‹ Bibliographie Cornélienne; ou, Description raisonnée de toutes les éditions des œuvres de Pierre Corneille, des imitations ou traductions qui en ont été faites, et des ouvrages relatifs á Corneille et á ses EcritsChapitre 16 sur 108 · B I B L I OU R A 1' II I K C < ) R N E I, I E N X E · texte numérisé non relu

B I B L I OU R A 1' II I K C < ) R N E I, I E N X E

« la plus grande partie de ces Poëmes, que d'en voir renouveler n la mémoire par ce recueil.... Et certes, j'aurois laissé périr entie- « rement ceux-cy, si je n'eusse reconnu que le bruit qu'ont fait « les derniers obligeoit desjà quelques curieux à la recherche des « autres, et pourroit estre cause qu'un Imprimeur, faisant sans « mon adveu ce que je ne voulois pas consentir, adjousteroit « mille fautes aux miennes. » Il ajoute qu'il y a jeté un coup d'œil, « non pas pour les corriger exactement (il eust esté besoin de les « refaire presque entiers), mais du moins pour en oster ce qu'il « y a de plus insupportable. »

Quelques auteurs, s'appuyant sur un passage du commentaire de Voltaire, ont supposé que l'édition de 1644 avait dû avoir une seconde partie contenant les huit pièces publiées depuis 17//?^sion comique; mais personne n'a jamais vu cette seconde partie, et M. Taschereau (Œuvres de Corneille, t. Ier, p. xxx) a fort bien démontré pourquoi elle n'avait jamais dû exister. La pensée de spéculation qui avait porté les libraires à faire un recueil des premières pièces du poète, devait les porter à ne pas y faire immédiatement entrer toutes les pièces qui avaient encore un débit assuré. Les premières éditions du Cid, données en 1637, ayant été tout entières épuisées, on en fit en 1644 une cinquième édition qui ne se serait plus vendue si le public eût trouvé la pièce dans un recueil. Horace ne vit le jour qu'en 1641 ; Cinna et Polyeucte ne furent imprimés qu'en 1643; Pompée et le Menteur qu'en 1644; la Suite du Menteur en 1645 ; Théodore et Rodogunc en 1647. C'est assez dire que, à plus forte raison, ces dernières pièces ne pouvaient pas encore être réunies aux Œuvres.

En réimprimant ses premières comédies, Corneille y a changé des centaines de vers. L'excellente édition de M. Marty-Laveaux a, pour la première fois, recueilli toutes ces variantes, qui ont un grand intérêt non-seulement pour l'histoire de la langue, mais pour l'histoire littéraire en général. Le recueil de 1644 nous montre, de la manière la plus frappante, le soin avec lequel Corneille revoyait ses ouvrages en les donnant à l'impression. La plupart des éditions postérieures ont été corrigées par lui avec la même sollicitude.

Le recueil de 1644 est un livre d'une haute importance, qui mérite de passionner tous les vrais bibliophiles.

Vendu : 505 fr., mar. r., Chédeau, 1865 (n" 676).

99. OEvvres il de |! Corneille. || Tome II. \\ A Paris, || Chez Augustin Courbé, dans la || petite Sale du Palais, à la Palme. || M. DG. XXXXVII [4647]. Auec Priuilege du Roy. In-12.

Cette seconde partie des Œuvres de Corneille, destinée à faire suite au tome 1er de 1644, ne constitue pas une édition séparée;

HlliLlOC K.W'IIIK

c'est un recueil factice des éditions in-12 du Cid {Augustin Courbé et Pierre le Petit, s. d.)\ d'Horace [CourM, 1647); de Cinna {Quinet, 1643); de Polgeuefc (Sommaville et Courbé, 1644); de la Mort de Pompée {Sommaville et Courbé, 1644) ; du Menteur {Sommaville et Courbé, 1644); de la Suite du Menteur {Sommaville et Courbé, 1645); de Théodore {Quinet, 1646); et .de Rodogune {Quinct, 1647).

Le recueil est précédé de deux feuillets contenant le titre et la table ; il n'y a pas de privilège général. L'exemplaire de M. Bancel renferme en outre le portrait de 1644, mais ce portrait ne fait certainement pas partie du livre.

On trouvera la collation de chacune des pièces énumérées cidessus dans notre chapitre 1er (nos 12, 18, 21, 27, 33, 36, 41, 45, 48).

Vendu : avec un exemplaire du tome Ier de 1644, 3,850 fr., mar. bl., doublé de mar., avec comp. en mosaïque {Chambolle-Duru), B*** [Bordes], 1873 (n° 346); — 6,000 fr., même exempl., Fontaine, 1874 (n° 564); — 4,000 fr., même exempl., Benzon, 1875 (n<> 243).

100. QEvyres I! de II Corneille. || Première [Seconde] Partie. Il Imprimé à Rouen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, Il au Palais dans la petite Salle, \\ à la Palme ; [ou Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des Merciers, \\ à l'Escu de France ; ou Chez Toussainct Quinet \\ au Palais, sous la montée de \\ la Cour des Aydes.] || M. DG. XLVIII [1648], || Auec Priuilege du Roy. 2 vol. in-12.

Première partie : Portrait de Corneille par Michel Lasne ; frontispice gravé (avec la date de 1645) ; titre imprimé et avis Au Lecteur; ensemble 4 feuillets prélim., 654 pp. et 1 f. blanc.

Seconde partie : 2 ff. pour le titre et l'avis Au Lecteur; 639 pp. et 2 ff. dont le dernier est blanc.

La première partie est semblable à celle de 1644 quant à l'impression et au nombre de pages, mais la composition est différente, comme il est facile de s'en convaincre par une foule de détails ; par exemple par les suivants :

Page 11, 1" ligne :

1644 : C'est en vain que Yô fuit, tost ou tard on s'y brûle : 1648 : C'est en vain que Y on fuit, tost ou tard on s'y brûle (en deux lignes).

Page 21, dernière ligne :

1611 : Pour vous recompiler du temps que vous perdez. 1618 : Pour vous récompensée du tèps que vous perdez.

Page 45, 4e ligne :

1644 : le commence à m'estimer quelque chose puis 1648 : le commence à m'estimer quelque chose

CORNELIENNE.

Page 131, 2" ligne :

1644 : Mais vous monstrerez bien embrassant ma defèce 1618 : Mais vous monstrerez bien embrassant ma dejfùce

Page 159, lrf ligne :

1011 : Tu chercherais bien-tost moyen de t'en desdire 1618 : Tu chercherois bien-tost moyen de t'en dédire.

Page 281, dernière ligne :

JGI1 : Du moins ces deux sujets balancent ton courage.

1618 : DORINANT.

Sçais-tu bien que c'est là iustement mon visage?

Il y a dans l'éd. de 1648 deux lignes de plus, et l'accord ne se rétablit qu'au bas de la page 283.

Page 313, 1" ligne :

1611 : Prenne ou laisse à son choix vu homme de mérite.

