RÉSUMÉ RAPIDE DE TOUTE LA LÉGENDE DE CHAULEMAGNE
païens VApostoile de Rome, dont la captivité et la mort eussent si gravement compromis les destinées de la Vérité sur la terre*; qui put guerroyer, durant toute sa vie, contre les Sarrasins, les Saxons et tous les païens, gn\ce à la valeureuse épée et a l'indomptable courage de Roland son neveu, de l'archevêque Turpin, d'Ogier le Danois, du vieux duc Naimes et de ses autres barons ; qui assista aux débuts de Roland*- dans les gorges d'Aspremont et vainquit le terrible Agolant^; qui vit la défaite des géants OtincP et Fierabras^; qui fit le grand voyage de Jérusalem et de Constantinople et étonna tout l'Orient par les splendeurs d'une gloire à son apogée^; qui, une autre fois, envoya Simon de Pouille en Terre sainte, avec onze de ses chevaliers dignes de représenter là-bas et la Chrétienté et la France^.
C'est ce Charlemagne qui prit le temps, entre ses expéditions contre les ennemis de Jésus-Christ, de trioml)her de ses grands vassaux rebelles : de Girard de Vienne^, de Jean de Lanson^, d'Huon de Bordeaux*®; mais surtout d'Ogier le Danois** et des quatre fils Aymon*\ et qui enleva vigoureusement la petite Bretagne aux envahissements des Sarrasins *\
C'est ce Charlemagne qui, sans cesse en communion avec le ciel, avec les Saints, avec les Anges, reçut du glorieux apôtre Jacques l'ordre d'aller reprendre l'Espagne aux païens profanateurs des saintes reliques ; qui partit, superbe, à la tête de la plus belle et de la plus
* Enfances Ogier par Adcnet. — Chevalerie Ogier de Danemarche (l'* pariic). — Charlemagne de Voniio (i" branche : Enfances Ogier). = ' Cf. le Charlemagne de Venise (3* branche : Enfances lioland), == ' Chanson d'Aspremont, = * OUnel. — ' Destruction de Home. — Fierabras français et Fierabras provençaL = * Voyage à Jérusalem et à Congtanlinople. Galien. ■=■ ^ Simon de Pouiile.— • Girard de Viane.= * Jehande Lanson.=^ " Huon de Bordeaux. = " Chevalerie Ogier de Danemarclie. = ** Renaud de Montauban. = " Acquin.
vaillante de toutes les armées; qui fut le triste specta- "PAnT.^vR.i
leur du grand duel de Roland et de Ferragus* ; qui, "
après vingt victoires, mit énergiquement le siège devant Pampelune et s'empara de ce boulevard des païens^; qui resta sur la terre d'Espagne, sans ôter sa broigne et son heaume, sept ans au dire des uns, vingt-sept ans au dire des autres ; que Gui de Bourgogne y vint rejoindre à la tête des jeunes chevaliers de France^ ; qui reçut une ambassade du roi Marsile se soumettant enfin aux armes de l'Empereur à la barbe fleurie ; qui fut lâchement trahi par Ganelon, ce Judas de la France ; qui connut l'indicible épreuve de survivre à la grande défaite de Roncevaux et au grand deuil de la mort de Roland ; qui le vengea dans la célèbre bataille de Saragosse et fit écarteler Ganelon* ; qui eut la médiocre consolation de voir Gaydon se faire le vengeur de Roland et eflacer la honte de Roncevaux^; qui laissa Anséis de Carthage en Espagne et affermit les destinées de ce jeune roi et de ce jeune royaume®. *'•
C'est ce Charlemagne qui ne triompha qu'à demi des barons Herupois coalisés contre lui^; qui se vit forcé d'exiler sa femme Rlanchefleur injustement persécutée par le traître Macaire, et qui eut plus tard à remettre en lumière l'innocence de la Reine^; qui demeura le vainqueur des Saxons et de Guiteclin^ ; et qui, chargé de gloire, épuisé de triomphes, dégoûté des humaines grandeurs, rendit enfin son Ame à Dieu, pour recevoir de la postérité chrétienne, et surtout des poètes nationaux, l'auréole du saint, en môme temps que le renom moins durable et moins beau des grands législateurs et des grands conquémnts.
« Entrée en Espagne. = ■ Prise de Pampelune. = ' Gui de Bourgogne. = * Chanson de Roland. = ' Gaydon. = • Améis de Carlhage. = ' Chanson des Saisne* ou Guiteclin de Sassoigne. == * Macaire. = ' Chanson des Saisnes.
G RÉSUMÉ lUPlDË DE TOUTE LA LÉGENDE DE CliARLENAGNE.
"'^mupM^.*' '* T^H^ est rhistoire que nous voulons raconter.
Nous n'irons pas en demander les éléments aux Irapour ditions plus ou moms défigurées, plus ou moins mcer-
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iciaGesicdiinoi taïues de r Allemagne, de la Scandinavie et de tous ces
peuples étrangers qui nous ont emprunté nos légendes épiques et les ont habillées à leur mode. Nous ne voulons môme pas prêter l'oreille à celles des traditions françaises qui n'ont point donné lieu à des chansons de geste.
Nous nous proposons seulement de résumer, d'une façon vivante, toutes nos Chansons de geste, sans les isoler Tune de l'autre ; mais, tout au contraire, en prenant soin de conserver à chacune d'elles son intégrité originale...
La Geste du Roi comprend vingt-sept chansons*.
Nous avons écarté de cette première partie les romans de Beuves d'Hamtonne et de Doon de la RochOy qui sont des romans d'aventures, ayant. Pépin et Chaiiemagnc pour prétexte, et non pas pour objet. Nous les analyserons ailleurs.
En revanche, nous avons été forcé par les nécessités de notre sujet d'emprunter à la geste de Doon de Mayence, pour les résumer ici, deux poëmes auxquels Charles est très-intimement mêlé : Ogier le Danois et Renaud de Montauban. Et, pour la môme raison, nous avons emprunté une troisième chanson, Girard de Viane^ à la geste de Garin de Montglane.
Cela dit, commençons. Et racontons, dès ses origines premières, la légende très-religieuse et très-nationale de ce Charlemagne, sans lequel peut-être nous ne serions plus aujourd'hui ni chrétiens ni Français.
' Nous les avons énumcrécs dans les notes précédentes, à rcxccption de neuves itHanslonney ot de Doon de la Roche (Britisli Muséum, Harl. .iU)i).
an:\lyse de derte a us en ans pies.
II PAIIT. LIVR.I.
CIIAP. II.