INTRODUCTION. XCVII
former un son nouveau, il faut supprimer par la pensée la finale du premier caractère et l'initiale du second.
Le roi Syei tjong^ auquel ses compatriotes attribuent l'invention de l'alphabet, adoptant le système chinois, a distingué l'initiale et la finale, mais il a décompose celle-ci, lorsqu'il y avait lieu, en une médiale, voyelle ou diphthongue, et une finale proprement dite ; et l'identité a été reconnue de ces dernières finales avec un certain nombre des initiales. Les CJoréens sont donc arrivés à concevoir la lettre alphabétique, soit consonne, soit voyelle, et ils ont été ainsi dotés d'un instrument bien plus parfait que les syllabaires japonais, se prêtant également bien à transcrire les sons des idéogrammes chinois et à écrire ceux de la langue indigène, grâce aux combinaisons des voyelles en diphthongues et des consonnes simples en consonnes doubles ^^^ L'alphabet coréen est d'une remarquable simplicité, la classification des lettres se rapproche de celle des lettres sanscrites, autant du moins que la nature de la langue le permet ; la présence d'une initiale muette, qui sert de support de voyelle, est encore un trait commun au coréen et au sanscrit ; ces ressemblances sont, au reste, toutes
1. Toutes les initiales coréennes sont simples, mais on rencontre . souvent la finale double Ih,
XCVni INTRODUCTION.
naturelles, puisque c'est, en somme, Talphabet sanscrit que le roi Syei tjong a pris pour modèle, soit en rimitant directement, soit, ce qui est plus probable, en se conformant aux initiales chinoises qui en dérivent. Les formes graphiques dû coréen sont aussi très faciles et logiques : les voyelles ont pour base un trait vertical ou horizontal, employé seul, ou avec addition d'un ou de deux traits perpendiculaires au premier et placés à droite, à gauche, au-dessus ou ^ au-dessous ; la série des labiales, jo, hp^ m dérive du carré ; les gutturales et les dentales sont représentées par le carré privé d'un ou deux côtés. Cette logique dans la classification et la forme des lettres est la marque d'une création réfléchie et confirme les faits énoncés par le Houn min tjyeng eum. H n'y a, d'ailleurs, aucune ressemblance entre les lettres coréennes et les caractères chinois ou japonais ; je ne parle pas, bien entendu, des lettres presque inusitées, connues sous le nom de "caractères des dieux ^^^", que les auteurs japonais les plus sérieux s'accordent pour dériver de l'alphabet coréen et qui ne sauraient donc en être l'origine.
Le texte du Moun hen pi ho que j'ai cité, d'accord