‹ Bibliographie coréenneChapitre 61 sur 413 · INTRODUCTION. CXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. CXXIX

ceptions les principes de Texistence et de la connaissance humaines ; les labeurs, consacres par lui, dans sa jeunesse, à l'étude du taoïsme et du bouddhisme, avaient formé son esprit aux spéculations abstraites et, sous le confucianisme, dont l'élévation morale et l'imposante organisation sociale convenaient bien à son esprit ami de l'ordre, il s'efforçait de découvrir une base métaphysique et psychologique, qui avait presque fait défaut, ou tout au moins n'avait pas été mise en lumière jusque-là ; le succès de ses doctrines, qui complétaient et élargissaient celles de l'antiquité, tout en conservant les dehors de tout tirer de l'antiquité même, a été immense ; ses écrits sont devenus, après les vieux classiques, les monuments reconnus de l'orthodoxie, et c'est seulement il y a un siècle et demi que s'est formée en Chine l'école critique moderne, qui se demande si ce vaste système était bien contenu dans les textes anciens.

Ce confucianisme renouvelé, plus large et plus humain que le premier, était merveilleusement approprié aux Coréens, d'un esprit moins terre à terre que les Chinois, épris de spéculation plus que de pratique. Le bouddhisme, pour populaire qu'il fût, et peut-être parce qu'il était resté trop uniquement populaire, s'était toujours borné à un enseignement

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s'appliquant à la vie de chaque jour, plein de compromis avec les superstitions du peuple et les vices des grands ; il n'avait suscite aucune grande œuvre de pensée ; les bonzes s'étaient fait remarquer par leur rapacité, souvent mêlés aux affaires de l'Etat, ils avaient donné les conseils et les exemples les plus déplorables ; la doctrine bouddhique, pour peu qu'on l'examine, apparaît comme destructrice de la famille et de la société civile ; plus d'une fois, dès l'époque du Sin ra, les rois avaient dû interdire ou. limiter la transformation des maisons en bonzeries, l'adoption de la profession de bonze, qui menaçait de dépeupler leurs états. Tout au contraire, le confucianisme, par sa morale rigide, pr&entait un idéal familial supérieur à ce que Ton voyait en Ck)rée ; il reconnsdssait la hiérarchie aristocratique existante, fortifiait le gouvernement et représentait un état social plus élevé, en rapport avec les aspirations de tout ce que la C!orée contenait d'esprits intelligents et vraiment nobles. Mais, jusqu'à Tchau Hi, les Coréens n'avaient rien trouvé dans le confucianisme pour satisfaire leurs tendances métaphysiques et idéalistes : aussi les efforts de An You avaient peu réussi et c'est seulement après l'introduction de quelques Uvres de l'école des Sang par Ou Tchah, surtout après Tachât fait à

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Nanking, que le mouvement confucianiste s'étendit et s'accéléra. C'est alors que l'on voit paraître Tjyeng Mong tjyou^^\ plus connu sous son surnom de Hpo eun^\ et son ami Bi Sâih^^\ surnommé Moh eun^^\ partisans zélés du confucianisme, qui profitèrent de leur situation officielle pour servir cette cause de tout leur pouvoir. Le premier même resta jusqu'à la mort fidèle à ses convictions et à ce loyalisme prescrit par les sages chinois : il fut tué en 1392, en luttant pour défendre son maître, le roi Kong yang^^\ contre la sédition d'où est sortie la djmastie actuelle ; encore aujourd'hui, près de Syong to^^\ on montre le pont où fut tué Tjyeng Hong tjyou et dont les pierres rougissent encore du sang de la victime à certains jours de l'année.

Dès lors, le sort du confucianisme est assuré ; il va toujours se développant, grâce à l'enseignement officiel donné dans le temple de C!onfucius et dans les écoles provinciales ; grâce aussi à cette coutume coréenne qui rassemble jeunes gens et hommes faits autour d'un sage en renom, pour qu'ils profitent des exemples et des entretiens du maître, comme autrefois les jeunes Athéniens allaient écouter les paroles de

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sagesse que prononçaient Socrate et Platon. Ceux qui ont eu le bonheur d'approcher les sages, conservent leurs préceptes et repètent leurs leçons ; souvent le maître dœigne parmi eux celui qui, après sa mort^ sera Théritier attitré de sa pensée. C'est ainsi que les

élèves de Spo eun et de Mok eun furent nombreux : il faut citer Tjyeng To tjye7i^^\ Ha Byoun^^\ Pyen Kyei ryang^^\ Kouen Keun^^\ dont un ancêtre, Kouen Fou^y était déjà renommé coname moraliste et dont le frère et plusieurs descendants se sont aussi acquis un nom comme lettrés. Ceux que je viens de citer, avec quelques autres, Sin Syouh tjyou^^\ Syeng Sam moun^\ Sye Ke tjyeng^^\ qui se rattachent indirectement à l'école de Hpo eun, se sont rendus célèbres au XVS siècle, comme écrivains, lettrés, hauts fonctionnaires.

Car le conJEiicianisme est désormais au pouvoir, par les fonctionnaires, par les nobles, par les rois. Les nobles l'ont, sanâ doute, adopté d'abord pour se distinguer du peuple, mais ils se pénètrent si bien des préceptes chinois qu'ils en viennent a considérer la

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