‹ Bibliographie Cornélienne; ou, Description raisonnée de toutes les éditions des œuvres de Pierre Corneille, des imitations ou traductions qui en ont été faites, et des ouvrages relatifs á Corneille et á ses EcritsChapitre 90 sur 108 · Que presque tout ce qu'il a de beautez sont empruntées · texte numérisé non relu

Que presque tout ce qu'il a de beautez sont empruntées

De ces cinq articles, les irois premiers ne peuvent regarder que l'Autheur, le Traducteur n'y a point de part, il n'a qu'à se deffendre des derniers où l'imposition qu'on luy fait est si légère qu'elle ne mérite pas son courroux, vne moindre plume de beaucoup que la sienne pourra bien destourner le coup.

(Suit la première partie.

1355. La Voix || pvbliqve. || A || Monsievr de || Scvdery sur les 11 Obseruations du Cid. \\ A Paris. Il M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 7 pp.

1356. L'Incognv 1 et || Véritable Amy || de Messievrs de || Scvdery et || Corneille. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 7 pp., y compris le titre.

L'auteur, qui signe D. R., et que le P. Niceron a cru être Rotrou, voudrait concilier Scudéry et Corneille.

1357. Le H Sovhait || dv Cid || en favevr D de Scvderi. Il Vne Paire de Lunettes Q pour faire mieux ses Obseruations. M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 36 pp.

Pamphlet favorable à Corneille ; on lit à la fin : Mon ris.

1358. Lettre ||dv Sr || Claveret, ||av Sr II Corneille, || soy disant Autheur || du Cid. || A Paris, || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 15 pp., y compris le titre.

Le titre de départ, p. 3, porte : Lettre |] contre vne || inuectiue \\ du S' || Corneille, |j soy disant Autheur du Cid.

•< Monsieur, dit Claveret en commençant, j'avoue que vous m'avez surpris par la lecture de vostre lettre apologitique, et que je n'attendois pas d'un homme, qui faisoit avec moi profession d'amitié, une si ridicule extravagance, que celle qui vous fait dire à l'observateur du Cid (au lieu de vous défendre contre luy par de bonnes raisons), Il n'a pas tenu d vous que du premier lieu ou beaucoup d'honnestes gens me placent, je ne sois descendu au dessous de Claveret. Ces termes si pleins de vanité, et dont vous vous servez vousmesme pour embellir votre apologie, dévoient (ce me semble) estre cscris d'une autre main que de la vostre ; et bien que l'esprit soit un légitime héritage, ou tout le monde croit avoir sa part, j'estois tout prest de vous signer que vous estes plus grand poète que moy, sans qu'il fust nécessaire que vous empruntassiez les voix de tous les colporteurs du Pont-Neuf, pour le faire esclater par toute la France. Apres m'estre informé d'où pouvoit procéder une animosité si lasche et si extraordinaire, j'ay descouvert enfin qu'on vous avoit fait croire que j'avois contribué quelque chose à la distribution des premiers vers, qui vous furent adressez sous le nom du vray Cid Espagnol, et qu'y voyant vostre vaine gloire si judicieusement combattue, vous n'aviez pu vous empescher de pester contre moy, parce que vous ne saviez à qui vous en prendre »

« Les frères Parfaict, t. V», p. 267 de leur Histoire du Théâtre François. disent que Claveret fit paraître uue seconde lettre. Nous avons lieu de croire que cet écrit, dont ils ne donnent pas le titre, n'existe pas. Il est évident d'ailleurs, par le compte qu'ils en rendent, que ces historiens n'ont pu se procurer qu'un très-petit nombre de ces pamphlets. » Taschereav, Mat. de Corneille, 2e édit., p. 407.

1359. L'Amy dv Cid || a || Claveret. [ A Paris. Il M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 8 pp., y compris le titre.

Pièce attribuée à tort à Corneille par le P. Niceron. Elle a été réimprimée par M. Marty-Laveaux, t. III", pp. 53-56.

On trouve à la suite de YEpitre familière du sieur Mairet, une Réponse à l'Amy du Cid.

1360. La Victoire dv Sr [sic] Corneille, Scvdery et Claveret, auec vne Remontrance par laquelle on les prie amiablement de n'exposer ainsi leur renommée à la risée publique. Paris, M.DC.XXXVII (1637]. In-8 de 7 pp.

Cette pièce, que M. Marty-Laveaux n'a pu retrouver (voy. t. III*. p. 29), avait été citée par Van Praet. Nous avons eu la bonne fortune d'en rencon-

trerun exemplaire au Musée britannique

1361. Lettre || a *** || sovs le nom \ d'Ariste.

Ce n'est donc pas assez, & de la part des Muses,

Ariste, C'est en vers qu'il vous faut des excuses,

Mais la mienne pour vous n'en plaint pas la façon.

Cent vers lui coustent moins que deux mots de || chanson, &c.

S. I. n. cl. [Paris, 1637]. In-8 de 8 pp.

Cette lettre est attribuée par Niceron à Mairet, mais sans fondement sérieux. Nous avons eu l'occasion d'en citer un passage sous le n° 4.

1362. Responce || de *** || a *** fl sovs le nom d'Ariste. || A Paris, M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 8 pp., y compris le titre.

Cette pièce, attribuée à tort à Corneille par Niceron (voy. Taschereau, toc. cit., p. 306), a été reproduite en entier par M. Marty-Laveaux (t. III', pp. 59-62). On y trouve des détails très-curieux sur les pièces de théâtre contemporaines du Cid.

1363. Lettre || povr Monsievr H de Corneille, || contre les mots de || la Lettre sous le nom || d'Ariste. || le fis donc resolution de guérir ces idolâtres. S. I. n. cl. [Paris, 1637]. In-8 de 3 ff. et { f. blanc.

Cette lettre, que Niceron a voulu attribuer à Corneille lui-même, n'est pas exempte de critiques contre lui; elle occupe les 3 premières pp. de la pièce ; la p. 4 contient l'épigramme suivante de Martial, imitée en français :

Martialis

Epig. L. 9. Epi. 83.

Lector et Auditor nostros probat, Auie, libellos,

Sed quidam exactos esse Poeta negat :

Non nimium euro, nam cœnœ fercula nostreo Malim conviviis quam placuisse coquis.

Traduction d Monsieur Corneille.

