PARIS
LIBRAIRIE A. FRANCK A. L. HÉBOLD, SVCCJESSEUS
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Huon de Méry parle ainsi de Raoul de Houdanc et de Chrestien de Troyes.
Sarazin dit à son tour :
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U Histoire littéraire de France dit que Chreslien de Troyes mérite les éloges que lui prodiguent les écrivains ses contemporains et ceux du siècle suivant : « par l'invention, la conduite et particulièrement par le style qui l'élève au-dessus de tous les poètes de son temps. »
En effet, Chrestien de Troyes est un vrai poète. Son style est vif et soutenu ; ses transitions sont riches, faciles, gracieuses; il sait conciser une maxime en un ou deux vers; il met en scène et fait parler la passion avec une vérité, une profondeur et une grâce de senti-^ ment, rares dans tous les temps :
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(Ênp l'on ne çourroit uons m bire. (Huon de méri.)
Le poète possède en outre ce grand art de faire sortir les péripéties de ses romans, non du hasard d'événements faciles à imaginer, mais de les déduire du choc des passions, des mouvements du cœur et des traits de caractères.
Sans parler de ses autres romans, Lancelot et Tristan ont ému l'Europe pendant des siècles
et sont encore aujourd'hui palpitants de cette vie du cœur qui a fait dire à un écrivain : En toute chose, c'est Témotion qui est sublime.
Guillaume d'Angleterre a moins de célébrité peut-être, mais non moins de mérite; il présente un caractère particulier, qui pourrait sembler une idée toute moderne si Ton ne connaissait Tesprit des bourgeoisies libres du moyen-âge : ce n'est plus par des exploits de chevalerie que le roi Guillaume se réhabiUte, mais par le travail.
Le roman de Perceval le Gallois ou le Conte du Graal est l'œuvre de longue haleine, le chefd'œuvre de Chrestien de Troyes. II est encore inédit. Les savants en connaissent plusieurs manuscrits, à Paris, à Berne, à Londres, \x Edimbourg, à Montpellier. La Bibliothèque de ->Mons en possède un, du xiii* siècle, qui n'a été mentionné par aucun bibliographe.
En compulsant ce manuscrit pour une étude littéraire, j'ai été amené à penser qu'il avait une grande valeur, je l'ai comparé aux manuscrits connus et j'ai bientôt acquis la certitude qu'il contient une introduction et un premier chapitre qui ne se trouvent dans aucun autre.
De là cette étude spéciale. Je publie ici :
Une bibliographie succinte de Chrestien de Troyes.
Une comparaison des manuscrits du PercevaL
Une note sur la patrie de Chrestien de Troyes.
Les titres des divisions du manuscrit de Mons. Os pourront être utilement comparés : i« à ceux d'un manuscrit de Paris , N© 12577, publiés par lady Charlotte Guest, et reproduits par San Marte et par Holland; So aux sommaires que San Harte a ajoutés à sa traduction de Wolfram von Eschenbach ; 3o aux sommaires du Ms allemand de Rome, de Phil. Colin, publiés par Relier; 40 aux rubriques de la traduction en prose imprimée en 1530.
Les deux chapitres uniques du Ms de Mons.
Des fragments inédits du Ms. de Mons. Etc.
Je dois remercier de leur obligeant concours : M. Kulmhoitz-Lordal à Montpellier, M. S. Uackett à Edimbourg, M. Aug. Scheler, qui prépare un glossaire de Chrestien de Troyes, et particulièrement M. H. Michelant à Paris.
J'ai eu pour collaborateur dans ce travail mon ami M. Léon Paulet, qui m'a prêté ses yeux exercés pour les nombreuses recherches dont j'avais besoin dans les manuscrits de Paris.