août et 13 septembre
Dans divers ex., le second n° 633 est marqué à la main 63 4 ; celui-ci manque, en effet, à la collection.
Les nos 524-528 (27 juillet-8 août 1791) ont été reconnus faux, ainsi que l'avait pressenti M. Hatin et que M. Chèvremont l'a surabondamment établi. (Index, p. 46 et 160-164.) Toutefois, ce dernier considère comme véritablement rédigés par Marat, qui les avait d'ailleurs admis dans son propre exemplaire, les n»» 524 du 20 juillet 1791 et 525 du 7 août; le premier y est même apostille de cette note curieuse : « Ce numéro, qu'il m'avait été impossible de me procurer après la fracture de mes presses, a été retrouvé dans la collection de d'Angremont, guillotiné le [21] août 1792. »
Marat avait, en vue d'une réimpression plusieurs fois annoncée de ses œuvres politiques, rassemblé la plupart de ses écrits, et cet exemplaire célèbre a eu lui-même des fortunes diverses; mais comme il renferme, ainsi que d'autres
exemplaires notables, — ceux de la vente Cas
provenant de Simonne Evrard, des ventes Renouard et Aerts, do M. de La Bédoyère (aujourd'hui à la B. N.) et de M. Pochet (aujourd'hui à l'Arsenal), — le Journal de la République française, fondé par Marat, le 25 septembre 1702, c'est-à-dire aussitôt après son élection à la Convention nationale, je renvoie au § 6 pour les particularités que présente chacun de ces exemplaires.
L'Ami du peuple a subi, on l'a vu, deux interruptions de quatre mois chacune, en 1790 et en 1791-1792. Ce fut pendant la première que se produisirent les contrefaçons les plus nombreuses et qui ont singulièrement exercé la patience des bibliographes (voyez ci-après, janvier, février, mars 1790) ; si l'on en excepte celle que Marat attribue à Clerraont-Tonnerre (voyez au *i janvier 1791) et qui eut une certaine importance, les autres tentatives de substitution ne nous sont guère connues que par un seul numéro, ou même par les dénonciations de Marat ; on les trouvera décrites à leurs dates respectives, ainsi que les continuations qui surgirent après la mort du publiciste.
' 10321. -- Petit Journal du Palais-Royal, ou Afûches, Annonces et Avis divers. Au Palais-Royal, de rimprimerie du Caveau, 1789, G numéros in-8». [N. Le* 244.]
Conunence le 15 septembre 1789. Le soustitre disparait au n» 5 et le titre du n» 6, « dédié à Messieurs les membres de l'Assemblée des Communes », est orné de cette épigraphe :
Il faut être homme et, d'une âme sensée, Avoir à soi ses goûts et sa pensée.
Le n» 1 a 32 p. (les dix premières sont occupées par un prospectus); le n» 2, 30 p. et 1 f. blanc; le n» 3, 22 p.; le n» 4, 19 p.; le n° 5, 24 p.; le n» 6 et dernier, très rare, en a 28.
Journal satirique, attribué à J.-B.-L.-M. DE La Rkynie de La Bruyère, par Barbier qui indique à tort 5 numéros au lieu de 6.
10322. — Magasin historique ou Journal général, contenant tout ce qui est décidé à l'Assemblée nationale, à l'Hôtel de Ville de Paris, dans les districts et les nouvelles authentiques de la province, etc., etc. Imp. V Hérissant, in-8°. [.Y. Le- 236.]
Le titre du n» 2 porte en plus : Dédié au diS' trict des Cordeliers,etc.. ainsi que des nouvelles intéressantes.
Rédigé par Guillaume-Marie-Anne Brune, le futur maréchal de France. Voyez les numéros suivants.
10323. — Journal général, dédié au district des Cordeliers, contenant tout ce qui est décidé à l'Assemblée nationale, à l'Hôtel de Ville de Paris, dans les districts et les nouvelles authentiques de la provmce, ainsi que des anecdotes intéressantes. (N»» 3-3. [18-23 septembre 1789.]) Imp. Grange [puis] V' Hérissant, in-8». [.Y. Le- 237.]
Suite du numéro précédent. Rédigé par Brune, avec la collaboration de Jacques-Louis Gautier de Syonnet, dit « le Petit Gautier », surnom qui s'appliqua bientôt couramment au journal même.
10324. — Journal général de la Cour et de la Ville, contenant tout ce qui est décidé à l'Assemblée nationale, à l'Hôtel de Ville de Paris et les nouvelles authentiques de la province ainsi que des anecdotes intéressantes. (No» VI. av. [24 septembre-
31 décembre 1789.]) Imp. V* Hérissant, in-8». [i\r. Lc«238.I
Suite des deux numéros précédents. Rédigé par Brune et Gautier. A partir du 16 décembre (n» LXXXVIII), les deux rédacteurs se brouillèrent et continuèrent le journal chacun de son côté. Voyez, pour la continuation de Brune, le n" 10328 ci-après.
Dans l'ex. de la B. N., comme dans la plupart des exemplaires connus, le n° LXXXIX est chiffré 89 et diffère des précédents et des suivants par la forme et les caractères : ce serait donc celui que Brune aurait publié aussitôt après sa rupture, et cependant il manque à sa propre continuation. Delisle de Sales, qui s'est beaucoup occupé de la constitution d'un exemplaire complet du Petit Gautier (voyez le n» 10327 cidessous), prétend que, pour parer ce jour-là aux conséquences d'une visite domiciliaire, la gouvernante de Gautier jeta au feu tout le tirage du numéro, qui sortait de dessous presse, et que l'auteur en fut réduit à expédier à ses souscripteurs le numéro de son concurrent. Je reproduis cette explication pour ce qu'elle vaut. Ce même numéro fut réimprimé plus tard par Delisle de Sales sur une copie du manuscrit original de Gautier; mais de Sales a oublié de dire si les deux textes étaient différents ou identiques.
10323. — Journal général de la Cour et de la Ville, par M. G*"*". (l"janYier-31 décembre 1790.) Imp. V' Hérissant, etc., 4 vol. in-8''. [JV. Le- 239. |
Suite des trois numéros précédents. L'initiale G*"*** disparaît du titre à partir du 18 décembre.
Précédé d'un Prospectus (in-S», 2 p.) orné, comme chaque numéro, de cette épigraphe :
Tout faiseur de journal doit tribut au malin.
La Fontaine.
M. Hatin a cité quelques passages d'un prospectus, selon lui extrêmement rare et différent, par la forme, sinon par le fond, de celui que possède la B. N., dont suit un extrait :
c II était diflicile, disait ce prospectus, de demeurer spectateur indifférent des scènes tour à tour ridicules et atroces qui se passent sous nos yeux... Il est inutile de faire ici l'énumération des objets qui seront traités tour à tour dans ce journal. Tous ceux sur lesquels l'intérêt du moment et les perpétuelles ondulations de la crise actuelle appellent les regards publics auront droit d'y trouver place successivement. Notre vœu le plus cher serait rempli bien agréablement si nous réussissions à faire sourire quelquefois ceux qui, grâce à la Révolution, auraient tant de raison de gémir... Il est permis sans doute à l'opprimé d'employer contre l'oppresseur l'arme du ridicule, mais en déchirant il faut qu'elle féconde et l'on ne doit faire grâce à la
plaisanterie qu'autant qu'elle enveloppe une vérité... L'extrême sévérité dont nous nous sommes fait une loi nous méritera sans doute la confiance des personnes honnêtes qui voudront bien distinguer celte feuille de ces archives de mensonges et de calomnies dont nos papiers périodiques ne sont que trop souvent le dépôt... »
Malgré ces belles promesses, le Journal de la Cour et de la Ville, assez insignifiant au début, ne tarda pas à s'émanciper ; bientôt même il dépassa de beaucoup les Actes des apôtres, le Journal pie et la Feuille du jour; il n'est pas un seul numéro où Barnave , Bailly, Camus, Mirabeau, Pétion, Robespierre, Villelte, d'Aiguillon, Mathieu de Montmorency, M"»" de Staël, etc., etc., ne soient vilipendés et diffamés en vers et en prose.
Parmi les collaborateurs de Sionest -Gautier, on cite JOURGNIAC DE Saint-MÉard et le chevalier Jean-Oltvier de Meude-Monpas. Stanislas MiTTiÉ fils rédigeait l'article des théâtres.
10326.— Journal de la Cour et de la Ville. (!«' janvier 1791-10 août 1792.) De l'imprimerie du Journal général de la Cour et de la Ville, 10 vol. in-S". [N. Lc^ 240.]
Suite des numéros précédents. Rédigé par les mêmes.
Même épigraphe qu'au numéro précédent.
Le premier numéro de 1791 est, par erreur, chiffré 93 et paginé 737-744, comme suite au n° 92 de 1790. Cette erreur est réparée à partir du numéro suivant, dont le titre ne porte plus « général ».
10327. — Journal général de la Cour et de la Ville. Imp. V Hérissant, etc. {'"'janvier 1790-29 février 1792, 10 vol. in-8°. [N. Lc2 241.]
Édition partielle dite « des colporteurs », par opposition à la précédente, connue sous le nom d'édition « des abonnés ».
Le texte est le môme, mais, dans ce tirage, l'entête renfermant un trait philo.sophique, historique ou satirique est remplacé par un sommaire destiné à être crié dans les rues.
Celte double publicité a certainement contribué à l'extrême rareté des collections complètes du Petit Gautier, car il arriva maintes fois que tel numéro fut saisi par les passants et jeté au ruisseau, sans nul souci de la propriété d'autrui ou du bénéfice du revendeur, ou bien encore il était l'objet d'un de ces aidodafé puérils, si fréquents alors (M. Hatin a cité, d'après la Chronique de Paris, le procès- verbal d'une de ces exécutions rédigé en bonne et due forme par les habitués d'un café obscur). Après le 10 août, ou pendant la Terreur, plus d'une collection fut volontairement anéantie, en prévision des perquisitions, par son possesseur ; aussi, vers 1800, le bouquiniste Collin (voyez
tome !«'■, Introduction, p. XXVI) ne craignait pas de mettre en vente, à 60C francs l'un, deux exemplaires du Journal de la Cour et de la Ville complétés au moyen de plusieurs copies manuscrites. Delisle de Sales, qui avait pressenti la valeur de ces innombrables pamphlets et journaux dispersés à tous les venls, profitant « de l'avènement d'un consulat réparateur » eut. alors l'idée , non seulement de combler les lacunes d'une feuille « qui avait marqué dans les annales hideusement mémorables de la Révolution française », mais de proposer une nouvelle répartition de la collection. Il exposa ses vues à cet égard dans une première Notice bibliographique sur le Journal de la Cour et de la Vdle, suivie (p. 9) d'un Suplémcnt. (S. l. n. d., in-8°, 16 p., B. N., Le- 238''''), refondue et abrégée dans une nouvelle Notice bibliographique sur le Journal du Petit Gautier. (S. l. n. d., in-8°, 4 p., B. N., Le- 243'").