Les vers de ce grand Cid que tout le monde admire. Charmant à les entendre, et charmant à les lire, Un Poète seulement les trouve irreguliers : Corneille, rnocque toy de sa jalouse envie, Quand le festin agrée à ceux que l'on convie, Il importe fort peu qu'il plaise aux Cuisiniers.

HIBI.KHSUAIMIIK

Ces vers, qui se trouvent déjà à la fin de la Lettre apologétique du S' Corneille, sont accompagnés ici de l'épigramme suivante :

Si les vers du grand Cid, que tout le monde admire, Charment a les ouyr, mais non pas à les lire, Pourquoy le traducteur des quatre vers Latins Les a-t'il compare! aux mets de nos festins ?

J'advoue avec luy, s'il arrive

Qu'un mets soit au goust du convive, Qu'il importe bien peu qu'il plaise au cuisinier ; Mais les vers qu'il deffend d'autres raisons demandent, C'est peu qu'ils soient au goust de ceux qui les entendent, S'ils ne plaisent encore aux maistres du mestier.

M. Marty-Laveaux a reproduit cette lettre in extenso (t. 111°, p. 5G).

1364. Lettre || de || Mr de Scvdery, || a || l'illvstre Académie. \\A Paris, || Chez Antoine de Sommauillc, \\ au Palais, à l'Escu de France. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de \\ pp. (y compris le titre) et 2 ff. blancs.

« Messieurs, dit Scudéry au début de ce factum, puis que Monsieur Corneille m'ostc le masque, et qu'il veut que l'on me connoisse, j'ay trop accoutumé de paroistre parmy les personnes de qualité, pour vouloir encor me cacher : Il m'oblige peut-estre en pensant me nuire ; et si mes Observations ne sont pas mauvaises, il me donne luy-mesme une gloire dont je voulois me priver. Enfin, Messieurs, puis qu'il veut que tout le monde sçaehe que je m'appelle Scudery, je l'advoue. Mon Nom, que d'assez honnestes gens ont porté devant moy, ne me fera jamais rougir : veu que je n'ai rien fait non plus qu'eux indigne d'un homme d'honneur. Mais comme il n'est pas glorieux de frapper un ennemy, que nous avons jette par terre, bien qu'il nous dise des injures, et qu'il est comme juste de laisser la plainte aux affligez, quoy qu'ils soient coupables, je ne veux point repartir à ses outrages par d'autres, ny faire comme luy, d'une dispute Academiqne, une querelle de crocheteurs, ny du Licée un marché public. »

Scudéry continue sur ce ton si voisin du comique et s'échauffe peu à peu au point d'écrire cette phrase dont son adversaire ne manque pas de se moquer (voy. le n° 244) :

« Qu'il vienne, qu'il voye, et qu'il vainque, ce trois fois grand Autheur du Cid : soit qu'il m'attaque en soldat, maintenant qu'il est obligé de l'estre, soit qu'il m'attaque en escrivain, il verra que je me sçay défendre de bonne grâce, et que si ce n'est en injures, dont je ne me mesle point, il aura besoin de toutes ses forces. Mais s'il ne se défend que par des paroles outrageuses, au lieu de payer de raisons, prononcez, O mes juges, un arrest digne de vous, et qui face sçavoir a toute l'Europe que le Cid n'est point le chef-d'œuvre du plus grand homme de France, mais ouy bien la moins judicieuse Pièce de Monsieur Corneille mesme. »

Comme on le voit parla première phrase que nous avons citée, cette lettre est une réponse à la Lettre apologétique, dans laquelle Corneille dénonçait Scudéry comme l'auteur des Observations.

1365. La |l Prewe || des Passages || allegvez dans || les Observations || svr le Cid. || A Messieurs || de l'Académie. || Par Mr de Scudery. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, || au Palais, à l'Escu de France. || M.DC.XXXVII. In-8 de 14 pp. (y compris le titre] et l f. blanc.

Scudéry cite ces paroles du Tasse : « Io non mi dolgo, che habbiano cercato d'impodirmi questo honore, che m'era fatto d'al vulgo, perche di nissuna oosa ragionevole mi debbo dolere : piu tosto dov»ei lamentarmi di coloro, che inalzandomi dove non merito

CORNELIENNE.

di sahrc, non hanno riguardo al preeipitio, » puis il ajoute : « Ce sont les modestes paroles, par où le Tasse, le plus grand homme de son siècle, a commencé l'Apologie du plus beau de ses Ouvrages, contre la plus aigre et la plus injuste Censure, qu'on fera peut-estre jamais. Mr Corneille, tesmoigne bien en ses Responses, qu'il est aussi loing de la modération, que du mérite de cet excellent Autheur, puisqu'au lieu de se donner l'humilité d'un Accusé, il occupe la place des Juges, et se loge luy-mesme a ce premier lieu, ou personne n'oseroit seulement dire qu'il prétend. C'est de cette haute région, que sa plume, qu'il croit aussi foudroyante que l'éloquence de Pericles, luy a fait croire, que des injures estoient fassez fortes, pour destruire tout mon Ouvrage, et que sans coin- "s raisons par tant d'autres, il lui sufllsoit seulement de dire que j'ay cité faux. •>

1366. Epistre H avx Poètes || dv temps, || sur leur querelle || du Cid. || A Paris, || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 14 pp. et 1 f. blanc.

1367. Pour le sievr Corneille contre les ennemis du Cid. A Pu ris, M.DC.XXXVII [1037]. In-8 de 7 pp.

Sonnet. (Bibliothèque de l'Arsenal.)

1368. Discovhs II a II Cliton. || svr les || Observations || nv Cid.|| Auec vn Traicté de || la disposition du Poëme Drama- || tique, & de la prétendue Règle || de vingt-quatre heures. || A Paris, || Imprimé aux despens de l' Autheur. [1637]. In-12 de 103 pp., y compris le titre.

