MACAIRE
Jdacaire (dont le vrai litre serait la Htine Blanchefleur) et la Reine Sibille sont deux formes différentes de la même légende, mais entre lesquelles il importe de faire ici une distinction précise : Macairt nous est pa^^•enu sous la forme d'un poème franco-italien en décasyllabes de la fin du xii* siècle ou du commencement du xiii» — La Reine Sibille a été le ^ sujet d'un poème en alexandrins du xiT* siècle (dont quelques fragments sont seulement parvenus jusqu'à nous) et d'un remaniement en prose du xt« siècle (ms. 33ol de l'Arsenal). — Dans la Reine Sibille c'est le mauvais Nain qnl, tout d'abord, se prend d'amour pour la Reine, laquelle porte ici le nom de •« Sibille », et non pas, comme dans Macaire, celui de « Blanchefleur >•. La reine proscrite séjourne, dans Sibille, un fort long temps en Hongrie. Sur la route de Constanlinople elle est, avec son fils Louis, arrêtée par des roleurs et protégée par l'un deux, nommé Grimouard. Lorsqu'enûn les Grecs envahissent la France pour venger l'injure faite à Sibille, qui est la flile de leur empereur, ils trouvent devant eux Aimeri de N'arbonne qui leur oppose une énergique résistance. Le tout se termine par une réconciliation universelle et par lo mariage du fils de Sibille avec la fille d'Aimeri do Narbonne. Rien de pareil dan» Macaire qu'il faut, malgré tout, considérer comme la forme la plus ancienne de la légende. La plus ancienne, mais non pas la plus populaire. C'est la Reine Sibille qui a conquis au moyen âge le succès le plus étendu. Macaire n'a laissé aucunes traces après lui; la Reine Sibille au contraire a élé résumée au xiii» siècle, par Aubry de Trois- Fontaines; elle forme au xiv» siècle (comme nous l'avons dit) le sujet d'un long poème en alexandrins et, au xv«, d'un rifraciniento en prose, et c'est elle enûn qui pénètre victorieuseibent (et non pas Macaire) dans toutes les littératures étrangères. =r Voy., plus haut, laListe par ordre alphabétique de
tous les manuscrits de Chantent de geste (aux mots Macaire, I, p. «1 et Reine Sibille, ibid.. p. «J). — Cf. la Table des derniers ro mans en vers, an mot Reine Sibille (IL pp. 480, 451), celle (tes Romans en prose (ibid., p. 554), et, enfin, la Nomenclature des chansons françaises qui ont été connues et imitées en Italie (ibid., pp. 39S, 393). — Aax éditions signalées par nous (III, p. esi) de VUistoria de la Reina Sebilla, à Séville en tb3î et k Burgos, en 15ol, il faut joindre une édition do Tolède en 1521 :=. Pour plus de détails, voy. notre Notice bibliographique et historique sur la chanson do Macaire [et sur la Reine Sibille] qui est accompagnée d'une analyse très développée et de la traduction du dénouement de Macaire (III, pp. 684-719.) = Nous avons marqué dune astérisque ce qui concerne proprement -Vacoire.
A. EDITION DU POÈME
1" Dn Macaire.
l'Jii * Ouessard (F.). Macaire, chanson de geste publiée d'après le manuscrit unique de Venise avec un essai de restitution en regarddu texte. — F'aris, 1866, in-16.
Anciens poètes de ta France, t. IX.
Cf. D'Arbois de Juhainville, Bibliothèque de l'École des Chartes, t. XXVllI, 1867, pp. 4«6- 483. — Literarisches Centralblatt, n» 50, 18«7, c. 549-551.
1 933 * Mussafla (A.). Altfranzôsische Gedichte aus Venez ianischen Bandsctiriften. II. Macaire. — Vienne, 1864, in-8*.
2° D'un fragment de la Reine Sibille (remaniement en alexandrins du XIV siècle).
1934 ReifTenberg (Baron de). Philippe Mouskes, t. I, 183»), pp. 611-614.
(Publication d'un fragment do la Reine Sibille, trouvé par Bormaiis.)
