IV. — Recherches historiques sur Pontoise, par l'abbé Trou
« Recherches historiques , archéologiques et biographiques sur la ville de Pontoise, » tel est le titre sous lequel M. l'abbé Trou (ancien chapelain des Carmélites de Pontoise, né à Vauréal, mort à Pontoise, le 5 novembre i856, à 53 ans) a donné la première histoire un peu complète de Pontoise. L'ouvrage forme un volnme grand in -8° de 383 pages, y compris la table des matières, imprimé à Pontoise, chez Dufey. La couverture, de papier bleu, porte la date de 1840, tandis que le titre est daté de 1841.
La même couverture annonce que P « ouvrage est enrichi de 1 5
(1) M. Cordier est décédé, en exercice, le 25 avril 1866; il a eu pour successeur M. l'abbé Marchand, curé actuel, et qui a publié deux Notices sur cette église et sa statue : i* Statue de Notre-Dame de Pontoise. Imp. Dufey, à Pontoise, 1866, i3 pages in-8». — 2* Le Pèlerinage de Notre-Dame de Pontoise et sa Statue miraculé ise. Imp. Dufey, 1873, 76 pages in-». (Voir n°» 412 et 4i3 ci-dessua.)
planches ou vignettes ; or, il n'en existe en réalité que huit , dont voici la description :
i M . Pontoise au moyen âge, d'après un dessin de i5oo, lithographie in-8°, de Raynié.
Cette planche reproduit la gravure si connue de Cl. Chastillon, de 1587. Mais M. Trou ignorait cette origine et même la nature de la pièce qu'il a fait reproduire, il Ta prise pour un dessin ( 1 )
2«. Autre lithographie in-8°, de Raynié : Tombeau et crosse de saint Gautier. Le tombeau est celui qui existe encore dans l'église Notre-Dame de Pontoise.
3«. Autre lithographie de Raynié : Saint-Maclou. C'est la vue de la tour et du grand portail occidental.
4 e . Pontoise et ses fauxbourgs. Petit plan in-8°, lithographie par Raynié , de la ville ceinte de ses anciens remparts.
5 e . Lithographie in-4 , de Raynié : Statue miraculeuse de Notre- Dame de Pontoise.
6 e . Maubuisson. Lithographie in-8°, de Raynié, d'après la vue de Cl. Chastillon.
7 e . Saint-Martin. Autre lithographie in-8°, de Raynié. Elle a été faite sur un dessin ayant appartenu à M. le curé Cordier et aujourd'hui en la possession de M. Henri Le Charpentier, qui porte en effet ce titre : Saint-Martin. Mais si l'on compare cette reproduction avec la gravure de Saint-Martin que les Bénédictins ont fait faire avec ce titre : « Regalis abbatia Sancti-Martini ad Pontem Isarse. Delineata anno Domini 1674, » (reproduite dans « la Ligue à Pontoise, » de M. Henri Le Charpentier), on reconnaîtra que ce ne peuvent être les mêmes édifices. Dans le dessin il n'y a pas de contre-forts à l'église, tandis que sur la gravure des Bénédictins on voit très bien ces contre-forts. En outre , les deux tours de l'église sont également très dissemblables dans les deux figures.
8«. Enfin, la 8 e planche est une lithographie de M. Raynié, faite d'après nature, représentant la façade méridionale de Y Hôtel-Dieu. On remarquera que le quai bordant l'Oise n'était pas encore bâti au moment où la pièce a été faite.
Certes, l'ouvrage de M. Trou a une assez grande valeur; il est d'ailleurs le seul qui présente une histoire à peu près complète de Pontoise; mais, quoiqu'il soit pénible de le dire, ce n'est pas un guide qu'on puisse suivre aveuglément; d'ailleurs, il présente bien des lacunes; puis il est nécessaire de contrôler les assertions de M. Trou, et même ses dates; en effet, sa chronologie est défectueuse à bien des places (1) ; il ne paraît pas s'être bien rendu
(1) Un exemple : M. Trou fixe au 16 septembre 1441 la prise de Pontoise par Charles VII. Or, la date véritable est le 19 septembre 1441 ; il n'y a aucun doute à cet égard.
compte du mécanisme du calendrier antérieur à i S64 ; aussi , il a une tendance à avancer ou à reculer les dates d'une année. Il fait des erreurs dans se» citations et parfois d'étranges confusions. Ainsi, parlant, page io5, de la mort de Bonne de Luxembourg, mère du roi Charles V, morte le 1 1 septembre 1 349 et inhumée à Maubuisson, il la fait mourir deux fois : la première, en 1348, sous le nom de duchesse de Normandie, ce qui était en effet son titre avant l'avènement du roi Jean au trône, en i35o; et la seconde fois, en 1 358, sous le nom de Jeanne de Luxembourg, femme du roi de France. — Il appelle le général Leclerc, beau-frère de Napoléon I er , Charles-Emmanuel Leclerc d'Ostin, le confondant avec le général qui portait ce dernier nom.