L'auteur de ce traité, que les frères Parfaict ont mal à propos attribué à Claveret (Histoire du Théâtre-François, t. Ve, p. 257), affecte de montrer une grande impartialité en faveur du Cid. « Je me suis trouvé une fois dans le parterre, dit-il, et une autre fois dans les galleries, à la représentation de ce nouveau Poëme ; et je suis tesmoin de ce qu'en disent encore les sçavants et les ignorants, la cour et le bourgeois, comme remarque notre Observateur : je n'en connois l' Autheur que de nom, et par les affiches des Comédiens. Or à cause que je fais quelques fois des vers, et que je favorise ceux qui s'en meslent, j'ay inclination pour luy, et je panche desjà du costé de ses Approbateurs... » Il ajoute que le Traité de la disposition du Poëme dramatique était écrit cinq ou six ans avant la querelle du Cid et qu'il n'y a rien changé. « Comme ce Traicté, dit-il en terminant, estoit sous la Presse mesme auparavant la Lettre apoloyitique du Sieur Corneille, je ne sçay combien de feuilles volantes ont été jettées en public presque en mesme temps, sur le sujet du Cid, et de son Observateur. Apres quoy, il semble que je serois obligé de signer cet escrit, si je voulois prendre la qualité d'intervenant, au procès qui s'instruict en l'illustre Académie, sur la requeste du Sr de Scudery. Mais plustost que de plaider (qui est un mestier que je m'empesche de faire autant que je puis), j'ayme mieux que ce petit ouvrage s'en aille avec les vagabons et gens sans adveu, ou qu'il soit mis aux Enfermez comme un enfant trouvé. Cliton en aura du soin comme son parrain, et ma pauvre Muse, après avoir couru le pont neuf et s'estre ainsi prostituée aux colporteurs, sera possible receue aux filles repenties. »

1369. Examen || de ce qvi || s'est fait povr || et contre le Cid ; || auec vn Traicté || de la Disposition du Poëme || Dramatique,

& de la || prétendue Règle de || vingt-quatre heures. || A Paris, || Imprimé aux despens de l'Autheur, [1637]. In-8 de 103 pp.

Cette édition porte, comme la précédente, au titre de départ : Discours à || Cliton, || sur les || Obseruations || du Cid, [| avec vn Traicté de || Za disposition, etc.

1370. Le Ivgement || dv Cm, || Composé par vn Bourgeois de || Paris, Marguillier de sa || Paroisse. [Paris, 4637]. In-8 de 24 pp.

La pièce n'a qu'un simple titre de départ, p. 1.

Cette édition, que M. Marty-Laveaux n'a citée que d'après les notes manuscrites de Van Praet, est conservée a la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 2538 (3) Rés.). Malheureusement l'exemplaire qu'elle en possède est incomplet des deux ff. paginés 3-6.

1371. Le Ivgement || dv Cm. || Composé par vn Bourgeois de || Paris, Marguillier de sa || Paroisse. S. /. n. d. [Paris, 1637) In-8 de 16 pp.

Cette édition n'a pas de f. de titre, mais un simple titre de départ. La pièce a été réimprimée dans le Recueil de Dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine (n°1336), dans Y Esprit du grand Corneille, par François de Neufchâteau (n° 792), et dans le Tableau de la littérature française au seizième siècle, par M. Sainte-Beuve, 2 vol. in-8 ; M. Marty-Laveaux en a donné un extrait (t. Xe, p. 502).

1372. L'Acomodement || dv Cm & de son || censevr. || A Paris, || M.DC.XXXVII [1637]. Pet. in-8 de 7 pp. de 14 lignes, impr. en gros caractères.

Cette pièce, dont nous avons trouvé un exemplaire au Musée britannique (840. C. 22), n'a pas encore été signalée. C'est un tissu de violentes injures contre Corneille ; mais, comme elle est très-courte, nous ne croyons pas inutile de la transcrire :

•< Monsieur du Cid, vous n'avés fait que deux fautes, qui ne se puissent reparer : l'une, d'avoir fait imprimer vostre pièce, qui avoit esté si bien approuvée sur le Théâtre. Et . l'autre, d'avoir répondu à celuy qui l'a censurée ; Parce que tous ne vous déviés pas t-nnyvrer de la gloire du Théâtre, pour montrer que vous n'en pouviez prétendre hors de la : Et que pour répondre à un ennemy déclaré et conneu, il faloit faire mieux de la plume ou de l'espee.Vous ne sçauriez mei [sic] que dans le détail de vostre Pièce, vous ne soyez imbécile dans le sentiment des Koys, de la Nature, de la Vertu, des Grands, des Sages, des Capitaines, des Fanfarons et des Modestes : Et que vous ne soyez extrêmement plat et fada dans vos Vers, pour estre si présomptueux, si foible et si extravagant en l'Epistre d'Ariste, qu'on ne peut comprendre quel mouvement vous l'a dictée. Mais si l'on vous reproche qu'en vostre lettre Apologitique au Sr Scuderi, l'on ne sçauroit deviner si vous voulez passer pour Vaillant, pour Poltron, pour Ecolier ou pour Maistre : Et qu'on doute si vous connoissez vous uiesme ce que vous estes (si ce n'est un Suppliant qui voudroit bien faire le Rodomont) Consolez-vous, que celuy qui vous a deffaict en une moitié de son Livre s'est deffaict en l'autre, et vous accordez tous deux. Fin. »

1373. EpistreH familière || dv Sr Mayret. ||AvSr Corneille. || Sur la Tragi-comédie du Cid. || A Pans, Chez Anthoine de Som-

CORNELIENNE.

mauillc, || au Palais, dans la petite Sale [sic], || a l'Escu de France. || M.DC.XXXVII [1037]. In-8 de i8 pp. (la dernière chiffrée par erreur 38).

.. Monsieur, dit Claverct au début de sa lettre, si je croyois le bruit commun, qui vous déclare desja l'Autheur de ces mauvais papiers volants qu'on void tous les jours parestre à la deffense de vostre Ouvrage ; Je me plaindrois de vous à vous-mesme, de l'injustice pue l'on me fait en un libelle de vostre style, et peut-estre de vostre façon [dans la Lettre apologétique de Corneille] : Mais comme l'action est trop indigne d'un honneste homme, je suspendray pour quelque temps ma créance en vostre faveur ; et me contenteray (puisque la querelle de vostre Cid vous a rendu chef de party), de vous demander seulement raison de l'impertinence d'un de vos lanciers qui m'est venu rompre dans la visière mal a propos; mais d'autant que je n'ay pas l'honneur de connoistre le galant homme, et qu'il ne seroit pas raisonnable que je me commisse avec un masque, je vous addresseray, s'il vous plaist, ce petit discours, comme si vous estiez luy-mesme. >.