« Un homme de lettres de la capitale connu par sa riche bibliothèque, y est-il dit, s'étant appliqué depuis vingt ans à rassembler près de mille journaux révolutionnaires, dont les trois cents plus célèbres sont complets, a cru devoir mettre quelque recherche pour perfectionner les collections de ce genre qui, soit par leur mérite intrinsèque, soit par celui des circonstances, ont le plus de droits pour fixer les regards. Voici ce qu'il a fait pour trois exemplaires du journal du Petit Gautier : il a fait imprimer avec soin un très petit nombre d'exemplaires des seize frontispices, en 4 pages, destinés à la division naturelle do l'ouvrage en seize volumes; mais, comme les années 1789 et 1790 ont des tomes trop forts, il a jugé convenable, pour satisfaire tous les goûts, d'ajouter quatre frontispices do supplément; ce qui fait en tout vingt frontispices. Cet homme de lettres a observé encore que, dans presque toutes les collections un peu connues, il y avait des numéros qui manquaient ou étaient écrits à la main, d'autres défectueux; cette imperfection se faisait surtout sentir dans les dix premiers de 1789, les plus rares de tous. ï\ s'est alors déterminé à faire réimprimer ceux qui manquaient ou étaient défectueux, pour leur donner une sorte de perfection typographique qui rendît plus tolérable le prix excessif attaché à la rareté. »
De ces trois exemplaires, celui que s'était réservé Delisle de Sales et qui formait vingt-deux volumes, fut adjugé 1 10 francs à sa vente posthume; c'est peut-être le même qui passa en 1875 à la première vente de M. Pochet-Deroche et qui renfermait un certain nombre de suppléments également représentés dans l'ex. de la B. N. M. Hatin signale un autre exemplaire (en dix-huit volumes) qui fut vendu 50 francs seulement à une vente D... R... (1840). J'ignore le sort du troisième.
Sur la question des deux tirages, Delisle de Sales n'hésitait pas à donner la préférence à l'édition dite des « colporteurs », dont les sommaires permettaient de dresser une table générale; il prétend même en avoir vu une a faite
«Tec intelligence par une jolie femme qui ne savait écrire que des billets doux ». Deschiens se déclare d'un c avis absolument contraire », parce que, dit-il, les annonces faites pour les colporteurs n'avaient que l'intérêt du moment et que les morceaux de prose ou de poésie qui remplaçaient ces annonces dans les numéros des abonnés sont souvent historiques et destinés en général aux lecteurs érudits. Il reconnaît toutefois la nécessité de recueillir les uns et les autres, ne fut-ce que pour juger combien ces titres sont inexacts.
Quant à la répartition proposée par Delisle de Sales et contre laquelle Deschiens s'élève également, elle est tout à fait arbitraire, et il faut s'en tenir à celle même que présente le journal et qui se subdivise ainsi :
1789. 15 sept.-3l déc, 104 numéros, 832 p.
1790. Janvier-mars, 00 — 720
— Ami-juin, 91 — 728
— Juillet-septembre, 92 — 744
— Octobre-décembre, 91 — 736
1791. Janvier-février, 59 — 494
— Mars-avril, 61 — 536
— Mai-juin, 60 — 478
— Juillet-août, 62 — 498
— Septembre-octobre, 61 — 488
— Novembre-décembre, 61 — 488
1792. Janvier-février, 60 — 480
— Mars-avril, 61 — 488
— Mai-juin, 61 — 488
— JuUlet-lO août, 41 — 328
L'année 1789 ne porte aucune tomaison; les trois suivantes sont ainsi réparties : 1790, tomes I-IV; 1791, tomes I-VI; 1792, tomes I-IV.
Voici enfin l'intitulé adopté par Delisle de Sales pour les vingt titres imprimés par ses soins :
Journal général de la Cour et de la Ville, connu sous le nom de Petit Gautier, commencé le 16 septembre 1789, poursuivi sans interruption jusqu'à la chutedu trône français, le 10 août 1792 et repris en 1797 au nombre de 108 numéros {le tout formant 16 volumes). A Paris. S. d. [B. N., Le- 243'>i».]
Quant aux vingt-cinq numéros de la feuille « collatérale » (celle de Brune), « ce serait, à en croire Delisle de Sales, lui faire trop d'honneur de la tirer de l'oubli pour chercher à la compléter. » Cet amer dédain cachait peut-être quelque dépit de collectionneur las d'une poursuite infructueuse. Voyez le numéro suivant.
10328. — Journal général de la Cour et de la Ville, contenant tout ce qui est décidé à l'Assemblée nationale, ce qui se passe à l'Hôtel de Ville, dans les districts, au Châtelet, ainsi que les nouvelles authentiques de la province, des anecdotes et tout ce qui est relatif au château des Tuileries. N"» 90- 114 (17 décembre 4 789-5 janvier 4790).
Paris, de rimprimerie du Journal générai, in-8». [^. Lc« 242.]
Continuation de BnuNE. Voyez le n» 10324 ci-dessus.
Les numéros de 1789 continuent la pagination de la série entreprise par les deux associés. Les numéros de 1790 ont chacun une paginatien distincte.
40329. — Le Furet parisien. A rHôlel de Ville, chez de La Hay, imprimeur de la Commune de Paris, par ordre des sieurs Vauvilliers, Blondel, Vinsendon et de Joly, etc.,
comp du sieur Bailly, avec r approbation
du sieur de La Fayette, 40 numéros in-8». [N. Lc« 245.]
Le premier numéro a pour épigraphe :
Je dévoSerai tontes vos intrignes : tremblez.
Les n'» II, III et X portent :
Je savais bien qae je vous dévoilerai?.
40330. — Le Fouet national. (22 septembre 4789-mars 4790.) S. /., 20 numéros in-8». [N. Le' 247.]
« On nous parle de liberté, dit un court Avant-propos, ce mot est vanté de toutes parts, et jamais nous n'avons été moins libres. Les délibérations de l'Assemblée nationale et des Communes de Paris ne tendent en aucun point à nous donner cette liberté si précieuse. Ce journal, qui parait tous les mardis de chaque semaine, est destiné à mettre dans leur véritable jour les opérations de ces deux illustres congrès. On y dénoncera les lois, les arrêtés, les décrets, les discours, les écrits contraires au bien public, avec le nom de leur auteur. Les idoles du temps ne seront pas épargnés s'ils (sic) font un faux pas.
« Chaque numéro de ce journal sera composé de deux feuilles in- 8». Ces feuilles défendront les droits de la Nation de la t)Tannie des représentants des Communes et de l'inconséquence des représentants de la Nation. »
D'après les Annonces de bibliographie moderne (II, 77), l'auteur serait mort au moment de la publication du dix-septième numéro et les trois derniers seraient d'une autre plume.
40334. — Le Spectateur patriotique ou Observations impartiales sur tout ce qui se dit et s'écrit, ou se fait journellement à Paris. (24 et 30 septembre 4789.) Imp. Momoro, 2 numéros in-8». (iV. Le- 2276.J
10332. — Objet du jour, Questions, Réflexions, Motions faites par un politique de la rue de Popincourt, journal pour lequel on ne souscrit point. Rue Puvée-Saint-Ajidrédes-Arcs, 22, 1789, 4 numéros in-8°. [N. Le* 2277.]
Chaque numéro a un sommaire différent.
10333. — Le Censeur national. Bureau du Pansien nouvelliste, in-S", 16 p. [iV. Le*
Le n» 2 (le seul que possède la B. N.) est précédé de cette note :
« Pour céder au vœu général de nos lecteurs, nous changeons le format du Censeur national. Il paraîtra dorénavant in-S», dans le format du présent numéro. Le premier dont nous avons fait une nouvelle édition in-8°, sera délivré gratis aux souscripteurs qui nous rapporteront le premier numéro in-4° ».
Pour le Parisien nouvelliste, voyez le numéro suivant.
10334. — Le Parisien nouvelliste. Paris, Cailleau [puis] Girouard, 1789-1790, in-4'> et in-S». [N. Le* 2279.]
La série in-4° a pour épigraphe :
Utilité, gaieté et véracité.
La B. N. ne possède de cette série que les no» VI (10 octobre 1789) et IX (17 octobre) et de la série in-8» que les n»» 21, 22, 23 (16, 18, 20 février 1790). Cette seconde série a pour titre : le Parisien nouvelliste et critique, journal anti-aristocratique, par une société d'hommes libres et vrais et pour épigraphe :
Patriotisme et véracité.
Le rédacteur était M. Waudin, avocat, rue de la Calandre, 63, celui-là même qui, peu auparavant, se prétendait ruiné par la cessation d'un premier journal (voyez n» 10276 ci-dessus) et qui fut plus tard l'un des plagiaires de l'Ami du peuple (voyez ci-après, février 1790).
M. Hatin, qui classe à la fois le Parisien nouvelliste aux années 1789 et 1790, attribue 9 numéros à la série in-4o et 21 à la série in-8°.
10335. — Journal de la ville, par une société de gens de lettres. (N°» 1-8.) — Journal de la ville et des provinces, ou le Modérateur, par une société de gens de lettres. (N»* 9-92. [1" octobre-31 décembre 1789.]) Paris, Maradan, in-i». [N. Le* 193. J
Suite du n° 10280 ci-dessus.
Rédigé par DE FoNTANES, de Flins et « un
membre très distingué de l'Assemblée nationale, chargé d'en rédiger les séances », suivant un premier prospectus. (S. l. n. d., in-S", 4 p.). Un second prospectus également joint à l'ex. de la B. N, {Paris, N.-H. Nyon, 1789, in.4», 4 p.) porte cette épigraphe :
Je n'ai point d'ennemis, j'ai des rivaux que j'aime. Voltaire.
L'ex. de la B. N. provenant de Barthélémy Mercier, abbé de Saint-Léger, qui fut l'un de ses rédacteurs, renferme plusieurs notes et corrections de sa main.
Le l" janvier 1790, le Journal de la ville et des p7'ovinces, prend pour titre le Modérateur. Voyez ci-après, à la date.
10336. — Gazette de Paris, ouvrage consacré au patriotisme, à l'histoire, à la politique et aux beaux-arts, (l*"" octobre 1789- 10 août 1792.) Paris, De Bray; Cailleau; Knapen et fils; J. Girouard, etc., 6 vol. in -4°. [N. Le* 255.]
Quotidien, Précédé d'un Prospectus (imp.
Cailleau, in-8o, 8 p.) daté du 18 septembre 1789. Les trente-trois premiers numéros (!«■■ octobre- 2 novembre) sont in-8o et forment 272 pages. Les no» 8, 14 et 15 manquent dans l'ex. de la B. N. La série in-4° commence le 3 novembre 1789. Le bureau du journal ayant été saccagé le 22 mai 1790, il n'y a qu'un numéro pour les 26, 27, 28, 29, 30 et 31 du mois. A partir du 13 juin 1792, les titres portent en plus : Par M. DE Rozoï, membre de plusieurs académies.
Le principal rédacteur de la Gazette de Paris était Barnabe Farmian Du Rozoy, poursuivi devant le tribunal institué le 17 août, sous l'inculpation de conspiration en faveur de la royauté. Du Rozoy désavoua hautement la rédaction du numéro du 9 août et montra, lors de sa condamnation et de ses derniers instants, une fermeté à laquelle le rédacteur même du Bulletin rendit hommage. Il monta sur l'échafaud le 25 août, jour de la Saint-Louis.
A l'ex. de la B. N. est jointe une table manuscrite renfermant un résumé mensuel des numéros de la Gazette du l^"" janvier 1790 au 10 août 1792; elle est terminée par une noie sur cette journée et sur Du Rozoy, datée de Beauvoir, 10 décembre 1806 et signée Mésange.
