‹ Bibliographie Cornélienne; ou, Description raisonnée de toutes les éditions des œuvres de Pierre Corneille, des imitations ou traductions qui en ont été faites, et des ouvrages relatifs á Corneille et á ses EcritsChapitre 68 sur 108 · VI. Traductions en anglais · texte numérisé non relu

VI. Traductions en anglais

001. Melite, a Comedy translated from the French of P. Corneille. London, printcd for and sold by T. Bell, n° 26 Bell yard, Temple Bar, and G. Burnet, Strand, M.DCC.LXXVI [1770]. In-8, flg.

902. The Cid, a Tragi-Coinedy out of French made English, and acted before Their Majesties at Court, and on the Cockpit stage in Drury-Lane, by the Servants to both Their Majesties. London, 1637. Pet. in-12.

Traduction en vers par J. Rutter, dont le nom est au bas de l'épîtro dédicatoire adressée à Edouard, comte de Dorset, lord-chambellan. Le même auteur fit paraître, en 1640, une traduction de la Vraie Suite du Cid, de l'abbé Desfontaines, qu'il intitula : The Second Part of The Cid.

Malgré l'empressement mis par un poi-te anglais à traduire le Cid, l'année même de sa publication, le tempérament britannique ne paraît pas s'être accommodé aux passions toutes méridionales du héros espagnol. Pepys raconte qu'il assista, le 1" décembre 1662, à la représentation du Cid, au Cokpit, et que la pièce, bonne pour la lecture, lui parut à la scène « une fort sotte chose (a most duU thing) ». Diary and Correspondence of Samuel Pepys; the sixth Edition; London, 1858, 4 vol. in-12.

003. The Cid, || a || Tragicomedy, || out of French made || English : || And acted before their Majesties || at Court, and on the Cock-pit || Stage in Drury-lane, by the || servants to both their || Majesties. || The Second Edition Corrected and Amended. il London, || Printed by W. Wilson for Humphrey || Moseley, at the Signe of the Princes Armes \\ in St. Pauls Church-Yard. || 1650. In-12 de 42 ff. non chiff., dont les trois derniers sont occupés par le catalogue du libraire.

Réimpression de la traduction précédente.

904. The Cid, or the heroick Daughter, a Tragedy in verse, translated from the French of P. Corneille, by John Ozell. London, 1714. In-12.

00j. Ximeka, or the heroick Daughter, a Tragedy by Colley Cibber, adapted for theatrical représentation as performed at the

Théâtre Royal in Covent Garden, regulated from the Prompt Book. London, printed for the Proprietors under the direction of John Bell, British Library, Strand, 171)2. In-8 de 78 ff., avec 2 fig. sur acier.

Simple imitation du Cid, dans laquelle l'auteur s*est proposé d'éviter une partie des fautes que le goût français avait, prétend-il, fait commettre à

Cette pièce, imprimée séparément, a été réunie au Dell's British Théâtre, t. XV» (London, 1797, in-8): elle a été également reproduite dans les œuvres de Colley Cibber, dont la meilleure édition est celle de Londres, 1777, 5 vol. in-12, avec portr.

900. The Cid, a Tragedy in five Acts by a Gentleman formcrly a Captain in the Army. London, printed by A. Young, 18 Vert Street, and sold by M. Faulder, 42, Bond-Street, 1802. Priée two shillings and six pence. In-8 de 63 pp.

907. Horatius, a Roman Tragedy, by Sir William Lower. London, IGoO. In-4.

908. Horace, a Tragedy, by Mrs. Kath. Phillips. London, 1667. In-fol.

Cette traduction de « l'incomparable Orinda », a été réimprimée, avec Pompée, à la suite du recueil de ses œuvres : Poems by the most deservedly admired Mrs. Katherine Philips, the Machtless Orinda, to which is added Monsieur Corneille's Pompey and Horace, Tragédies, with several other Translations ont of French; London, printed by N. T. for Henry Herringman, at the signof theBlue Anchor, in the Lower Walk of the New Exchange, 1678, in-fol.