Cette lettre, dans laquelle Claveret nous donne un grand nombre de détails curieux pour l'histoire littéraire du temps, est datée de Paris le 4 juillet 1G37. Elle est suivie d'un post-scriptum ainsi conçu :

ii Si je ne craignois d'abuser de vostre bonté je vous prierois de faire tenir la cyjointe à vostre Aray, que vous empescherez s'il vous plaist de plus outrager le mien : autrement nous userons du droict de représaille sur un des vostres, qui n'a desjà que trop souffert pour vos interests, et ceux de vostre Chef-d'œuvre. J'aime mieux paroître obscur que satyrique. »

Vient ensuite la Jicsponse à VAmy du Cid sur ses invectives contre le Sieur Claveret, qui occupe les pp. 30 à 48.

1374. Lettre || dv || dès-intéressé, || av Sievr Mairet. S. I. n. d. [Paris, 1637] In-8 de 7 pp.

Cette pièce, que le P. Niceron attribue à tort à Corneille, a été reproduite par M. Marty-Laveaux (t. IIP, pp. 62-67) ; l'imprimé n'a qu'un simple titre de départ.

137.J. Advertissement||av Besançonnois || Mairet. || M.DC.XXXVII [1637]. In-8 de 12 pp. (y compris le titre) et 22 ff. blancs.

Cette pièce, reproduite en entier par M. Marty-Laveaux (t. IIP, pp. 67-76). est attribuée à Corneille lui-même par les frères Parfaict.

1376. Recveil H des bonnes II Pièces qvi ont esté || faites povr & contre j| le Cid. || Par les bons esprits de ce temps. || A Paris, || Chez, Nicolas Traboûillet, au Palais, \\ en la Gallerie des 'prisonniers, à \\ la Tulippe ; [ou Chez Cardin Besonyne, au Palais, au haut de la montée de la S'c Chapelle, aux Roses vermeilles]. || M.DC.XXXVII [1637]. In-12.

M. Taschereau s'est borné à citer ce Recueil d'après une Vie de Corneille, « manuscrit d'une date ancienne qui faisait partie de la bibliothèque de M. de Soleinne », sans vérifier si c'était une réimpression ou un recueil factice d'un certain nombre de factums publiés dans la querelle du Cid. Nous avons été plus heureux que M. Taschereau, et nous avons pu constater que le volume dont nous venons de transcrire le titre n'est qu'un recueil factice pour lequel les libraires Traboûillet et Besongne avaient fait imprimer

un titre. Voici l'indication des pièces que contient l'exemplaire de M. le baron James de Rothschild, en tout conforme à l'exemplaire au nom de Desongne, décrit au catalogue Soleinne (t. "V0, n° 428). On remarquera que les libraires ne se sont pas appliqués à les ranger d'une manière absolument méthodique :

1° Titre ;

2» Observations sur le Cid (n° 1350) ;

3° Excuse à Ariste (n° 142) ; cette pièce est encartée entre le titre des Observations et le f. blanc qui suit ce titre ;

4° Lettre apologétique du Sr Corneille (n° 145) ;

5° La Voix publique à Monsieur du Scudcry (n° 1355);

6° L'Amy du Cid à Claveret (n° 13?9) ;

7° La Preuve des Passages alléguez dans les Observations sur le Cid (n° 1365);

8° L'Incognu et véritable Amy de Messieurs de Scudery et Corneille (n° 1356) ;

9° Lettre à ,*, sous le nom d'Ariste^" 1361) ;

10° Besponce de *** à *" sous le nom d' Ariste (n° 1362) ;

11" Lettre pour Monsieur de Corneille contre les mots de la Lettre sous le nom d' Ariste (n° 1363) ;

12° Discours à Cliton sur les Observations du Cid (n° 1368) ;

13» Epistre familière du S' Mayret au S' Corneille (n° 1373) ;

14° Le Souhait du Cid en faveur de Scuderi (n° 1357) ;

15° Lettre du des-interessé au Sieur Mairet (n° 1374).

1377. Apologie || povr Monsievr || Mairet, contre || les calomnies du Sieur Corneille de Rouen. || M.DC.XXXVII [1637]. In-4 de 32 pp.

Cette pièce, que ni M. Taschereau ni M. Marty-Laveaux n'ont pu voir, existe à la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458 (3) Rés.).

1378. Lettre de M. l'abbé de Bois-Robert à M. Mairet.

Cette lettre, relative à la querelle du Cid, et datée du 5 octobre 1637, a été imprimée pour la première fois dans le Recueil de Dissertations sur plusieurs tragédies de Corneille et de Racine (n° 1336), t. I", pp. 114 sqq.

1379. Lettre de || M»' de Balzac, || a Mr de Scvdery, || svr ses Observations || dv Cid.|| Et la Response || de Mr de Scudery, || à Mr de Balzac. || Auec la Lettre de || Mr de Scudery à Messieurs || de l'Académie Françoise, || sur le iugement qu'ils ont fait du Cid, || & de ses Obseruations. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, Libraire || & Imprimeur de Monseigneur frère du Roy, || dans la petite Salle du Palais, à la Palme ; [ou Chez Antoine de Sommauille. || au Palais dans la petite Sale [sic], || à l'Escu de France] M.DC.XXXVIII [1638]. In-8 de 34 pp.

La Lettre de M. de Balzac à M. de Scudery occupe les pp. 3-14; ensuite vient 1 f. blanc, qui n'est pas compris dans la pagination et qui termine le cahier B, — La Besponse de M' de Scudery à Monsieur de Balzac remplit les cahiers C et D, dont les pp. sont chiffrées de 15 à 39. — La Lettre de M' de

Scudery à Messieurs de l'Académie Françoise n'occupe que 2 ff., signés E et paginés de 31 à 31.

Bibliothèque nationale (Y. 5665 (5) Rés.) 2 exempl.

1380. Les Sentimens || de || l'Académie || Françoise || sva || la Tragi- Comédie || dv Cid. || A Paris, \\ Chez Iean Camusat, rue sainct \\ Iacques, à la Toyson d'Or. || M. DC. XXXVIII. || Auec Privilège du Roy. In-8 de 192 pp.

L'extrait du privilège se trouve à la fin de la p. 192. Il est daté du 26 novembre 1637 et donné à /. Camusat pour dix ans.

La Bibliothèque nationale possède le manuscrit original de Chapelain, avec des notes autographes du cardinal de Richelieu. Voy. les détails que M. Marty- Laveaux donne à ce sujet (t. IIIe, p. 31, note 1).