10337. — Annales patriotiques et littéraires de la France, et affaires politiques de l'Europe, journal libre, par une société d'écrivains patriotes et dirigé par M. Mercier. (3 octobre 1789-30 frimaire an III- [20 décembre 1794.]) Paris, Buisson, 2i vol. in-4o. [N. Le* 249.J
Quotidien. Précédé d'un prospectus. Au n» 34 3 (30 septembre 1790), les titres portent en plus :
et par M. Carba, un des auteurs; au n" 275 de 1792 : Par L.-S. Mercier et par J.-L. Carra, un des auteurs. Au n° 286, les deux rédacleurs prennent le titre de députés à la Convention nationale. L'année 1793 porte aux n" 70- 96 : Toujours dirigé par les vrais principes de la liberté, de l'égalité et de la République une et indivisible ; au n" 214 : Par L.-S. Mercier, député à la Convention nationale; au n« 276 : Par une société d'écrivains patriotes.
Epior.
Od peat acquérir la liberté, mais on n« la recoQTre jamais.
J.-J. RocssE&c, Contrat social.
Au n» 148 (27 février 1790), les épigraphes changent presque chaque jour et sont remplacées, à partir du 21 novembre 1792, par un sommaire.
Les années 1789-1791 comportent 820 numéros et 2410 pages. L'année 1792 a 366 numéros et 1640 pages. Du l»' janvier 1793 au 30 frimaire an III (20 décembre 1794), les Annales forment 718 nimiéros et 3436 pages.
Malgré l'énoncé du litre, JbaN-Locis Carra prit une part plus aciive que Mercier à la rédaction des Annales. Après le 31 mai, ils furent suppléés par un publiciste distingué ; Jeas- Baptiste Salaville (1755-1832), sur qui l'on a fort peu de renseignements biographiques. Carra monta sur l'échafaud le 31 octobre 1793: Mercier fut au nombre des députés proscrits. Quand il eut repris sa place à la Convention, il annonça sa rentrée au journal et la modi&cation du titre des Annales par cet Avis aux abonnés :
• Le c. Mercier, ayant jugé à propos de reprendre le titre d'Annales, prévient les abonnés à la Tribune des hommes libres que ses collaborateurs verseront (sic) leur travail dans les Annales patriotiques et littéraires qui paraîtront désormais, à commencer du 1" nivôse, sous le titre d'Annales patriotiques et littéraires , ou Tribune des hommes libres, journal de politique et de commerce, rédigé par L.-S. Mercier, député à la Convention nationale. »
Sur celte seconde série et ses suites, voyez ci-après, § 7.
10338. — Révolutions de Versailles et de Paris, dédiées aux dames françaises. (3 octobre-7 novembre 1789.) Paris, Gamery et Volland, 5 numéros in-8», 175 p. [N Le* 2281.]
La couverture imprimée sert de titre.
10339. — L'.\nii du peuple ou le Vrai Citoyen, par M. Jourdain de Sai.m-Ferjkci. (Octobre 1789.; Paris, l'auteur], rue du
T. II
Grand-Hurleur, w 22 {imp. L.-M. Cellot), 7 numéros in-8*. [N. Le* 2283.]
Epigr. :
ToQl ce qoi n'est pas défenda par U loi ne peat ém empêché.
An. 5 des Droits <U VhotHme^ Chaque numéro a 8 pages et un sommaire.
103 iO. — L'Écouteur aux portes. Paris^ Briand, 2 numéros in-S». ^iV- Le* 256.]
Chaque numéro a 8 pages et porte cette épigraphe :
Les mors ont des oreilles.
Un avis placé à la fin du premier numéro annonce que l'Ecouteur parait trois fois la semaine (chez Briand, hôtel de Villiers, rue Pavée- Saint-André-des-Arcs) et qu'il se publie à la même adresse l'Objet du jour, journal pour lequel on ne souscrit point (voyez ci-dessus, n" 10332). En léle du .second numéro, daté du 10 octobre 1789, une autre note prévient que le journal sera publié lous les jours « et surtout dans un moment où nous avons besoin d'être tout oreilles ».
10341. — Nouveaux Essais sur Paris, ouvrage périodique qui paraîtra tous les samedis. (10 octobre 1789.» Paris, Gastellier, 1789, in-8«, 26 p. [.V. Lb'» 7965.]
103*2. — Le Courrier de Paris ou le Publiciste français, journal politique, libre et impartial, par une société de patriotes. (14 octobre 1 789-14 mars 1790). /wp. Grange^ V' Hérissant, Senties, etc., 152 numéros, ou 3 vol. in-S». [N. Le* 258.]
A partir du n" 1 02, les titres portent en pins : Dirigé par M. S*" DB S****.
Epigr. :
iV«e Itdere, née admUui.
.\ l'ex. de la B. N. manquent les n«* 55 et 76.
10343. — Nouvelles de Paris, faisant suite à celles de Versailles. (16 octobre 1789- 31 décembre 1790.) Paris, rue du Hurcpoix, 24, 1789-1790, 526 numéros in-8».
[.V. Le* 155.]
Voyez le n» 10219 ci-dessus.
Le numéro du 19 octobre et tous les suivants portent en tête le numéro de la séance à laquelle ils correspondent et un sommaire qui varie nécessairement chaque fois.
10344. — Journal de la municipalité el
des districts de Paris, rédigé par F,-L. Bâtard (16 octobre 1789-26 juin 1791).
Voyez les n°* 5567-5572 ci -dessus.
10345. — Histoire de la Révolution présente, ou Mémoires périodiques, impartiaux et fldèles, pour servir à l'histoire de France pendant les années 1789 et suivantes, par M. C***, sous la direction d'une société de gens de lettres et d'amis du bien public. Paris, Petit, 1789, in-S». [N. Lc^ 264.J
La B. N. possède le prospectus et le n» 1, du 19 octobre 1789, qui, d'après un Avertissement, imprimé sur un feuillet séparé, avait été distribué gratis afin que MM. les souscripteurs sussent à quoi s'en tenir sur le mérite de l'ouvrage.
10346. — Annales politiques et nationales, commencées du jour de la translation des États-Généraux de Versailles à Paris. Contenant toutes les délibérations de l'Assemblée nationale, avec des réflexions philosophiques, anecdotes curieuses et intéressantes, événements remarquables dans les provinces et la capitale , et généralement tout ce qui peut piquer la curiosité du public. Parw, au bureau, rue Saint- Andrédes-Arcs, n° 72, in-8°, 7 p. [N. Lc^ 263.]
Les premiers mots du titre sont eux-mêmes précédés de cette épigraphe :
A la liberté française.
La B. N. possède le n" 1 , du 20 octobre 1 789. Annoncé comme quotidien.
10347. — L'Ami des honnêtes gens ou l'Optimiste. (20 octobre-2 novembre 1789 ) Paris, Gamery, [puis] Desray, 5 numéros in-8°. [N. Le- 266.]
Annoncé comme devant paraître trois ibis par semaine.
Epiqr. :
Atultum sapit qui nihil teinere crédit.
Savoir douter, c'est un grand art.
10348. — Le Rôdeur français. (20 octobie 1789-mars 1790.) Chez M. le Rôdeur, rue des Maçons, n° 14, 43 numéros in-8°, 492 p. [N. Le** 267.]
Epigraphes différentes à chaque numéro.
Par Guillaume-Thérèse-Mathieu Ville- NAVE, selon la France littéraire de Quérard et selon Barbier, qui ajoute : « L'auteur a signé l'Epltre. » Cette épitre manque dans l'ex. de la
B. N. En tète du n» 5, on trouve cet Avis au lecteur :
« Les Romains disaient : Pauem et ludos circenses; les Français disent : Du pain et des nouvelles. Nous devons donc céder aux désirs du public et faire do notre Rôdeur un franc gazetier. Cela l'obligera de resserrer les extraits qu'il se proposait de faire des brochures du jour; il se contentera dorénavant de faire connaître les plus saillantes. Et comme les colporteurs peuvent seuls faire la réussite d'un journal, et «lu'ils ont désiré qu'on mit une table des matières à la tête de chaque numéro, il a bien fallu céder aux désirs de MM. les crieurs jurés de la Révolution et imiter en cela les feuillistes de la capitale. »
Les n"* 6 et suivants ont chacun un sommaire. Au n° 35 (25 février 1790), le titre change et devient celui du numéro suivant.
10349. — Le Rôdeur, réuni au « Chroniqueur secret de la Révolution ». (N°» 37- 39.) Rue de Harlay, n» 15, in-8<'. [JV. Le* 268.
Suite du numéro précédent.
Aucun bibliograplie n'a pu jusqu'à ce jour trouver trace du Chroniqueur &ecret : « Il était si secret, lit-on en tête du n» 35, qu'il n'était connu de personne ; mais il n'était pas moins ambitieux de l'être. Il a cru y réussir en s'amalgamant avec le Rôdeur qui consent à lui laisser montrer périodiquement au public cette dent impartiale et cuisante dont parle l'abbé Mulot dans son discours sur le serment civique, prononcé le 14 février dans l'église de Notre- Dame, -a
Cette combinaison (si tant est que ce ne soit point une supercherie imaginée par Villenave pour attirer l'attention du public) ne porta point bonheur à sa feuille, car elle dut bientôt transporter son bureau au Journal yénéral de la police et des tribunaux qui recueillit la succession, ainsi que l'annonce le paragraphe final du n' 43 :
« Le Rôdeur, si agréablement chéri, fêté et recherché dans la capitale et les provinces depuis près de six mois, se voit forcé à regret de suspendre ses courses jusqu'au l'ornai prochain. Il invite les curieux de porter en attendant leurs souscriptions chez M. Gaudray, notaire, au coin de la rue des Tournelles, ou chez M. Hérault, imprimeur, rue du Harlay, n" 15, au Marais, et si elles sont suffisantes pour couvrir les frais d'impression, le Rôdeur continuera de rôder a perte d'haleine et s'efforcera de mériter les suffrages flatteurs dont on l'a constamment honoré ; dans le cas où le produit des souscriptions serait insuffisant, l'argent sera rendu aux souscripteurs. On offre jusqu'à cette époque, à ceux dont l'abonnement n'est pas encore fini, ou leur remboursement, ou le Journal de la police et des tribunaux, feuille très intéressante, et qui, rédigée sur un nouveau plan, réunit l'agréable à l'utile. »
10350. — La Sentinelle du peuple. (22-28 octobre 1789.) Paris, Belin, 6 numéros in-8». [iY. Le* 2287.]
Annoncé comme quotidien.
10351. — Courrier de l'Assemblée nationale. Imp. Gttillaume et C. Voltand, in-S». [N. Le* 270.]
La B. N. possède les n"* II et III (30 et 31 octobre 1789. Séances du 29 et du 30). Chaque numéi'o a 8 pages et un sommaire.
Le journal est annoncé comme quotidien.
10352. — Le Colporteur national, dédié aux Français patriotes. Par M. L. S***. V' Guillaume, 1789, 2 numéros in-S», 23 et 24 p. [N. Le- 2o7.]
Annoncé comme devant paraître deux fois par semaine. Il y est rendu compte, entre autres objets, des séances de l'Assemblée du 30 et du 31 octobre 17S9.
10353. — Les Actes des apôtres. (2 novembre 1789-oclobre 1701.) 311 numéros ou 11 vol. in-8o. [iV. Le* 273.]