909. Horace, a French Tragedy of Monsieur Corneille englished by Charles Cotton, Esq. London, printed for Henry Brovone, at the Gun, at the West End of St. Pauls, 1671. In-4 de 4 ff. et 75 pp.

En face du titre, une gravure de W. Dolle, représentant le combat des Iloraces.

Charles Cotton, né en 1630 à Beresford Hall, dans le comté de Stafford, mort à Westminster en 1687, est surtout connu par ses traductions du français. Il traduisit, entre autres ouvrages, le Virgile travesti de Scarron (Scarronides, or Virgil Travestie). Une seule de ses traductions a eu un succès durable : celle des Essais de Montaigne (1693), qu'on a réimprimée avec corrections en 1759.

Cotton a pris de grandes libertés avec la tragédie de Corneille; il y a ajouté des chœurs de sa composition.

910. Horace, a French Tragedy of Monsieur Corneille, englished by Charles Cotton. London, 1677. In-4, front, grav.

Seconde édition de la traduction précédente.

CORNELIENNE.

911. Cinna's CoNsriRACY, a Tragedj in verse, translated from the

French of P. Corneille by Colley Cibber. London, 1713. In-4.

012. Polyevctes, or the Martyr , a Tragedy by Sir William Lower. London, 165j. In-i.

013. Pompey, a Tragedy, translated from Monsieur Corneille, by Mrs. Catherine Philips, the Fith Act translated by Sir John Denham. London, 1663. In-4.

Cette traduction, entreprise à la demande du comte d'Orrery, a été reproduite à la suite d'Horace, dans le recueil déjà cité des œuvres de Catherine Philips (voy. le no 908).

Pompée réussit en Angleterre, sans avoir pourtant le succès qu'obtint plu* tard fféraclius. Pepys raconte qu'il fît en voyage la lecture de cette tragédie, « a play translated from the French by several noble persons, among others, my Lord Buckhurst, that to nie is but a mean play, and tho vords and sensé not very extraordinary. » Pepys's, Diary and Correspondance, the sixth Ed.; London, 1858, 4 vol. in-12; t. IIe, p. 100(23 juin 1666). La traduction à laquelle Pepys fait allusion est probablement la suivante :

014. PoMrEY, a Tragedy acted with great applause. London, printed for John Crooke, at the sign of the Ship, in St Pauls Church Yard, 1663. In-4 de 3 ff. et 62 pp.

On y a ajouté un prologue écrit par le comte de Roscomon pour le théâtre de Dublin, et un épilogue par sir Edward Deering.

915. Pompey the great, a Tragedy [translated from the French of Corneille by Edmund Waller]. London, 1664. In-4.

Waller fut aidé dans son œuvre par le comte de Dorset et Middlesex, sir C. Sedley et Sidney Godolphin.

Une lettre de Saint-Évremond, adressée à Corneille en 1666, à propos de Sophonisbe, et reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 499 sq.), nous donne de curieux détails sur l'accueil fait par les Anglais aux œuvres de Corneille et en particulier sur Waller : « Je vous puis répondre, dit Saint-Évremond, que jamais réputation n'a été si bien établie que la vôtre en Angleterre et en Hollande. Les Anglois, assez bien disposés naturellement à estimer ce qui leur appartient, renoncent à cette opinion souvent bien fondée, et croient faire honneur k leur Ben Johnson de le nommer le Corneille de l'Angleterre. M. Waller, un des plus beaux esprits du siècle, attend toujours vos pièces nouvelles, et ne manque pas d'en traduire un acte ou deux actes on vers anglois pour sa satisfaction particulière. Vous êtes le seul de notre nation dont les sentiments ayent l'avantage de toucher les siens. Il demeure d'accord qu'on parle et qu'on écrit bien en France ; il n'y a que vous,

dit-il, do tous los François, qui sacho penser. M. Vossius, le plus grand admirateur de la Grèce, qui ne sçauroit souffrir la moindre comparaison des Latins aux Grecs, vous préfère à Sophocle et à Euripide. »

916. The mistaken Beauty, or the Lyar, a Comedy, açted byTheir Majesties Servants at the Royal Théâtre. London, printed for Simon Neale at the three Pigeons in Bedford-street in Covent Garden, over again the Neio Exchange. M.DC.LXXXV [1685]. In-i de 2 ff. et 52 pp.