1381 . Les Sentimens || de || l'Académie Françoise || sur || la Tragi- Comedie du Cid. || A Paris \\ En la boutique de G. Quinet au Pa- 1| lais a l'entrée de la Gallcrie des \\ Prisonniers à l'Anye Gabriel. || M.DC.LXXVIII [1078]. || Avec Privilège du Roy. Il Pet. in-8 de 183 pp.

Au verso du dernier feuillet, chiffré 183, se trouve le privilège daté du 26 novembre 1637, et portant deffences à tous autres qu'à Jean Camusat d'imprimer le présent volume pendant l'espace de dix ans.

1382. Observations sur les Sentiments de l'Académie Françoise. Msc. de 35 ff. non chiffr. et 1 f. blanc, à la Bibliothèque Sainte Geneviève (Y. 458 (3), in-4, Rés.).

Il est possible que ces Observations aient été imprimées, et que l'Académie, à l'adresse de qui elles contiennent une assez vive critique, ait obtenu la suppression de l'édition. La copie que nous citons est d'une belle écriture de la première moitié du xvnc siècle et fait partie d'un recueil qui a dû être formé vers 1650 (il contient une pièce de 1613). Voici le début de cette apologie du Cid :

« Observations sur les Sentiments de l'Académie Françoise.

« Ceux qui par un désir de gloire se veulent rendre les Censeurs des ouvrages qui sont donnés au public ne doivent pas trouver mauvais que le public mesme se rende le juge de leur censure, et comme ils entreprennent librement de corriger les œuvres d'autruy, et de soumettre à leur jurisdiction les Livres et les Autheurs, ainsi est-il raisonnable que leurs ouvrages souffrent la mesme correction et qu'à ieur exemple chacun se donne la liberté de les examiner par les règles de sa propre raison, puisque sans authorité ils exercent une espèce d'inquisition sur les Lettres, il est bien juste que ceux qui en font commerce soient aussi les inquisiteurs de leurs jugements, qu'ils corrigent leurs corrections, et qu'ils facent voir à ce3 nouveaux critiques que leur censure mesme n'est pas exempte de reprehension.

<■ Si, en la correction de la Tragicornedie du Cid, les censeurs académiques eussent suivy les règles communes et ordinaires dune juste censure, et si balançant leur jugegement entre les loix de la justice et celles de la grâce, ils eussent corrigé les deffauts qui estoient reprehensibles et pardonné à ceux qui estoient remissibles, leurs Sentiments eussent passé sans reproche, et tant de belles observations qu'ils contiennent eussent eu les louanges et les couronnes qu'elles pouvoient meritter. Certes nous leur rendons ce témoignage que l'élégance et la beauté du style relevé de poinctes égyptiennes et les rai-

sons revestues de belles et spécieuses apparences pouvoient porter cet ouvrage jusques au dernier degré de l'admiration. Mais quand on vient à l'examiner comme l'Académie a examiné la Tragicomedie du Cid, c'est à dire à la rigueur et par des règles sévères et tyranniques, par chiquaner et pointiller comme elle a faict jusques aux moindres et plus légères particules, combien de taches dans cette belle pièce, que de nuages parmy ces brillans, et que de plates peintures entresemées paruiy ces images de relief.

« Que les criticques en jugent sur nos indices, et qu'à nostre déclaration ilz examinent d'abord la première période de ces beaux sentiments académiques, période qui devroit estre ornée et embellie comme l'entrée et le frontispice d'un ouvrage corinthien et qui cependant n'est rien qu'un amas de paroles rudes, confuses, sans raison ni liaison. Mais pour en bien juger, il la faut considérer en son jour et en sa propre situation :

« Ceux qui par quelque désir de gloire donnent leurs ouvrages au public ne doibvcnt pas trouver estrange que le public s'en face le juge. Comme le présent qu'ilz luy font ne procède pas d'une volonté tout a faict dcs-interessée et qu'il n 'est pas tant un effect de leur libéralité que de leur ambition, il n'est pas aussi de ceux que la bicnsceancc veut qu'on reçoive sans en considérer le prix. »

Cette seule phrase fournit à l'auteur quatre observations dans lesquelles il ne ménage pas l'Académie.

1383. L'Innocence || et le || véritable Amovr || de || Chymene. || Dédié aux dames. || Imprimée cette Année || M.DC.XXXVIII [1638]. Pet. in-8 de 47 pp.

Cette pièce, dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal (13826. B), contient la défense de Corneille, en même temps que celle de Chimène. « Nostre divin poète, y est-il dit p. 47, n'a eu autre intention que de contenter les plus gentils esprits, il les a non-seulement contenté, mais ravy ; que son poëme soit régulier ou irregulier, cela luy doit estre indiffèrent, il n'enviera jamais à son censeur la première chaire dans les écoles pendant qu'il sera regardé et considéré dans la Cour, comme l'unique et le plus ravissant des poètes. »

1384. La Svite || et le || Mariage || dv Cid, || Tragi-Comedie. |l A Paris, || Chez Toitssainct Qninet, an Palais sous || la montée de la Cour desAydes. || M.DC.XXXVIII [1638J. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 4 ff. et 108 pp.

Collation des ff. prélim. : titre, avec un fleuron qui représente une fontaine jaillissante éclairée parle soleil; on lit au-dessus de cette fontaine, sur une banderole qui s'enroule dans la bordure, cette devise : Heureux qui naist ainsi; — 3 pp. pour la dédicace A Madame la Duchesse de Lorraine, dédicace signée C. ; — 1 p. pour le Privilège (accordé pour dix ans à Quinet, a la date du dernier jour de juillet 1637, et suivi d'un achevé d'imprimer du dernier octobre 1637) ; — 1 p. pour Y Argument du premier acte; — 1 p. pour les Acteurs.

Cette pièce, en cinq actes et en vers, est l'œuvre de Chevreau, qui espérait peut-être, en signant seulement de son initiale, que le public l'attribuerait à Corneille.

138o. La Svitte || et le || Mariage || dv Cid. || Tragi-comédie. || A Paris \\ Chez Toussainct Quinet \\ au Palais. Auec Privilège. || 1638. || Pet. in-12 de 4 ff. et 83 pp.

Cette édition, faite sur le modèle de la petite édition in-12 du Cid, est pré-

CORNELIENNE.

cédée d'un frontispice, gravé par Driot, qui sert de titre. Elle est dédiée par Chevreau à Madame la Duchesse de Lorraine. La dédicace est signée d'un C.