Ce vers est le dernier de la page précédente dans l'éd. de 1648, et la p. 343 se termine par ce vers :

Allons chez moy, Madame, acheuer la iournée.

Page 527, l" ligne :

1644 : Contant nostre Hymenée entre vos adnantures, 1618 : Contant nostre Hymenée entre vos auantures.

La Bibliothèque nationale possède un exemplaire de cette Première Partie relié en mar. r. par Cape (Y + 5512 + B Rés.), qui est composé de fragments des trois éditions de 1644, 1648 et 1652. Nous pensons que nos indications suffiront pour mettre les amateurs à l'abri de pareilles supercheries. Telle est l'utilité des différences matérielles que nous signalons çà et là entre des éditions qui paraissent à première vue semblables.

La Première Partie se termine par un privilège qui commence au bas de la p. 654 et se développe sur les deux pp. suivantes ; on trouve à la fin un achevé d'imprimer du 30 mars 1648.

La Seconde Partie contient sept pièces : le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, Pompée, le Menteur et la Suite du Menteur. Elle est précédée d'un avis Au Lecteur qui commence ainsi : « Voicy une « Seconde Partie de Pièces de Théâtre un peu plus supportables que « celles de la première. » Cet avis n'a été reproduit que dans les éditions de M. Taschereau et de M. Marty-Laveaux. Le volume se termine par un privilège, qui commence au verso de la p. 639 et occupe entièrement le feuillet suivant.

Le privilège, daté du 25 février 1647, porte ce qui suit : « Nous avons permis et permettons par ces présentes à l'Exposant [Augustin

Courbé] d'imprimer, faire imprimer, vendre et débiter, en tous les lieux de nostre obéissance, les Pièces de Théâtre du sieur Corneille, Intitulées, Clitandre, la Vefve, la Melite, la Gallerie du Palais, la Place Rogallc, la Suiva7ite, la Medée, l'Illusion Comique, et autres qui ont esté desja mises en lumière, avec Privilèges du feu Roy nostre tres-honoré Seigneur et Père, ou de Nous, desquelles le temps est expiré, et ce en un ou plusieurs Volumes, en telles marges, en tels caractères, et autant de fois qu'il voudra, durant l'espace de sept ans, à compter du jour que chaque Pièce ou Volume sera achevé d'imprimer pour la première fois en vertu des présentes. » Augustin Courbé, concessionnaire du privilège, déclare y associer Antoine de Sommaville et Toussaint Quinet.

L'achevé d'imprimer de la Seconde Partie est du 31 septembre 1648 (sic).

Au moment où parut ce recueil, trois autres pièces de Corneille avaient été publiées séparément : Théodore, Rodogune et Héraclius. Les éditions de ces pièces n'étant pas encore épuisées, les libraires jugèrent inutile de les réimprimer pour en faire une seconde partie.

Arendu : 256 fr., mar. r., doublé de mar. bl. (sans indication de relieur), Giraud, 1855 (n° 1621); — 1,015 fr., même exemplaire, Solar, 1860 (n° 1684); — 2,105 fr., mar. r. {Cape), B"* [Bordes], 1873 (n° 347); — 1,505 fr., même exemplaire, Benzon, 1875 (n°244).

La seconde partie seule : 710 fr., v. f., Chédeau, 1865 (n° 677).

101. OEvvres || de || Corneille. || Première [Seconde et Troisième] Partie. || Imprimé à Rouen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, \\ en la Gallerie des Merciers, \\ à la Palme; [ou Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, en la Gallerie des Mer- || ciers, à l'Escu de France; ou Chez Toussainct Quinet, || au Palais, sous la montée de \\ la Cour des Ai/des]. || M.DG.LII [1652]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Première Partie : portrait de Corneille; frontispice gravé (le même que ci-dessus, avec la date de 1645) ; 2 ff. pour le titre imprimé et l'avis Au Lecteur, et 656 pp. — Le privilège commence au milieu de la p. 654 et se développe sur les 2 pp. suivantes. On lit à la fin : Acheué d'imprimer à Rouen par Laurens Maurry, ce 30. iour de Mars 1648.

Seconde Partie : 2 ff. pour le titre et l'avis Au Lecteur, et 642 pp. — Le privilège occupe les pp. 640 et suiv. L'achevé d'imprimer est du 31 septembre 1648 (sic).

Troisième Partie : 287 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et le titre particulier de Théodore. Ce volume ne contient ni privi-

lége ni achevé d'imprimer. Le titre à l'adresse de Sommaville porte : Chez Antoine de Sommaville, au || Palais en In Gallcrie des Merciers, || à l'Escu de France.

L'édition de 1652 a la même justification que celles de 1C44 et de 1648(110""» sur 58°"°, 2).

Le contenu des deux premiers volumes est le même que celui des deux parties de 1648, mais on les distinguera facilement parce que l'édition de 1652 est imprimée par cahiers de 12 ff. et les précédentes par cahiers de 6 ff. Le troisième volume renferme : Théodore, Rodoyune et Héraclius.

Le privilège qui se trouve à la fin des deux premières parties est celui du 25 février 1647, auquel Courbé associe ses deux confrères. Le tome IIIe ne contient pas de privilège.

402. Œvvres || de || Corneille. || Première [Seconde et Troisième] Partie. || Imprimé à Rouen, & se vend || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme; [ou Chez Guillaume de Luyne, au || Palais, sous la montée de la Cour des Aydes].\\ M.DGLIV [1654]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Première Partie : portrait de Corneille; frontispice gravé, avec la date de 1654 et 691 pp., y compris 5 ff. pour le titre imprimé, l'avis Au Lecteur, le titre particulier et la dédicace de Mélite. — Le privilège occupe les pp. 690 et 691 ; il se termine par un rappel de l'achevé d'imprimer du 30 mars 1648.

Seconde Partie : 2 ff. et 642 pp. — Le privilège occupe les pp. 641 et 642; il se termine par l'achevé d'imprimer du 31 septembre 1648.

Troisième Partie : 670 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et le titre particulier de Théodore.

Les deux premiers volumes contiennent les mêmes pièces que ceux des éditions qui précèdent ; le tome troisième renferme : Théodore, Rodogune, Héraclius, Andromède, D. Sanche d'Arragon, Nicomède et Pertharite.

Le privilège reproduit in extenso dans les deux premiers volumes est celui du 25 février 1647. Le troisième volume contient, p. 575, après Nicomède, un extrait du privilège accordé à Corneille le 12 mars 1G51 pour Andromède , Nicomède, le Feint Astrologue et les Engagements du hasard (Voy. ci-dessus, n°s 56 et 65), et p. 670 un autre extrait du privilège du 25 décembre 1651 relatif à Pertharite, D. Bertron de Cigarral et F Amour à la mode (voy. n° 69). On trouve à la p. 670 un achevé d'imprimer du 30 avril 1653.

