II. — Abrégé des Antiquités de la ville de Pontoise (n
Cet ouvrage porte lé titre suivant : « Abrégé des antiquitéz de la » ville de Pontoise et personnes illustres de ladite ville. Divisé en » deux parties. A Rouen, chez Ph. Pierre Cabut, rue du Bec, » proche la messagerie de Paris, m. dcc. xx. Avec permission du » Roy. » C'est un volume petit in-8°, en 1 26 pages y compris quatre pour le titre et la préface ; il se termine par une approbation du 23 juillet 1719, signée de Moreau de Mautour, page 124, et par la permission, ou privilège du Roi, qui occupe les pages 12b et 126.
Il n'existe pas d'autre édition de cet ouvrage ; toutefois, M. Seré- Depoin, ancien maire de Pontoise, possède un exemplaire provenant du savant M. Frère, qui a mis cette annotation : « Il y a des exemplaires qui portent la date de 171 9. »
U « Abrégé des Antiquitéz » contient, dans sa première partie, une histoire sommaire de Pontoise, de ses monuments et de ses institutions religieuses, ainsi qu'une notice sur l'abbaye de Maubuisson. La seconde partie, qui commence à la page 41, porte ce sous-titre : « Histoire des personnes illustres de la ville de Pontoise. » Klle retrace la biographie de personnages illustres nés à Pontoise. A la page 87 existe un autre sous-titre, avec ce texte évidemment tronqué par l'imprimeur : « Histoire des Illustres de la ville de Pontoise. » C'est une série de biographies de personnes remarquables, qui ont habité Pontoise, mais n'y sont pas nées. Enfin, à la page 1 1 3 est un « Pouillé des bénéfices du Grand -Vicariat de Pontoise.
Cet ouvrage est extrêmement intéressant pour notre histoire locale, surtout au point de vue biographique, car il donne à cet égard des renseignements que l'on ne rencontre que là. Nous le trouvons beaucoup plus intéressant et mieux conçu que l'œuvre, selon nous, un peu trop vantée de Taillepied, qui a écrit sans esprit de critique et dont les descriptions même ne sont guère intelligibles.
M. l'abbé Trou a fait à 1' « Abrégé des Antiquitéz » bien des emprunts pour ses « Recherches historiques sur Pontoise. » Quoiqu'il se trouve ainsi reproduit en partie et qu'il contienne d'ailleurs quelques erreurs, telles que celle d'attribuer à Jules César la fondation de Pontoise, ce livre mériterait vraiment d'être réimprimé, d'autant plus qu'il est devenu très rare, difficile à rencontrer et d'un prix élevé.
Il ne porte pas de nom d'auteur : quelques écrivains l'ont attribué à André Duval; c'est évidemment une erreur, puisque ce célèbre Pontoisien est mort en i638 et que l'ouvrage contient sa biographie et beaucoup de faits postérieurs à i638; il s'étend même jusqu'à 1720. On remarque à la fin de la page 10 ces trois lignes : « Au mois de juillet 1720, pendant la minorité de Louis XV, le Parlement fut transféré à Pontoise. » Elles offrent cette particularité qu'elles ont été ajoutées après le tirage ; cela résulte clairement de la disposition typographique de ces trois lignes. »
On l'a attribué avec beaucoup plus de vraisemblance à Louis Duval, qui fut curé de Notre-Dame de Pontoise de 1686 à 1738; les archives de la Mairie de Pontoise possèdent, dans le fonds Pihan de la Forest, un exemplaire de cet ouvrage écrit en entier de la main de Louis Duval, et que l'on considère comme le manuscrit original.
Mais tous les doutes au sujet de Fauteur de cet ouvrage ont été lèves par le « Journal de Jean de Saint-Denis, prêtre de Pontoise , 171 7-1 737, » publié en i883, par la Société Historique de Pontoise, dans le IV« volume de ses Mémoires. On y lit, en effet, à la page 59 et à la date de 1 720 ce passage :
« M. Duval, curé de Notre-Dame de Pontoise, a fait l'Abrégé » des Antiquités de la ville de Pontoise et des personnes illustres de » laditte ville, en 1720. Il se vend à Rouen, chez Pierre Cabut, » rue du Bec, proche la messagerie de Paris. » Ce passage justifie toutes les. présomptions faites au sujet de Fauteur.