Chacun des dix premiers volumes, ou Versions, contient : 1» une planche gravée; 2» une introduction; 3" trente numéros; 4» un épilogue. Le onzième volume comprend seulement onze numéros, plus six livraisons portant le titre de Petits Paquets.
Version l'*. Commencés le jour des Morts, et finis le jour de la Purification.
L'an de la liberté 0 (1789).
En regard du titre, médaillon satirique représentant d'un côté Lameth donnant l'assaut au couvent des Annonciades, et de l'autre Albert de Rioms luttant avec un seul navire contre quatre vaisseaux anglais. Prospectus (7 p.) Introduction (13 p.) : Tableau de lu position de la France pendant la jeunesse de Charles V, dit le Sage. N»» 1-30. Epilogue.
Version 2«. Commencés le jour de la Purification, et finis le jour de la Mi- Caréme. L'an de la République sanctionnée Z*'.
En regard du titre. Ouverture du club de la Récolution. Introduction (26 p.) : Fragments de l'histoire du XVII' siècle. Explication de l'estampe (8 p.). N" 31-60. Epilogue.
Version 3«. Commencés à la Mi-Carème, et finis la semaine de la Quasimodo. L'an de l'anachie /«'.
En regard du titre, la Douleur de Target ou les Travaux d'Hercide. Introduction (18 p.). Le Tableau de comparaison. Continuation de l'histoire de Charles /*••, loi d'Angleterre, pour servir de suHe au Tableau parlant. Explication de l'estampe (l'i p.). N'o» 01-90. Epilogue.
Version 4*. Commencés le jour de la Quasimodo, brûlés la veille de la Pentecôte, et finis à la Trinité. L'an des municipalités.
En regard du titre, les Grands Comédiens du cirque de Pantin. Introduction (32 p.). Le Tableau royal, continuation de Vhisloire de Charles /«■■, roi d'.Xngleterre, pour servir de suite au Tableau parlant ou au Tableau de comparaison. Explication de l'estampe (11 p.), plus deux fables ({e Lion terrassé et le Succès et l'Eitime et un .\vis en prose annonçant la publication (restée à l'état de projet) d'une introduction générale renfermant les faits et gestes de la Révolution depuis le mois de mai jusqu'au !«•■ novembre 1789.
Version 5*. Commencés à la Trinité, et Gnis à l'Assomption. L'an de la Fédération .
Eu regard du titre. Un bon averti en vaut deux (dans Uex. de la Réser\e de la B. N., une .seconde épreuve coloriée). Introduction : le Tableau de rapprochement, 64 p. N"» 121-150. Epilogue. Entre le dernier numéro et l'épilogue, dans l'ex. de la Réserve, est intercalée une brochure intitulée : Dialogue entre le sieur Quickly cl il. Amen, déjà décrite tome I*', n" 1566 de la Bibl ographic, et ornée du frontispice dont il a été question.
Version 6«. Commencés à l'Assomption, et finis le jour du salut de la France, c'est-à-dire le 6 oc;obre. L'an des assignats.
tu regard du titre, « /i (le Génie du patriotisme] fait naitre les fleurs et brûle les soucis. » Introduction (47 p.). P. \, le Tableau de perspective, la Voix du temps ou Révélation du Père Théophile, capucin. P. 39, Explication de l'estampe. N»* 151-180. Epilogue. Dans cet épilogue, les auteurs se plaignsnt vivement des contrefaçons dont ils étaient victimes.
Version 7*. Recommencés le jour des Morts, et finis le jour des Innocents. L'an du schisme.
En regard du titre : The Roial Hunt (pi. signée Webrb, sep. fecit, London, 1790}, Introduction (43 p.) : le Tableau d'imagination ou le Rêce d'un franc démocrate. N"' 181-210. Epilogue. Dans l'ex. de la Réserve de la B. N., sont intercalées une brochure intitulée : Étrennes patriotiques ou Récapitulation exacte et impartiale des bienfaits de l'.Xssemblée nafiona/e, déjà décrite tome I«' de la Bibliographie, n° 3124. et une grande caricature contre le duc d'Orléans intitulée : Symptoms of rcgenerated courage, avec légendes également en anglais.
Version 8*. Commencés à Noël et finis le Mardi- Gras. L'an des jurés et des jttreurs.
Eu regard du titre : Le Ruyal-Lotds. Introduction (.>4 p.) : Le Tableau de marine ou les Voyages de la Liberté, suivi d'une table : Les Trois Ordres de l'aristocratie. N'» 211-210. Epilogue.
A la fin du n» 240, musique gravée et texte de deux chansons : Couplets à La Fayette et Apparition de Nicodème Target aux Amis de la constitution. Dans l'ex. de réserve, on trouve la Lettre de Beuvin aux auteurs des Actes des apôtres; voyez ci-dessous, n» 10355.
Version 9«. Commencés à Mardi-Gras et finis a l'Assomption 1791. L'an de la mort du grand homme.
En regard du titre : Buste de Mirabeau, de profil à gauche, plutôt embelli que chargé, mais accompagné de ces deux vers :
Vendidit hic au.ro patriam, dominumque furenter Deposmt : fixit leges prelio atque refixit.
Introduction (56 p.) : Le Tableau de fantaisie ou les Après-Diners de Pluton. P. 53,iVoé/ nouveau ou Apothéose du grand homme [Mirabeau]. No» 241-270. Epilogue.
Version 10«. Commencés à l'Assomption et finis à la Saint-André 1791. L'an de la démocratie royale acceptée librement.
En regard du titre : Ainsi va le monde. Prospectus des tomes X, XI et XII et Complainte du bonhomme Lefbaxc, ci-devant un des douze apôtres (4 p.). Introduction (55 p.). Tableau de la nouvelle école française ou Réflexions civiques sur l'analyse [prétendv.e] raisonnée de la Conslilution fran<:aise décrétée par l'Assemblée nationale, de Stanislas do Clermont- Tonnerre. P. 47, Les Loups démocrates, fable, et épigrammes diverses. P. 54, Explication de l'estampe ; plus, dans l'ex. de la Réserve, une sôcuude estampe : Brissol mcltant ses gants (les volant dans la poche d'un passant). N»» 271- 300. Epilogue.
La il* version n'a pas de titre collectif et s'arrête au n» 311. Dans l'ex. de réserve, le no 301 a été, par une erreur du relieur, placé avant le n° 300 et l'épilogue. Cette version inachevée renferme dans le même exemplaire quatre planches : N» 303. Le Ministre Linotte [Narbonne] déclarant la guerre à la 7ïoblesse française, aux frères du Roi et à tous les peuples de VEurope et la Chute du ministre Linotte. No 304 (Aqua-tinta) . Un monstre tenant dans sa gueule l'extrémité d'une sorte de chapelet dont chaque grain est un décret de l'Assemblée nationale. No 306. Activité constitutionnelle du commerce de Bordeaux.
M. de La Bédoyère avait également admis dans cet exemplaire, formé avec tant de soin, les « petits paquets », qui doivent d'ailleurs y figurer à raison même de leur titre : Supplément aux Actes des apôtres, les Petits Paquets ou Collection d'anecdotes historiques et réjouissanle* à l'usage des gens d'esprit qui n'aiment pas les clioses trop sérieuses. Chacun de ces six suppléments a quatre pages (sauf le no 5 qui en a huit) et porte cette épigraphe parodiée :
Un paquet iaslruit mieux que ne fait ua gros livre. (VoLTAiRB, Ifs Trois Afanières.)
[Le véritable vers commence par : Le Ihéàlrej. ^
M. de la Bédoyère les avait classés après les no» 271, 272, 273, 274, 275 et 286, mais d'ordinaire on les trouve réunis à la fin du tome X ou en tête du tome XI. Le même amateur avait joint à son exemplaire, et classé après les no» 310-311 un Supplément aux Actes des apôtres (S. l. n. d., in-S", 8 p.), satire en vers contre Pelletier et ses collaborateurs.
« Nous n'ouvrons pas une souscription pour nos Actes, disait une note placée à la fin du premier numéro. Il est possible que la matière soit assez abondante pour livrer tous les jours un chapitre à l'impression; mais nous ne voulons pas prendre d'engagement : nous connaissons notre paresse, et nous ne savons pas jusqu'où peut aller l'activité héroïque des honorables membres de l'Assemblée. »
Les Actes se vendirent donc d'abord isolément chez Gattey, à raison de 6 sols le numéro. Ce fut seulement après la publication du 56« (aucun d'eux n'est daté) que les auteurs, pour mettre obstacle aux contrefaçons dont ils étaient victimes et enhardis, d'ailleurs, par le succès, lancèrent un Prospectus d'abonnement (in-S», 7 p.) qui manque à beaucoup d'exemplaires ou que l'on trouve en tête du troisième volume. Ce Prospectus est orné de trois épigraphes dont la première, placée sur le faux-titre, vise précisément les contrefacteurs :
f Quid domirii facient, audent cum talia fures ? ^ Une souscription.
La seconde épigraphe est aussi euîpruntéo à Virgile (.-Enéid, 1. IX), et la troisième équivaut à un programme dont les deux premiers termes seuls sont justifiés :
Liberté, Gaieté, Démocratie royale.
« Les bontés de la nation, la méchanceté des aristocrates, les plaintes de nos frères et le brigandage des contrefacteurs, les citoyens passifs lies quatre-vingt-trois départements, qui, non contents de nous voler, veulent bien encore nous défigurer, tout détermine les directeurs de la Société des Actes des apôtres à ouvrir enfin une souscription pour un ouvrage national dont la réputation, liée à celle de nos augustes législateurs, est assurée d'une manière aussi stable que les bases de la nouvelle Constitution qu'ils viennent d'imposer à la France
« Nous annonçâmes, en commençant ces Actes, que nous n'osions pas ouvrir de souscription parce que nous connaissions parfaitement notre paresse, et que nous ne savions pas jusqu'où pouvait aller l'héroïque et infatigable activité de nos honorables souverains. L'expérience a démenti nos craintes ; mais, néanmoins, la profonde connaissance que nous avons des droits de l'homme ne nous permettra jamais d'aliéner notre liberté au point de nous engager à faire paraître un chapitre tous les matins. Nous n'aurons jamais la prétention d'égaler
Cet heureux Dinocheau, dont la fertile plume Peut tous les mois sans peine enfanter un volume.
Dinoclieau dirigeait le Courrier de Madon (voyez le n» 10358 ci-dessous).
Le prix d'abonnement était fixé par volume ou « version » à 12 livres « en espèces sonnantes et non autrement » et à 13 livres 10 sols pour la province. Les assignais ne devaient être reçus « qu'à l'époque où ils auraient fait monter le prix d'une salade à 20,000 livres ». Bieo que la périodicité fût fort irrégulière, /es.Ac/ps durent paraître environ tous les deux jours, puisqu'en moins de deux ans ils comportent 311 numéros. Les livraisons ont tantôt huit, seize ou vingtquatre pages, mais quelques-unes en comptent jusqu'à cinquante ou soixante ; d'autres fois encore, il fut expédié aux souscripteurs plusieurs numéros à la fois , renfermant le texte entier d'une brochure, sinon même d'un volume.