La Beauté trompée, simple traduction du Menteur, }>\en qu'elle ne porte pas le nom de Corneille.

917. The lyixg Lover : or, the Ladies Friendship. A Comedy. By Sir Bichard Steele. Hsdc nosse salus est adolescentulis. Ter. London, M.DCCXI [1711]. In-8.

Seconde imitation du Menteur, due au célèbre humoriste Steele. Celui-ci n'a eu garde de prononcer le nom de Corneille et, pour déguiser son emprunt, a donné des noms anglais à tous les personnages. Géronte est devenu le vieux Bookmit; Durante, le jeune Boolcwit; Alcippe, Lovcnwre; Philiste, Frederick; Cliton, Latine; Clarice, Pénélope; Lucrèce, Victoria; Isabelle, Lettice, etc. Du reste, Steele a respecté les cinq actes de l'original, et, malgré les changements de décors et les couplets qu'il a cru devoir introduire, il a généralement suivi l'ordre des scènes de Corneille; mais dans l'exécution son » humour » s'est donné libre carrière. Il descend parfois jusqu'à la farce de tréteaux. Voici, à titre d'exemple, comment il a travesti le commencement de la scène IIIe du deuxième acte :

Lovcmore. Ah! Pénélope! inconstant! sickle Pénélope! = Pénélope. But, Lettice, you don't tell me what the gentleman said; now there's no body hère you may speak — = Love. Now there's no body hère ? — Then I am a thing, an ustensil — 1 am no body, 1 bave do essence thaï I am sensible of — I think 'twill be so soon — This ingrate, — Uiis pei-jiir'd! = Pen. Tell me, 1 say, how the match happened to break off. = Love. This is downright abuse — What! don't you see me, madam? = Lett. Ile had the fùlly, upon her being commonly civil to hirn, to talk of directing lier alfairs before his time : in the lii-s t plaie, he thought it but necessary her maid, her faithful servant Mrs. Betty, should be rcmov'd. = Love. Her faithful servant Mrs. Betty ! lier betrayer, her whisperer, Mrs. Lettice — Madam, wou'd you but hear me — I will be heard. = Pen. I'i y thi l '■']'. Lettice, and see what noise is that without. = Love. The noise is hère, madam ; 'tis I that make what you call noise — 'Tis I that claim aloud my right, and speak to ail the world the wrongs I suffer. = Pen. Cooling herbs well steep'd — a good anodyne at night made of juice of hellébore, with very thin diet, may be of use in thèse cases (Jiolh looldng at him as dùturb'd). = Love. Cases ! — "What cases ? I shall downright run mad with tliis damn'd usage. Am I a jest? = Lett. A jest ! — no faith, this is far from a merry madneM — lia! ha! ha! s= Love. Harky'e Lettice — PU downright box you — Hold your tongue, gipsy. = Lett. Dear madam, save me — go you to liim — = Pen. Let hiin take you — Bless me — how he stares, — take her. = Lett. Take her. = Pen. Tako her [Bunning round eaçh other). = Love. Very fine — No, madam, your gallant, your spark last night; jour Une dancer, entertaincr, shall take you. ., etc., etc.

918. The lying Lover : or, the Ladies Friendship. A Comedy. By Sir Richard Steele. Hœc nôsse salus est adolescentulis. Ter. The seventh Edition. London : Printed fur T. Lownds, T. Cas-

CORNELIENNE.

Ion, and W. Nicoll M.DCC.LXIV [1714]. In-12 de 71 pp., y compris une fig.

L'existence de cette 7e édition suffit pour attester le succès qu'eut la farce de Steele.

919. The Lyar. A Comedy in three Acts. As it is Performed at the Théâtre in the Hay-Market. By Samuel Foote, Esq. London : Printed for P. Vaillant, 3. Rivington, and S. Bladon in Paternoster-Row. M.DCG.LXXVI [1776]. (Priée One Shilling and sixpence.) In-8 de 70 pp. et 1 f.

