BERNIS. — BEROALDE
que des ennemis, elle a eu l'honneur de se susciter des calomniateurs fangeux et de les voir condamnés, dans l'auteur de Sarah Barnum, à deux mois de prison et à une amende fort élevée. La loi devait à ce factum ordurier cette sévère et impartiale réplique. C'est un obus de chantage éteint dans sa boue.
— Dans les nuages, impressions d'une chaise, récit recueilli par Sarah Bernhardt. Paris, Charpentier, s. d. in-8, fig.^ de G. Clairin. (Lefilleul, 1883, ex. pap. de hoU. br. 20 fr.)
Récit curieux et attachant de l'ascension de la célèbre artiste en ballon.
BERNIS (Fr.-Joachim de Pierres, comte de Lyon et cardinal de) né à Saint-Marcel de l'Ardèche, le 22 mai 1715, mort à Rome, le 2 novembre 1794.
La poésie, une poésie fine, spirituelle, fleurie et galamment voluptueuse, mena ce joyeux abbé, bien joufflu, bien frais, bien poupin, depuis la sévère Académie, en passant par le boudoir de la marquise de Pompadour, jusqu'au Vatican, où le pape couronna sa muse légère de la barelte de cardinal. Frédéric-le-Grand, poète entre deux batailles, 3 jugé, en roi, cette poésie un peu folâtre.
Et je laisse à Bernis sa stérile abondance. Voltaire peint ce talent frivole et minaudier, d'un surnom un peu railleur • Babet la bouquetière. Il y a beaucoup, en effet, dans Bernis et dans ses vers, de cette plantureuse et complaisante Babet qui vendait, à la porte de l'opéra, ses bouquets et ses faveurs.
— Poésies, avec une notice bio-bibliographique de Fernand Drujon ; Paris, Quantin, 1882, in-8, portr.
(Quelques es. sur hoU. et sur chine avec portr. en double épreuve.
BEROALDE de Verville (François) chanoine de Saint-Gatien de Tours, né le 18 avril 1558 à Paris, mort, croit-on, vers 1612.
Disciple de Luther, imparfaitement converti au catholicisme, ce chanoine de Tours a écrit de nombreux ouvrages, en prose et vers, qui témoignent tout au moins de son indiflérence religieuse. Le plus remarquable de tous et le plus recherché, est le Moyen de Parvenir qui, sous divers titres, a eu de nombreuses éditions. On peut regarder ce recueil pantagruéléque, fait de pièces et de morceaux souvent disparates, comme une bibliothèque complète de contes égrillards. L'auteur de celte singulière production n'a certainement pas écrit sans but, comme sans mesure et sans frein, en soulevant du pied ce tas d'ordures, péle-raéle entassées, on voit qu'il s'est proposé de couvrir d'un égal ridicule les violences et les exagérations des catholiques et des protestants. Que lui importent, au fond, les deux partis ? Abusant du secret des Rabelais, son modèle, il pousse son originale bouU'onnerie jusqu'à l'extravagance et au dévergondage et salit avec la même indifférence, de ses plaisanteries les plus cyniques et de ses ironies les plus graveleuses, Rome et Genève.
— Moyen [\e) de parvenir, édit. pubhée par P. Lacroix, avec une dissertation de Paulin. Paris, Tecbener, 1841, petit ia-8. (Clicquot, 1843, br. 14 fr. ; Sainte-Beuve, 1870, br. pap. de holl. 10 fr. ; Lefilleul, 1879 pap. holl. 50 fr-J
Kdit. peu commune dont il a été tirée 50 ex. sur pap. holl.
220 BÉRONIE, — BERQUIN.
— Même, Paris, Charpentier, 1868, in42. (Fontaine, 1872, dem. chag. 4 fr. 50.)
— Même, nouv. éditi^on collationnée sur les textes anciens, avec notes, variantes, index, glossaire et notice bibliographique par un bibliophile campagnard ; Paris, Willem, 1.S70, 2 vol. petit in-8, 111 vignettes sur bois en tête de chaque chapitre. (Morgand et Fatout, 1878, br. 30 fr. ; Dorboû, 1879, br. 40 fr. ; Rouquetle, même année, ex. sur chine, br. 150 fr. ; Lefilleul, 1880, pap. chin. cart. 100 fr.)
Edition, la seule illustrée, avec un goût et une pointe un peu fantaisistes qui rendent le caractère gravcleusement philosophique du texte. La notice du bibliophile campagnard est de Pr. Blanchemain.
— Muses (les) incognues, ou la Seille aux bourriers, pleine de désirs et imaginations d'amours ; recueil de poésies satyriques de Beroalde de Verville, de Guy de Tours, de Gauchet, etc. ; Paris, Gay, 1862, petit in-12. fPotier, 1863, br. 12 fr.)
Réimpross. de l'cx. unique de la bibliothèque de l'Arsenal à 100 ex.
BÉRONIE (l'abbé N.) prêtre corrézien.
— Dictionnaire du patois du Bas -Limousin (Corrèze) et plus particulièrement des environs de Tulle. Tulle, Drappeau, s. d. (vers 1835) in- 4, à deux colonnes. (Marcel, 1856, br. 6 fr. 50; vente Labilte, 1871, dem. V. 14 fr, 50 ; Laporte, 1873, br. 35 fr. ; Dumoulin, 1874, br. 22 fr.)
Ouvr, peu commun, mis en ordre, augmenté et publié par J.-Anne Vialle, avocat, compatriole de l'abbé Béronie.
BERQUIN (Arnaud) né à Langoiran près Bordeaux, vers 1749, mort à Paris le 21 décembre 1791. Comme Dorât, Colardeau, Arnaud, auteurs maniérés et guindés dans son genre, il doit toute sa vogue aux planches qui illustrent ses différentes éditions. Imitateur de l'idylliste Gessner, il n'en a ni le naturel attendri et mélancolique, ni la phrase large et abondante.
— Idylles et Romances, Paris, 1801, 2 vol. petit in-12, 30 fig. de Porel et de Marillier fTross, 1872, fig. avant la lettre, br. 40 fr.)
— Mêmes, et autres poésies; Paris, Renouard, an xi-1803, gr. iu-18, 2 frontisp. et 40 fig. de Borel, Marillier, Monsiau, Lebarbier. (Aubry, 1854, mar. pi. Bozérian, 12 fr. ; Potier, 1863, fig. av. la lettre, 13 fr. ; d'Haubersart, 1868, dem. rel. 21 fr. ; Morgand et Fatout, 1878, v. 40 fr. ; mêmes, 1882, v. pi. gr. pap. vél. fig. avant la lettre, 130 fr. ; V. m. 60 fr.)
— OEUVRES complètes ; Paris, Renouard, an xi-1803, 17 vol. in-12, 204 frontisp. ou fig, de Borel, Moreau, Lebarbier, Monsiau, Marillier.