Au coui-s d'un procès scandaleux intenté en 1816 par un nommé Biennais à son calomniateur Barruel-Beauvert, l'avocat de celui-ci l'avait présenté au tribunal comme l'un des rédacteurs des Actes des ap6tres, confondant, à de-rsein ou par ignorance, la première feuille de ce nom avec celle que Baruel-Beauvert avait, en effet publiée sous le même titre en 1796 (Voyez ci-aprè?, § 8).
Dans une lettre datée de Londres, 5 août 1816, et publiée par le Congtitutionnel du 13 du même mois , le fondateur des véritables Actes des apôtres, JacQUES Pfltier, de Nantes, nia énergiquement la iiarticipation de Barruel-Beauv<^rt et donna !a liste de ses collaborateurs, liste d'autant plus précieuse, que la plupart des articles, satires, épigrammes et vaudevilles des Actes sont anonymes. Peltier désigne le comte dk Laxgeron (1772-1858) (frère du lieutenant-général au service de la Russie, qui porta les armes contre la France à Austerlilz et en 1814), le comte DE Lauraguais, RiVAROL,' Bergasse et d'autres personnages inflniment plus obscurs : Régnier, en qui M. Pellet croit reconnaître le futur duc de Massa, ni' Mesnil-Dchand, Georges d'Aibonxeoud'Ea i- BONXE, Bevii.i.e, Langlois, Artaud, l'abbé de La Bintixaie, le chanoine TuRMiîSiE. A celte liste, on peut ajouter .\lexandre de Tilly. auteur de plusieurs fragments satiriques, entre autres d'un Bouquet au colonel Rosolin [La Fayette], satire accompagnée dans l'ex, La Bédoyère d'une caricature à l'aqua-tinta : le .Sjns-Tor/, et aussi la duchesse de ViLLEROY, née d'Aumoxt, qui. d'après une notice nécrologique, signée C... (Annuaire a-iministratif et statistique de Seine-et-Oise pour 1817. p. 352- 356). avait contribué par des vaudevilles aux Actes et au « Petit Gautier ». 1! est assez sing:ulier, d'ailleurs, que Peltier ne cite dans cette lettre ni Scleau, qui, non content de prendre à la rédaction une part active, se chargea de l'administration du journal après la défection de Gattey, ni Champcenetz, ni Mirabeau cadet, ni MoNTLOSlER, qui tous, cependant, avaient apporté à ce pamphlet leur coopération, légère ou sérieuse ; car, sans parler des introductions de chaque f version », les Actes se piquaient par-
fois — aux jours de disette — d'une gravité inattendue et les amateurs de scandales ne devaient pas être peu désappointés lorsqu'ils recevaient d'interminables communications de Beh- Oasse (lettre au président de l'Assemblée sur le serment de constitution (n» 35) ; lettre à Dinochoau, rédacteur du Courrier de Madon, n"»» 40-41), enfin discours sur les crimes de hante trahison (n*'* 62, 63, 64), ou bien le Projet de contre-révotution de MoXTLOSiER (n»» 193- 198;, ou bien encore le Tableau de la nouvelle école française ou Réflexions civiques sur l'analyse [prétendue] raisonnée de la constitution décrétée par l'Assemblée na/ionafe, de Stanislas de Glemiont-Tonnerre, formant l'introduction du tome X.
Lauraguais et Champcenetz n'ont point trouvé en ce siècle d'éditeurs que la tâche aurait eu cependant de quoi séduire, et qui auraient eu à extraire des Actes ce qui leur appartient en propre; Rivarol, on l'a vu plus haut (n»* 10241- 10248), n'a guère, en somme, été mieux partagé. Sa principale contribution aux Actes fut sans doute cette prétendue Lettre du baron de Grimm à Volney, qui en forme le n» 306 et sur laquelle on peut consulter, outre les Écrits rassemblés par Malassis, la plus récente édition de la Correspondance littéraire de Grimm (tomeXVL p. 262-266).
Quant à l'esprit bien connu qui inspirait les I apôtres », il suffira de dire que le journal fut suspendu, de l'aveu même de Peltier, sur l'ordre formel de Louis XVI. et de renvoyer le lecteur aux abondantes citations que renferment l'Hisloire des journaux de Léonard Gallois (tome !•', p. 451-489), un article d'Eugène Despois dans la Liberté de penser (1849, tome III), le livre de M. de Monseignat (cf. n" 101 05), /'Histoire de la presse de M. Hatin (tome VII), et surtout la monographie de M. Pellet (Cf. n» 10111).
Sous les cotes Le- 273 A-I., la B. N. a enregistré de nombreuses réimpressions partielles de diverses versions ; la seule qui ait quelque in:érèt au point de vue bibliographique fait l'objet du numéro suivant.
On trouvera décrites à leurs dates respectives les réfutations ou continuations des Actes des apôtres et dont les litres rappellent plus ou moins celui-ci. La B. N. possède, sous la cote Le* 27H bis, les n" 4-12 d'un pamphlet périodique publié à Toulou.se : les Quatre Êcangélistes ou Supplément aux Actes des apôtres, qui n'est rappelé ici que pour mémoire.
10354. — Les Acles des apôlres. Paris, Van de la Liherlé 0. etc. 20 vol. in-12. [.V. Lc« 273 C]
Contrefaçon (exécutée par Beuvin ; voyez le numéro suivant) dans laquelle ne sont reproduites ni les gravures, ni la musique de l'i-dilion originale.
10355. — Lettre aux autours des « Actes
des apôtres ». Pain, S. d., in-8», 8 p. [A', Le- 274"!^]
Signé : Belvin, marchand de nouveautés, galeries de bois, n" 266.
Réponse au Prospectus pul>lié avec le n» 90 (voyez ci-dessus, n" 10353, 8« version, et le numéro précédent.
10356. — Morceaux choisis des « Actes des apôtres )>, commencés le jour des Morts, et. finis le jour de la Purification, dans lesquels on y a joint des notes très curieuses pour rinlelligence des étrangers, qui ne se trouvent point dans l'édition originale. Tome I. Londres, Robertson, 1790, in-12, XIl-276 p. [N. Le* 274.]
D'après un Avis de l'éditeur, p. VIII, ce volume avait le mérite de réunir à un prix modique tout ce que cet ouvrage contient d'excellent dans les 45 premiers numéros et deux autres volumes étaient annoncés comme en préparation.
Les notes promises par le titre n'existent pas.
10357. — L'Union ou Journal de la liberté. (2 novembre 1780-10 avril 1790.) Paris, inip. V'Delar/uette, 72 numéros in-fol. [N. Le* 270. — Ars. Jo., 157.]
Dans l'ex. de l'Arsenal est relié un prospectus in-folio (en français et en anglais), qui manque à celui de la B. N. Par contre, les quatre premiers numéros, également rédigés en français et en anglais, n'existent pas à l'Arsenal.
L'n second jirospecius ^in-i°, 2 p.) annonce qu'à partir du 13 novembre le journal sera publié en français seulement, les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine.
Chaque numéro porte, accolés à droite et ;i gauche du titre, le blason de la Ville de Paris et un autre écu, dont je n'ai pu déterminer la signification (d'argent à la croix de gueule cantonné, au 1, d'une épée en pal), surmonté d'une pique et d'un bonnet phrygien et orné de cette devise : la Bonne Cause, ou The Cause; audessous, deux mains unies.
Les origines de ce journal, le premier dans la presse française qui ait adopté le format infolio, sont demeurées obscures et les noms de ses rédacteurs ne sont pas mieux connus. On l'a tour à tour attribué à ROBESPiERBE et à MONTJOIE; la première supposition est beaucoup plus vraisemblable que la seconde, mais jusqu'à ce jour la preuve n'en a pas été faite. M. Ernest Hamel (Histoire de Robespierre, I, 218), qui donne à l'Union 69 numéros seulement, dit avoir eu entre les mains une lettre écrite de Londres à Robespierre par un certain P. de Cugnières en novembre 1790 et relative au fâcheux effet produit en Angleterre par les menées de la cour de France. M. Hamel suppose que l'auteur de cet'e lettre était à Londres le cor-
respondant de l'Union et ne semble pas mettre en doute la collaboration de Robespierre à cette feuille dont le but était de défendre « les principes consacrés [lar l'Assemblée nationale dans la Déclaration des droits de l'homme «.Plus tard, parait-il, des démarches furent faites auprès des rédacteurs en vue de modifier la ligne politique qu'ils s'étaient tracée. Ils s'y refusèrent et, après échange de récriminations imprimées, il y eut rupture complote entre eux et leur principal bailleur de fonds, un sieur Marshall, « marchand mercier, rue df! la Comédie-Française, qui, témoin dans sa boutique du succès qu*avaient eu l'été passé les colporteurs patriotiques, dont la voix stentorée l'avait souvent tirée de cette stupeur dont il est habituellement frappé, imagina vers le mois d'août qu'une entreprise de feuilles de ce genre serait infiniment plus avantageuse qu'un magasin dont la gestion lui pesait pour plusieurs motifs ». Le 12 mai 1790^ les rédacteurs — qui ne se nomment pas — reprirent leur publication sous le titre dé Journal de la liberté (voyez ci-après, à la date). Ils promettaient dans un nouveau prospectus, dont j'ai tiré les renseignements qui précèdent, de combler la lacune du 19 avril au 12 mai par un supplément gratuit; mais cette promesse ne fut pas tenue.
10358. — Courrier de Madon à l'Assemblée nationale (2 novembre 1789-29 mai 1791). Galtey, 1789-1791, 19 volumes in-8».
[N. Lc^ 279.]
La numérotation du journal recommence à chaque mois. Le volume de novembre 1789, que Deschiens ne connaissait pas et qui a longtemps manqué à la B. N., y est représenté aujourd'hui par un ex. provenant de La Bédoyère. 11 existe aussi dans l'ex. Bailliot, acquis par Leber et appartenant à la Bibliothèque de Rouen, mais cet ex. s'arrête au 31 mars 1790. A la fin du n° 11 de novembre 1789, une note annonce «'que le Courrier national (voyez n" 1 03 1 1 ci-dessus) sera désormais réuni à celui de Madon, qui est toujours rédigé par le même auteur ».
Cet auteur ou rédacteur est Jacques-Samuel DiNOCHEAU, né à Blois le 27 juillet 1752, mort à Orléans le 1«' février 1815, député du tiers en 1789, président du tribunal criminel de Loir-et-Cher en 1791 , procureur de la commune à Blois l'année suivante, et qui occupa en dernier lieu une charge d'avoué près de la cour d'appel d'Orléans.
Quant au titre du journal, il fait allusion au hameau de Madon, commune de Candé (Loiret-Cher), dont le nom avait déjà servi à Lauzières de Thémines, évêque de Blois, pour exposer ses vues sur les réformes, au moment de la convocation des États-Généraux, dans une brochure qui fit alors beaucoup de bruit : Instructions et Cahier du hameau de Madon (S. t. 1789, in-8".)
DU i" AVRIL 1789 AU 10 AOUT i7M
10359. — Bulletin (6 novembre-28 décembre 1789.). S. /. n. rf., in-4».
