L.O.V. — Coll. V. d. Gabelentz
Dans le district de Hiyel san^ ^ li|, (province de Hpyeng an, ^ ^), le secrétaire du yamen, nommé
Pâi 3 fait yong, illK ^> ^^^^^ P^^ ^^ ^^^"^ ^'^^ TJyang hoa, /tt ^, et iro7iff nyen^ ^ ^. Ayant ]>erdu sa femme, il s'était remarié et sa nouvelle épouse détestait les filles du premier lit. Elle résolnt de s'en débarrasser et inventa le stratagème suivant: elle prit un rat mort depuis plusieurs jours et déjà en putréfaction, qu'elle plaça, sans qu'on la vît, dans la chambre des deux jeunes filles. Le lendemain, elle se rendit auprès de son mari, lui déclara que celles-ci avaient eu des amants, que certainement l'une d'elles avait accouché secrètement et qu'après avoir tué l'enfant, elles avaient caché le cadavre dans leur chambre. Le père, fou de colère, se rendit dans la chambre, constata Todeur de putréfaction
qui y était répandue, et tua ses filles.
À partir de ce moment, par une punition dn ciel, tous les magistrats qui se succédèrent dans ce district, moururent aussitôt après avoir pris possession de leur charge. Personne n'osait plus accepter ces fonctions, quand un homme courageux se présenta pour les remplir. Auasitôt à son poste, il ouvrit une enquête qui ne lui apprit rien tout d'abord ; mais, une nuit, il vit en songe les deux filles qui lui racontèrent comment elles avaient été mises à mort, bien qu'innocentes. I^e magistrat convoqua les deux époux. Il interrogea d'abord la femme sur la mort des deux filles. Celle-ci répondit qu'elles étaient mortes de maladie. Puis il demanda au père: " Pourquoi avez- vous tué vos enfants ? " Celui-ci en dit la raison. " Y avait-il des preuves de leur crime?" demanda le magistrat. "Oui, répondit
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** l'accaisi), mais seule ma femme les a vues". Rappelée, la femme promit d'apporter le cadavre et alla chercher le rat mort. Le magistrat l'examina, lui ouvrit le ventre et trouva dans son estomac des grains de riz et autres objets que les rats mangent volontiers : ce n'était donc piis un cadavre d'enfant. La marâtre coupable fut condamnée à mort.
Cf. Aston, On Oorean popular literature (Transactions of tlie Asiatic Society of Japan, vol. XVIII, 1890).
Ile un f/ pou Ijyen, Histoire de Heiing pou.
1 vol. in-4, 25 feuillets.
L.O.V. — Brit. M. — Coll. v. d. Gabelentz, Coll. Varat: in-8, carré.
Ce roman a été composé dans le cours du XIX. siècle, il est chanté par les baladins dans les réjouissances publiques.
Deux frères nommés, l'aîné Nol pou, et le cadet Heuny pou, demeurairent sur la limite du Kyeng syang fo, H f^ M» ^t du Tjyen ra lo, ^ H JE : le premier était très méchant; il avait gardé toute la fortune (pie ses parents avaient partagée de leur vivant entre eux, et il maltraitait son cadet. Un jour, chez Heuny pou, une hirondelle fît son nid : un serpent vint pour manger les petits, l'un eux tomba à terre et se cassa la patte ; Heuny pou, ayant
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eu pitié de la petite hirondelle, lui remit la patte et la noua avec uii bout de fil ; un peu plus tard, Toiseaa s'envola vere le pays de Kang nam^ ^ ^ {Kiang fmu) et, au printemps, rapporta à son sauveur une graine de citrouille. Heung pou la planta : quand la citrouille fut grosse, il la coupa et il en sortit toutes esj>èces de richesses. Nol pou, apprenant cela, attira des hirondelles chez lui et plaça quelques branches devant la maison pour leur faciliter la confection de leur nid. Une d'elles y fit ses petite ; Sol pou^ en prit un et lui cassa la patte, puis la lui remit et la noua avec une ficelle. L'hirondelle, guérie, s'envola et rapporta une graine à Nol pou^ qui la planta; puis la citrouille étant grosse, il la coupa, l'ouvrit et y trouva une calebasse comme celle où les mendiante recueillent leur nouriture; une autre citrouille du môme pied était vide; une autre, ouverte, répandit une mauvaise odeur. Quand tout fut coupé, ^ol pou entendit un bruit comme celui d'un tremblement de terre et, du pied de la citrouille, il sortit des excréments qui l'entourèrent et inondèrent la maison; Nol pou s'enfuit avec sa famille et fut obligé de demander refuge à son frère.
Ce roman, pour fantiistique qu'il aoit, contient sur la vie coréenne des détiiils qui ne manquent i)as d'intérêt; j'en citerai quelques passages.