Nous avons vu chez M. L. Potier un exemplaire de la Troisième Partie dans sa reliure primitive, qui présente une particularité remarquable. Les 275 premières pages sont conformes aux exem-

BlBMOGRAl'll IK

plaires ordinaires, mais la fin du volume, à partir d'Andromède, appartient à l'édition que nous décrirons ci-après, sous la date de 1656 (n<> 104). La page qui devrait être chiffrée 276 y est entièrement blanche, au lieu de contenir la réclame Andro- en lettres capitales comme dans les autres exemplaires datés de 1054 et dans ceux de 1650.

11 n'est pas impossible d'expliquer cette particularité. La troisième partie, telle que •Courbé la fit d'abord imprimer, ne devait contenir, comme celle de 1652, que trois pièces : Théodore, Rodogune, Héraclius. Le volume s'arrêtait à la p. 275, sans extrait du privilège ni achevé d'imprimer, et Le \ erso de cette page était blanc. Pour compléter la troisième partie, Courbé dut faire imprimer suc cessivement les trois pièces d Andromède, de D. Sa7iche et de Nicomède, qui se terminèrent par un extrait du privilège du 24 décembre 1651, puis Pcrthnritp, avec un autre extrait du privilège. Ainsi s'explique, sans qu'on ait besoin de supposer que toutes les pièces du recueil de 1654 aient été tirées à part, l'existence de l'édition de Pertfiarite que nous avons décrite ci-dessus (n° 70).

Le troisième volume étant ainsi composé de deux et même de trois parties distinctes, on comprend sans peine que Courbé ait pu compléter de différentes manières les exemplaires qui lui restaient en magasin.

Il existe sous la même date une Quatriesme Partie, qui contient deux pièces de Thomas Corneille : le Feint Astrologue et D. Bertran de Cigarral. Ce volume, qui parait dû, soit à une supercherie, soit à une grossière erreur du libraire Courbé, ne peut pas être considéré comme faisant partie intégrante de l'édition; il se compose de 224 pp. chiffr., y compris 2 feuillets prélim. On trouve à la p. 108, après le Feint Astrologue, un extrait du privilège du 12 mars 1651, relatif à Andromède, à Nicomède, au Feint Astrologue et aux Engagements du hasard (voy. n° 56) et à la p. 224, après D. Bertran de Cigarral, un extrait du privilège du 24 décembre 1651, relatif à Pertharite, à D. Bertran de Cigarral et à l'Amour à la mode (voy. n° 69). Ces deux privilèges attribuant à Pierre Corneille toutes les pièces énumérées ci-dessus, il est possible que Courbé ait été de bonne foi en les joignant à ses œuvres. L'exemplaire de cette Quatrième Partie que possède la Bibliothèque nationale (Y. -j- 5512 B -+- a 4) contient en plus l'Amour à la mode et le Berger extravagant avec une pagination séparée.

Nous avons vu à la librairie Fontaine un exemplaire avec la date de 1655.

La justification de l'édition de 1654 est de 122mm sur 65; les caractères et les fleurons sont plus gros que ceux de l'édition de 1652.

Les exemplaires que nous avons eus sous les yeux ne portent que le nom de Courbé, ou celui de Luyne. Les privilèges ne contiennent du reste aucune indication relative à l'association des libraires. 11 est probable que Courbé et de Luyne, au lieu de s'entendre avec

CORNELIENNE.

d'autres libraires pour la vente de cette édition, auront cédé à Sommaville, Pépingué, Chamhoudry et Loyson le droit d'en publier une autre. Ainsi doit s'expliquer, croyons-nous, l'existence du recueil suivant.

Vendu : 325 (Y., exempl. à relier, Aguilhon, 1870 (n° 351).

103. OEvvres II de || Corneille. || Première [Seconde et Troisième] Partie. || A Paris, \\ Chez Antoine de SornmauiUe, \\ au Palais, en la Gallerie des Mer- \\ ciers, à l'Escu de France; [ou Chez Edme Pépingué, dans la gran- \\ de Salle du Palais, vis à vis le || troisiesme pillier; ou Chez Loûys Chamhoudry, \\ au Palais, deuant la Saincle || C happe lie; ou Chez Jean Baptiste Loyson, || près la sainte Chappelle, à l'entrée de || la petite Salle des Merciers]. Il M.DC.LV [1655]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Première Partie : 2 ff. pour le titre et l'avis Au Lecteur, G54 pp. et 1 f. blanc. — Elle contient huit pièces, de Milite à l'Illusion.

Nous avons vu chez M. Bancel un exemplaire de cette Première Partie, au nom de Loyson, avec la date de 1654.

Seconde Partie : 2 ff. et 639 pp. — Elle contient sept pièces, du Cid à la Suite du Moiteur.

Troisième partie : 287 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et le titre particulier de Théodore. — Elle contient trois pièces : Théodore, Rodogune, Héraclius. Sur le titre au nom de Pépingué, l'adresse de ce libraire est ainsi disposée : Chez Edme Pépingué, en \\ la grand' Salle du Palais, du costé\\de la Coter des Aydes.

Cette édition, dont la justification est de 107mm sur 58, est imprimée en petits caractères; elle ne renferme ni privilège, ni achevé d'imprimer. Le titre de la troisième partie porte un fleuron aux armes de France et de Navarre, qui rappelle l'enseigne de Sommaville.

Nous avons dit ci-dessus (n° 102) ce que nous pensons de cette édition, qui a dû être exécutée par les quatre libraires cités à la suite d'une entente avec Courbé. Au premier abord, on pourrait croire que cette entente n'avait pas dû être nécessaire, le privilège général accordé à Courbé pour sept ans en 1647, ayant pris fin en 1654. Mais on ne peut s'arrêter à cette idée si l'on songe que les privilèges particuliers de la Galerie du Palais, de la Suivante, de la Place Royale et du Cid étaient valables jusqu'en 1657, et celui de Cinna jusqu'en 1663. Des imprimeurs provinciaux pouvaient bien faire paraître des contrefaçons anonymes qui échappaient souvent aux peines portées par les ordonnances ; un libraire parisien, établi

au Palais, à côté du légitime propriétaire du privilège, ne l'eût certainement pas osé. Il est hors de doute que les confrères de Courbé firent exécuter l'édition de 1654-1655, en même temps qu'il publiait lui-même, avec de Luyne, celle qui porte la date de 1654. L'une fut imprimée à Paris, tandis que l'autre fut imprimée à Rouen. Sommaville, dont le nom se trouve sur la plupart des exemplaires que nous connaissons, dut être le principal cessionnaire de Courbé, mais il fit participer à son entreprise trois de ses confrères.

Le tome IIIe du recueil de 1655, comme celui de 1652, ne contient que trois pièces. Nous avons dit que le tome Ille de 1654 fut complété après coup; Sommaville et ses associés voulurent agir de même avec leur édition. Ils tirent réimprimer à part, avec les mêmes caractères et dans le même format, les pièces que Courbé avait déjà réunies à son troisième volume et les firent relier à la suite du leur. Nous avons cité Andromède (n° 57), Bon Sanche (n° 63) et Pertharite (n° 71). Nicomède doit également exister, bien que nous n'en ayons vu aucun exemplaire.