Dans la vente de M. M***, ancien ofllcier supérieur du génie (voyez tome I»"" de la Biblioîjraphie, p. LXIII), figurait un exemplaire du Réviseur universel et iTnpartial,accompagné d'une note rédigée par l'expert Pierre Le Blanc, d'a- I rès laquelle ce journal aurait d'abord paru manuscrit et sans titre, du 13 février au 30 octobre 1789, au nombre de 73 numt-ros, en forme de lettres gravées en taille-douce avec peu de soin et imitant l'écriture. A la lettre du 30 octobre était joint un petit billet manuscrit contenant ceci : « La presse étant libre, on imprimera si vous le désirez. Il en résultera : 1» moitié plus do nouvelles; 2» franchise de port. Réponse, s'il vousplait. »
Au cours de ses recherches, M. Hatin avait constaté la présence, dans la Réserve des imprimés delà B. N.,d'un bulletin manuscrit gravé, commençant au 6 janvier 1787 et finissant au '25 décembre 1789, mais qui, d'après certaines énonciations, devait remonter à une date plus ancienne. En même temps, M. Ménélrier communiquait à M. Hatin le prospectus anonyme d'un bulletin avantageusement connu, parait-il « depuis dix ans » sous le nom de a Bulletin de M™" de Beaumont et Journal des journaux ». Ces deux indications, rapprochées de la note du catalogue M*", avaient permis à M. Hatin de proposer une identification au moins très vraisemi)lable entre les; parties manuscrites et imprimées décrites par Le Blanc, le bulletin manuscrit de la B. N. et les fragments du journal imprimé, signalées par le catalogue LairtuUier (n» 346), ou retrouvées chez M. Ménétrier.
La corrélation, en eiïet, n'est pas douteuse. Toutefois il est à noter que, selon le catalogue M***, le Bulletin aurait paru imprimé en caractères italiques, du 6 novembre au 28 décembre 1789, tandis que, dans le recueil de la B. N. (coté Le* 2225, Réserve, ex. relié en veau aux armes des Montmorency) , les lettres portant ces dates extrêmes sont gravées en taille-douce de même que les précédentes.
L'ex. de la vente de M*** fut adjugé 125 fr. et depuis lors on en perd sa trace. Il embrassait la période du 13 février f789 au 10 août 1792 sous des titres divers, qui seront reproduits cidessous à leurs dates respectives. J'emprunte à la même source les indications du présent numéro et celles du suivant.
10360. — Bulletin et Journal des journaux (!•' janvier-27 septembre 1790). S. /. n. d,, 78 numéros in-40.
D'après le catalogue M"*. Voyez le numéro précédent.
M. Ménétrier possédait de cette série le n" 27 du 3 avril 1790, et un prospectus relié en tète du numéro suivant dans l'ex. de la B. N.
10361. — Le Bulletin et Journal des journaux, Réviseur impartial du pour ou du contre (1" octobre 1790-30 septembre 1791). Chez J/"» de Beaumont, rue de Bièvre, 43. S. d., in-4°. [N. Le* 629.]
Suite des deux numéros précédents.
Divisé en deux séries de 40 et de 117 numéros correspondant aux deux années.
La première série manque à la B. N. La seconde série y est complète. On a relié en tète le prospectus suivant, communiqué par M. Ménétrier à M. Hatin, et qui porte pour épigraphe :
Noos prometloDS beaucoup, nous tiendrons davanuge.
c Ce n'est point un nouveau journal que nous proposons au public. Il y en a déjà trop ; et leur nombre est si grand (on en compte près de 300, y compris ceux des départements, etc.), que peu de gens ont assez de fortune pour se les procurer tous, ou assez de temps pour les lire. Mais nous annonçons que, pour lui donner la facilité de s'instruire à peu de frais, et en peu de pages, de tout ce qu'il y a de vraiment intéressant dans tous les journaux et pamphlets : 1<» nous donnerons plus d'étendue au journal si connu depuis dix ans sous le titre de : Bulletin de Af°>« de Beaumont et Journal des journaux ; 2° il paraîtra désormais trois fois par semaine au lieu de deux fois; 3<» le prix de l'abonnement sera de 36 livres pour l'année, au lieu de 72 livres; 4» nous y joindrons les décrets de l'Assemblée nationale, pour répondre au vœu d'un grand nombre de personnes ; 5° la plupart des lecteurs n'aimant pas qu'un journaliste cherche à leur faire adopter ses sentiments, au lieu d'opinions particulières nous donnerons des résultats, au lieu de réflexions nous raconterons les faits avec la plus rigoureuse impartialité. Aussi puiserons-nous également dans les divers journaux pour et contre; dans les Actes des apôtres comme dans les Èvangélistes, dans la Gazette de Paris comme dans la Chronique, dans l'Ami du Roi comme dans les Révolutions de Paris, dans le Journal politique national de l'abbé Sabatier comme dans les Annales de M. Mercier, etc., etc. Nous rendrons compte de tous les pamphlets pour ou contre la Révolution, et des seuls ouvrages piquants qui font quelque sensation. Si donc l'on trouve dans ce journal des choses trop fortes et trop hardies, voilà notre excuse : qu'on ne nous les impute pas. — Outre les nouvelles étrangères, nationales, de la cour, de la ville, de l'Assemblée nationale, etc., etc., que nous puiserons dans les papiers publics et dans nos correspondances particulières, nous continuerons à donner ces anecdotes secrètes, ces particularités qui ont toujours caractérisé l'esprit de ce journal. — Pour la satisfaction de MM. les ofliciers, nous rendrons compte des opérations militaires, des changements de garnison, etc. ; et pour celle de MM. les municipaux, nous ferons mention des
arrêtés et opérations des municipalités, des districts, etc., etc. — enfin, nous nous engageons à rédiger ce journal de façon qu'il puisse tenir lieu à nos abonnés de tous les autres papiers publics, dont il sera le résumé...
« Plusieurs journalistes s'étaient proposé le même but; ils ne l'ont pas atteint. Le Réviseur lui-même n'a pas rempli son titre, et il a échoué [voyez ci-après, au 1" mai 1790]. Est-ce pour n'avoir pu se procurer tant d'écrits différents, et un assez grand nombre de collaborateurs chargés de les compulser et de les extraire? Dans ce cas nous pouvons nous flatter d'être plus heureux; depuis longtemps nous recevons tous les journaux et pamphlets, et nous avons réuni à nos anciens rédacteurs une société de gens de lettres connus; l'un d'eux est célèbre par ses ouvrages et par le succès avec lequel il a, pendant bien des années, rédigé un journal estimé et répandu dans tous les Etats de l'Europe, où il a conservé des relations.
« Ce journal paraîtra tous les mardis, jeudis et samedis, à commencer du l*"" du mois prochain. On s'abonne chez l'auteur, M"»» DE Beaumont, rue de Bièvre, n° 43, à Paris, et chez tous les libraires et directeurs des postes du royaume. » Voyez le numéro suivant.
L'Arsenal possède les n°' 1, 5 et 7 (9, 18 et 23 octobre 1790) d'une feuille in-4'' intitulée : Journal des journaux ou le Réviseur impartial du Pour et du Contre, imprimée à Villeneuveles-Avignon, chez Ducroit et paraissant trois fois la semaine, qui semble une réimp. ou contrefaçon de la feuille parisienne.
Selon Requien (^Bibliographie des journaux publiés à Avignon et dans le déparlement de Vaucluse. Avignon, imp. Séguin aine, 1837, in-S"», 40 p.), Ducroit aurait imprimé un Ami de tous ou le Réviseur universel (l»"" novembre 1790-30 décembre 1791, 182 numéros in-4"), devenu ensuite fL'c/io des jouj'naux, suite de TAnii de tous (!«'■ janvier 14 août 1792, 95 numéros in-4°). Requien ne mentionne pas le Réviseur appartenant à l'Arsenal.
10362. — Le Réviseur universel et iinnnilial de tous les Journaux pour et contre, et Bulletin de M"» de Beaumont (3 octobre 1791-10 août 1792). Paris, il/™* de Beaumont, me de Bièvre, 43. S. d., 2 vol. in-4''. [J. Lc^ 630.— Ar5. Jo., 10105.]
Suite des trois numéros précédents.
En tête de l'ex. de la B. N. sont reliés deux prospectus, l'un in-S» et l'autre in-4». Le premier ne renferme guère que les éloges décernés au Bulletin de M"'* de Beaumont par les jourilaux royalistes; le second vise spécialement les contrefacteurs et reproduit ces mêmes éloges, ainsi que d'autres encouragements dus aux abonnés eux-mêmes.
Lée Réviseur universel est divisé en deux séries ; la première, continuant la numérotation de l'ar-
ticle précédent, est chiffrée 118-15G; la seconde comprend les n"» 1-95 de 1792. Les mots : et Bulletin de M™* DE BEAUMONT ne figurent sur le titre qu'à partir du n» 9.
Dans l'ex. de la B. N., la première série (3 octobre-30 décembre 1791) est complète; la seconde ne renferme que les n»» 14-17 (l*''-8 février), 42, 44 et 84 (6 et 11 avril et 15 juillet).
Dans l'ex. de l'Arsenal, les deux séric.> .sont complètes.
Quant à la personnalité, fictive ou réelle, de M'"e de Beaumont, je suis réduit sur ce point, comme mes prédécesseurs, à la plus complèle ignorance, et je ne sais pas davantage quel homme de lettres « célèbre » vise la fin du prospectus reproduit ci-de.ssus.
10363. — Le Patriote incorruptible, ou rHomme de province. Chez M. Élienne, rue des Quatre-Vents, hôtel de Lorraine. S. d.,
in-8'. fiV. Lc*281.J
Epior.
Et moi aussi, je suis peintre.
A l'ex. de la B. N. sont joints deux tirages différents du Prospectus. {Imp. L.-M. Cellot. S. d., in-8°, 4 p.)
Le journal, rédigé en forme de lettre, devait paraître trois fois par semaine. La première lettre (14 p.) est datée du 15, et la seconde (16 p.) du 26 novembre.
10364. — Fastes de la liberté, ou Correspondance générale et particulière entre les peuples français et leurs représentants, l'Assemblée nationale et ses commeltants, les Français et les différents peuples du globe, les étrangers avec la France. Par M. de Be- LAiR, ancien capitaine d'artillerie (16 novembre 1789-11 janvier 1790). Paris, Bossancjc, 1789, 9 numéros in- 8°, 432 p. [X Le* 282.J
L'ex, de la B. N. est accompagné de deux prospectus, l'un de quatre pages et l'autre intitulé : Prospectus servant d'Introduction. (S. l. n. d., in-8", 35 p.) Il y a de plus un Supplément au n" le' daté du 4 décembre 1789 (48 p.).
L'auteur se proposait de faire connaître « les progrès de la liberté, les révolutions et les changements qu'elle excitera dans les corps politiques, les sciences, la littérature, les arts utiles et agréables, les travaux des assemblées nationales, des assemblées parlementaires et des districts ». Le programme des matières qu'il entendait traiter ne comportait pas moins de vingt six articles. Les numéros publiés sont
SS.'t
particulièrement consacrés à des questions d'économie rurale et politique, à la traite des nègres, à l'art militaire. On y trouve notamment (p, 110-131). la Réclamation adressée à l'Assemblée nationale, par Lazare Carnot, contre le régime oppressif sous lequel est gouverné le corps royal du génie, apostillée de notes par le rédacteur, ainsi que la motion de BONCERF sur la nécessité et les moyens d'occuper avantageusement les gros ouvriers (Voy. ci-dessus n'>«7i91 et 7491»-^}.