193j Quessard (F.). Macaire. — Paris, 18(>6, in-lt>.
{Anciens poètes de laFrance,pp. 307-31 i.) Fragments d'une version en vers alexandrin» de la Reine Sibille (d'après M. de Reiffenberg).
1936 Scheler (Aug.). Fragments uni-
BIBLIOGRAPHIE SPÉCIALE
ques d'un roman du xm" siècle sur la Reine Sibille, 1-estitués, complétés et annotés.
Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 2» série, t. XXXIX, no 4, avril 1875.
Cf. Gaston Paris, Romania, t. IV, 1875, pp. 298-299.
B. TRAVAUX
DONT LA CHANSON A ÉTÉ l' OBJET
1937 Wolf (Ferdinand). Ueber die neuesten Leistungen der Franzosen fur die Herausgahe ihrer National- Heldengedichte. — Vienne, 1833, in-8», p. 124, etc.
A paru également sous le titre de Ueber die altfransôsischen Heldengedichte aus dem Karolingischen Sagenkreise.
1938 Reiffenberg (Baron de). Philippe Mouskes, t. I, 1836, in-4o, pp. 611-614.
C'est à Ferdinand Wolf que revient l'honneur d'avoir trouvé plus tard l'attribution exacte des 126 vers publiés par M. de Reifi'enberg.
1939 Grœsse (J. G. T.). Die grossen Sagenkreise des Mittelalters. — Dresde, 1842, in-8», p. .353.
1940 ElliS (G.) . Spécimens of early english metrical romances. — LonAve?,, 1848, in-8», pp. 491-501.
Sir Triamour n'est qu'une imitation de 3Iacaire.
1941 Massmann (H. P.). Kaisercronik. — Quedlinbourg, 1849, in-8».
Fragments de « l'Innocente reine de France » (t. III, p. 907). — Fragments du poème d'Enenkel , première partie du xui« siècle (t. III, pp. 1033-1038).
1942 Hagen (H. von der). Die Kônigin von Frankreieh und der ungetreue Marschall : Gesammtabenteuer, t. I, 1850, i9'f9 pp. civ-cxM, 165-188.
1943 * Guessard (Francis). Notes sur un manuscrit français de la Bibliothèque de Saint-Marc.
Bibliothèque de l'École des Chartes, t. XVIIl (4« sér., t. III), 1857, pp. 392-414. Première notice sur le Macaire.
1944 GayangOS (D. Pascual de). Libros de Caballerias un con discurso preli-
minar y un catalogo razonado. — Madrid, 1857, in-8», p. lxxxui.
Sur la Reyna Sebilla.
1945 "Wolf (Ferdinand). Ueber die beiden... niederlûndischen Volsksbilcher von der Kônigin Sibille und von Huon de Bordeaux. — Vienne, Mémoires de l'Académie impériale, 1857, in-4».
1946 Menzel (Wolfgang), Deutsche Dichtung, t. I. — Stuttgart, 1858, in-8», t. I, pp. 299-300.
Analyse de l'c Innocente reine de France ».
1947 * Guessard (F.). Macaire, chanson de geste publiée d'après le manuscrit unique de Veiiise, avec un essai de restitution en regard du texte.
Bibliothèque de l'École des Chartes, t. XXV (5« sér., t. V), 1864, pp. 489 et ss.
C'est une partie de la Préface de l'édition des Anciens poètes de la France.V. le n» 1931
1948 Amador de los Rios (Don).
Historia critica de la literatura espanola. — Madrid, 1864, pp. 344-391.
Publication du Noble cuento del emperador Carlos Maines de Roma e de la buena emperatriz Sevilla sa muger, d'après un manuscrit de l'Escurial (fin du xive ou commencement du xve siècle.)
1949 Paris (Gaston). Histoire poétique de Charlemagne. — Paris, 1865, in-8», pp. 389 et ss.
Analyse de la Reine Sibille d'après la version espagnole. — Quelques mots seulement sur Macaire (p. 395.)