Vendu : 380 fr., exempl. à relier, Aguilhon, 1870 (n° 352).

104. OEvvres || de || Corneille. || Première [Seconde et Troisiesme] Partie. || A Parts, || Chez Augustin Courbé, au Palais, || en la Gallerie des Merciers, || à la Palme; [ou Chez Guillaume de Luyne au || Palais, dans la Salle des Merciers, || à la Justice.]. || M.DC.LVI [1656]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Première Partie : 4 ff. et 696 pp. (?) — Nous n'en connaissons pas d'exemplaire.

Seconde Partie : 2 ff. et 643 p. — Les trois dernières pages sont occupées par le privilège, à la fin duquel on lit : Acheué d'imprimer le 28. Nouembre 1656.

Troisiesme Partie : 670 pp., y compris 1 f. blanc, le titre général et le titre de Théodore. — Le volume contient, comme le volume correspondant de l'édition de 1654, les extraits de deux privilèges placés aux pp. 575 et 670. On trouve à la fin du premier un achevé d'imprimer du 20 octobre 1655, et à la fin du second un achevé d'imprimer du 29 octobre 1655.

Le privilège, dont le texte est reproduit à la fin du second volume, est celui du 25 février 1647; on a lieu de s'en étonner puisque ce privilège était expiré depuis deux ans.

La répartition des pièces entre les trois volumes est la même que dans l'édition de 1654.

Nous avons vu plusieurs exemplaires de la seconde et de la troisième parties, mais, quelques recherches que nous ayons faites, il

CORNELIENNE.

ne nous a pas été possible d'en découvrir un seul de la première. Nous pouvons suppléer à cette lacune à l'aide du tome 1er qUe n0us allons décrire ci-après, l'édition de 1657 ne se distinguant de l'édition de 1656 que par le titre (voy. le n° 105). Il n'est guère possible de pénétrer les motifs qui ont décidé les libraires à remanier le recueil de 1656, mais il est très-probable que la publication de l'édition de 1655 ne fut pas étrangère à ce remaniement. Peut-être Courbé avait-il cédé à Loyson, puis à Sommaville le droit de rééditer les Œuvres de Corneille, en s'engageant de son côté à ne pas en donner de réimpression pendant un certain délai.On pourrait alors supposer que Courbé, ayant fait exécuter par avance, en 1656, une édition sur laquelle l'imprimeur aurait fait figurer la date vraie de l'année, fut obligé d'en changer la date avant de la mettre en vente.

Il doit exister avec la date de 1656 une Quatriesme Partie contetenant, comme en 1654, deux pièces de Thomas Corneille.

105. OEvvres || de || Corneille. || Première [Seconde et Troisième] Partie. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, \\ en la Gallerie des Merciers, \\ à la Palme; [ou Chez Guillaume de Luyne, aie \\ Palais, dans la Salle des Merciers, || à la Iustice}. || M.DG.LVII [1657]. || Auec Priuilege du Roy. 3 vol. in-12.

Première Partie : portrait de Corneille, par Michel Lasne; frontispice gravé avec la date de 1654, titre imprimé; 1 f. pour l'avis Au Lecteur et 696 pp.

La collation de la Seconde et de la Troisiesme Partie est entièrement semblable à celle de l'édition de 1656.

Nous avons dit ci-dessus (n° 104) que les deux éditions de 1656 et 1657 ne diffèrent que par le titre. En opérant la substitution de ce titre, les libraires ont également réimprimé l'avis Au Lecteur, qui se trouve sur le feuillet correspondant. Le texte en est le même que dans l'édition de 1648.

Nous avons vu chez M. L. Potier un exemplaire dans sa primitive reliure, qui se composait d'un tome 1er avec ja ciate de 1657 et des tomes Ile et Me avec la date de 1656.

L'exemplaire de M. Didot est complété par une Quatrième Partie, analogue à celle que nous avons décrite ci-dessus (n° 102), et qui devait primitivement porter la date de 1656. Elle se compose de 224 pp., y compris les titres, et renferme deux pièces : le Feint Astrologue et D. Bertran de Cigarral; mais la table, placée au verso du titre général, indique en outre : l'Amour à la mode et le Berger extravagant. Ces deux pièces sont jointes au volume en éditions séparées : l'une en 112, l'autre en 113 pp. Un simple faux-titre sans nom de libraire y remplace le titre primitif.

106. Le || Théâtre II de P. Corneille. || Reueu & corrigé par L'Autheur. || I. [II. et III.] Partie. j| Imprime à Rouen, Et se vend || A Paris, || Chez || Augustin Courbé, au Palais, en la \\ Gallerie des Merciers, à la Palme. \\ Et \\ Guillaume de Lui/ne, Libraire luré, \\ dans la mesme Gallerie, || à la lustice. || M.DG.LX [1660]. || AuecPriuilegeduRoy. 3 vol. in-S.

/. Partie : xc pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et le titre imprimé), 2 ff. non chiff. pour le Privilège et le titre de Mélite, et 704 pp. — Le frontispice représente un cartouche surmonté de deux Amours tenant une couronne ; on lit dans le centre du cartouche le titre et La date de 1660.— Les pages prélim. contiennent le Discours de l'Utilité et des Parties du Poème dramatique et les Examens.

Le volume renferme 8 pièces (de Mélite à Ylllusion) accompagnées chacune d'une figure. Les figures de Mélite, de Clitandre, de la Veuve, de la Suivante, de la Place Royale, de Ylllusion sont signées F. C[hauveau], delin.; H. D[avid], sculp.; celles de la Gallerie du Palais et de Médée sont signées L. S[pirinx].

Dans l'exemplaire de la Bibliothèque nationale (y-f-tt 5510 Rés.), cette première partie renferme de plus en face du titre un portrait de Corneille (celui de l'édition de 1644), tiré dans le format in-8, sur papier fort ; nous croyons que ce portrait ne fait pas partie de l'édition.

//. Partie : cxviij pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et le titre imprimé) ; 4 ff. pour le Privilège et le titre particulier du Cid, et 720 pp. — Le frontispice représente un cartouche soutenu par deux Amours sonnant de la trompette ; il porte la date de 1660. — Les pages prélim. contiennent le Discours de la Tragédie, et des moyens de la traiter selon le vraysemblable ou le nécessaire, et les Examens. Elles sont suivies de 8 pièces placées dans cet ordre : le Cid, Horace, Cinna, Polgeucte, Pompée, Théodore, le Menteur et la Suite du Menteur.

Les figures du Cid, de Cinna, de Polgeucte, du Menteur, de la Suite du Moiteur et de Théodore sont signées de Chauveau et de David; celle d'Horace est signée de Spirinx; celle de Pompée ne porte pas de signature.