10363. — Courrier de Bordeaux, ou Nouvelle correspondance entre MM. S*** et Brln de S.-FoND, de Paris, et M***, citoyen de Bordeaux (17 novembre -23 décembre 1789).
Paris, Lufour, 11 numéros in-8°, 88 p.
[iV. Le* 283.J
Epiqr.
Utile dulci.
Chaque numéro a un sommaire.
Le titre du n» 2 porte Brun de La Foxd, au lieu de Brun de S. -Fond, et cette sisnr/.ure est reproduite au bas du n" 3. Les n»» 4 et 5 sont intitulés : Courrier de Bordeaux ou Nouvelle CoiTespoiidance entre M. S. LORIOL, de Paris; les n»* 6-10 : Nouvelle Correspondance entre M. de L..., de Paris, et une dame de Bordeaux. Le n" 1 1 porte en plus : à Ma~ dame de ***, citoyenne de Bordeaux, sur les affaires du temps.
10366. — L'Espion des campagnes ou les Veillées villageoises de la plaine d'Ivry. Journal dédié aux hommes utiles. (19 no- Tembre-8 décembre 1789.) Paris, imp. Valleijre Vaine, 1789, 7 numéros in-8». [N. Le* 284.]
Le premier numéro est intitulé : Annonce; les autres portent: Première..., Sixième Veillée. La (( Seconde Veillée » a deux tirages datés l'un du 25 et l'autre du 26 novembre.
Chaque numéro a une pagination distincte et une épigraphe en acrostiche variant également chaque fois.
10367. — Le Père des pauvres ou les Veillées d'un ermite, ouvrage périodique. Paris, Baudouin. S. d., in-8», 8 p. [V. Le* 285.1
ÉPIOR.
Jesu, refugium nostrum Jesu, pater pauperum
Miserere nobis.
Annoncé comme devant paraître trois fois par semaine et distribué gratis tous les dimanches, à l'issue de matines, chez les ermites du Mont- Valérien. L'auteur dit demeurer au Cliamp des Capucins, faubourg Saint-Jacques, n» 280.
10368. — Courrier de BnibaiiL (20 novembre 1789-18 mai 1790.) Paris, Knapcn fils; Brune; Guilhemat et Amtdphe; Champigmj, in-S», 552 p, [N. Lc« 286.1
Paraissant trois fuis par semaine. Les n»»48- 65 portent : Courrier de Brabant et de Flandres.
Les titres des n"* 66-68 .«ont complétés par : Et Nouvelles de France.
Attribué à tort, ainsi que le numéro suivant, à Camille Desmoulins, par Deschiens et par le catalogue de la B. N.
10369. — Courrier de France et de Brabant. (N»» 69-105 (22 mai -9 septembre 1790). Paris, Champigny. S. d., in-8", [X Le- 287.J
Suite du numéro précédent.
On lit cet Avis à la fin de plusieurs numéros : « Pour nous rendre aux désirs de nos lecteurs, ce journal paraîtra désormais tous les jours. 11 contiendra comme ci-devant les nouvelles de Brabant, des provinces de France, et surtout l'esprit de la séance de l'Assemblée nationale du jour. C'est pour cela que nous avons ajouté à son titre : Courrier de France. »
10370. — Le Moniteur patriote ou Nouvelles de France et du Brabant. (.Novembre 1789-février 1790.) Imp. Alomoro, 40 numéros in-S". [iV. Le- 293.]
Attribué, contre toute vraisemblance, à Mahat. Les n»» 25 et suivants portent en tête du titre : Amor palriœ vires acquirit eundo.
Les numéros ne sont point datés et ont chacun un sommaire.
10371. — .Annales de France, par M. Mal- GARD. Pans, l'auteur, rue des Capucins- Chnussée-d'Antin,n'' 14, 1789, in-8». [N. Le*
I^ B . N. ne possède que le tome liï, contenant les événements du mois de décembre (incomplet), un fragment (fiaginé 145-168) du n» XXXIV (mai 1790) et un autre fragment (paginé 73-120) des n»» L-LI (juillet-3' a<.ûl 1790).
10372. — Annales universelles cl méthodiques, concernant la politique, la législation, le commerce, l'agriculture, l'économie, la marine, les finances, les sciences, la littérature, les arts mécaniques et libéraux, Paris, i-ue Saint-Dominique, w 41, in-8''. [.V. Le* 294.
En tête de l'ex. de la B. N., deux tirages d'un prospectus (in-8». 8 p.), datés dans le
premier du 15 décembre 1789 et dans le second du 20 février 1790. D'après cotte pièce même, il y aurait un prospectus antérieur à celui-ci.
Les Annales universelles entendaient réaliser ce rêve, souvent tenté, « d'offrir réuni dans un seul et même journal tout ce qui peut intéresser à la fois les différentes classes de la société... Plusieurs personnes versées dans les sciences, le commerce et les arts, frappées de Tutilité de ce journal, s'étaient réunies pour en être les auteurs et coopérateurs ».
Des diverses parties de ce journal, les unes paraissaient trois fois et les autres une fois seulement, par semaine; seule, la partie politique, consacrée aux résultats des délibérations de l'Assemblée nationale, devait devenir quotidienne a partir du l"" février 1790,
L'ex. de la B. N. comporte les séries suivantes :
— Politique, etc. (novembre 1789-16 mars 1701), 8 vol. in-S".
— Jurisprudence (1790-1791), 1 vol.
— Co)7imerce, agriculture, économie domestique (1790-1791), 4 vol in-S», fig.
— Sciences diverses (1790-1791) , 1 vol, in-S", fig.
M. Hatin indique aussi cinquante numéros d'une partie littéraire que je ne connais pas, mais qui est annoncée dans le prospectus.
Les quittances de souscription à ces diverses parties devaient être contresignées en marge par ces lettres : M. T. D'H.
10373. — Journal universel, ou Révolutions des royaumes (23 novembre 1789- 14 prairial an III [2 juin 1793.]) Imp.V Hérissant; C.-J. Gelé, 1993 numéros in-8°, 10540 p. [iV. Le- 293.]
Quotidien, Les n»» 1-49 portent : « Par une société de patriotes »; les n"» 50-53 : « Et rédigé par M, AUD*** ; les n"» 54-62 : « Par mT AudolIN, citoyen-soldat du district des Carmes », titre qu'il change bientôt pour celui de « sapeur du bataillon des Carmes », Les mots : ou Révolutions des royaumes disparaissent du titre, à partir du n» 1 120, et le nom de l'auteur est supprimé à partir du n» 1215. Les no« 1208-1214 sont intitulés : Lettres à mes commettants, ci-devant Journal universel, par P.-J, AUDOUIN, député de Seine-et-Oise.
Les épigraphes ont également plusieurs fois varié. La première :
Liberté sans licence et vérité sans fiel, est remplacée à partir du n" 99 par : Liberté, pairioiisnie et vérité.
Au 19 germinal an II (8 avril 1794), citation de Saint-Just :
La révolution est dans le peuple et non dans la renommée de quelques personnages.
Le nom de Saint-Just disparait le 12 ther-
midor an II et sa pensée est ainsi modifiée depuis le 7 vendémiaire an II jusqu'à la fin :
La révolution est pour le peuple et non pour le profit de quelques personnages.
Dans un Avis placé à la fin du n» 1993, Audouin déclare cesser la publication de son journal à cause de la rareté et de la cherté du papier : « A l'impossible, nul n'est tenu, ajouta-t-il, et c'est aujourd'hui le dernier numéro. »
1037*. — Gazelle nalionale ou leMonileur universel (24 novembre 1789-6 nivôse an VIII [27 décembre 1799]). Tmp. Agasse, Panckouchc,etc. in-folio. [JV,Lc*113,— P.Usuels.]
La bibliographie d'une feuille aussi importante que le Moniteur semblerait, au premier abord, élucidée depuis longtemps, et il me suffirait, croirait-on volontiers, de reprendre et de résumer ici les dires de mes prédécesseurs. Il n'en est malheureusement rien : sans remonter jusqu'au Dictionnaire encyclopédique de Vhistoire de France do Ph. Le Bas, dont chaque ligne, sinon chaque mot, de l'article consacré au Moniteur renferme une erreur, les notices de Léonard Gallois et de M. Hatin ne .sont pas, tant s'en faut, à l'abri de tout reproche, M. Henry Trianon, dans un article inséré au Moniteur même (31 juillet 1871) et réimp. dans la chronique du Journal de la Librairie (14, 21 et 28 octobre 1871), a signalé les principaux points sur lesquels l'attention des deux historiens de la presse s'était trouvée en défaut et j'ai largemont, à mon tour, profité de ces rectifications. Les méprises relevées par M. Trianon ont pour cause unique la refonte en l'an IV des premiers numéros du Moniteur, ainsi que l'adjonction de 93 numéros antidatés (du 5 mai au 23 novembre) et d'une /nfrodttction rédigée également en l'an IV.
Si l'on en croit quelques mots de Beflroy de Reigny dans le Lendemain, c'est Kna[ien fils qui aurait conçu le plan de ce « papier gigantesque », mais son véritable créateur fut l'infatigable Charles-Joseph Panckoucke, comme l'atteste un prospectus répandu en novembre 1789 et annonçant le premier numéro pour le 24 du même mois. Ce prospectus est lui-même très bien résumé en tête dudit numéro,
« Nous croyons faire une chose agréable au public de {sic) lui proposer un papier-nouvelles qui paraîtra tous les jours. Cette feuille nationale embrassera cinq grands objets auxquels peuvent {sic) se rapporter tout ce qui peut servir nos besoins ou satisfaire notre curiosité : 1° l'Assemblée nationale, ses débats, délibérations et décrets feront l'objet essentiel de notre feuille. Nous donnerons les résultats delà séance de la veille dans la feuille du jour et les détails dans la feuille du lendemain ; nous n'entendons être que les historiens des opérations de l'As-
Dr 1" AVRIL 1789 KV 10 AOUT 1792
semblée ; 2» la politique intérieure el extérieure. Elle sera terminée par les nouvelles les plus intéressantes de Paris et des provinces, A l'article de la Cour, on insérera les nominations, présentations, deuils -, 3° l'administration et tout ce <;ui en dépend, les causes célèbres; 1» la littéi"ature, les sciences et les arts ; 5» les annonces et avis. Cette partie comprendra généi'alemcnt, mais en les payant, tous les articles de petites affiches : elle sera terminée par l'annonce de tous les spectacles et du cours des changes, de la loterie.
« On n'insérera aucun avis qui ne .«oit signé d'une personne connue et on ne les recevra qu'au bureau des affiches, rue Neuve-Saint- .\.ugustin. »
Les numéros du 24 novembre-31 décembre 1789 sont chiffrés 1-38 et la numérotation recommence avec les années 1790 et suivantes ; en tête du n" 32 de 1790 (!•' février), une note prévient qu'à com; ter du lendemain l'article Assemblée nationole serait rédigée par l'auleur du BuUelin publié chez Knapen : c'est celui de H.-B. Maret (voyez n»» 10234 et 10231»-» cides=i:s). En réalité, l'insertion du compte rendu de Maret ne commença que le 3 février et se prolongea jusqu'à la séparation de l'Assemblée constituante.