Voici un fac-similé de la signature de Louis Duval ; il a été calqué avec beaucoup de soin, par M. Minouflet, sur une des nombreuses signatures de Duval apposées au registre des délibérations du bureau de FHôpital des Pauvres Enfermés de Pontoise, registre conservé dans les archives de FHôtel-Dieu de Pontoise :
On trouve dans ce registre d'autres signatures de Duval, assez différentes de celle-ci et d'une date un peu postérieure. Elles sont d'une écriture extrêmement tremblée, en sorte qu'on les croirait d'une autre personne.
Ce Louis Duval, baptisé à Saint-Maclou de Pontoise, le 2 octobre 1659, et mort le i5 janvier 1738, était fils de Jean-Baptiste Duval, docteur de la Faculté de médecine, demeurant à Pontoise, et de Marie Blouïn. Il était d'une origine tout à fait pontoisienne, tant par son père que par sa mère, qui était fille de Nicolas Blouïn, procureur à Pontoise, et petite-fille de Jean Charles, maître du pont de la même ville.
Louis Duval, indépendamment d'une soeur, Jeanne-Catherine, dite Saint-Eustache, qui prit le voile à FHôtel-Dieu de Pontoise, le 6 décembre 1677, et y mourut le i5 mai 1732, eut quatre frères nés aussi à Pontoise et qui lui ont survécu, ainsi qu'il résulte de l'inventaire après son décès, dressé par M« Dauvray, notaire à Pontoise, le 20 janvier 1738, savoir :
i° Nicolas Duval, curé de Mons-en-Vexin, né le 2 janvier i665.
2 Jean-Louis Duval, d'abord vicaire de Notre-Dame, puis archiprêtre curé de Saint-André de Pontoise, né le 7 octobre 1672 et mort le 17 décembre 1739.
3° Claude -Jules Duval, docteur en Sorbonne, curé de Notre- Dame de Boulogne, près Paris, né le 9 avril 1 676 et baptisé à Saint- Maclou le 7 septembre suivant.
4 Et Thomas Duval, avocat au Parlement de Paris, né le 9 février 1678, qui survécut à tous ses frères et donna diverses parties de rentes à l'hôpital des Pauvres Enfermés de Pontoise , par acte passé devant M e Fredin , notaire à Pontoise , le 3o novembre 1 744. Aussi Thomas Duval est-il compté parmi les bienfaiteurs de l'hospice de cette ville et son buste figure-t-il parmi les bustes, assez singuliers d'exécution, qui ornent (?) le corridor principal de la maison.
Une tradition locale veut que ces Duval aient été les neveux du célèbre André Duval. Cela n'est guère possible : ce dernier étant né à Pontoise en 1 564, ils ne pourraient être que ses petits-neveux ou même ses arrières-petits-neveux ; mais le soin apporté par Louis Duval à la biographie d'André Duval rend très probable un lien de parenté.