///. Partie : lxxxiij pp. prélim. (y compris un frontispice gravé et le titre imprimé) ; 1 f. pour le titre de Rodogune et 632 pp. — Le frontispice, qui représente un cartouche surmonté d'une corbeille de fleurs, est daté de 1660 et signé : /. Math[eus]f. — Les pages prélim. comprennent le Discours des trois Unitez d'Action, de Jour et de Lieu, et les Examens. Au verso de la p. lxxxiij se trouve un Extrait du Privilège. — Le volume renferme 7 pièces accompagnées

de 7 figures : Rodogune, Héraclius, Andromède, D. Sanche, Nicomède, Pertharite et Œdipe.

Les figures de Rodogune et de Don Sanche sont signées de L. Spirinx; celles d' Héraclius, à' Andromède et de Pertharite sont signées de Chauveau et David; celles de Nicomède et à' Œdipe sont signées de Matfieus.

Le privilège est daté de janvier 1653, sans indication du quantième ; il est donné pour neuf ans à Corneille lui-même, qui déclare le céder à Augustin Courbé et Guillaume de Luyne, suivant l'accord fait entre eux. On lit à la fin : Acheué d'imprimer pour la première fois, [en] vertu du présent privilège, le dernier d'octobre 1660, « Rouen, par Laurens Maurry,

En 1641, Corneille, ainsi que nous l'avons fait remarquer, soumit ses pièces à une première révision; il introduisit aussi quelques changements dans les pièces qui formèrent la Seconde Partie publiée en 1648. Les éditions qui suivirent reproduisirent fidèlement le texte arrêté alors par le poète; les quelques variantes qu'on y relève sont le plus souvent le fait des typographes ou le résultat du hasard. En 1660, Corneille fit une nouvelle révision de son théâtre. IL agrandit le format qu'il avait précédemment adopté, rendit ses volumes plus symétriques, mit en tète de chacun d'eux un Discours spécialement écrit pour l'édition, et des Examens dans Lesquels il passa en revue chacune de ses pièces.

Corneille lui-même nous entretient dans une lettre à l'abbé de Pure, datée du 25 août 1660, de la peine que lui donna la publication de ce nouveau recueil, en particulier la confection des Discours :

« Je suis, dit-il, à la fin d'un Travail fort pénible sur une matière « fort délicate. J'ay traité en trois Préfaces les principales ques- « tions de l'art poétique sur mes trois volumes de Comédies. J'y « ay fait quelques explications nouvelles d'Aristote, et avancé quel- « ques propositions, et quelques maximes inconnues à nos Anciens. « J'y réfute celles sur lesquelles l'Académie a fondé la condamna- « tion du Cid, et ne suis pas d'accord avec Mr d'Aubignac de tout « le bien mesme qu'il a dit de moy. Quand cela paroistra, je ne « doute point qu'il ne donne matière aux Critiques, prenez un peu « ma protection. Ma première Préface examine si l'utilité ou le » plaisir est le but de [la] Poésie Dramatique, de quelles utilités elle « est capable et quelles en sont les parties, tant intégrales comme « le Sujet et les mœurs, que de quantité comme le Prologue, l'Epi- « sodé et l'Exode. Dans la seconde je traite des conditions du Sujet n de la belle tragédie, de quelle qualité doivent estre les incidents m qui la composent et les personnages qu'on y introduit afin de « sentir la pitié et la crainte, comment se fait la purgation des « passions par cette pitié et cette crainte, et des moyens de traiter « les choses selon le vraysemblable ou le nécessaire. Je parle en la « troisiesme des trois unitez, d'action, de jour et de lieu. Je croy « qu'après cela, il n'y a plus guère de questions d'importance à

« remuer et que le reste n'est que la broderie qui (sic) peuvent ajouter « la Rethorique, la Morale et la Politique. » (Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 486 sq.; l'original est à la Bibliothèque nationale, ruse, franc, no 12763, fol. 157 sq.)

On joint à cette édition les deux volumes suivants imprimés dans le même format et avec les mêmes caractères :

Poèmes || dramatiqves || de || T. || Corneille. || I. [IL] Partie. |f Imprimés à Rouen, Et se vendent \\ A Paris, \\ Chez \\ Augustin Courbe, au Palais, en la || Gn/lcric des Merciers, à la Palme. || Et || Guillaume de Luyne, Libraire lurê, || dans la mesme Gallerie, || à la lustice. \\ M.D.LXI [1661]. || Auec Priuilege du Roy. 2 vol. in-8.

/. Partie : frontispice gravé, portant le titre suivant : Poèmes || drama- 1| tiques || de T. \\ Corneille. || /. Partie. || 1660 ;— titre imprimé, au verso duquel se trouve la table des Poèmes contenus en cette première Partie; 709 pp. (y compris 6 figures qui précèdent chacune des 6 pièces contenues dans le volume) et 1 f. pour le Privilège, lequel commence au verso de la p. 709.

II. Partie : frontispice gravé avec la date de 1661 et les signatures : Choueau (sic) in. et Le Doyen fe.; — titre imprimé ; 632 pp. et 1 f. pour le Privilège.

Nous parlerons des figures au n° 109.

Le privilège, daté du 3 décembre 1657, du jour même où Courbé obtenait un nouveau privilège pour les Œuvres de Pierre Corneille, est accordé pour vingt ans à. Augustin Courbé, qui déclare y associer Guillaume de Luyne. L'achevé d'imprimer est du 15 décembre 1660.

Vendu : 120 fr., mar. bl. (Niedrée) Giraud, 1855 (n° 1622), pour la Bibliothèque nationale.

107. Le II Théâtre || de || Pierre Corneille. || Imprimé du vivant de l'Auteur. || Tome Premier [Tome Second], || A Rouen, \\ Chez Laurent Maurry, rue Neuve Saint Lo, || à l'Imprimerie du Louvre. || M.DC.LXIII [1663]. || Avec Privilège du Roy. 2 vol. in-fol.

Edition qui se confond avec la suivante. Nous n'en connaissons qu'un seul exemplaire, celui qui a été donné à la Bibliothèque du Théâtre-Français par M. Geffroy. Cet exemplaire est incomplet; il y manque : Polyeucte, le Menteur et la Suite du Menteur, mais il est assez bien conservé pour que nous puissions en donner une description.

La publication de la grande édition imprimée par Maurry, en 1663 (voy. le n° 108), dut être retardée par la gravure du portrait et du frontispice. Il est probable qu'en attendant que ces deux planches fussent terminées, Maurry aura mis en circulation quelques exemplaires avec un titre provisoire, et c'est un de ces exemplaires que nous avons eu sous les yeux. L'édition ne contient encore que

les pièces de théâtre, c'est-à-dire qu'elle ne renferme ni les discours en prose, ni même aucun privilège. Le tome 1er doit se composer d'un simple feuillet de titre, de 638 pp. et de 1 f. blanc; le tome IIe, d'un titre et de 672 pp.

