P.-J. DE DÉRANGER
CHANSONS morales et autres par M. P.-J. de Béranger , convive du Caveau moderne , avec gravures et musique. Paris, à la librairie d'Alexis Eymery, rue Mazarine, n"^ 30. 1816*.
1 vol. in-18 de xvi-232 pages, imprimé par Poulet.
l""" Partie originale, publiée à 2 fr. ^et tirée à 3000 exemplaires^. Très-rare eu bou élal, surtout avec le titre, intact en haut et en bas.
Elle contient une préface et quatre-vingt-trois chansons, dont l'une <> la Bière et le Viit de Cliamimgne » n'a jamais été réimprimée, ainsi que l'avant-dernier couplet de Ma Grand'mère, dont voici le texte :
Mais, maman, vous voilà hien vieille.
— Hélas ! sans doule, et c'est le mal. Car je conserve assez d'oreille Pour danser en mesure au haï.
\jQ titre et le frontispice ont été gravés d'après Carie cl Horace Vernet. Il n'y a pas d'autres gravures. La musi(]uc est intercalée dans le texte.
1. Dûranger a dit, dans la Préface de l'édition in-8 de 1828, que son premier recueil avait été publié en 1815^ ce qui est exact; mais il a omis d'ajouter qu'il porte la date do 1816. 11 s'est rectifié plus tard dans Ma Biographie, 3« édition (1860), page 275.
2. .le donne le prix de publication d'après le Journal de la TAbrairie; ([uaiit au tirage, je puise le renseignement dans une note de la main de M. Perrotiii.
Quelques-unes de ces chansons avaient déjà couru manuscrites, ou avaient été insérées, plus ou moins correctement, dans la Guirlande [de Cousin d'Avalon] *, le Caveau, V Épicurien français, les Étrennes lyriques, la Minerve, et autres recueils chantants ^.
-1. M. Paul Lacroix (bibliophile Jacob) a publié dans l'Intermédiaire des chercheurs et des curieux, années 1869 et 1870, le texte d'une vingtaine de Chansons inconnues et retrouvées, dit-il; insérées dans n. la Il Guirlande ou Choix de Chansons nouvelles dédiées au beau sexe. » l" année. A Paris, Fréchet et C'", an XII {18M). 1 vol. petit in-12 de 0 19:2 pages, non compris le calendrier et la table, avec frontispice gravé par » Baron. »
Ces premiers essais de la muse juvénile de Béranger ne sont pas totalement inconnus ; en effet, M. Lacroix constate lui-même que deux chansons, la Chatte et les Billets d'enterrement, ont été réimprimées dans les OEuvres de Béranger. J'ajouterai ceci : la Chanson de table a été réimprimée, avec quelques changements, au ^^ couplet, sous le titre : Bon vin et Fillette, dans la première partie originale ; Saiiit-Roch un jour... n'est pas, comme le dit M. Lacroix, le prélude des Clefs du Paradis; mais bien, sauf quelques variantes, le Chien de Saint-Eoch, qui se trouve aussi dans cette première partie; et la Souris n'a point été oubliée, comme il le croit ; elle est, mot à mot, sous le même titré, dans le supplément in-8 de 1829 et dans celui de 1834.
Quant aux autres, desquelles M. Lacroix dit : « Ce n'est pas là du Béranger de première qualité », appréciation très-juste, Béranger les a laissées volontairement de côté , sans doute comme trop inférieures , ainsi que 'cl'autres qui ne sont pas dans les éditions autorisées par lui; je n'en veux pour preuve que les deux passages suivants, qui se complètent l'un par l'autre, et dont l'autorité est indiscutable :
« J'ai acquis la certitude qu'on avait poussé l'indélicatesse jusqu'à ■ » dérober copie de mes anciens et de mes nouveaux manuscrits, malgré Il les' précautions prises pour éviter cette spoliation. C'est donc un devoir I) pour moi de déclarer au public que je n'avoue que le premier vol. de mes » Chansons, publié par Eymery en 1815; l'édition imprimée en 2 vol. 1) chez Firniin Didot; le troisième vol., imprimé chez Plassan en 1823; 11 une édition in-18 chez Fain, 1826; et les éditions )n-32 publiées par » M. Baudouin; et qu'enfin je ne reconnaîtrai que les publications conformes » au présent in-8. » (Note de Béranger en tête de l'édition in-8 de 1828.)
« Ce sont les grands vers de la pièce intitulée : Adieu, qui achèvent le A) vol. des Dernières Chansons de Béranger. Telle qu'elle est imprimée au- » jourd'hui, cette œuvre poétique est close. » {Vie de Béranger, par M. Paul Boiteau. Paris, Perrotin, 1861, 1 vol. in-32, p. 243.)
2. Voir lia Biographie, 3« édition, page 143, et Correspondance, tome 1'^', page 197.
HANSONS par M. J.-P/ de Béranger. A Paris, chez les marchands de nouveautés. 1821.
2 vol. petit in-12, imp. de Firmin Didot. — Prix : 7 fr. — Tirage : 10,000 exempl. — Il y a des exemplaires en papier vélin fort qui sont trèsrares.
2^ Partie originale. — Le tome l^"^" contient la Préface de 1816, augmentée d'un post-scriptum et les chansons de la 1''' partie originale, moins toutefois les cinq suivantes :
Le cliim de St-RocJi,
Dep'ofundis,
La Hère et le mn de Champagne,
Tîirlututu,
Amphigouri.
Mais il y a en plus trois chansons nouvelles :
Requête des chiens de qualité, Les Parques, Traité de politique ''■.
Dans le tome second, ily en a quatre-vingt-une,ce qui porte à quatre-vingt-quatre le nombre des chansons nouvelles.
Dans ce tome second, page 196, se trouve: V Enrhumé, dont les quatrième et cinquième vers de l'avant-dernier couplet n'ont jamais été imprimés dans les éditions de Paris, et l'ont été incorrectement dans les suppléments et les contrefaçons. Le hasard a fait tomber entre mes mains le ma-
1. n y a ici interversion dans l'ordre des initiales : les prénoms de Déranger étaient Pierre-Jean.
2. Béranger a fait dire par son défenseur, dans son premier procès, que le tome !'='■ n'était qu'une exacte réimpression du recueil de 1816 ; il a commis, comme on le voit, une erreur.
nuscrit autographe de cette chausou, et voici ces vers tels qu'ils sont écrits de la main de Béranger :
Oui mais 2)ttp(i, scmvant la dot.
Traite sa fille comme Lotli '
Cette édition, tirée à 10,000 exempl. vendus en quelques jours, fut poursuivie. M. Bellart était alors à la tête du parquet et M. Marchangy avocat général; Béranger, défendu par M. Dupin aîné, fut condamné par la Cour d'assises de la Seine, le 8 décembre 1821, àtroismoisdeprisonetà 500 fr. d'amende. L'imprimeur ne fut pas inquiété , Béranger ayant déclaré assumer seul la responsabilité de l'impression et de la vente.
Les chansons condamnées sont les suivantes :