DE CORNEILLE
1346. Meute, ou la première Piège de Corneille, nouvelle historique, par Dumersan.
Le Monde dramatique, t. IVe, pp. 337 sqq., n° du 6 juin 1837. Cette nouvelle a été mise par l'auteur en un acte et en vers, et représentée sous cette forme sur le théâtre des Arts à Rouen le 29 juin 1837. Voy.
1347. Parallèle des beautés de Corneille avec celles de plusieurs SCÈNES DE LA MÉDÉE DE SÉNÈQUE.
Lu à la séance de la Société libre d'émulation de Rouen du 16 juin 1804.
1348. Décoration de l'Illusion comique.
La Bibliothèque nationale possède (msc. franc., n° 24330) un manuscrit intitulé : Mémoire de plusieurs décorations qui serue [sic] aux pièces contenus [sic] en ce présent Liure commance per Laurent mahelot Et continué par michel Laurent En lannee 1673. In-fol.
Ce manuscrit, dont les deux auteurs étaient fort ignorants, contient la description suivante, accompagnée d'un grand dessin. En dépit du titre, il ne peut être question ici que de l'Illusion comique :
•' La Mélite de M. de Corneille.
« Au milieu il faut un Palais bien orné. A un costé du théâtre [à droite] un autre pour uu Magicien, au-dessus d'une montaigne ; de l'autre costé du théâtre un parc. Au premier acte, une Nuict, une Lune qui marche, des rossignols, un Miroir enchanté ; Vne baguette pour le Magicien, des Carquans ou Menottes, des trompettes, des Cornets de Papier, un chapeau de ciprez pour le Magicien. >•
Le continuateur du manuscrit, plus ignorant encore que le premier, n'a pas été en état d'esquisser même un dessin grossier. 11 s'est borné à nous donner une liste des pièces qui composaient le répertoire courant de 1673 à 1685, avec l'indication sommaire des décorations et des accessoires requis pour la représentation. Les pièces de Corneille qui figurent dans cette liste sont : le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, Rodogune, Béraclius, Andromède, Don Sanche, Œdipe, Sertorius, Othon et Suréna.
Voici un spécimen des indications recueillies par le machiniste :
Rodogune.
Théâtre est une salle de palais au second acte il faut un fauteuille [sic] et deux taboureM [sic] au cinquiesme acte trois fauteuille Et un tabourest une coupe d'or.
BIBLIOGRAPHIE C0RNËL1 EN N E.
L'indication d'Andromède, « pièce en machine Jouée en 1682 Et recommanoee [sic] le 22 janvier 1683 » montre que le théâtre auquel appartenait Michel Laurent était le théâtre du faubourg Saint-Germain.
Les dernières indications fournies par le machiniste ont été recueillies par M. E. Despois (le Théâtre français sous Louis XIV; Paris, 1871, in-12, pp. 410- 415), mais l'auteur de cet excellent travail n'a pas eu l'idée d'y faire figurer le décor de l'Illusion comique.
13i9. L'Avtevr||dv vrai Cid || espagnol, || a || son Tradvctevr|| François. ||Sur vne Lettre en vers qu'il a fait Imprimer, || intitulée, Excuse à Ariste, Où, après cent||traicts de vanité, il dit de soymesme, || le ne dois qu'à moy seul toute ma renommée. [Paris, 1637]. In-8 de 2 ff., caract. ital.
Ce pamphlet, attribué par Corneille a Mairet, paraît avoir été le premier factum dirigé contre le Cid, après l'imprudente Excuse à Ariste (voy. le n° 1-11) ; il se compose de six strophes de six vers signées : Don Baltazar de la Verdad. Voici les deux premières strophes : L'Espagnol.
Je parle à toy vanteur, dont l'audace achevée, S'est depuis quelques jours dans le Ciel eslevée, Au ir.espris de la terre, et de ses habitans, A toy dont l'insolence en tes escrits semée Et bien digne du fast des plus foux Capitans, Soustient que ton mérite a fait ta renommée.
Les noms de deux ou trois, dont tu veux faire acroire, Qu'en les traittant d'esgaux tu les combles de gloire Dans l'Espagne, et plus outre avoient déjà couru, Mais de ton froid esprit qui se paist de fumée, Rien certes dans Madrid n'avoit jamais paru, Et le Cid seulement y fait ta renommée.