Vendu : 20 fr. mar. r. {Cape), Giraud, 1855 (n° 1651).

1386. Le || Mahiage || dv Cid. || Tragi-Comedie. || Ioiixte la Copie Imprimée || A Paris. || cb Io cxxxviu [1638]. Pet.in-8 de 88pp. (y compris les i IL prél. non chiffï.) , caract. ital.

Cette édition de la pièce de Chevreau est imprimée avec les mêmes caractères et avec les mêmes fleurons que l'édition du Cid portée sous le n° 274. M. Pieters, qui ne l'a pas vue, s'est borné à la décrire d'après le catalogue Lambert (Annales de l'Imprimerie des Elzeviers, 2e édit., p. 190). Nous avons vu à la bibliothèque Cousin le recueil qui a figuré à la vente Lambert (1850), et nous avons pu vérifier la parfaite exactitude des renseignements fournis par le rédacteur du catalogue. Un autre exemplaire, joint au Cid Elzevier de 1638, nous a été communiqué par M. Tandeau de Marsac.

1387. La Svite || et || le Mariage || dv Cid. || Tragi-Comedie. || Ioaxte la Copie imprimée || A Paris. |j M.DC.XXXX [1640]. In-8 de 78 pp. (y compris le titre), plus 1 f. caract. ital.

Au verso du titre, un bois grossier représentant le Cid.

Le f. non chiffré qui se trouve à la fin contient un carton, qui doit se placer à la page 46. On y trouve l'argument du quatrième acte.

On trouve cette édition jointe à une réimpression du Cid, qui porte la même date (n° 275).

1388. La II SvitteH et le || Mariage || dv|| Cid.|| Tragi-Comedie. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, au || Palais, dans la petite salle, à l'Escu de France. || M.DC.XXXXVI [1646]. || Auec Privilège du Roy. In- 12 de 82 pp. et 1 f. blanc.

Les 8 premières pp. de cette édition contiennent les préliminaires : le titre, la dédicace signée C, le privilège où ne figure que le nom de Toussaincl Quinet et les noms des Acteurs.

1389. La Suite II et le || Mariage || dv Cid. || Tragi-Comedie. || A Caen, \\Chez I. Iacques Godes, Impr. cyMarch. Lib. \\proche les RR. Pères Iesuittes [sic]. ||M.DC.LXXXII [1682]. In-12de60 pp.

Edition mal imprimée, sur mauvais papier. On lit au titre de départ, p. 3 : La Suitte et le Mariage du Cid.

Nous avons cité, n° 1016, une pièce française traduite en allemand par Isaac Clauss, en 1655, qui n'est autre, croyons-nous, que la pièce de Che-

1390. La Vraie Svite dv Cid, Tragi-Comedie. A Paris, Chez Antoine de Sommauille, 1638. In-4.

Pièce en cinq actes et en vers, par Desfontaines; elle fut représentée en

1113 LIOGK.-W III K

1391. La vraye Svitte du Cid. A Paris, Chez Antoine de Sommimuille, 1638. Pet. in-12.

Vendu : 8 fr., demi-rel., Solar, 1860 (n° 1691).

1392. The || Second Part of || the || Cid. || London, || Printed by I. Okcs, for Samuell || Broxonc, and are to bc sold at his || shop in St. Pauls Church-yard || at the signe of the white Lion. || M.DC.XXXX[1640]). In-12 de 33 ff. non chiff. et 1 f. blanc.

Traduction en vers de la Vraie Suite du Cid. La dédicace « to the truely Noble the Ladie Theophila Cooke » est signée Rutter. Le traducteur prétend qu'il n'a mis cette suite sur la scène anglaise qu'à la demande du roi Charles Ier.

1393. L'Ombke dv comte de Gormas et la Mort dv Cid, Tragi-Comedie par Chillac, Juge des Gabelles de S. M. en la ville de Beaucaire en Languedoc. Paris, Cardin Besongne, 1639. In-4.

1394. L'Ombre dv Comte de Gormas et la Mort dv Cid, Tragi- Comedie [par Timothée de Chillac]. Sur l'imprimé A Pa7-is, Chez, Cardin Besongne, 1643. Pet. in-8 de 98 pp.

Cat. Soleinne, n°1181.

1393. L'Ombre dv Comte de Gormas et la Mort dv Cid. Tragi- Comedie. Jouxte la Copie imprimée A Paris. 1646. In-8.

1396. L'Ombre du Comte de Gormas, ou la Mort du Cid, Tragi- Comedie par M. Timothée de Chillac. A Cacn, Chez Jacques Godes, 1682. In-12.

1397. L'Ombre du Comte de Gormas, ou la Mort du Cid, Tragi- Comedie par M. Timothée de Chillac. A Caen, Chez Jacques Godes, 1696. In-12.

La pièce de Chillac a été traduite en allemand par Isaac Clausa, en 16J5, ù la suite du Cid (voy. le n° 1016).

1398. Chapelain décoiffé, ou Parodie de quelques scènes du Cid. S. I, 1663. In-12.

Cette parodie bien connue, de Furetière, figure dans un grand nombre d'éditions des Œuvres de Boileau.

1399. Récit tiré des Mémoires de Michel Turretini, pasteur et professeur, de la discussion qui eut lieu entre le Conseil et la

CORNELIENNE.

vénérable Compagnie, en 1081, au sujet de la représentation du Cid.

Inséré dans les Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, t. Ier, pp. 80 aqq.

1400. Ode de Mr Boileau Despreaux sur la Prise de Namur. Avec une Parodie de la mesme Ode par le Sieur P. Motteux. Et une Parodie d'une Scène du Cid, sur ce sujet. Par Messieurs U. A. & H. A Londres, Chez R. Bentley Libraire, à la Poste au Covent-Garden ; R. Parker, à la Licorne sous la Bourse Royale, & tous les Libraires François. S. d. [1683?], pet. in-8 de la pp.

Musée britannique : 1073. d. 30.

I i<U. Critica A kamosa Tragedia do Cid, composta por Pedro Corneille, e Reparos a ella, por D. Francisco Paulo de Portugal e Castro. Lisboa, por Miguel Rodrigues, 1747. In-4 de 18 pp.