Quant à Jean-Baptiste Duval, père de Louis Duval, c'était un praticien d'un certain mérite. Dans plusieurs pièces, il est qualifié d' « honorable homme. » L'acte de prise de voile de sa fille, conservé aux archives de l'Hospice de Pontoise (série F, n° 7), nous apprend qu'il était « médecin ordinaire du Roy, de Monseigneur le prince de Condé et de cette maison » (FHôtel-Dieu). Il était aussi médecin ordinaire de l'abbaye de Maubuisson, et les Relations manuscrites sur la vie de la Mère Marie des Anges (M™ 9 Suyreau), qui gouverna cette abbaye de 1626 à 1648, contiennent à son sujet le passage suivant. Il s'agit d'une visite faite au monastère peu après sa promotion au généralat, par D. Vaussin, abbé de Cîteaux, passage tout à la louange de Duval. « On ne sçait par quel mouvement » il fit venir M. Duval, médecin, et lui parla d'abord assez rude- » ment, lui reprochant qu'il n'avait pas assez de soin des religieuses » malades et qu'il se laissait gouverner par la sœur Candide. Ce » médecin , qui estoit un homme d'honneur, se trouva fort offensé » de cela et lui parla très fortement et très judicieusement, lui » disant entr'autres choses qu'il sçavait son mestier, qu'il n'estait » pas homme à se laisser conduire par une fille et qu'il n'agissait » jamais que par le mouvement de sa conscience et les lumières de » son art, sans prévention et sans intérest. M. de Cisteaux, voyant » cette vigueur, changea sa sévérité en compliments et lui recom- » manda le soin des malades. » (1)
(1) Ce dernier renseignement, tiré d'un manuscrit inédit de la Bibliothèque Mazarine, est dû à l'obligeance du secrétaire général de la Société, M. Joseph Depoin.
III. — Abrégé de l'histoire de l'église Notre-Dame de Pontoise
Cet ouvrage ne porte pas non plus de nom d'auteur et on l'attribue également à Louis Duval; l'époque à laquelle il a paru, certaine conformité de style autorisent cette supposition ; il était bien naturel, du reste, que Louis Duval prit la peine d'écrire l'histoire de l'église dont il était le curé. .
Quoi qu'il en soit, cet ouvrage est beaucoup plus connu et répandu que les deux volumes précédents ; la raison en est bien simple : il en existe six éditions que nous allons décrire :
i 1 * Édition. — Titre : « Abrégé historique de l'église de Nostre- Dame de Pontoise. A Troyes, chez Pierre Michelin, imprimeur du roi et marchand libraire .... » Le volume , de format in-8°, sans vignette, n'est pas daté, mais l'approbation est de 1703.
Il contient 5j pages numérotées, y compris celles du titre et de la préface, plus à la fin VI pages sans numéros qui renferment une prière à la Vierge, la liste des curés de Notre-Dame et diverses approbations.
2« Édition. — Titre : a Abrégé historique de l'église de Nôtre- Dame de Pontoise , appelée la Santé des Malades. Seconde édition , à Rouen, chez P.-Ph. Cabut, 171 8. » Au dos du titre est une vignette sur bois : La Vierge assise dans une sorte de niche, tenant de la main droite un livre et soutenant de la gauche l'Enfant-Jésus, qui est debout.
Volume in-8« de 63 pages au total.
3° Édition. — Titre . « Abrégé historique de l'église de Nostre- Dame de Pontoise, appellée la Santé des Malades. Troisième édition. A Paris, chez Imbert de Bats.... m. dcc. xxiv. »
Au dos du titre, vignette sur bois d'exécution grossière : la Vierge, avec une auréole, est debout dans un encadrement carré ; elle porte l'Enfant-Jésus sur le bras gauche et repose sur un socle où est écrit : « Sancta Maria. »
Volume in-8<> de 62 pages, plus deux non numérotées, renfermant le privilège du Roi du 23 décembre 1723.
4 e Édition. — Titre : « Abrégé historique de l'église de Notre- » Dame de Pontoise, appellée la Santé des Malades. Quatrième » édition. A Paris, chez Pierre Gissey. ... m. dcc. xxvii. »
Au dos du titre , vignette sur bois , de forme carrée , représentant la Vierge, nimbée, debout sur un socle où est écrit : « Sancta Maria. » Elle porte l'Enfant-Jésus sur le bras gauche, tandis que la main droite soutient les pieds du Sauveur.
Volume in-8° de 62 pages numérotées, plus deux autres non numérotées, reproduisant le privilège du Roi du 23 décembre 1723.
Ces quatre éditions sont identiques comme texte, mais la composition typographique n'est pas la même ; car outre que la vignette et le titre de chacune diffèrent, ainsi que les fleurons des fins de chapitre, on remarque encore çà et là quelques légères différences dans la composition.