13S0. Observations || svr || le Cid. || A Paris. || Aux despens de i'AutheurW M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 2 ff., dont le premier est blanc, et 96 pp.
Première édition de la célèbre critique de Scudéry ; elle se reconnaît aux Fautes d'Impression indiquées au verso du titre : Page 12. ligne S : euenemmt, lisez euencmcnt. Page 14, ligne 8 : ses, lisez ces.
Page H, ligne 11 : Sojwcle, lisez Sophocle. Page 44, ligne 6 : Mone, lisez Monsieur.
Dans certains exemplaires, on a retourné le f. blanc et l'on a encarté entre ce f. et le f. de titre l'édition de YExcuse à Ariste, décrite ci-dessus (n" 142).
1331. Observations||svr||le Cid.|| Ensemble l'excuse à Ariste &|| le Rondeau. || A Paris, || Au [sic] despens de l'Autheur. \\ M.DC.XXXVII, [1637]. In-8 de 4 ff. et 96 pp. Collation des feuillets préliminaires : titre avec un fleuron composé de rin^
IIBLIOGRAPIIIK
ceaux clans le milieu desquels se trouve une tête coiffée de plumes ; 3 ff. pour Y Excuse à Ariste et le Rondeau.
Cette édition se distingue facilement de la précédente, même si elle est incomplète des feuillets préliminaires, parce que les fautes d'impression y ont été corrigées.
1352. Observations || svr ||le Cid.|| Ensemble l'excuse à Ariste &|| le Rondeau. || A Paris. Il Au [sic] despens de l'Auteur. || M.DG.XXXVII [1637]. In-8 de 4 ff., 94 pp. et 1 f. blanc.
Collation des feuillets préliminaires : titre; — 5 pp. pour Y Excuse à Ariste ; — 1 p. pour le Rondeau.
1353. Les||Favtes||remarqvees||en la||Tragicomedie|| dv Cid.|| A Paris,\\Aux despens de VAutheur. !|M.DC. XXXVII. In-8 de 43 pp., y compris le titre.
Même ouvrage que le précédent sous un autre titre. Le titre de départ, p. 3, porte : Observations sur le Cid.
C'est au factum de Scudéry que Corneille répondit dans sa Lettre apologétique (voy. le n° 141).
1354. La||Deffense||dv CiD.flA Pans, || M. DC.XXXVII [1637]. In-4 de 28 pp., y compris le titre.
Le titre porte un fleuron qui nous paraît être celui de L. Maurry.àe. Rouen. Ce détail a son importance, parce qu'il prouverait que la Deffense du Çid aurait été écrite, sinon par Corneille lui-même, du moins sous son inspiration, par un de ses compatriotes.
Voici en quels termes M. Taschereau (Hist. de Corneille, 2e édit., p. 301) a parlé de cette pièce :
« Cette Défense du Cid, à laquelle il est fait allusion dans plusieurs des pamphlets dont nous aurons bientôt occasion de parler, notamment dans la Lettre apologétique du sieur Corneille (1037), est mentionnée t. I, p. lxxix, du Théâtre de Corneille, édit. de 1717, et t. V, p. 256, de l'Histoire du Théâtre- Français (par les frères Parfaict), et, avant cela, dans les Mémoires pour servir d l'histoire des hommes illustres (voir t. XX, p. 88 et suiv.). Nous devons avouer qu'elle a échappé à toutes nos recherches, et nous ne l'avons même vu mentionner nulle part, de manière à croire que ceux qui en ont parlé aient été plus heureux que nous. Ainsi Niceron, qui, en citant la plupart des pamphlets publiés a l'occasion du Cid, donne exactement le nombre de pages de chacun de ceux qu'il cite, ne le fait pas pour la Défense du Cid, et, s'il en indique le format, c'est qu'en indiquant celui dans lequel furent imprimées toutes les autres pièces de cette discussion, il aura cru pouvoir donner comme une certitude une conjecture assez vraisemblable. »
Les recherches de M. Marty-Laveaux n'ont pas eu plus de succès que celles de M. Taschereau ; mais du moins le savant éditeur a donné, d'après des notes manuscrites de Van Praet, une description assez exacte de la pièce (il indique cependant 32 pp. au lieu de 28). Nous avons eu la bonne fortune de trouver enfin un exemplaire de la Deffense du Cid à la bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 (1) liés.), et, comme la même collection possède plusieurs autres pièces sur le Cid, qui n'ont été décrites que par Van Traet et qui ne sont nulle part ailleurs, nous croyons que cet exemplaire est celui que le célèbre bibliographe aura eu entre les mains.