Le comte de Vimosa, marquis de Valença, auteur de cette critique, est presque un contemporain de Corneille; il naquit à Lisbonne en 1679 et y mourut en 1749. Sa critique a donné lieu à la réponse suivante :

Notas â Critica que o snr. Marquez de Valença fez â Tragedia do Cid composta por Mr. Corneille.

Nous ne savons si cette pièce a été imprimée; il en existe une copie manuscrite à la Bibliothèque nationale de Lisbonne, dans un volume de Mélanges {MiscelUmeas) d'Alexandre de Gusmâo.

Le marquis de Valença lit paraître à son tour une contre-critique dont voici le titre :

RB8P0ST0 do Marquez de Valença aos Reparos de um anouymo à Critica que fez o raesmo Marquez à famosa Tragedia do Cid. Lisboa, por Miguel Rodrigues, 1718. In-4 de vin et 23 pp.

1402. Du Cid du grand Corneille, par A. La Beaumelle.

Chefs-d'œuvre des Théâtres étrangers; Chefs-d'œuvre du Théâtre espagnol , Torres Naharro, Cervantes Saavedra, Guillem de Castro (Paris, Ladvocat, 1823, in-8). pp. 309-331.

La Beaumelle compare le Cid de Corneille à celui de Diamante, et reconnaît dans ce dernier une simple imitation, contrairement à l'opinion de Voltaire et à celle delà Harpe.

Ici devraient figurer, dans l'ordre chronologique, deux pièces de circonstance, jouées à Rouen le 29 juin 1823 et le 29 juin 1827, et qui sont relatives au Cid. On les trouvera dans notre chapitre XXIe (n°! 1559 et 1565).

1103. Le Cid, par Génin.

Le National du 11 avril 1841.

Génin fournit de nouveaux arguments à l'appui de l'opinion développée pour la première fois par La Beaumelle.

1404. Commentaire sur le Cid, tragi-comédie de Pierre Corneille, par M. Walras. Caen, imprimerie d'Hardel, 1843. In-8.

1405. Le Cid, par Paul de Musset.

Revue de Paris, IV» série, t. XXVII" (mars 1844).

1406. L'Académie et la Critique du Cid, par Charles Loubens.

Revue indépendante, t. XVIII" (1845). pp. 375 sqq.

1407. De Pétri Cornelii Tragoedia Cid. Dissertatio quam scripsit Ulricus Pétri, Brunopolitanus. Brwisvigae , typis exscripsit Fr. Otto, M.DCCCXLVII [1847]. In-8 de 40 pp.

1408. Le Cid, esquisse littéraire, par M. Walras, inspecteur de l'Académie du Nord. Douai, Adam d'Aubers, imprimeur- éditeur, 1853. In-8 de 4 ff. et 264 pp.

Cette esquisse est le développement du Commentaire publié par le même auteur en 1843. M. Walras, chargé, en 1846, du cours de littérature française à la faculté des lettres de Caen, prit pour sujet de ses leçons le Cid, s' attachant k déterminer les emprunts faits par Corneille à Guillen de Castro et au Romancero du Cid. Comme La Beaumelle et Génin, il s'est attaché à prouver que Diamante n'avait fait que traduire l'original français.

1400. Documents relatifs a I'Histoire du Cid. Par M. Hippolyte Lucas, de la Bibliothèque de l'Arsenal. Paris, Alvarès, libraireéditeur, 24, rue de la Lune, [Lagny, Typographie de A. Varigault et Cie], 1860. Gr. in-12 de 2 ff. et 211 pp.

Il existe quelques exemplaires de ce livre tirés sur papier de couleur, dans le format in-8.

Voici comment s'exprime l'auteur au début de sa préface :

« Nous avons pris h tâche, dans ce volume, de bien faire connaître les principales transformations de l'histoire ou de la légende du Cid ; de montrer que les sources auxquelles Corneille a puisé ne sont autres que celles qu'il a indiquées lui-même, et que c'est à tort que Voltaire, la Harpe et Sismondi l'ont accusé de plagiat, lorsque son génie n'a fait que s'inspirer du Romancero et de la première des deux comédies de Guillen de Castro, intitulées : la Jeunesse du Cid. La traduction complète et littérale de la pièce de Diamante (Celui qui honore son père) ne laissera aucun doute, dans l'esprit du lecteur, sur l'imitation faite parce dernier du chef-d'œuvre de notre scène en le recomposant à la mode espagnole, et en y introduisant l'élément comique ; nous n'avons point inséré les nombreux documents qui concernent notre Cid, et la querelle que firent à son auteur Scudéry, l'Académie, Mayret, Claveret, etc., parce que ces documents se trouvent dans presque toutes les éditions de Corneille ; nous en avons seulement esquissé les principaux traits. Nous nous sommes servi principalement dematériaux empruntés aux auteurs espagnols, pour combler une espèce de lacune dans notre histoire littéraire, et, à ce point de vue, nous croyons que notre travail sera utile aux aristarques futurs et aux éditeurs qui s'occupent d.i premier et du plus durable chef-d'œuvro de notre littérature dramatique. »

CORNELIENNE.

Cette étude contient la traduction complète de la pièce de Guillen de Castro (Las Mocedades del Cid) et de celle de Diamante (El Honrador de su Paire).

1410. Pierre Corneille et Jean-Baptiste Diamante, par M. Antoine de Latour.

Article inséré dans le Correspondant du 25 juin 1861 et reproduit dans V Espagne religieuse et littéraire (Paris, 1863, in-8, pp. 113-144) ; M. de Latour y donne la date exacte de la naissance de Diamante, d'après des recherches faites par D. Cayetano Albertano de la Barrera. L'auteur espagnol n'étant né qu'en 1626, la question si souvent discutée depuis Voltaire de la vraie paternité du Cid est définitivement résolue.

1411. ClD I DE SPANSKA ROMANSERNA, H08 CORNEILLE OCH HeRDER,

Afhandling som framstàlles till offentlig granskning, af J. Oskar I. Rancken, i hist.-filolog. làrosalen den 12 october 1861, p. v. t. f. m. Helsingfors, J. C.Frenckell $ Son, 1861. In-8 de i!) pp.

Thèse sur le Cid dans le Romancero espagnol, chez Corneille et chez Herder.

