DE GHRESTIEN DE TROYES
Imitations d'Ovide.
Au début de Cligès, Fauteur énumère ses précédents ouvrages en ces termes :
Cil qui fisl d'Èrec et dÊnide, Et les Comendemens d Ovide, Et l*Art d'aimer en romans mis!, Et le Mors de l'Espaule fisl, Del Hoi Marc et d'Yseut la blonde , Et (le /a Ilupe et de l'Aronde, Et (lel Rossignol la Muance, Un autre conte recommence...
Outre les deux romans d'Érec et d'Énide et de Marc et Yseult, Chrestien de Troyes avait donc rimé déjà quatre poèmes , imités d'Ovide : Les Commandements [nemedia amorum). — L'art d'aimer. — La Mort de l'Épaule [Tantale). — La Métamorphose de la Hupe, de l'Hirondelle et du Rossignol. [Fable de Térée, Progné et Philomèle).
Bibl. de Dresde, 0, 64.
Ce manuscrit contient une traduction de l'Art fVahner et des Remèdes d'amors que M. Michelant croit pouvoir attribuer à Chrestien de Troyes.
Ce manuscrit n'a pas été imprimé.
Le reste manque.
Tristan et Yseut.
Plusieurs fragments sur ce sujet, si populaire au moyen âge, nous sont parvenus et ont été publiés. Aucun ne semble donner le texte de Chrestien de Troyes. Un fragment cependant (I) lui a été attribué par Raynouard et Faurîel. M. Francisque Michel le suppose plutôt d'un trouvère anglo-normand et M. Amaury Duval, qui s'en réfère à ce savant, renchérit sur son opinion : « Ce n'est, dit-il, ni sa manière, ni son style, et d'ailleurs il n'est personne qui, à la lecture d'une vingtaine seulement de ces vers que nous rend aujourd'hui l'Angleterre, ne reconnaisse l'ouvrage d'un de ces poètes anglo-normands qui pul-
(1) Fred. Vorï DRU HAGK.f, Goltfried's Von Strassburg H'crfee,BresIau!823,l.II,p.:243-303. Fraî^nieiildc 4iS5vers.
FR4[vcïSQnB MiCHRL, TrisUnij recueil de ce qui reste des poëmcs relatifs à ses aventures. "2 vol. iii-12. Londres 1835-
lulaîent dans les cours dllenri II et d'Henri III. » M. Francisque Michel avait moins tranché :
< Dans rétat où se trouve ce fragment, avait-îl dit, il nous est difficile, pour ne pas dire impossible, d'obtenir de sa lecture quelques résultats certains sur ce qu'il était et sur son auteur, i
M. Fr. Michel parle en vrai savant. L'orthographe d'un manuscrit, peut-être altéré, certainement copié sur une version antérieure, ne prouve rien. Deux choses résistent aux altérations des copistes, c'est l'invention toute entière «t en grande partie le style. Or, si nous voulions trancher aussi, nous pourrions dire que, de tous ceux qui connaissent les qualités c l'invention, la conduite et le style » (1) qui font de Chrestien de Troyes un écrivain unique, il n'est personne qui ne reconnaisse dans ces fragments l'œuvre d'un poëte facile à distinguer des trouvères qui pullulaient en Angleterre, et nous pourrions demander où sont, de ces trouvères si nombreux, les autres chefs-d'œuvre qui permettraient de supposer qu'on pût attribuer à l'un d'eux les qualités qui € élèvent Chrestien de Troyes au-dessus de tous les poëtes de son temps. » (2)
Cependant le premier fragment, celui qui nous paraît rappeler le mieux notre poëte, contient deux vers où l'auteur semble se nommer et, quoique M. Fr. Michel n'affirme pas que ce Berox soit l'auteur, quoiqu'on puisse supposer qu'il n'est
(!) Ginguené : Ilist. lilL de France, — (2) Idem,
qu'un copiste, nous ne nous permettrons pas d'attribuer ce texte à un autre qu'à lui. Mais nous croyons ne pas être téméraire en pensant que cette version pourrait bien n'être qu'une rédaction, en seconde main, de l'original de notre poëte, rédaction où se sont conservées ses grandes qualités qui avaient déjà frappé son siècle, de sorte que, si nous n'osions pas en citer le texte comme appartenant à Chrestien de Troyes, nous nous croirions permis d'en produire des traductions libres , des imitations en vers par exemple (1), persuadé que ces imitations donneraient une idée aussi suffisante de l'original, s'il se retrouvait, que de la version qui nous est parvenue.
Érec et Enide.
6894 vers.
Paris. Bib. nat., m 1376 (ancien fonds Cangé,
no 26).
^ — noj450(anc.fondsCangé,no27).
— — no 794 (anc. fonds Cangé, no 73) .
(1) Nous l'avons fait dans une élude lilléraire sur direslien de Troyes qui sert d'iniroduclion à la traduction de Guillaume d'Angleterre, par M. L. Paulet.
Paris. Bib. nat.,jno 78 (anc. fonds Lavalière,
no 2729).
— — no 4419 (anc. fonds français,
no 7518).
BibL du Duc (TAumale, Un Ms.