Pour donner une idée de ce factum, nous en transcrivons fidèlement lo début :
DKFFENSE DV CID.
Ces iours passez voyant paroistre vn liuret contre le sentiment commun, et contre l'approbation générale que tous les bons Esprits auoiêt dônee à la Tragiconiedie DV CID, et remarquant que oe liuret poussoit vue si (bible voix qu'on empruntait tous les Echos de la (iazette pour la faire mieux retentir, et que d'ailleurs il se présentait hors de saison après auoir souffert sans résistance que son ennemy list la conqueste et triomphast de la créance de tout le monde : ie iugeay que son effet seroit pareil a celuy d'vne troupe de picoteurs qui n'osant affronter vn régiment le laissent libremët passer pour venir fondre après sur la queue et se ruer sur le bagage. Et me sentant pressé par la clameur importune de ces Gazettons du Pont-Neuf pendant une semaine ne voyant point de iour à me mettre en colère contre eux mon despit s'auança iusqu'au liure que i'achetay tout indigne de ce qu'il troubloit le plaisir que i'auois eu à lire quelques Scènes DV CID, à l'ouuerture du premier feuillet ma veuë tomba sur ces mots AVX DESPENS DE L'AVTHEVR : certes peusay-ie en moy, cet esprit prognostique, comme vn fidèle Almanach, l'euenement de son liure qui aura cours au despens de sa réputation. Et me mettant à lire pour entreuoir le dessein de l'Autheur dedans le cours de ses paroles. le fis iugement que cet œuvre estoit la descharge de sa mélancolie, me persuadant par la suite de son discours que le grand esclat de l'ouurage fait pour LE CID, auoit produit sur l'aine de ce personnage ce que le Soleil fait quand il est joint à la canicule à l'endroit de nos corps qu'il desseiche et recuit, et faisant bouillir au dedans la mélancolie, rend la ratte où elle se retire fort dure et importune. le le leuz donc en paix, et permis le libre cours à cet esprit qui se purgeoit, dont ie ne m'offensois non plus que des plaintes d'vn malade de qui le mal cautionne et excuse l'impatience, me promettant que cet homme seroit désormais bien gay après auoir mis hors tant de mauuaises humeurs, ce qui me fait croire que ie pourrois par vne Response l'aborder seurement sans craindre son indignation, pensant bien qu'il n'y en pourroit plus auoir, ayant jette tant de bile noire : En tout cas ie me suis persuadé qu'il ne sera pas plus mauuais à la recharge qu'à l'attaque, où son plus grand feu est employé. Et comme le grand zèle qui l'anime à l'honneur des Poètes luy a fait prédre la plume, le désir de mettre paix entre deux combatans, me porte à en arrester le cours en luy monstrant tout doucement que sa veuë est préoccupée, et son organe vicie comme d'un fiévreux a qui le vin semble amer à cause du fiel qui s'amasse sur sa langue et sur son palais. Des esprits plus auâtageux que le mien eussent renuoyé son liure à la jalousie conceuë à rencontre DV CID, comme vn effet naturel a sa cause propre, mais ie me suis volu efforcer d'auoir de luy de plus hauts sentimens, et croire quoy qu'à peine qu'vne grande ame comme la sienne ne se laisse pas toucher, ny mesme abborder par l'enuie qui est la plus basse de toutes les passions de l'homme, et le plus fort argument qu'il est esloigné de la vertu, puisque par elle le bien luy desplaist mesme en autruy, où il ne le peut contraindre à aucune subjection, mais en voulant le réfuter, i'ay bien rencontré de l'obstacle, trouuant son ordre si confus qu'il offusque son dessein : Sa pêsee est de frapper sur celuy qui nous a fait parler François, cette belle Tragieomedie, mais n'y trouuant que peu ou point de prise il s'est fait de l'Autheur et du Traducteur vn seul objet de son mespris, les meslant confusément tous deux comme vn sujet vnique de la Satire qu'il en fait, mais par ce que l'ordre me plait, ie traitteray à part ce qu'il dit contre l'Autheur et séparément, aussi les deffauts qu'il allègue contre son Traducteur faisant ainsi de ce discours deux parties sans obmettre pourtant la suite des cinq poincts où se réduit sa censure lesquels ie cite mot à mot :