Par un avis placé en tète du n» 38 du 8 brumaire an IV (30 octobre 1795) et plusieurs fois répété, la direction du Moniteur annonçait que la lacune existant entre la première séance des K ta ts -Généraux et le premier numéro du journal allait être comblée : c'est, en effet, en l'an IV que parut une Introduciion dont il fut fait deux tirages différent.*. Voici le titre du premier :
Gazette nationale ou le Moniteur universel, commencé le 5 mai 1789, précédé d'une Introduction historique, contenant un Abrégé des anciens Êlats-Généraux, des Assemblées des notables et des principaux événements qui ont amené la Révolution. A Paris, chez H. Agasse, libraire, rue des Poitevins, 18. L'an IV de la République, in- fol. X-592 p. (la dernière chiffrée par erreur 529).
Au-dessous de ce titre est un phénix gravé .sur bois avec cette devise :
Sic vitam pott funera reddens.
Emis au prix de 90 livres, ce volume se payait quelques années plus tard jusqu'à 240 livres. C'est alors que les propriétaires autorisèrent un sieur Sellier à exécuter une réimpression dont voici l'intitulé :
Gazette nationale et Introduction historique au Moniteur universel, contenant un Abrégé des anciens États-Généraux, des Assemblées des notables et des principaux événements qui ont amené la Révolution ; suivi des séances à dater du 5 mai 1789, jour de l'ouverture des États- Généraux, jusqu'au 31 décem6re, et terminé jtar un Recueil de pièces justificatives donnant un extrait des séances des Électeurs de Paris, ainsi que la procédure criminelle sur les jour-
nées des .'i et 6 octobre. A Paris, chez Sellier, rue de Grenelle-Saint-Honoré. 20, au 2"«.
L'InlroJuction, dit M. Trianon, est particulièrement remplie de fautes typographiques.
I.* prospectus de cette réimpression appartenant a ia B. N. a été joint à l'édition in-folio des Mémoires de Bailly présentés par leurs éditeurs sous le titre même d'Avant-Moniteur (cf. tome I" de la Bibliographie, n» 417), alors que Sellier, eu plutôt les héritiers de Panckoucke protestent dans ledit prospectus contre cette assimilation : « Les 3/émoire« de Bailly, y est-il dit, ne jieuvént pas plus remplacer l'/ntroditction » que V Analyse de Girardin (cf. n» 10375 ci-dessous) ne pouvait remplacer la collection même du journal.
Ce volume qui, selon la juste remarque de M. Trianon, ne saurait être, à aucun point de vue, considéré comme une réimpression, renferme un Avant-Propos (p. III-X), une Introduction, des Pièces justificatives (chiffrées 1- 248), plus les n»» 1-131 du Moniteur suivies d'une table des matières (5 mai-31 décembre 1789) et de nouvelles pièces justificatives : extrait du procès-verbal des Électeurs de Paris (13-22 juillet) et de la procédure instruite au Châtelet sur la dénonciation des faits arrivés à Versailles le G octobre 1789.
Au verso du titre des deux tirages, se trouve la note suivante que ni Léonard Gallois, ni M. Hatin ne paraissent avoir lue avec attention et dont l'importance cependant est capitale :
« Ce journal parut pour la première fois le 24 novembre 1789; l'article de l'As.semblée nationale, jusqu'au 3 février 1790, n'était rédigé qu'en simple notice d'une très courte étendue et .souvent imparfaite.
f A cette dernière époque, l'auteur du Bulletin de l'Assemblée nationale [Maret] réunit son travail au Moniteur et donna aux séances du Corps législatif la forme dramatique qu'on lui a conservée jusqu'à ce jour. Les souscripteurs attachés au Moniteur ayant désiré qu'il ccir.mençàt avec la lîévolution, nous avons imprimé les séances à dater du 5 mai 1789, jour de l'ouverture des Etats-Généraux, avec la relation des l^rincipaux événements de cette même année. Nous avons fait le premier volume d'une introduction historique.
« -V. B. Ceux des anciens sou.scripteurs dont la collection commence au 24 novembre 1789, et qui se .sont abonnés pour ce nouveau volume, auront doubles les numéros de ce journal, depuis le 24 novembre 1789 jusqu'au 3 février 1790 exclusivement, parce qu'il se trouvent réimprimés dans le volume de 1789 avec les séances complètes de l'As-semblée nationale, rédigées .sous la forme dramatique qui leur manquait dans la première édition; ce qui fait 71 numéros qu'ils peuvent supprimer s'ils le jugent à propos. »
« Au point de vue sévère où se placent maintenant les recherches historiques, dit M. Trianon, il est indubitable que les 71 numéros dont la suppression était si lestement proposée par l'ad-
ministration du Monilntr de l'an IV', loin détre à supprimer, doivent être préférés aux 71 numéros remaniés, si habile et même si précieux qu'ait pu être ce remaniement. Ce sont deux physionomies d'un même fait; toutes deux se contrôlent l'une par lautre et ont la valeur de deux originaux. »
Néanmoins Bidault, dans l'avertissement de sa y'otice bibliographique (voyez n" 10124) et Vieillard (voyez n° 1013Ô), qui le copie mot à mot, déclarent qu'il faut regarder comme « inutiles » les 71 numéros ('24 nov.-31 déc. 1789) de l'édition originale ! Bien plus, M. Hatin a, par deux fois, propagé cette hérésie bibliographique {Histoire de la presse, tome V, p. 111 ; Bibliographie, p. 126).
Le conseil n'a d'ailleurs été que trop bien suivi : le texte des 38 premiers numéros de 1789 et des 33 numéros de janvier 1790, manque à la plupart de nos établissements publics : je n'en connais présentement que trois exemplaires : l'un à la Bibliothèque des Archives nationales, l'autre à la Bibliothèque de la Ville de Paris (dans celui-ci le n» I du 24 novembre 1789 est, par erreur, daté du 24 décembre) ; le troisième à la Bibliothèque de la Chambre.
Les 93 numéros de 1789 (5 mai-23 novembre) fabriqués en l'an IV, sont ainsi datés : du mardi 5 mai 1789, du 6 au 14 mai, du 14 au 23 mai, du 23 au 30 mai et ainsi de suite. Outre une restitution des séances sous la forme « dramatique » (c'est-à-dire avec les noms des orateurs placés en vedette, comme il l'a déjà été dit cidessus, n" 10234», et dont le texte a dû être fourni par le Courrier de Provence), on trouve dans les n»» 20 et suivants les Détails des circonstances qui ont amené la priKe delà Bastille. rédigés d'après Dusaulx et d'autres relations contemporaines. J'emprunte encore à M. Trianon quelques particularités bibliographiques négligées par Bidault dans sa Notice et cependant utiles à connaître pour distinguer l'édition originale et les réimpressions anciennes de la seconde année du Moniteur :
< Avant le 1" juillet 1790 (signature F. 9), il n'y a de signatures, dans les deux réimpressions, qu'au bas des pages de l'introduction. Les exceptions à celte règle sont très rares. Passé le l»"" juillet, les signatures de l'édition originale sont reproduites dans les réimpressions, sauf quelques astérisques qui viennent s'ajouter aux lettres des signatures.
« Dans les réimpressions, le compte rendu des séances reste intitulé : Assemblée générale jusqu'au jeudi l»»" juillet 1790, tandis que, dans l'édition originale, il est, dès le 3 février 1790, intitulé : Bullelin de l'Assemblée nationale.
« C'est pareillement à dater du l"" juillet 1790 que les réimpressions deviennent, à très peu de chose près, les fac-similé de l'édition originale. »
D'après M. Hatin, la Gazelle nationale eut pour premier rédacteur en chef M. DE Marcilly, « homme versé dans l'étude de la politique et
de la diplomatie », et pour rédacteurs ordinaires Ahnaud Bebquin, Thuau-Grandville, chargé du compte rendu des séances parlementaires après la retraite de Maret et à qui l'on doit aussi l'Introduction de l'an IV, Etienne Méjan. Jacques Peuchet, Ph. Grouvelle, J.-Fa. DE La Harpe, D.-J. Garât, Ginguené, J.-J.Le- NOIR-LarOCHE, etc. La plupart des articles politiques ou littéraires sont d'ailleurs anonymes.
Le 23 décembre 1792, Panckoucko ajouta à la Gazelle un supplément intitulé : VAviseur national, spécialement consacré aux nouvelles littéraires et aux annonces. Voyez ci-api'os § 6.
Une note placée on tète de plusieurs numéros annonce qu'à daler du 7 nivôse an VIII (28 décembre 1799) le Moniteur sera le seul journal officiel. Dans ce même numéro se trouvent les listes des membres du Sénat conservateur et du Tribunal, et un supplément renferme un rapport de Desaix à Bonaparte sur la situation do l'armée d'Egypte, daté de Siout, 20 lliermidor an VII (7 août 1799).
Conformément au plan de la présente Bibliographie, l'histoire du Moniteur doit se clore à cette date, mais ce n'est point sortir du sujet que de rappeler qu'en cessant de devenir organe officiel, le 1" janvier 1869, le Moniteur adopta ce sous-titre : Gazette nationale fondée en 1789, et qu'il l'a toujours conservé depuis.
i037o. — Révolution françiiiàe ou Analyse complète et impartiale du « Moniteur », suivie dune Table alphabétique des hommes et des ohoses. Paris, Girardin; des presses d' Etienne Charles, an IX (1801), 4 volumes in-fol. {N. Le* 116.]
En léte de l'ex. de la B. N. sont reliés plusieurs prospectus ; l'un d'eux, en forme d'afticlio, annonce la publication sous le titre de Dictionnaire universel de la Révolution française, servant de Table générale par ordre chronologique et alphabétique au journal intitulé Gazelte nationale ou le Moniteur universel depuis 1788 jusqu'au l"' vendémiaire an VIII.
Tome I*»", 4 ff. et 531 p. Explication de la taille-douce, dessinée par Caraffe et gravé':» par LegraND, placée en tête de l'.lna/yse et do la Table. Déclaration de dépôt et griffe de Girardin. Avanl-Propns. Analyse. (1788-3* complémentaire an 111(19 septembre 1795). Tome II, 1 f. 364 p. et 1 f. non chiffré, ^na/ysc (l"" vendémiaire an IV (23 septembre 1795)-4« compl. an VIII (21 septembre 1800).
Le feuillet non chiffré contient l'annonce de soixante portraits destinés à être intercalés dans le texte, avec l'indication des numéros en regard desquels ils devaient être placés. Ce sont les portraits de la collection Levachez, déjà décrits au tome I*' de la Bibliographie, n° 282 (p. 54), et pour lesquels on souscrivait facultativement.
Le libraire Girardin avait eu pour collabora-
leurs dans la rédaction de l'Analyse et des Tables du Moniteur P.- A. MiGKR. P.-Fr.-FÉ- LIX-JOSEPH GlUAL'D et quelques autres liomines de lettres.
Voyez le numéro suivant.
10376. — Révolution française. Table alphabétique du Moniteur depuis 1787 jusqu'à l'an VIII de la République. Paris, Girardin; des presses de J. -Etienne Charles, an X (1802). 2 vol. in-folio. [iV. Le* H6.J
Suite du numéro précédent.
Tome I*"", 5 ff. , 5 et 468 p. Avertissement. Avis sur les gravures. Explication de la tailledouce (la même que celle du numéro précédent) et déclaration de l'éditeur. Première partie : Soins d' hommes. Table alphabétique de l'Introduction au Moniteur. Table alphabétique du Moniteur.