'' Nol pou, l'aîné, doué de mauvais instincts, médita '*de garder pour lui seul l'héritage que leur père " avait divisé entre eux : il réussit à s'emparer de " tous les biens et chassa son frère qui se retira au
" pied de la montagne : n'est ce pas là Taction d'un ''méchant? Si on examine la conduite passée de ** Nolpou^ on le voit se réjouir et danser quand quel- " qu'un meurt; activer le feu, quand il éclate un " incendie ; prendre les objets sans en payer la juste *' valeur, quand il va au marché ; enlever la femme "de celui qui lui doit de Fargent; si un enfant se " plaint, il le frappe, s'il demande à manger, il lui " donne des ordures ; il donne des coups de pied dans " le ventre des femmes enceintes, soufflette ks gens " sans motif; il pousse les vieillards et les prend par " le cou^^^; il frapi)e la bosse des bossus à coups de ** talon ; il ouvre les digues des rizières pour en faire " écouler l'eau ; il jette du sable dans la marmite où *' l'on fait cuire le riz ; dans les champs, il arrache " les épis et pique avec un bâton pointu les citrouilles " encore jeunes ; il dépose ses ordures dans les puite. " Le cœur de ce Nol pou est aussi âpre que le coing *' jaune ; mais cet homme est riche, il peut faire bonne ** chère et se vêtir de beaux habits".
" Heiuig pouy chassé par son frère, se bâtit une '* maison, il dut se contenter d'aller dans un champ " de sorgho et d'y couper des tiges dont il lit une " gerbe ; avec ces tiges, il éleva une chaumière grande " comme un boisseau et composant tout son apparte- ** ment ; encore lui rest;i-t-il la moitié de la gerbe, " Après avoir mis la dernière main à ce travail, " Heung pou et sa femme s'en furent coucher. Ils
1 Comme les satellites qui arrêtent uu crimiucl. Ou u eu u^it pas ainsi eu vers les hommes âgés.
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43» LIV. IV : LITTKRATtJBE.
a Aél
étirent leiin* membres briï*es de fatigue, mak, tu ** Tétroitesse du logî»*, leurs pieds sortent daus U ** cour, leurs tête?? ])a8sent par Tauti-e côté dans le "jardin, etc".
11 e??t difficile de suivre plus loin l'auteur daiiî» ^ de^icription réaliste.
" Pourquoi suLs-je né, dit Heung pou^ sous les huit ** caractère:? néfa^ste??? J'ai une cabane qui n'est pas '• plus grande qu*un boisseau ; de ma chambre, J€ *' pui^ contempler les étoiles par les trous du toit et, " s'il tombe dehors une pluie fine, elle se transforme " chez moi en déluge. En été, les nattes en lam- " beaux abritent des légions de puces et de punaises, " et des armées de moustiques y habitent. Sur la ** jHirte, il ne reste plus que le bois *'; le mur du fond •* n'existe que par les lattes^'-'; aussi, on gèle en hiver ** et la bise rigoiu-euse des 11! et 12f mois entre chez " moi comme la flèche jierce le corps. Mes enfaute ** en bas âge demandent le sein * ; les plus grands " réclament du riz. Je ne puis plus vivre ain??!. " Quand on est aussi pauvre, pourquoi a-t-on tant " d'enfants ? il y en a ici une trentaine et je n'ai pas " d'habits à leur donner".
** Comme les enfants n'avaient jdus de vêtements " Utnntf pou avait tressé une grosse natte de paille "qui était percée de trente trous pour les têtes deïs " trente enfants. Quand ils restaient assis dans la
1 Le papier tjui y était collé, est tombe.
2 La terre qui les garuissait, est tombée.
3 Ju;$qu*à trois anî«, ou allaite les eafauts.
CHAP. iri : ROMANS. 439
'* maison, cela allait bien ; mais si l'un d'eux voulait " sortir, les vingt-neuf autres devaient l'accompagner. •*' Malgré la détresse où l'on était, les enfants ne se " rendaient pas compte de la pauvreté de leurs " parents et demandaient des choses tr^s coûteuses ** L'un disait : " Maman, qu'il serait bon de manger "du vermicelle dans du bouillon gras". Un autre: " " Je désirerais avoir de la viande bouillie dans la *' marmite de terre" Un autre: ** Si nous nous " régalions de riz blanc avec dn bouillon de chien ". " Un autre voulait de la pâte aux jujubes. La mère " leur répondait : '* Hélas ! petits coquins, vous ne " trouverez même pas du bouillon de citrouille, ne *' réclamez plus rien".
" Si on regarde dans la maison, on voit que la " table renversée prie le ciel de ses quatre pieds"\ " que la lavette pour nettoyer la marmite est pendue " sur le mur, que l'écumoire fait de la gymnastique " à son clou. S'il s'agit de préparer le riz, Ileung ^^ pou et ses fils cherchent dans le calendrier le jour " kap tjà^^\ date où ils mangeront, et, ce jour-là, " ils ne font qu'un repas. On dit qu'une souris eut " l'imprudence de venir dans la chaumière pour y " chercher du grain ; la malheureuse fureta pendant " quinze jour et ne trouva rien : elle en eut les pattes " écorchées, à force de trotter.
1. Il s'agit fie ces jwtites tables coréennes qui sont plutôt des plateaux avec des pieds ; on en donne une à chaque convive. Si la table est renversée, c'est qu'on ne s'en sert pas.