108. Le II Tiieatre || de || P. Corneille. || Reveu et corrigé par l'Autheur. || I. [et IL] Partie. || Imprimé à Rouen, Et se vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Juré, au || Palais, en la Gallerie des Merciers, || à la Iustice; [ou Chez Thomas lolly, au Palais, dans la petite || Salle, aux Armes de Hollande, || & à la Palme ; ou Chez Louis B illaine, au Palais, au second Pilier de la Grand' - Salle, à la Palme, & au grand César]. || M.DC.LXIII [1663 ; ouM.DG.LXIV, 1664; ou M.DG.LXV, 1665]. || Avec Privilège du Roy. 2 vol. in-fol.

/. Partie: portrait de Corneille; frontispice gravé; titre imprimé en rouge et en noir; 30 ff. prélim. (paginés de i à lx), contenant 1 f. pour la Table et le Privilège, 2 ff. pour l'avis Au Lecteur), 27 ff. pour le Discows du Poème dramatique et les Examens; 638 pp. et 1 f. blanc.

Le portrait représente Corneille en costume des premières années du règne de Louis XIV, avec la perruque, la calotte et le rabat. Autour du portrait on lit : Pierre Corneille, né à Rouen en M. VI. C. VI; au-dessous, sont les armes de Corneille supportées par des licornes. Les noms du dessinateur et du graveur sont inscrits au bas de la figure : A. Paillet, ad viuum delin. 1663; Guillelmus Vallet. sculpsit.

Le frontispice représente le buste de Corneille, placé sur un piédestal et couronné de lauriers par deux grandes figures drapées ; au-dessus du buste est une renommée qui souffle dans une trompette ornée d'une flamme sur laquelle on lit le mot Tragédie ; une autre trompette, qu'elle tient de la main gauche, porte le mot Comédie; un cartouche, placé sur la clef de voûte d'une arcade qui fait le fond du sujet, contient l'indication du titre : le Théâtre de P. Corneille; sur le piédestal est gravée cette inscription : Ament serique nepotes, et sur la base se trouvent les noms du dessinateur et du graveur : A. Paillet, inv. et del.; G. Vallet, sculpsit.

Le volume contient 12 pièces, de Mélite à Polyeucte; il se termine par un second privilège.

//. Partie : titre imprimé sur un feuillet séparé; 30 ff. prélim. (paginés de i à lx), dont le premier renferme la Table et le Privilège, et les autres le Discours de la Tragédie et les Examens; 672 pp. contenant 12 pièces ainsi disposées : Pompée, le Menteur, la Suite du

RIRUOGRAriIIK

Menteur, Rodogune, Théodore, etc., jusqu'à la Toison d'or (réunie pour la première fois dans cette édition au Théâtre de Corneille); xvij pp. pour Le Discours des trois Unitez, et un second Privilège; l !'. blano.

Chaque volume contient, nous l'avons dit, deux privilèges, mais ces privilèges sont de date différente. Celui qui est placé immédiatement après le titre est daté du 3e jour de décembre 1657; il est accordé pour vingt ans à Augustin Courbé, qui aura le droit exclusif d'imprimer, vendre et débiter les œuvres des sieurs de Corneille frères, « à condition qu'il sera mis deux des exemplaires qui seront imprimez en vertu des présentes, en notre Bibliothèque publique, et un en celle de, nostre très-cher et féal le sieur Seguier, Chevalier Chancellier de France, avant que de les exposer en vente ; et qu'elles seront registrées dans le livre de la Communauté des Libraires de nostre dite ville de Paris, suivant les Arrests de nostre Cour de Parlement, à peine de nullité d'icelles. » A la fin du privilège se trouvent les mentions suivantes : « Ledit Courbé a fait part de la moitié du susdit privilège à Guillaume de Luyne, aussi Marchand Libraire à Paris. Et ledit Courbé a cédé son droit particulier du présent privilège à Thomas Jolly et Louis Billaine, aussi Marchands Libraires à Paris, suivant l'accord fait entre eux. — La présente impression in-folio des œuvres du sieur P. Corneille, a esté achevée d'imprimer le 22. Décembre 1663. » Le traité de cession conclu par Courbé avec deux de ses confrères explique qu'on ne rencontre pas d'exemplaires à son nom.

Le privilège placé à la fin des volumes est accordé à Corneille lui-même pour neuf ans, à la date de janvier 1653 (le quantième est resté en blanc) ; il n'était donc pas expiré à l'époque où Courbé obtint celui de 1657. Mais ce nouveau privilège ne lui fut accordé que du consentement de Corneille, car il était cessionnaire, avec Guillaume de Luyne, des droits conférés au poète en 1653. Le texte du privilège de 1653 est donné ici comme dans l'édition de 1660, avec la date de l'achevé d'imprimer de cette édition au 31 octobre 1660. Un détail qu'il est difficile d'expliquer, c'est que la pièce se termine dans le premier volume par la mention suivante : Et cette dernière Edition [in-folio] achevée le.2i. Avril 1663. audit Rouen, par ledit Maurry, et, dans le second volume, par cette autre mention : Et cette dernière Edition achevée le 15. de Septembre 1663, audit Rouen, par ledit Maurry.

L'édition fut terminée plusieurs mois avant l'achèvement du portrait et du frontispice et les 2 ff. prélim. ne furent imprimés qu'au dernier moment. Les deux volumes que nous avons décrits sous le numéro précédent, aussi bien que les trois achevés d'imprimer que nous venons de rapporter, ne laissent aucun doute à cet égard.

Les libraires durent faire tirer en même temps des titres, sous plusieurs dates différentes, car l'impression de ces titres parait avoir été effectuée sur les mêmes formes.

L'édition de 1663 nous offre un texte revu par Corneille pour la

CORNELIENNE.

troisième fois. Le poëte s'inquiéta beaucoup plus, en faisant cette révision, de la forme que du fond. Il voulut introduire un système orthographique nouveau, pour faciliter aux étrangers la prononciation de notre langue. L'avis Au Lecteur, qui précède le premier vu! min', est consacré tout entier à l'exposition de son système, dont 1rs points fondamentaux sont : la distinction de Vi voyelle et du j consonne, de Vu voyelle et du v consonne ; la distinction de Vs allongé (/) et de Vs rond ; l'accentuation de l'e ouvert et de Vé fermé; l'emploi des doubles lettres.

Tout en posant ces préceptes, Corneille ne put obtenir des typographes qu'ils les suivissent exactement. Dans tout le cours de cette édition, comme dans celles de 1G64, in-8° de 1668, Vi et le y, Vu et le v sont encore souvent confondus. Les accents n'y sont pas marqués non plus d'après les indications de l'auteur : Corneille le reconnaît lui-même dans l'avis Au Lecteur du recueil de 1682.