5 e Édition. — Titre : « Abrégé historique de l'église de Notre- » Dame de Pontoise, appellée la Santé des Malades. Cinquième » édition. A Paris, chez J.-B-P. Valleyre l'aîné..., et à Pontoise, » chez Pierre Bonnemeau, libraire, porte de Notre-Dame, près » Saint-Jacques, m. dcc. lxvii. »
Volume in-8° de 79 pages, plus quatre non numérotées, renfermant le titre et une vignette : la Sainte- Vierge couronnée, debout sur un croissant et foulant aux pieds un serpent. Elle tient l'Enfant- Jésus sur le bras droit. Elle est placée au milieu d'une sorte d'encadrement octogone, entouré de palmes et d'une gloire avec seize médaillons qui représentent des scènes de la Passion.
Le texte est presque semblable à celui des éditions précédentes ; toutefois, on n'y trouve plus la préface commençant par ces mots : « Tout ce que l'Eglise enseigne de la Sainte-Vierge. » Au contraire, on y a ajouté la relation de diverses processions faites en 1728 et en 1742, et de dons faits par André Mansion et par Madame Le Tavernier, ainsi que diverses prières et oraisons. De plus , la liste des curés de l'église est augmentée du nom de Huet d'Amoinville , qui succéda à Louis Duval, en 1738.
Cette 5 e édition est fort rare, et la Bibliothèque Nationale ne la possède pas. Notre collègue, M. Henri Le Charpentier, en a un exemplaire.
6 e Édition. — Titre : « Abrégé historique de l'église de Notre- » Dame de Pontoise^ appelée la Santé des Malades. Sixième édition, » publiée à l'occasion du renouvellement séculaire du vœu de la
» ville Suivie d'une notice inédite sur l'église de Notre-Dame
» et sur la Confrérie aux Clercs. Paris, chez l'éditeur A. Pihan de » la Forest, rue des Noyers, n° 37. . . Septembre i838. »
En tête de l'ouvrage : lithographie in-8° représentant la statue vénérée à Notre-Dame (1), on lit au-dessous: « Imp. de Lemercier, Bénard et C ie . Image de la statue miraculeuse de Notre-Dame de Pontoise. 8 septembre i838. »
(1) Cette lithographie reproduit bien la statue qui est dans la chapelle à droite de l'église Notre-Dame ; tandis que les quatre vignettes que nous avons décrites ci-dessus sont des dessins de fantaisie.
Volume in-8» de 1 35 pages, plus xvi pages pour le titre et la « Préface de l'Éditeur, » datée du 8 septembre 1 838, et qui, bien entendu, ne figure pas dans les éditions antérieures.
L'ancienne préface occupe les pages i et 2 , puis vient la reproduction presque textuelle de l'édition de 1 767, ainsi que des prières et oraisons qui la terminent. La liste des curés de l'église comprend M. Cordier, nommé le 8 septembre 1825. (1)
Enfin, une « Notice inédite sur l'église de Notre-Dame de Pontoise et sur la Confrérie aux Clercs » occupe les pages 117 a 1 35 et dernière.
On trouve un certain nombre d'exemplaires de cette édition dans lesquels le titre et la nouvelle préface sont d'un tirage différent. Ainsi, le titre, semblable à celui que nous avons décrit plus haut, se distingue par cette mention finale : « Paris, chez A. Pihan de la » Forest, rue des Noyers, n° 3y. Septembre i838. » Il n'y a plus le mot l'éditeur.
La préface nouvelle , qui occupe toujours les pages v à xvi , offre quelques différences légères de texte et de composition. La principale consiste en ce qu'une longue note sur la conservation de la Statue pendant la période révolutionnaire, au lieu d'être placée en note dans le bas des pages vu, vm et ix, se trouve, au tirage variante, intercalée dans le texte même des pages vu et vm. En outre, sur la lithographie de la Vierge miraculeuse, on ne voit plus en bas ces mots : « Imprimerie Lemercier, Bénard et O, » mais un peu à gauche on lit cette signature : « Challamel , lith. »