Foote, qui était en même temps acteur et poëte dramatique, profita de ses voyages en France pour emprunter à nos auteurs comiques divers sujets dont il évita de faire connaître les originaux : le Menteur est du nombre. La pièce de Corneille a été réduite en trois actes ; les personnages ont reçu des noms anglais : Sir James Elliot (Alcippe) ; OUI Wilding, the Father, (Géronte) ; Towng Wilding (Dorante); Miss Grantam (Clarice); Miss Godfrey (Lucrèce); Eitty (Isabelle). Cliton, qui est resté Français, a pris le nom de Papillon; quant à l'hiliste, son rôle a été fondu avec celui d' Alcippe. Les premiers mots de la comédie nous reportent au Menteur :

Yiitnhj Wilding. And I am now, Papillion, perfectly equipped. = Papillion. Personne mieux. Nobody botter. = }'. Wild. My figure? = Pap. Fait à peindre. = Y. Wild. My air. = Pap. Libre. = }'. Wild. My address? = Pap. Parisiene {sic). = Y. Wild. My hat sits easily under my arm ; not like the draggled tail of my tatter'd academical habit. = Pap. Ah, bein [tic] aulre chose. := Y. Wild. Why then, adieu, Aima Mater, and bien venue, la ville de Londre ; fare wcll to the schools, and weleome the théâtres ; présidents, proctors, short coinmnns with Ion;,' grâces, inust now give place to plays, bagnios, long tavem-bills with no grâces at ail, etc., etc.

920. Rodogune, or the Rival Brothers, a Tragedy, done from the French of Mon3. Corneille. Humbly inscribed to the Right Honourable Philip Earl of Chestersfield. London, printed for the Authors. M.DCC.LXV [1765]. In-8 de m et 81 pp.

Le traducteur, S. Aspinwall, dit, dans la préface qu'il a signée, que c'est en raison du succès qu'a obtenu la traduction de Y Andromaque de Racine donnée par Mrs. Philips, sous le titre do The distressed Mothcr, qu'il a entrepris cette traduction. Il dit avec assez peu de modestie que ses amis l'ont assuré que sa Rodogune était supérieure à l'original, et il ajoute ingénument : « I will impute it merely to our language being more nervous than the French, and to the trànslators being unconfined by the felters of llhyme in which the original is written. »

921. Heraclics, Emperour of the East, a Tragedy written in French by M. de Corneille, englished by Lodowick Carlell. London, 1644. In-4.

Uéraciius est peut-être, de toutes les pièces de Corneille, celle qui eut le

plus grand succès en Angleterre, si l'on en juge, du moins, par ce qu'en dit Samuel Pepys. Celui-ci raconte, à la date du 8 mars 1663-01, qu'il vit représenter la tragédie nouvellement traduite. La pièce produisit sur lui une vive impression ; il fut en particulier très-frappé de la scène où l'empereur d'Orient parait environné de tout le peuple en habits romains. « Cette scène est, dit-il, au-dessus de tout ce que j'ai jamais vu représenter sur aucun théâtre (above ail I ever saw at any of the théâtres). »

Le 4 février 1666-67, Pepys revit Héraclius au Duke's Playhouse, « excellente pièce, qui lui causa un plaisir extraordinaire. » Il y avait grande compagnie, Mrs. Stcwart, très-belle avec de grandes boucles, Lord et Lady Rochester, Lord John Butler, fils du Duc d'Ormond, etc.

Voy. Diary and Corre.ipondence of Samuel Pepys, loc. cit.

L'éditeur de ce recueil croit que la traduction vue par Pepys n'était pas celle de Carlell, qui, dit-on, ne fut jamais représentée.

922. Nicomede, a Tragi-Comedy translated out of the French oi* .Monsieur Corneille by John Danccr, as it was acted at the Théâtre Royal in Dublin, together with an Exact Catalogue of ail the English Stage Plays printed till this présent year 1671. Licensed Dec. 16. 1670. Roger L'Estrange. London, printed for Francis Kirkman and arc to be sold at his shop in Thamcs Street, over against the CustomHouse, 1671. In-4 de 2 ff. et 56 pp., plus 16 pp. pour le catalogue.

Dédié au Right. Hon. Thomas Earl of Offroy.

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