Les premières lignes de l'avis Au Lecteur de l'édition in-folio témoignent du soin avec lequel le poëte arrêtait lui-même la composition de ses volumes : « Ces deux Volumes, dit-il, contiennent « autant de Pièces de Théâtre que les trois que vous avez veus a cy-devant imprimez in-Octavo. Ils sont réglez à douze chacun, et « les autres à huit. Sertorius et Sophoîiisbe ne s'y joindront point, « qu'il n'y en aye assez pour faire un troisième de cette Impression, « ou un quatrième de l'autre. Cependant, comme il ne peut entrer « en celle-cy que deux des trois Discours qui ont servy de Préfaces « à la précédente, et que dans ces trois Discours j'ay tasché d'ex- « pliquer ma pensée touchant les plus curieuses et les plus importe tantes questions de l'Art Poétique, cet Ouvrage de mes réflexions « demeureroit imparfait si j'en retranchois le troisième. Et c'est ce « qui me fait vous le donner en suite du second Volume, attendant « qu'on le puisse reporter au devant de celuy qui le suivra, si-tost n qu'il pourra estre complet. »

Vendu : 145 fr., mar. r. (Niedrée), Bertin, 1854 (n° 762) ; — 330 fr., mar. r., Duru, Giraud, 1855 (n° 1623); — 250 fr., mar. r. (avec la date de 1665), Solar, 1860 (n<> 1685); — 900 fr., mar. r. (Duru-Cham- Ijolk), Benzon, 1875 (n° 246).

109. Le II Théâtre il de || P. Corneille. || Reveu & corrigé par l'Autheur. || I. [II. III. et IV.] Partie. || A Rouen, Et se vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, Libraire Juré, || au Palais, en la Gallerie des Merciers, || à la Justice; [ou Chez Thomas Iolly, au Palais, dans j| la petite Salle, à la Palme, & aux \\ Armes de Hollande ; ou Chez Louis Billaine, au Palais, au second || Pilier de la grand'- Salle, à la Palme, || & au grand César. || M.DG.LXIV

[1664, et pour la IV. Partie, M.DC.LXVI — 1666]. || Avec Privilège du Roy. & vol. in-8.

/. Partie : cxviij pp. prélim. (y compris le frontispice gravé et le titre) ; 2 ff. non chiffr. pour le Privilège et le titre de M élite ; 703 pp. et 8 figures.

//. Partie : exiv pp. prélim. (y compris le frontispice gravé et le titre), 2 ff. pour le Privilège et le titre du Cid ; 720 pp. et 8 figures. ///. Partie : xcj pp. prélim. (y compris le frontispice gravé et le titre); 1 f. pour le titre de Rodogune; 743 pp. et 8 figures.

Le contenu de ces trois volumes est le même que celui du recueil de 16G0, sauf l'addition de la Toison d'or. La Ire Partie s'ouvre par un avis Au Lecteur, qui précède le Discours du Poème dramatique ; dans la 11e Partie, l'ordre des pièces est changé : Théodore, au lieu d'être placée après Pompée, se trouve à la fin du volume; la IIIe Partie renferme 8 pièces au lieu de sept.

Les frontispices sont les mêmes qu'en 1660; la date n'en a pas été modifiée. Les figures sont également les mêmes; celle qui accompagne la Toison d'or, dernière pièce du tome IIIe, est seule nouvelle ; elle est signée : G1 Ladame, inv. et fecit.

M. Brunet a confondu le recueil de 1664 in-8 avec celui de 1660. Cette erreur ne peut s'expliquer que par le peu de soin avec lequel les éditions originales de Corneille avaient été étudiées jusque dans ces dernières années.

On évitera même de confondre les feuillets provenant des deux recueils en observant les i et les j, les u et les v, dont la distinction est généralement faite dans cette dernière édition.

IV. Partie, 1666 (la disposition typographique employée pour les adresses des libraires n'est pas tout à fait semblable à celle que nous avons indiquée pour les trois premières parties) : 2 ff. prélim., 252 pp. et 1 f. blanc; 3 figures.

Cette IVe partie contient Sertorius, Sophonisbe et Othon; elle a dû être publiée originairement sans figures, car de tous les exemplaires qui nous sont passés sous les yeux, quatre seulement les possédaient, notamment celui de la Bibliothèque nationale, celui de M. Cousin et celui de M. Didot. Les figures de Sertorius et de Sophonisbe portent la signature de L. Spirinx; celle d'Otho?i n'est pas signée.

Le privilège, dont les deux premières parties de cette édition contiennent le texte, tandis qu'un extrait occupe le verso de la p. xcj de la IIIe Partie, est le privilège de janvier 1653 ; ilest suivi de la mention de la cession faite par Courbé à Jolly et à Rillaine, mention dont nous avons parlé ci-dessus (n° 108). On lit à la fin de ce privilège dans les tomes Ier et IIe : Et cette dernière Edition achevée le 15. Aoust 1664. audit Rouen, par ledit Maurry, tandis que le tome IIIe porte : achevée le quatorzième Aoust mil six cens soixantequatre.

CORNELIENNE.

La IVe Partie ne reproduit qu'un extrait du privilège du 3 décembre 1657, terminé par une mention de la cession faite par Courbé et d'un achevé d'imprimer daté du 30. Octobre 1665.

On joint à cette édition les trois volumes suivants :

Poèmes || dramatiques || de || T. Corneille. || I. [II. et III.] Partie. ||^1 Rouen, Et se vendent\\A Paris, \\ Chez Guillaume de Luyne, Libraire Titré, || au Palais, en la Gallerie des Merciers, || à la Iustice; [ou Chez Thomas Iolly, au Palais, dans la || Salle des Merciers, à la Palme, £'• || aux Armes de Hollande; ou Chez Louis Billaine, au Palais || Pilier de la grand' Salle, à la Palme, \\ & au grand César. \\ M.DC.LXV [-M.DC.LXVI : 1665-1666]. || Avec Privilège du Roy.

/. Partie, 1665 : frontispice gravé avec la date de 1660 ; titre imprimé, 709 pp. et 1 f. qui contient la fin du privilège (lequel commence p. 710). Ce volume renferme 6 pièces précédées chacune d'une figure. La figure du Feint Astrologue est signée de Choveau (sic) et Le Doyen; celle de l'Amour à la mode et du Charme de la Voix sont signées de Matheus ; celle du Berger extravagant porte le nom de Le Doyen seul; les deux autres ne sont pas signées.

//. Partie, 1665 : frontispice gravé signé Choveau (sic) et Le Doyen, avec la date de 1661 ; titre imprimé, 652 pp. et 2 ff. pour le privilège et l'achevé d'imprimer. Ce volume renferme, comme le précédent, 6 pièces précédées chacune d'une figure. Les figures des Illustres ennemis et de la Mort de Commode sont signées de Choveau et Le Doyen ; celles de Bérénice et de Darius portent le nom de Matheus.