Le poëte se nomme au 9e et au 26^ vers du prologue :
— Porçou (list Cresliiens de Troies
— De cou s'esl Cresliiens vanlés.
IMPRIMÉS
— Immanuel Becker, Érec et Étude. (Haupt,
Zeitschrift fur Denlsches Allerthum, t. X.) Berlin, 1856.
Le poëme y est publié en entier d'après le manuscrit Cangé, no 26.
On en trouve des fragments dans les ouvrages suivants :
— San Marte, Die Arthur-Sage, Leipsig, 1842.
On y trouve une longue analyse et de trèsnombreux fragments , la plupart inédits alors, et comparés à la traduction allemande faite au xiiP siècle par Hartman Van Aue.
— Histoire litléraire de France, article Guinguené,
t. XVliL Paris, 1823.
— LeHoman du jffrw/, publié par Leroux deLincy,
Rouen, 1838. 1, p. XXV et XXXVIL
— Haupt, Erecy par Hartman Van der Aue, pré-
face x-xm.
— The Mabinoghlon, publié par Lady Charlotte
Guest., t. m, p. 178-489. Londres, 1840.
— W. L. HOLLAND. Crestîen Von Troies, Tu-
bingen, 1854.
Ce dernier ouvrage est le plus complet et l'un des plus remarquables qu'on ait publié sur Chrestien de Troyes.
Cligès.
manuscrits.
Paris. Bihl. nat.. No 1450.
— — No 794.
— — No 12560 (anc. no 1891, anc.
no 210 supplément français).
— No 375 (anc. no 6987).
— — No 1374 (anc. no 7498 ^).
— No 1420 (anc. fonds français, no 7518^).
Turin. Bibl. royale.
L'auteur se nomme au 23e vers (Ms. no 375) :
Donl cesl romant flst Gresliicns.
€t à la fin :
Ghi finist Toevre Grestiien.
Ce roman n'a pas été publié.
Il a été analysé avec quelques citations par Ginguené, W. Holland, etc.
Le chevalier au lion.
De 6 à 7 mille vers.
Paris. Bibl. nat., No 1450.
— — No 794.
— — No 12603 (anc. suppl. français,
no 180).
— — No 12360.
— BibL du roi Louis-Philippe. {V, Catalogue
de vente.) Bibl. du Duc d'Aumale. Un Ms.
Rome. Vatican. Ms. de la reine de Suède , no 1725.
L'auteur se nomme à la fin du roman, manuscrit Cangé, 73, vers 6897 :
Del chevalier au lyeon fine, Grestiensson romans ensi, elc.
niPRIMÉS.
-The Mabrcoghio^ by Lady Charlotte Guest.
6 vol. în-8o. Londres, 1838. T. m, p. 133- 214. — On y trouve le roman complet en 6760 vers d'après le manuscrit, n® 1891.
• W. nOLLAXD. Li romans dou chcvalitr au hjon. Hanovre, 1862. Roman complet en 6806 vers d'après le manuscrit no 794, ancien Cangé no 73.
Adelbert Eeller. Li romans dou chevalier au /ïon.Tubingen, 1842. Fragment de 20 pages:
le début du poëme d'après le manuscrit du Vatican.
-Keller. Romvarty 1844, p. 513-573. Même fragment.
-San Marte. Die Arthur Sage, Leipsig, 1842, p. 126-152. Une grande partie du texte y est publiée en regard de la traduction allemande de Hartman Van Aue.
Tarbé. Le Tournoiement de VAntéchristy Reims, 1851. On y trouve, p. 114-132, un fragment intitulé : La Forêt de Brocéliande.
Voir aussi Guinguené et Holland.
Le chevalier de la Charrette.
Environ 7000 vers.
Paris. Bill, vat., no 794.
— — no J2560.
Rome. Vatican. Manuscrit de la Reine de Suède,
no 1725.
Bibl, du Duc (VAumale. Un Ms. incomplet.
L'auteur se nomme au début, vers 25 :
Comnnce Cresliens son livre.
Il annonce qu'il écrit sur la demande de la
dame de Champagne :
Puisque nin dame de Champaigne Vieil que romans à faire anpraigne....
A la fin, Godefroid de Laigny {A lias : De Lamer
manuscrit no 1891), nomme Chrestien de Troyes
comme l'auteur du commencement du roman et
se nomme comme continuateur :
Godefroiz de Leigni, li clers,
A patTiaée la ciiareKe;
Mes nus liom biasme ne l'an mete
Se SOI' Creslien a ovré,
Car il l'a fel par le bon gré
Creslien ^ qui le commença, etc.
IMPRIMÉS
— Tarbé. Le roman du Chevalier à la charrette
par Chrestieîi de Troyes et Gode froid de Laicjvy, Reîms. 1849. Roman complet en 6989 vers d'après le manuscrit 1891.
— Dr W. J. A. JoNCKBLOET, Romati Van Lancelot, etc., La Haye 1849. 2 vol. în-4o^,2 col. — M. Jonckbloet a ajouté au Lancelot allemand une édition de Tœuvre de Chrestîen, d'après le manuscrit Cangé n» 73, avec les variantes du no 12560 et du manuscrit du Vatican.