‹ Bibliographie de l'histoire de Gand ... Répertoire méthodique et raisonné des écrits anciens et modernes concernant la ville de GandChapitre 31 sur 43 · Emploi des langues nationales · texte numérisé non relu

Emploi des langues nationales

294. Mr Godefroid Kurth dans les Appendices de son Mémoire sur La Frontière Linguistique en Belgique et dans le Nord de la France, Bruxelles, 1896-98, 2 vol. in-8° (dans Mémoires Couronnés de l'Académie de Belgique), a montré l'infiltration rapide du Français dans la partie Germanique de la Flandre. Mr H. Pirenne, Histoire de Belgique, t. I* (1901), p. 3i T-317, a ajouté de nouvelles preuves à celle du savant professeur de Liège. Cf. E. Bouchet, Causes de l'introduction de la Langue française en Flandre, dans Bulletin du Comité Flamand de France, 1904, p. 295-297.

Outre que la Flandre était un pays bilingue, que des mariages fréquents unissaient la noblesse et le patriciat flamand aux nobles et aux bourgeois wallons, la fréquentation de l'Université de Paris par les étudiants flamands dès le début du XIIIe siècle devait nécessairement répandre l'emploi du français dans les hautes sphères, d'autant plus que depuis Philippe d'Alsace la langue de la Cour de Flandre semble avoir été exclusivement la langue française. Ajoutons-y l'action de la Cour Ecclésiastique de Tournai. N'oublions pas surtout les efforts des princes flamands élevés

en France, de Louis de Nevers aux ducs de Bourgonge, pour franciser les actes de l'administration.

De bonne heure, des mesures durent être prises, des conflits s'élevèrent.

Au point de vue de la nécessité de l'emploi de la langue flamande dans l'administration ecclésiastique à Gand, voyez H. Pirenne, Histoire de Belgique, t. F, p. 3 16- 3i7.

Très souvent les Flamands exigèrent de leurs souverains des garanties pour l'emploi de leur langue, et spécialement sous les Ducs de Bourgogne. Pour Gand en particulier, voyez Ph. Blommaert, Inkuldiging van Jan Zonder Vrees te Gentin 1408, in Belgisch Muséum, t. I, p. 83- 98 ; cf. J.-Fr. Willems, ibid., t. II, p. 292 et 38ç ; Dagboek van Gent, t. I, p. 245 et 329 ; G:lliodts-van Severen, Inventaire de Bruges, t. III, p. 5io. N'oublions pas les stipulations du Grand Privilège de Marie de Bourgogne, plus haut n° 148, et aj. Gilliodts, Inventaire, t. VI, p. 120.

Par contre, le souverain obligea parfois de plaider ou de débattre en Français devant ses agents ; un exemple est dans Diericx, Mémoire sur les Lois, t. II, p. i38.

Pour l'éducation de jeunes Gantois en Wallonie et réciproquement, voyez les Mémoires de Jean de Dadizeele, édit. Kervyn de Lettenhove (Bruges, i85o), p. 1 ; Fr. De Potter, Gent, t. II, p. 79, n. ; cf. Du Cange, Glossarium infimœ et média latinitatis, v° Lingua.

Le dialecte gantois était sensiblement le même au Moyen-Age ; on trouvera la traduction gantoise de la Parabole du Fils prodigue dans J.-Fr. Willems, Belgisch Muséum, t. I, p. 206-208.

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