1412. Corneille. Le Cid.

Articles de M. Sainte-Beuve insérés dans le Constitutionnel des lundis 2 février et 7 mars, du mardi 8 mars, du lundi 14 mars, du mardi 15 mars et du lundi 22 mars 1861 ; reproduits dans les Nouveaux Lundis, t. VU" (Paris, Michel Lèvy frères, 1867, in-12), pp. 199-306.

L'auteur parle, dans le premier article, du Lexique, de M. Godefroy, de la Langue de Corneille, de M. Marty-Laveaux, et de l'édition des Œuvres de P. Corneille, donnée par ce savant chez MM. Hachette et Cie, de Corneille et son temps, par M. Guizot, du Grand Corneille historien, par M. Ernest Desjardins, et de Corneille à la Butte-Saint-jRoch, de M. Edouard Fournier; il s'occupe, dans les autres articles, du Poème du Cid, de M. Damas-Hinard, et des Recherches sur l'Histoire et la Littérature de l'Espagne pendant le Moyen- Age, par M. Reinhart Dozy.

1413. Est-il vrai, comme l'ont affirmé Voltaire, Laharpe et Sismondi, que Corneille ait pris le sujet et les principales scènes du Cid dans une pièce espagnole de Diamante, qu'il aurait imitêe et traduite sans l'indiquer et en l'adaptant à la scène française? Dissertation par M. Molinier, professeur à la Faculté de droit de Toulouse.

Mémoires de l'Académie impériale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 6° série, t. IIIe, 1865, pp. 410 sqq.

Sismondi, que M. Molinier, à l'exemple de M. II. Lucas, cite parmi les détracteurs de Corneille, n'a soumis la question à aucun examen ; il s'est contenté d'indiquer d'un mot. sans aucune preuve it l'appui, que Diamante était le véritable auteur du Cid : « L'ancien poète Diamante, dit-il, et peu après lui Guillen de Castro, ont pris dans les premières romances leur tragédie du Cid; tous deux ont servi de modèle à Corneille. « Sismondi, 7/î.s*

toire de la littérature du Midi de l'Europe, 3e édit. (Paris, 1829, 4 vol. in-8), t. III", p. 201.

1414. Corneille et le Cid, par A.-E. Chaignet. Saint-Maixent, 1868. In-8 de 31 pp.

Conférences scientifiques et littéraires des Facultés de Poitiers.

1415. The French Cid and his Spanish Prototype; by C. Collmann. Mezeritz, 1869. In-4 de 32 pp.

Programme de gymnase.

1416. Les Différences entre la langue moderne, et celle de Corneille, étudiées dans le Cid par Dr. [sic] Woldemar Richter. Dissertation doctorale, approuvée par la Faculté philosophe de l'Université de Rostock. Tory au, 1872. Imprimerie de JE. Tragmann. In-4 de 12 pp.

1417. Le Cid d'Andalousie, par M. Alexandre Dumas fils.

M. Dumas fils a longuement parlé du Cid dans son Discours de réception à l'Académie française (Paris, Typographie de Firmin Didot frères, fils et O, 1875, in-4; Journal officiel de la République française du 12 février 1875). M. Dumas, qui se flatte de savoir lire entre les lignes, a voulu donner une explication nouvelle de la jalousie inspirée à Richelieu par le succès du Cid. Il prétend que le cardinal ne fut pas atteint dans sa vanité d'écrivain, mais dans ses conceptions politiques.

« Il y avait dans le Cid, pour Richelieu, une faute capitale, qui heurtait les idées, qui contrariait les projets de ce grand homme d'État, lequel entreprenait, au milieu des plus grands obstacles, de constituer non-seulement la monarchie, mais l'unité française. » Cette faute, c'était de célébrer les héros de l'Espagne, au moment où les armées espagnoles venaient de remporter contre la France des avantages signalés. M. Dumas met en scène Richelieu lui-même et lui prête un long discours, qui rappelle par certains côtés les entretiens de d'Artagnan et de Mazarin : « Prends un siège, Corneille, et écoute-moi. Tu es tout à la joie de ton triomphe ; tu n'entends que le bruit des bravos, et tu ne t'expliques pas pourquoi je ne joins pas mes applaudissements à ceux de toute la ville ; tu ne comprends pas pourquoi même je proteste contre ton succès. Je vais te le dire. Quoi ! c'est au moment où j'es. saye de refouler et d'exterminer l'Espagnol, qui harcèle la France de tous les cotés; qui, vaincu au Midi, reparait à l'Est ; qui, vaincu à l'Est, menace au Nord..., c'est en un pareil moment que tu viens exalter sur la scène la littérature et l'héroïsme espagnols !... »

Le paradoxe peut être ingénieusement soutenu, mais ce n'est là qu'un paradoxe. Il vaut beaucoup mieux écrire l'histoire preuves en mains, que de chercher à « lire entre les lignes ». La persécution du Cid n'est pas une «légende », mais un fait certain, dont presque tous les détails sont connus, et dont on ne peut arbitrairement changer le caractère. Il est hors de doute que Richelieu travailla lui-même à des pièces de théâtre, et que, par un travers qui se rencontre souvent chez les grands hommes, il se crut aussi habile écrivain qu'habile politique. S'il en était autrement, et si ie Cid n'avait été

CORNELIENN E.

persécuté que par la raison d'État, comment expliquerait-on l'intervention de l'Académie et les corrections mises de la main même du cardinal sur le manuscrit de Chapelain?

Au moment de la représentation du Cid, les Espagnols n'avaient pas encore remporté de succès qui pussent inquiéter Richelieu. Il est difficile, d'ailleurs, de voir un rapport direct entre les troupes impériales et le héros qui défait les Mores. Corneille, loin de dissimuler ses emprunts à la littérature espagnole, n'hésita pas à les faire connaître en détail. Il continua de lire les ouvrages de Lope de Vega, d'Alarcon et des autres auteurs de la Péninsule ; quatre ans après le Cid, il écrivit le Menteur.

Si queique considération politique put porter Richelieu à combattre le Cid, ce ne fut pas l'éloge des Espagnols, mais l'éloge du duel que Corneille avait imprudemment placé dans la bouche du comte de Gormas ; mais, sur ce point encore, la querelle ne dut pas être de longue durée, puisque, dès les premières représentations, le poëte changea les vers qui pouvaient blesser le ministre (voy. Lettre à Mi/lord *** sur Baron et la demoiselle Le Couvreur [par d'Allainval] ; Paris, 1730, in-12, p. 21).

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