sangfroid, toute leur raison, à une pareille épreuve : qu'on se figure un parterre ivre d'enthousiasme, qui, voulant faire partager son bonheur au bel esprit qui l'a causé, demande à grands cris, l'auteur ! l'auteur ! et ne se contentant pas de son heureux délire, jette aux pieds de M. Drouineau des fleurs, des vers, des couronnes, tout en savourant le spectacle de ses larmes et de sa douloureuse extase !
Drouineau, perdant ses forces au sein du plaisir, s'évanouit, de même qu'une jeune beauté dans les bras d'un amant capricieux et infidèle, car (ma comparaison est juste) le public est bien cet amant-là. »
Un sceau... de phrases glacées, versé sur cet enthousiasme par un fanatique pourtant des romantiques, complétera ce portrait littéraire. Asselineau, Bibliographie romantique, p. 155: « Je n'ai jamais été bien attiré par les romans de G. Drouineau, esprit systématique, pédant et troublé par les visions humanitaires. Ni le talent, ni l'invention ne lui ont manqué ; mais nul n'a été atteint plus que lui par la grande maladie de l'époque ; la manie de sauver le monde. Il a même été quelque temps considéré comme le fondateur d'une religion : le Néo-christianisme. Ceci est grave.
Le Manuscrit vert et Résignée se liraient avec intérêt et avec plaisir, si Tauteur n'avertissait, à chaque page et dans ses préfaces, qu'il n'emploie la forme romanesque qu'à son corps défendant, et seulement pour s'accommoder à la frivolité du siècle. Il proteste qu'il n'a d'autre but que de mettre la société en face d'elle-même, et de faire pénétrer, dans le public, emmiellées de poésie et de littérature, des idées régénératrices qu'il se propose de condenser plus tard dans un livre plus grave, qui n'a jamais paru. Le châtiment ne s'est pas fait attendre: à mesure que le philosophe et l'apôtre se perfectionnaient en Drouineau, l'écrivain, l'artiste périclitait. Après avoir dit dans une de ses préfaces (( qu'il n'avait pas !e temps de bien écrire parce qu'il pensait trop, » il a fini par déclarer que les langues n'avaient pas de mots pour rendre ses pensées ni ses rêves, et qu'il serait plu3 convenable au poète de s'exprimer par des cris, comme les animaux, que par des paroles. On devine ce qu'un pareil système pouvait produire : il est mort fou, et ses livres meurent... d'anémie.
Sun unique recueil de vers, les Confessions, est attaqué de la même maladie que ses romans : la morgue, le Ion pédantesque et prêcheur; et comme le temps qui lui manquait pour soigner sa prose, lui manquait encore plus pour soignerses vers, le style
est presque uniformément lâché, confus, défectueux de coupe et de rimes, et bourré de ces généralités vagues qui sont les chevilles de la pensée. A peine trouve-t-on par hasard une idée qui sente le poète, un mouvement qui révèle un artiste. Une seule pièce, la meilleure, permettra de juger le reste :