1950 Gautier (Léon). Les Épopées françaises. — 1" édition, Paris, 1865-1868, in-8»; t. II, 1866, pp. 520-551. — Cf. la 2" édition, Paris, 1878-1894, t. III, 1880, pp. 684-719.
Notice et analyse très développée.
1951 Michelant (H.). « Rubriques de la Spagna du manuscrit de la Bibliothèque Albani. »
Jahrbuch fur romanische und englische Literatur, t. XI, (1870), pp. 189-209 et XII, (1871), pp. 60-72, 217-232 et 396-406.
1952 Ceruti. Il viaggio di Carlomagno in Ispagna. — Bologne, 1871, in-S», t. Il, chap. XXXIX, p. 46.
Voir Épopées, t. III, p. 695.
MAC AIRE — MAISET
l'Joii Kœhler (R.)- ^« der allspanisr/ten Erzahlunq von Karl dem Grossen und veiner Oemahlin Sibille.
Jahrbuch fur romanische und englische Literatur, t. Xil, (1871) pp. 286-316.
I^e roman espagnol vient directement du poème français.
Cf. G. Paris, Romania, t. I, 1872, p. îGJ.
1954 * Paris (Paulin). Histoire littéraire de la France, l. XXVI, 1873, pp. 373-
Notice et analyse.
lUoj Milà y Fontanals. Poesia fieroico-popular castellana. — Barcelone,
Le conte du manuscrit do l'Escurial dérive d'une chanson française.
1936 Isola (J.-G.). Le storie Nerbonesi, romanzo cavalleresco del aecolo XIV. — Bologne, l. I, 1877, in-8o.
Les chapitres ii-vii et x-xii .sont consacrés à riilstoire de la reine de France, du traître et du nain.
1957 * Bartoli (Adolfo). Storia délia Letterafura italiana. — Florence, 1878-1879, in-8», t, II, pp. 359-372.
Saggio del Macaire.
1058 Bartsch (K.). Au» einem alten Jiandschriflen Kataloy.
Zeitschrift filr romanische Philologie, t. m, 1879, p. 78.
Liste en latin des manuscrits français de l'abbaye de Péterborough. — L'un d'eux où manque la mention « yallice », semble être une rédaction latine de la Heine Sybille.
Cf. Revue des langues romanes, î» sér., t. III, p. 13*.
1959 *Nyrop {Krislofïcr). Denoldfranske Heltediytning , etc. — Copenhague, 1883, in-8», pp. 79, 86, 124-126, 208, 209, 268, 362, 364 et 458 (Macaire) et pp. 86, 125, 460 (Reine Sibille). — Cf. la traduction italienne, Storia delV Epopea francese nel medio evo, Turin, 1886, in-8'', pp. 78, 83, 121, 122, 199, 200, 256, 346, 348, 452, 453 (Macaire) et pp. 83, 122, 469 { Reine Sibille).
i960 Rajna (Pio). Le Origini dell' Epopea francese. — Florence, 1884, in-8o, pp. 179-198 (Sibilln).
der middel-nederlandsche Toal-en Letterkunde, 1888, in-8«, p. 56, n» 442.
1962 Seelmann (W.). VaUfitin und Namelo.s-, 1884, in-8«. p. xi.
Petit (Louis-D.). Bibliographie
MAINET
,', Le Mainet est ce poème dont M. Gaston Paris, en 1865, constatait la disparition (Histoire poétique de Charlemagne, p. 73) et qui a été heureusement retrouvé, mais en partie sealement (800 vers) par M. Boucherie en août 1874. =: Voy., plus haut {Épopées françaises, t. l, p. 241), la Liste par ordre alphabétique de tous les manuscrits de Chansons de geste qui sont parvenus jusqu'à nous. —Pour plus de détails, cf. notre Notic e bihliographi que et historique sur la chanson intitulée Mainet (III, pp. 37-40), laquelle renferme une analyse détaillée du poème.