Le privilège des deux premiers volumes est daté de 1657; c'est le même que dans l'édition de 1661 ; il est suivi d'une mention de la cession faite par Courbé à lolly et à Billaine de la moitié des droits qu'il s'était réservés, et d'un achevé d'imprimer du mois de décembre 1664 : à Rouen, par le susdit L. Maurry.

III. Partie, 1666 (la disposition des adresses des libraires n'est pas la même que dans les deux premiers volumes) : 2 ff. prélim. pour le titre général et le titre particulier du Galant doublé; 1 figure pour cette même pièce et 401 pp., plus 3 autres figures. Ce volume renferme 4 pièces accompagnées chacune d'une figure : le Gala?it doublé, Stilicon, Camma et Maximian. Les 4 planches sont signées du nom ou du monogramme de Spirinx.

Le privilège, dont l'extrait occupe le verso de la p. 401, est le même que celui des deux premières parties, mais l'achevé d'imprimer est du 30 octobre 1665.

Les amateurs modernes ont pris l'habitude d'éliminer les œuvres de Thomas Corneille, qui à l'origine accompagnaient celles de son frère ; mais les deux recueils étaient si bien destinés à être vendus ensemble que, dans les exemplaires en reliure ancienne (dans ceux, par exemple, de M. Cousin et de M. Didot), la troisième partie des Poèmes de Thomas est réunie à la quatrième partie des Œuvres de

Pierre. Grâce à cette combinaison, les libraires pouvaient donner au public cinq volumes de même épaisseur.

Nous avons vu figurer à la vente Pasquier en 1875 (n° 327 du Catalogue) un exemplaire de cette édition où le titre du tome IIe était emprunté à l'édition de 1660. Un restaurateur, plus habile qu'honnête, avait complété la date à la plume. Grâce à notre système de description, il nous a été facile de découvrir cette supercherie, contre laquelle les amateurs feront bien de se mettre en garde.

Vendu (avec les Poèmes de Th. Corneille) : 140 fr., mar. r. anc, Bertin, 1854 (n<> 760) ; — 485 fr., même exempl., Solar, 1860 (n° 1685), pour M. Didot; — 260 fr., mar. r. mod., même vente (n° 1686); — 760 fr., mar. v. (F« Niedrée), Benzon, 1875 (n° 245). — Sans les Poèmes de Th. Corneille : 600 fr., mar. r. (Tripon), Fontaine, 1872 (n<> 2644) ; — 2,000 fr., mar. r. doublé de mar. r. [Trautz-Bauzonnet), Fontaine, 1874 (n° 565) ; —1,000 fr., mar. r. jans. {Trautz-Bauzonnet), ibid. (n° 566).

110. Le II Théâtre || de || P. Corneille. || Reveu & corrigé par l'Autheur. || I. [II., III. et IV.] Partie. || A Rouen, Et se vend || A Paris, || Chez Guillaume de Luyne, \\ Libraire Iuré, au Palais, en la Gallerie || des Merciers, à la Iustice; [ou Chez Thomas Iolly, au Palais, || dans la petite Salle, à la Palme, & aux || Armes de Hollande; ou chez Louis Billaine, au Palais, || au second Pilier de la grand' Salle, à la \\ Palme, & au grand César.} || M.DG.LXVIII [1668]. || Avec Privilège du Roy. A vol. in-12.

/. Partie : xcviij pp. (y compris le titre) ; 3 ff. non chiff. pour le titre; ; 3 ff. non chiff. pour le Privilège et pour le titre de Mélite; 586 pp. et 1 f. blanc.

//. Partie : ex pp. (y compris le titre) ; 3 ff. non chiff. pour le Privilège et le titre du Cid; 596 pp. et 2 ff. blancs.

///. Partie : lxxxiv pp. (y compris le titre) ; 3 ff. non chiff. pour le Privilège et le titre de Bodogune; 618 pp. et 1 f. blanc.

Le contenu de ces trois premières parties est le même que celui des parties correspondantes du recueil de 1664.

IV. Partie : xxvj pp. (y compris 1 f. blanc et le titre) ; 3 ff. pour le Privilège et le titre de Sertorius', 364 pp.

La ivc partie renferme cinq pièces : Sertorius, Sophonisbe, Othon, Agésilas et Attila. Elle est précédée d'un avis ainsi conçu : <; Le Libraire au Lecteur. Je n'ay pu tirer de l'Autheur, pour ce quatrième Volume, un discours pareil à ceux qu'il a mis au devant des trois qui l'ont précédé, ny sa Critique sur les pièces qui le composent,

CORNEI.IKXXK

mais il m'a promis l'un et l'autre quand ce volume sera complet, et qu'il en aura huit comme les précédens. En attendant l'effet de cette promesse, je vous donne ici les Préfaces dont il a accompagné chacune de celles-cy quand il les a fait imprimer. » Cet avis est effectivement suivi des cinq préfaces.

Les 4 volumes renferment le même privilège, non pas celui qui fut accordé à Courbé pour vingt ans le 3 décembre 1657, mais celui que Corneille avait obtenu en janvier 1653. C'est là une erreur évidente, puisque le privilège de 1653 n'était valable que pour 9 ans.

A la fin du privilège est mentionnée la cession faite par Corneille à Courbé et à de Luyne, puis par Courbé, pour sa part, à Jolly et à Billaine. On lit ensuite : Et cette dernière Edition achevée le 15. Septembre 1668. audit Rouen, par ledit Maurry.

Corneille ne tint pas la promesse qu'il avait faite à son libraire de lui fournir pour la ivc partie un Discours préliminaire et des Examens. Tite et Bérénice, Pulchérie et Suréna complétèrent plus tard les 8 pièces qui devaient former cette partie, mais n'y furent réunis qu'en 1682. « G. de Luyne et ses associés se bornèrent, dit M. Taschereau, à ajouter au tome IV de cette édition de 1668 des exemplaires des éditions originales, puis des réimpressions séparées des trois dernières pièces de l'auteur. Pour hâter sans doute l'épuisement de ces quatre volumes, ils prirent même le parti, en 1672, de faire imprimer pour un certain nombre d'exemplaires 40 pages in- 12, avec pagination particulière (36 pages numérotés et en tète 2 feuillets non paginés), mais avec signatures faisant suite à celles des 364 pages du volume, contenant les Vers et les Poèmes sur les victoires de Louis XIV, les uns composés, les autres traduits par P. Corneille. »

Nous rapportons ces paroles de M. Taschereau, parce que, pour notre part, nous n'avons pas rencontré d'exemplaires ainsi complétés. Nous aurons l'occasion de faire remarquer plus loin in» 112i avec quelle lenteur se débita le recueil de 1668, mais il ne faut pas en attribuer le peu de débit à l'indifférence du public. Les libraires firent imprimer en même temps deux éditions à deux prix différents, et le livre dut être tiré à un très-grand nombre d'exemplaires.

On joint au recueil de 1668 (A) l'édition suivante des Poèmes de Th. Corneille :

Poèmes || dramatiques || de || T. Corneille. || I. [II. III. IV. et V.]

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